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Cours : Logique propositionnelle

Filière : MP2I (Première année)
Matière : Informatique


La logique propositionnelle constitue le socle formel du raisonnement mathématique et de l’informatique théorique. Elle permet de formaliser des énoncés et d’établir des preuves rigoureuses.

  • Proposition (ou formule) : Une proposition PP est un énoncé mathématique auquel on peut attribuer une et une seule valeur de vérité : Vrai (⊤\top ou 11) ou Faux (⊥\bot ou 00).
  • Connecteurs logiques : Ce sont des operators permettant de combiner des propositions.
    • Négation (¬P\neg P ou P‾\overline{P})
    • Conjonction (P∧QP \land Q - “et”)
    • Disjonction (P∨QP \lor Q - “ou” inclusif)
    • Implication (P  ⟹  QP \implies Q - “si PP alors QQ”)
    • Équivalence (P  ⟺  QP \iff Q - ”PP si et seulement si QQ”)

La sémantique définit la valeur de vérité d’une formule en fonction de la valeur de ses variables propositionnelles.

Table de vérité des connecteurs fondamentaux

Section titled “Table de vérité des connecteurs fondamentaux”
PPQQ¬P\neg PP∧QP \land QP∨QP \lor QP  ⟹  QP \implies QP  ⟺  QP \iff Q
00001100001111
00111100111100
11000000110000
11110011111111
  • Tautologie : Une formule est une tautologie (ou est valide) si elle est vraie pour toutes les valuations possibles de ses variables. On note ⊨P\models P.
  • Insatisfaisabilité (ou contradiction) : Une formule est insatisfaisable si elle est fausse pour toute valuation.
  • Équivalence sémantique : Deux formules PP et QQ sont sémantiquement équivalentes (noté P≡QP \equiv Q ou P⊨≡QP \models\equiv Q) si elles ont la même table de vérité, c’est-à-dire si P  ⟺  QP \iff Q est une tautologie.

Équivalences Notables (Algèbre de Boole)

Section titled “Équivalences Notables (Algèbre de Boole)”

Pour toutes propositions P,Q,RP, Q, R :

  1. Idempotence : P∧P≡PP \land P \equiv P et P∨P≡PP \lor P \equiv P
  2. Commutativité : P∧Q≡Q∧PP \land Q \equiv Q \land P et P∨Q≡Q∨PP \lor Q \equiv Q \lor P
  3. Associativité : (P∧Q)∧R≡P∧(Q∧R)(P \land Q) \land R \equiv P \land (Q \land R)
  4. Distributivité :
    • P∨(Q∧R)≡(P∨Q)∧(P∨R)P \lor (Q \land R) \equiv (P \lor Q) \land (P \lor R)
    • P∧(Q∨R)≡(P∧Q)∨(P∧R)P \land (Q \lor R) \equiv (P \land Q) \lor (P \land R)
  5. Lois de De Morgan :
    • ¬(P∧Q)≡¬P∨¬Q\neg(P \land Q) \equiv \neg P \lor \neg Q
    • ¬(P∨Q)≡¬P∧¬Q\neg(P \lor Q) \equiv \neg P \land \neg Q
  6. Involution : ¬(¬P)≡P\neg(\neg P) \equiv P
  7. Absorption : P∨(P∧Q)≡PP \lor (P \land Q) \equiv P et P∧(P∨Q)≡PP \land (P \lor Q) \equiv P
  8. Implication matérielle : P  ⟹  Q≡¬P∨QP \implies Q \equiv \neg P \lor Q
  9. Contraposée : P  ⟹  Q≡¬Q  ⟹  ¬PP \implies Q \equiv \neg Q \implies \neg P
  10. Négation de l’implication : ¬(P  ⟹  Q)≡P∧¬Q\neg(P \implies Q) \equiv P \land \neg Q

Les formes normales standardisent l’écriture des formules logiques, ce qui est particulièrement utile en algorithmique et en conception de circuits.

  • Littéral : Une variable propositionnelle PP ou sa négation ¬P\neg P.
  • Forme Normale Conjonctive (FNC) : Une formule est en FNC si elle est une conjonction (∧\land) de disjonctions (∨\lor) de littéraux. (Ex: (P∨¬Q)∧(¬P∨R∨S)(P \lor \neg Q) \land (\neg P \lor R \lor S)).
  • Forme Normale Disjonctive (FND) : Une formule est en FND si elle est une disjonction (∨\lor) de conjonctions (∧\land) de littéraux. (Ex: (P∧¬Q)∨(¬P∧R)(P \land \neg Q) \lor (\neg P \land R)).

Théorème : Toute formule propositionnelle est sémantiquement équivalente à une FNC et à une FND.


Méthode 1 : Démontrer qu’une formule est une tautologie

Section titled “Méthode 1 : Démontrer qu’une formule est une tautologie”
  1. Par table de vérité : Si le nombre nn de variables est petit (n≤4n \le 4), dresser la table de vérité et vérifier que la colonne finale ne contient que des 11. (Attention à la complexité en O(2n)\mathcal{O}(2^n)).
  2. Par réécriture (calcul propositionnel) : Transformer la formule en utilisant les équivalences notables jusqu’à obtenir ⊤\top.
  3. Par l’absurde (ou contre-exemple) : Supposer qu’il existe une valuation pour laquelle la formule est fausse (⊥\bot), et mener un raisonnement par analyse-synthèse pour aboutir à une contradiction.
  1. Éliminer les équivalences en utilisant P  ⟺  Q≡(P  ⟹  Q)∧(Q  ⟹  P)P \iff Q \equiv (P \implies Q) \land (Q \implies P).
  2. Éliminer les implications en utilisant P  ⟹  Q≡¬P∨QP \implies Q \equiv \neg P \lor Q.
  3. Faire “descendir” les négations à l’aide des lois de De Morgan et de l’involution (¬¬P≡P\neg\neg P \equiv P).
  4. Utiliser la distributivité du ∨\lor sur le ∧\land pour obtenir la structure de conjonction de disjonctions.

Pièges à Éviter (Avertissements du Professeur)

Section titled “Pièges à Éviter (Avertissements du Professeur)”
  • Attention au sens de l’implication : P  ⟹  QP \implies Q ne signifie en aucun cas que PP est la cause de QQ. Du point de vue classique, l’implication est fausse uniquement si PP est vrai et QQ est faux. En particulier, le faux implique tout (⊥  ⟹  P\bot \implies P est toujours vrai).
  • La négation de l’implication : L’erreur classique est de croire que la négation de P  ⟹  QP \implies Q est ¬P  ⟹  ¬Q\neg P \implies \neg Q ou P  ⟹  ¬QP \implies \neg Q. Rappel : ¬(P  ⟹  Q)≡P∧¬Q\neg(P \implies Q) \equiv P \land \neg Q.
  • Confusion entre syntaxe et sémantique : P≡QP \equiv Q est un énoncé métalinguistique affirmant l’équivalence des formules, tandis que P  ⟺  QP \iff Q est une formule du langage object.
  • Attention aux parenthèses : L’opérateur ¬\neg est prioritaire. ¬P∧Q\neg P \land Q signifie (¬P)∧Q(\neg P) \land Q et non ¬(P∧Q)\neg(P \land Q). De même, fixez des conventions de priorité ou parenthésez rigoureusement pour éviter toute ambiguïté (en MP2I, la rigueur syntaxique est impérative).