Exercice : Puits de potentiel infini et quantification des niveaux
🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude
Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”On considère une particule de masse , assimilée à un point matériel, se déplaçant selon un axe et soumise à un potentiel effectif unidimensionnel dit « puits de potentiel infini » défini par :
Ce modèle idéalisé permet de rendre compte, en première approximation, du comportement d’électrons libres dans un métal ou du mouvement d’un électron au sein d’une molécule conjuguée (modèle de Hückel ou des électrons libres).
Dans le cadre de la mécanique quantique stationnaire, l’état de la particule est décrit par une fonction d’onde , solution de l’équation de Schrödinger indépendante du temps (ESIT) :
où représente l’énergie totale de la particule et la constante de Planck réduite.
❓ Questions progressives
Section titled “❓ Questions progressives”- Conditions aux limites et équation d’onde : À l’aide de considérations physiques sur la fonction d’onde (continuité, carré sommable), déterminer les conditions aux limites que doit satisfaire en et . Écrire l’ESIT à l’intérieur du puits.
- Recherche des solutions : En posant , déterminer la forme générale de la solution de l’ESIT pour . En déduire l’expression des fonctions propres normalisées associées à des énergies , où est un entier strictement positif.
- Quantification de l’énergie : Exprimer les niveaux d’énergie autorisés en fonction de , , (ou ) et . Commenter ce résultat du point de vue de la physique classique.
- Application numérique et ordre de grandeur : On considère un électron () confiné dans un puits de dimension nanométrique .
- Calculer l’énergie du fondamental et du premier niveau excité en Joules, puis en électron-volts ().
- Déterminer la longueur d’onde du photon susceptible de provoquer une transition du niveau vers le niveau . Dans quel domaine du spectre électromagnétique se situe ce rayonnement ?
💡 Pistes & Indications méthodologiques
Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”- Question 1 : Rappelez-vous qu’une probabilité de présence infinie n’a pas de sens physique. La fonction d’onde doit donc être nulle là où le potentiel est infini. La continuité de sur tout l’axe réel est également une exigence fondamentale.
- Question 2 : L’équation différentielle obtenue est linéaire homogène du second ordre à coefficients constants. Pensez aux solutions sous forme de sinus et cosinus. Utilisez la condition en pour éliminer l’un des termes.
- Question 3 : La condition en va contraindre le paramètre (et donc l’énergie) à ne prendre que des valeurs discrètes. C’est l’origine de la quantification.
- Question 4 : Utilisez la relation de Planck-Einstein pour relier la différence d’énergie à la longueur d’onde du photon absorbé.
📋 Corrigé détaillé pas à pas
Section titled “📋 Corrigé détaillé pas à pas”1. Conditions aux limites et équation d’onde
Section titled “1. Conditions aux limites et équation d’onde”-
À l’extérieur du puits ( et ) : Le potentiel est infini (). Si l’énergie de la particule est finie, l’ESIT impose que presque partout dans ces zones, sans quoi le terme potentiel divergerait.
-
Continuité : Par continuité de la fonction d’onde sur tout l’axe réel (exigence liée à la densité de probabilité de présence qui doit être continue), on en déduit immédiatement les conditions aux limites :
-
À l’intérieur du puits () : Le potentiel est nul. L’ESIT se simplifie sous la forme :
2. Recherche des solutions et fonctions propres
Section titled “2. Recherche des solutions et fonctions propres”En posant (avec car pour un état lié dans ce puits), l’équation différentielle devient :
La solution générale de cette équation linéaire s’écrit sous la forme : où et sont des constantes complexes déterminées par les conditions aux limites et la condition de normalisation.
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Utilisons la première condition : La solution se réduit donc à : .
-
Utilisons la seconde condition : Pour obtenir une solution non triviale (, faute de quoi la particule ne serait nulle part), il faut que : Les valeurs négatives de ne donnent pas de nouvelles fonctions indépendantes (le sinus est impair), et conduit à la solution nulle. On retient donc les entiers strictement positifs : .
On a ainsi : .
-
Normalisation : La fonction d’onde doit satisfaire la condition de normalisation , soit ici : En utilisant la formule : On choisit par convention une phase nulle pour , soit .
Les fonctions propres normalisées sont donc :
3. Quantification de l’énergie
Section titled “3. Quantification de l’énergie”Puisque et que , on en déduit les niveaux d’énergie autorisés :
Sachant que , on obtient l’expression finale usuelle :
- Commentaire physique : Contrairement à la mécanique classique où l’énergie d’une particule dans un tel système peut prendre n’importe quelle valeur continue, la mécanique quantique (via l’équation de Schrödinger et les conditions aux limites) impose que l’énergie ne puisse prendre que des valeurs discrètes : c’est le phénomène de quantification des niveaux d’énergie. De plus, l’énergie du fondamental () n’est pas nulle (), ce qui est une illustration directe du principe d’incertitude de Heisenberg (une localisation spatiale exacte dans un intervalle implique une incertitude sur la quantité de mouvement, donc une énergie cinétique minimale non nulle).
4. Application numérique
Section titled “4. Application numérique”-
Données du problème :
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Calcul de :
Conversion en électron-volts () :
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Calcul de : Puisque , on a :
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Longueur d’onde de la transition : La variation d’énergie est . Par la relation de Planck-Einstein : A.N. :
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Domaine spectral : Cette longueur d’onde () se situe dans le domaine de l’infrarouge (proche infrarouge).