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Exercice 1 : Enthalpie de changement d état et équation de Clapeyron

🌐 Énoncé du problem / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problem / Cadre d’étude”

Le présent problème s’intéresse à l’étude thermodynamique du changement d’état liquide-vapeur d’un corps pur, l’eau (notée H2O\text{H}_2\text{O}), autour de son point d’ébullition sous pression atmosphérique standard. L’objectif est d’exploiter le premier et le second principe de la thermodynamique pour relier les grandeurs molaires de changement d’état à l’évolution de la pression de vapeur saturante en fonction de la température, via la formule de Clapeyron, puis de proposer une modélisation numérique simplifiée de ce comportement.

On rappelle les constantes universelles et données utiles à T=373,15 KT = 373,15\text{ K} :

  • Température d’ébullition standard de l’eau sous P∘=1,013×105 PaP^\circ = 1,013 \times 10^5\text{ Pa} : Teˊb=373,15 KT_{\text{éb}} = 373,15\text{ K}.
  • Constante des gaz parfaits : R=8,314 J⋅mol−1⋅K−1R = 8,314\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}.
  • Enthalpie molaire de vaporisation de l’eau à 373,15 K373,15\text{ K} : ΔvapHm(373,15 K)=40,66 kJ⋅mol−1\Delta_{\text{vap}}H_m(373,15\text{ K}) = 40,66\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}.
  • Masses molaires : M(H)=1,0 g⋅mol−1M(\text{H}) = 1,0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}, M(O)=16,0 g⋅mol−1M(\text{O}) = 16,0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}.
  • On modélisera la vapeur d’eau comme un gaz parfait et le volume molaire du liquide sera considéré comme négligeable devant celui du gaz (Vm,liq≪Vm,gazV_{m,\text{liq}} \ll V_{m,\text{gaz}}).

  1. Définir thermodynamiquement l’enthalpie molaire de changement d’état ΔvapHm(T)\Delta_{\text{vap}}H_m(T) pour la vaporisation d’un corps pur à température TT et pression PP fixées. Préciser le signe de cette grandeur et la justification énergétique macroscopique associée.
  2. Énoncer la formule de Clapeyron régissant l’équilibre diphasé liquide-vapeur d’un corps pur. Rappeler son expression générale exacte en fonction de la variation d’enthalpie molaire ΔvapHm\Delta_{\text{vap}}H_m, de la variation de volume molaire ΔvapVm\Delta_{\text{vap}}V_m et de la température TT.
  3. En effectuant les approximations usuelles pour un équilibre liquide-vapeur loin du point critique (gaz parfait pour la phase vapeur et volume du liquide négligeable), déduire de la formule de Clapeyron une équation différentielle liant d(ln⁡P)dT\frac{d(\ln P)}{dT}, ΔvapHm\Delta_{\text{vap}}H_m et RR.
  4. On suppose dans un premier temps que l’enthalpie molaire de vaporisation ΔvapHm\Delta_{\text{vap}}H_m est constante sur l’intervalle de température considéré. Intégrer l’équation différentielle précédente pour obtenir l’expression de la pression de vapeur saturante P(T)P(T) sous la forme d’une loi de type P(T)=P0exp⁡(−AT+B)P(T) = P_0 \exp\left(-\frac{A}{T} + B\right) ou équivalente.
  5. Application numérique : calculer la pression de vapeur saturante de l’eau à T1=383,15 KT_1 = 383,15\text{ K}, sachant que P(373,15 K)=1,013×105 PaP(373,15\text{ K}) = 1,013 \times 10^5\text{ Pa} et que ΔvapHm\Delta_{\text{vap}}H_m est supposée constante et égale à 40,66 kJ⋅mol−140,66\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}.
  6. Dans le cadre de l’utilisation de méthodes numériques en physique-numérique, on souhaite simuler l’évolution de la pression par la méthode d’Euler explicite. Écrire la relation de récurrence permettant de calculer Pn+1=P(Tn+1)P_{n+1} = P(T_{n+1}) à partir de Pn=P(Tn)P_n = P(T_n), avec un pas de température ΔT=Tn+1−Tn\Delta T = T_{n+1} - T_n.

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Question 1 : Penser à l’enthalpie HH comme fonction d’état extensive et relier ΔvapH\Delta_{\text{vap}}H au transfert thermique à pression constante (transformation monobare isotherme).
  • Question 2 : Utiliser la condition d’équilibre thermodynamique de deux phases en contact (égalité des potentiels chimiques μliq(T,P)=μgaz(T,P)\mu_{\text{liq}}(T,P) = \mu_{\text{gaz}}(T,P)) et différencier cette relation le long de la courbe de coexistence.
  • Question 3 : Injecter l’équation d’état des gaz parfaits pour Vm,gazV_{m,\text{gaz}} et appliquer l’approximation Vm,liq≈0V_{m,\text{liq}} \approx 0. Vérifier l’homogénéité dimensionnelle.
  • Question 4 : Une intégration simple entre l’état initial (T0,P0)(T_0, P_0) et l’état (T,P)(T, P) conduit directement à la loi d’Arrhenius/Clausius-Clapeyron.
  • Question 5 : Veillez à convertir toutes les grandeurs dans le Système International (notamment l’enthalpie en J⋅mol−1\text{J}\cdot\text{mol}^{-1}) avant d’appliquer l’exponentielle.

📋 Corrigé détaillé et vérification des résultats

Section titled “📋 Corrigé détaillé et vérification des résultats”

1. Définition et signe de l’enthalpie molaire de vaporisation

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L’enthalpie molaire de vaporisation ΔvapHm(T)\Delta_{\text{vap}}H_m(T) correspond à la variation d’enthalpie molaire lors du passage de l’état liquide à l’état gazeux d’un corps pur à température TT et sous pression PP constante : ΔvapHm(T)=Hm,gaz(T,P)−Hm,liq(T,P)\Delta_{\text{vap}}H_m(T) = H_{m,\text{gaz}}(T,P) - H_{m,\text{liq}}(T,P) Puisque la transformation s’effectue de manière isotherme et monobare, le premier principe appliqué à un système fermé conduit à ΔH=Q\Delta H = Q (transfert thermique reçu par le système). Pour vaporiser un liquide, il faut lui fournir de l’énergie thermique : le système absorbe de la chaleur (Q>0Q > 0). Par conséquent, ΔvapHm>0\Delta_{\text{vap}}H_m > 0 (transformation endothermique).


À l’équilibre entre deux phases (liquide et vapeur) d’un corps pur, les potentiels chimiques des deux phases sont égaux : μliq(T,P)=μgaz(T,P)\mu_{\text{liq}}(T,P) = \mu_{\text{gaz}}(T,P) Le long de la courbe d’équilibre diphasé, cette égalité reste vraie, soit dμliq=dμgazd\mu_{\text{liq}} = d\mu_{\text{gaz}}. En utilisant l’identité de Gibbs-Duhem à nombre de moles constant (dμ=−SmdT+VmdPd\mu = -S_m dT + V_m dP), on obtient : −Sm,liqdT+Vm,liqdP=−Sm,gazdT+Vm,gazdP-S_{m,\text{liq}} dT + V_{m,\text{liq}} dP = -S_{m,\text{gaz}} dT + V_{m,\text{gaz}} dP En regroupant les termes en dTdT et dPdP, on établit la formule de Clapeyron : dPdT=Sm,gaz−Sm,liqVm,gaz−Vm,liq=ΔvapSmΔvapVm\frac{dP}{dT} = \frac{S_{m,\text{gaz}} - S_{m,\text{liq}}}{V_{m,\text{gaz}} - V_{m,\text{liq}}} = \frac{\Delta_{\text{vap}}S_m}{\Delta_{\text{vap}}V_m} Puisque la transformation est isotherme et réversible à l’équilibre, on a ΔvapSm=ΔvapHmT\Delta_{\text{vap}}S_m = \frac{\Delta_{\text{vap}}H_m}{T}. La formule s’écrit donc sous sa forme générale : dPdT=ΔvapHmTΔvapVm\frac{dP}{dT} = \frac{\Delta_{\text{vap}}H_m}{T \Delta_{\text{vap}}V_m}


On applique les hypothèses simplificatrices :

  1. La phase vapeur se comporte comme un gaz parfait : Vm,gaz=RTPV_{m,\text{gaz}} = \frac{RT}{P}.
  2. Le volume molaire du liquide est négligeable devant celui du gaz : ΔvapVm=Vm,gaz−Vm,liq≈Vm,gaz=RTP\Delta_{\text{vap}}V_m = V_{m,\text{gaz}} - V_{m,\text{liq}} \approx V_{m,\text{gaz}} = \frac{RT}{P}.

En substituant dans la formule de Clapeyron : dPdT=ΔvapHmT(RTP)=PΔvapHmRT2\frac{dP}{dT} = \frac{\Delta_{\text{vap}}H_m}{T \left(\frac{RT}{P}\right)} = \frac{P \Delta_{\text{vap}}H_m}{R T^2} En réorganisant les termes et sachant que dPP=d(ln⁡P)\frac{dP}{P} = d(\ln P), on obtient l’équation différentielle de Clausius-Clapeyron : d(ln⁡P)dT=ΔvapHmRT2\frac{d(\ln P)}{dT} = \frac{\Delta_{\text{vap}}H_m}{R T^2} Vérification dimensionnelle : ΔvapHm\Delta_{\text{vap}}H_m est en J⋅mol−1\text{J}\cdot\text{mol}^{-1}, RR en J⋅mol−1⋅K−1\text{J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}, et T2T^2 en K2\text{K}^2. Le membre de droite est donc en K−1\text{K}^{-1}, ce qui est bien homogène à la dérivée logarithmique par rapport à la température.


4. Intégration de l’équation différentielle

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Si l’on suppose que ΔvapHm\Delta_{\text{vap}}H_m est constante sur l’intervalle de température considéré, on sépare les variables et on intègre entre un état de référence (T0,P0)(T_0, P_0) et l’état (T,P)(T, P) : ∫P0Pd(ln⁡P)=ΔvapHmR∫T0TdTT2\int_{P_0}^{P} d(\ln P) = \frac{\Delta_{\text{vap}}H_m}{R} \int_{T_0}^{T} \frac{dT}{T^2} ln⁡(PP0)en=−ΔvapHmR(1T−1T0)\ln\left(\frac{P}{P_0}\right) en = -\frac{\Delta_{\text{vap}}H_m}{R} \left(\frac{1}{T} - \frac{1}{T_0}\right) En prenant l’exponentielle, on obtient la loi de variation de la pression de vapeur saturante : P(T)=P0exp⁡[−ΔvapHmR(1T−1T0)]P(T) = P_0 \exp\left[ -\frac{\Delta_{\text{vap}}H_m}{R} \left(\frac{1}{T} - \frac{1}{T_0}\right) \right]


On cherche P(T1)P(T_1) avec T1=383,15 KT_1 = 383,15\text{ K}, sachant que T0=373,15 KT_0 = 373,15\text{ K}, P0=1,013×105 PaP_0 = 1,013 \times 10^5\text{ Pa} et ΔvapHm=40,66 kJ⋅mol−1=40,66×103 J⋅mol−1\Delta_{\text{vap}}H_m = 40,66\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} = 40,66 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1}.

Calculons d’abord l’exposant : 1T0−1T1=1373,15−1383,15≈2,6798×10−3−2,6099×10−3=6,990×10−5 K−1\frac{1}{T_0} - \frac{1}{T_1} = \frac{1}{373,15} - \frac{1}{383,15} \approx 2,6798 \times 10^{-3} - 2,6099 \times 10^{-3} = 6,990 \times 10^{-5}\text{ K}^{-1}

Multiplions par −ΔvapHmR-\frac{\Delta_{\text{vap}}H_m}{R} : −ΔvapHmR(1T1−1T0)=40,66×1038,314×(6,990×10−5)≈4890,5×(6,990×10−5)≈0,3418-\frac{\Delta_{\text{vap}}H_m}{R} \left(\frac{1}{T_1} - \frac{1}{T_0}\right) = \frac{40,66 \times 10^3}{8,314} \times (6,990 \times 10^{-5}) \approx 4890,5 \times (6,990 \times 10^{-5}) \approx 0,3418

Calculons enfin la pression P(T1)P(T_1) : P(383,15 K)=1,013×105×exp⁡(0,3418)=1,013×105×1,4075≈1,426×105 PaP(383,15\text{ K}) = 1,013 \times 10^5 \times \exp(0,3418) = 1,013 \times 10^5 \times 1,4075 \approx 1,426 \times 10^5\text{ Pa} La pression de vapeur saturante à 110∘C110^\circ\text{C} est donc d’environ 1,43 bar1,43\text{ bar}.


6. Modélisation numérique par la méthode d’Euler explicite

Section titled “6. Modélisation numérique par la méthode d’Euler explicite”

À partir de l’équation différentielle établie à la question 3, on exprime la dérivée de la pression : dPdT=PΔvapHmRT2\frac{dP}{dT} = \frac{P \Delta_{\text{vap}}H_m}{R T^2} La méthode d’Euler explicite consiste à approcher la dérivée par un taux d’accroissement fini avec un pas ΔT=Tn+1−Tn\Delta T = T_{n+1} - T_n : Pn+1−PnΔT≈PnΔvapHmRTn2\frac{P_{n+1} - P_n}{\Delta T} \approx \frac{P_n \Delta_{\text{vap}}H_m}{R T_n^2} On en déduit la relation de récurrence explicite permettant de calculer Pn+1P_{n+1} : Pn+1=Pn+ΔT(PnΔvapHmRTn2)=Pn(1+ΔvapHmΔTRTn2)P_{n+1} = P_n + \Delta T \left( \frac{P_n \Delta_{\text{vap}}H_m}{R T_n^2} \right) = P_n \left( 1 + \frac{\Delta_{\text{vap}}H_m \Delta T}{R T_n^2} \right)