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Exercice 1 : Principe fondamental de la dynamique (PFD) 3D

🌐 Énoncé du problème / Étude de cas

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Étude de cas”

On s’intéresse au comportement dynamique d’un bras manipulateur industriel à 3 axes utilisé pour le positionnement rapide de charges lourdes en milieu logistique. Afin de concevoir la loi de commande des moteurs et de dimensionner les liaisons mécaniques, on modélise le dernier segment (la charge manipulée et son support) par un solide rigide Σ\Sigma de masse MM et de centre d’inertie GG.

  • On associe au bâti (repère fixe) le repère galiléen R0=(O,x⃗0,y⃗0,z⃗0)\mathcal{R}_0 = (O, \vec{x}_0, \vec{y}_0, \vec{z}_0), muni du champ de pesanteur g⃗=−gz⃗0\vec{g} = -g \vec{z}_0 avec g=9.81 m⋅s−2g = 9.81 \, \text{m}\cdot\text{s}^{-2}.
  • Le mouvement du solide Σ\Sigma est repéré par rapport à R0\mathcal{R}_0 par les angles d’Euler (ψ,θ,φ)(_\psi, \theta, \varphi), mais pour cette étude, on se restreint à une phase de mouvement où le solide est en rotation autour de l’axe fixe (O,z⃗0)(O, \vec{z}_0) d’un angle θ(t)\theta(t), avec une élévation constante caractérisée par un angle fixe α\alpha.
  • Le repère lié au solide Σ\Sigma est R1=(G,x⃗1,y⃗1,z⃗1)\mathcal{R}_1 = (G, \vec{x}_1, \vec{y}_1, \vec{z}_1), tel que la matrice d’inertie de Σ\Sigma exprimée en GG dans la base B1=(x⃗1,y⃗1,z⃗1)\mathcal{B}_1 = (\vec{x}_1, \vec{y}_1, \vec{z}_1) est diagonale : I(G,Σ)=(A000B000C)B1I(G, \Sigma) = \begin{pmatrix} A & 0 & 0 \\ 0 & B & 0 \\ 0 & 0 & C \end{pmatrix}_{\mathcal{B}_1}

Hypothèses de modélisation et ordres de grandeur :

Section titled “Hypothèses de modélisation et ordres de grandeur :”
  • Masse de la charge : M=50 kgM = 50 \, \text{kg}.
  • Dimensions caractéristiques : L=1.2 mL = 1.2 \, \text{m}.
  • Le mouvement étudié est une rotation rapide d’accélération maximale θ¨=15 rad⋅s−2\ddot{\theta} = 15 \, \text{rad}\cdot\text{s}^{-2}.
  • Hypothèse critique : Les déformations élastiques de la structure sont négligées dans un premier temps (modèle rigide), ce qui constitue une approximation forte que l’on se propose de questionner en fin de problème.

  1. Cinématique du solide : Exprimer le vecteur vitesse de rotation Ω⃗(Σ/R0)\vec{\Omega}(\Sigma/\mathcal{R}_0) dans la base B1\mathcal{B}_1. Déterminer l’expression du vecteur accélération de rotation Ω⃗′(Σ/R0)\vec{\Omega}'(\Sigma/\mathcal{R}_0) et l’accélération du centre d’inertie γ⃗(G/R0)\vec{\gamma}(G/\mathcal{R}_0) en fonction de θ\theta, θ˙\dot{\theta}, θ¨\ddot{\theta} et des paramètres géométriques.
  2. Bilan des actions mécaniques : Identifier et caractériser les actions mécaniques extérieures s’exerçant sur le solide Σ\Sigma : action de la pesanteur, et action exercée par le reste du mécanisme modélisée par un torseur d’effort transmissible en GG dont on précisera les composantes.
  3. Application du PFD : Appliquer le Principe Fondamental de la Dynamique (théorème de la résultante dynamique et théorème du moment dynamique en GG) au solide Σ\Sigma dans R0\mathcal{R}_0.
  4. Mise en équation : Projeter les relations vectorielles obtenues dans la base adéquate afin d’extraire l’expression littérale du couple moteur nécessaire pour assurer la cinéphase imposée.
  5. Analyse critique et limites du modèle :
    • Calculer l’ordre de grandeur du moment dynamique par rapport au moment géométrique pour justifier la prise en compte des termes d’inertie croisée (couplages 3D).
    • Discuter de la validité de l’hypothèse de rigidité du solide face aux accélérations requises en service industriel.

  • Q1 : Utilisez la composition des vitesses de rotation si nécessaire, ou écrivez directement le vecteur rotation dans la base liée en tenant compte de la géométrie du liaisonnement. Pour γ⃗(G/R0)\vec{\gamma}(G/\mathcal{R}_0), pensez à exprimer les vecteurs de base de R1\mathcal{R}_1 dans R0\mathcal{R}_0 et à dériver deux fois.
  • Q2 : Le torseur des actions mécaniques extérieures se compose de la pesanteur (réduite en GG) et de l’action de liaison. Attention à bien exprimer les moments au même point (ici GG).
  • Q3 & Q4 : Le théorème du moment dynamique s’écrit δ⃗G(Σ/R0)=M⃗G(Ext→Σ)\vec{\delta}_G(\Sigma/\mathcal{R}_0) = \vec{M}_G(\text{Ext} \to \Sigma). Rappelez l’expression générale de δ⃗G\vec{\delta}_G en 3D lorsque la base liée n’est pas nécessairement principale d’inertie pour les composantes dynamiques, ou utilisez directement la matrice d’inertie diagonale dans B1\mathcal{B}_1.
  • Q5 : Pour l’analyse critique, pensez aux fréquences propres des structures en acier ou en alliage d’aluminium comparées aux fréquences d’excitation du mouvement (critère de rigidité quasi-statique).

📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats

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Le solide Σ\Sigma est en rotation autour de (O,z⃗0)(O, \vec{z}_0) à la vitesse angulaire θ˙(t)\dot{\theta}(t). Le repère R1\mathcal{R}_1 est lié à Σ\Sigma. Par définition : Ω⃗(Σ/R0)=θ˙(t)z⃗0\vec{\Omega}(\Sigma/\mathcal{R}_0) = \dot{\theta}(t) \vec{z}_0 En projetant z⃗0\vec{z}_0 dans la base B1=(x⃗1,y⃗1,z⃗1)\mathcal{B}_1 = (\vec{x}_1, \vec{y}_1, \vec{z}_1) via l’angle d’inclinaison fixe α\alpha (par exemple z⃗0=−sin⁡α y⃗1+cos⁡α z⃗1\vec{z}_0 = -\sin\alpha \, \vec{y}_1 + \cos\alpha \, \vec{z}_1), on obtient : Ω⃗(Σ/R0)=ωxx⃗1+ωyy⃗1+ωzz⃗1\vec{\Omega}(\Sigma/\mathcal{R}_0) = \omega_x \vec{x}_1 + \omega_y \vec{y}_1 + \omega_z \vec{z}_1 L’accélération de rotation est : Ω⃗′(Σ/R0)=dΩ⃗dt∣R0=θ¨(t)z⃗0\vec{\Omega}'(\Sigma/\mathcal{R}_0) = \frac{d\vec{\Omega}}{dt}\Big|_{\mathcal{R}_0} = \ddot{\theta}(t) \vec{z}_0 La position du centre d’inertie GG s’écrit dans R0\mathcal{R}_0 avec un rayon de rotation R=Lsin⁡αR = L \sin\alpha : OG⃗(t)=Rcos⁡θ(t)x⃗0+Rsin⁡θ(t)y⃗0+ZGz⃗0\vec{OG}(t) = R \cos\theta(t) \vec{x}_0 + R \sin\theta(t) \vec{y}_0 + Z_G \vec{z}_0 En dérivant deux fois par rapport au temps dans R0\mathcal{R}_0 : γ⃗(G/R0)=−Rθ¨sin⁡θx⃗0+Rθ˙2cos⁡θx⃗0+Rθ¨cos⁡θy⃗0+Rθ˙2sin⁡θy⃗0\vec{\gamma}(G/\mathcal{R}_0) = -R \ddot{\theta} \sin\theta \vec{x}_0 + R \dot{\theta}^2 \cos\theta \vec{x}_0 + R \ddot{\theta} \cos\theta \vec{y}_0 + R \dot{\theta}^2 \sin\theta \vec{y}_0 Soit sous forme compacte dans la base polaire locale : γ⃗(G/R0)=−Rθ˙2u⃗r+Rθ¨u⃗θ\vec{\gamma}(G/\mathcal{R}_0) = -R\dot{\theta}^2 \vec{u}_r + R\ddot{\theta} \vec{u}_\theta.

2. Bilan des actions mécaniques extérieures

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  • Action de la pesanteur : P⃗=Mg⃗=−Mgz⃗0\vec{P} = M \vec{g} = -Mg \vec{z}_0, avec M⃗G(Pesanteur)=0⃗\vec{M}_G(\text{Pesanteur}) = \vec{0} par définition du centre d’inertie.
  • Action de la liaison (moteur + structure amont) : Modélisée par un torseur en GG : {Tamont→Σ}={R⃗amont→Σ=Xx⃗0+Yy⃗0+Zz⃗0M⃗G(amont→Σ)=LGx⃗0+MGy⃗0+Cmoteurz⃗0}\{ \mathcal{T}_{\text{amont} \to \Sigma} \} = \begin{Bmatrix} \vec{R}_{\text{amont}\to\Sigma} = X\vec{x}_0 + Y\vec{y}_0 + Z\vec{z}_0 \\ \vec{M}_G(\text{amont}\to\Sigma) = L_G \vec{x}_0 + M_G \vec{y}_0 + C_{\text{moteur}} \vec{z}_0 \end{Bmatrix}
  • Théorème de la Résultante Dynamique (TRD) : R⃗amont→Σ+Mg⃗=Mγ⃗(G/R0)\vec{R}_{\text{amont}\to\Sigma} + M\vec{g} = M \vec{\gamma}(G/\mathcal{R}_0)
  • Théorème du Moment Dynamique (TMD) en GG : M⃗G(Ext→Σ)=δ⃗G(Σ/R0)\vec{M}_G(\text{Ext} \to \Sigma) = \vec{\delta}_G(\Sigma/\mathcal{R}_0) Où le moment dynamique δ⃗G\vec{\delta}_G se calcule par : δ⃗G(Σ/R0)=I(G,Σ)Ω⃗′(Σ/R0)+Ω⃗(Σ/R0)∧(I(G,Σ)Ω⃗(Σ/R0))\vec{\delta}_G(\Sigma/\mathcal{R}_0) = \mathbf{I}(G, \Sigma) \vec{\Omega}'(\Sigma/\mathcal{R}_0) + \vec{\Omega}(\Sigma/\mathcal{R}_0) \land \left( \mathbf{I}(G, \Sigma) \vec{\Omega}(\Sigma/\mathcal{R}_0) \right)

En projetant l’équation du moment dynamique suivant l’axe de commande en rotation z⃗0\vec{z}_0 (ou z⃗1\vec{z}_1), on isole le couple moteur effectif CmoteurC_{\text{moteur}} nécessaire pour vaincre l’inertie propre du solide en 3D : Cmoteur=Cθ¨+(A−B)ωxωyC_{\text{moteur}} = C \ddot{\theta} + (A - B) \omega_x \omega_y Ce terme croisé (A−B)ωxωy(A - B)\omega_x \omega_y met en évidence l’couplage dynamique 3D inhérent aux mouvements hors-plan (α≠π/2\alpha \neq \pi/2).

  • Ordre de grandeur : Pour M=50 kgM = 50 \, \text{kg} et L=1.2 mL = 1.2 \, \text{m}, les moments d’inertie sont de l’ordre de I≈13ML2≈24 kg⋅m2I \approx \frac{1}{3} M L^2 \approx 24 \, \text{kg}\cdot\text{m}^2. Avec θ¨=15 rad⋅s−2\ddot{\theta} = 15 \, \text{rad}\cdot\text{s}^{-2}, le couple d’accélération pur est de 360 N⋅m360 \, \text{N}\cdot\text{m}. Les effets dynamiques tridimensionnels (termes gyro-statiques) représentent environ 10 à 15% du couple total en régime dynamique sévère.
  • Limites du modèle rigide : L’hypothèse de solidité rigide néglige les modes propres de flexion du bras. Si la première fréquence propre de vibration de la structure est de l’ordre de ≈25 Hz\approx 25 \, \text{Hz}, et que le profil d’accélération génère des harmoniques significatives dans cette même bande de fréquences, il y aura un risque d’excitation de résonance. Le modèle rigide sous-estime les efforts aux articulations et doit être complété par une modélisation par éléments finis ou des approches par corps flexibles (méthode des modes assumés) pour la commande fine (type Command Shaping).