Cours : Espaces vectoriels de dimension finie
📌 1. Définitions & Cadre d’étude
Section titled “📌 1. Définitions & Cadre d’étude”Soit un corps commutatif (généralement ou ). Soit un -espace vectoriel.
A. Espace vectoriel de dimension finie
Section titled “A. Espace vectoriel de dimension finie”- Définition : On dit que est de dimension finie s’il existe une famille finie de vecteurs de qui est génératrice de . C’est-à-dire qu’il existe un entier et des vecteurs tels que .
- Si n’est pas de dimension finie, on dit qu’il est de dimension infinie.
B. Familles libres, génératrices et bases
Section titled “B. Familles libres, génératrices et bases”- Famille libre : Soit . Cette famille est dite libre (ou linéairement indépendante) si pour tout :
- Famille génératrice : Soit . Cette famille est dite génératrice de si tout vecteur de peut s’écrire comme combinaison linéaire des .
- Base : Une famille de est une base de si elle est à la fois libre et génératrice.
📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés
Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”A. Théorème de la base incomplète (Admis)
Section titled “A. Théorème de la base incomplète (Admis)”- Énoncé : Soit un -espace vectoriel de dimension finie. Toute famille libre de peut être complétée par des vecteurs de pour former une base de . De plus, toutes les bases d’un même espace vectoriel de dimension finie ont le même cardinal, appelé la dimension de et noté .
B. Théorème fondamental de la dimension (Caractérisation des bases)
Section titled “B. Théorème fondamental de la dimension (Caractérisation des bases)”- Théorème : Soit un -espace vectoriel tel que . Soit une famille de vecteurs de . Les assertions suivantes sont équivalentes :
- est une base de .
- est une famille libre.
- est une famille génératrice de .
Démonstration (Implication 2 1) : Supposons la famille libre. Par le théorème de la base incomplète, peut être complétée en une base de , avec . Par définition de la dimension, le cardinal de est égal à , soit . Par conséquent, . La famille est donc de cardinal et génératrice (puisque l’est), c’est une base de .
C. Dimension d’un sous-espace vectoriel et formule de Grassmann
Section titled “C. Dimension d’un sous-espace vectoriel et formule de Grassmann”- Proposition : Soit un -espace vectoriel de dimension finie et un sous-espace vectoriel de . Alors est de dimension finie et : De plus, .
- Théorème de Grassmann : Soient et deux sous-espaces vectoriels de de dimensions finies. Alors :
💡 3. Méthodes de calcul & Algorithmes
Section titled “💡 3. Méthodes de calcul & Algorithmes”A. Détermination de la dimension d’un sous-espace vectoriel
Section titled “A. Détermination de la dimension d’un sous-espace vectoriel”Pour déterminer la dimension d’un sous-espace vectoriel donné par un système d’équations ou par une famille génératrice :
- Méthode génératrice : Extraire une base d’une famille génératrice en échelonnant les vecteurs (souvent représentés sous forme de lignes d’une matrice ).
- Méthode par équations : Résoudre le système homogène définissant . Le nombre de paramètres libres dans la solution générale correspond à la dimension de .
B. Pratique du pivot de Gauss pour le rang
Section titled “B. Pratique du pivot de Gauss pour le rang”Soit . Le rang de , noté , est la dimension du sous-espace vectoriel de engendré par les colonnes de (ou par les lignes).
- Algorithme : Utiliser les opérations élémentaires sur les lignes (ou les colonnes) qui préservent le rang pour amener la matrice sous forme échelonnée. Le nombre de lignes non nulles de la matrice échelonnée est égal au rang de .
⚠️ 4. Pièges classiques & Erreurs à éviter
Section titled “⚠️ 4. Pièges classiques & Erreurs à éviter”- Confusion entre dimension finie et infinie : Appliquer des résultats valables uniquement en dimension finie (comme l’égalité pour un cardinal donné) à des espaces de dimension infinie (par exemple l’espace des polynômes ou l’espace des suites).
- Oubli des hypothèses de dimension finie : Utiliser le théorème de la base incomplète ou la formule de Grassmann sans avoir préalablement établi que les espaces vectoriels considérés sont de dimension finie.
- Erreur de manipulation sur les dimensions : Écrire . C’est faussement général ; la réunion de deux sous-espaces vectoriels n’est pas un sous-espace vectoriel en général (sauf si l’un est inclus dans l’autre). C’est la somme qu’il faut considérer via la formule de Grassmann.
- Mauvaise caractérisation d’un isomorphisme : Soit avec . Pour démontrer que est un isomorphisme, il suffit de montrer que est injective OU surjective. Ne cherchez pas à vérifier les deux conditions simultanément, c’est une perte de temps rédactionnelle et logique.