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Cours : Espaces vectoriels de dimension finie

Soit K\mathbb{K} un corps commutatif (généralement R\mathbb{R} ou C\mathbb{C}). Soit (E,+,⋅)(E, +, \cdot) un K\mathbb{K}-espace vectoriel.

  • Définition : On dit que EE est de dimension finie s’il existe une famille finie de vecteurs de EE qui est génératrice de EE. C’est-à-dire qu’il existe un entier n∈Nn \in \mathbb{N} et des vecteurs (e1,…,en)∈En(e_1, \dots, e_n) \in E^n tels que E=Vect⁡(e1,…,en)E = \operatorname{Vect}(e_1, \dots, e_n).
  • Si EE n’est pas de dimension finie, on dit qu’il est de dimension infinie.

B. Familles libres, génératrices et bases

Section titled “B. Familles libres, génératrices et bases”
  • Famille libre : Soit (x1,…,xp)∈Ep(x_1, \dots, x_p) \in E^p. Cette famille est dite libre (ou linéairement indépendante) si pour tout (l1,…,lp)∈Kp(l_1, \dots, l_p) \in \mathbb{K}^p : ∑i=1plixi=0E  ⟹  ∀i∈⟦1,p⟧,  li=0K\sum_{i=1}^{p} l_i x_i = 0_E \implies \forall i \in \llbracket 1, p \rrbracket, \; l_i = 0_{\mathbb{K}}
  • Famille génératrice : Soit (x1,…,xp)∈Ep(x_1, \dots, x_p) \in E^p. Cette famille est dite génératrice de EE si tout vecteur de EE peut s’écrire comme combinaison linéaire des (xi)1≤i≤p(x_i)_{1 \le i \le p}.
  • Base : Une famille (e1,…,en)(e_1, \dots, e_n) de EE est une base de EE si elle est à la fois libre et génératrice.

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

A. Théorème de la base incomplète (Admis)

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  • Énoncé : Soit EE un K\mathbb{K}-espace vectoriel de dimension finie. Toute famille libre de EE peut être complétée par des vecteurs de EE pour former une base de EE. De plus, toutes les bases d’un même espace vectoriel de dimension finie ont le même cardinal, appelé la dimension de EE et noté dim⁡(E)\dim(E).

B. Théorème fondamental de la dimension (Caractérisation des bases)

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  • Théorème : Soit EE un K\mathbb{K}-espace vectoriel tel que dim⁡(E)=n∈N\dim(E) = n \in \mathbb{N}. Soit (v1,…,vn)(v_1, \dots, v_n) une famille de nn vecteurs de EE. Les assertions suivantes sont équivalentes :
    1. (v1,…,vn)(v_1, \dots, v_n) est une base de EE.
    2. (v1,…,vn)(v_1, \dots, v_n) est une famille libre.
    3. (v1,…,vn)(v_1, \dots, v_n) est une famille génératrice de EE.

Démonstration (Implication 2   ⟹  \implies 1) : Supposons la famille F=(v1,…,vn)\mathcal{F} = (v_1, \dots, v_n) libre. Par le théorème de la base incomplète, F\mathcal{F} peut être complétée en une base B=(v1,…,vn,w1,…,wk)\mathcal{B} = (v_1, \dots, v_n, w_1, \dots, w_k) de EE, avec k∈Nk \in \mathbb{N}. Par définition de la dimension, le cardinal de B\mathcal{B} est égal à dim⁡(E)\dim(E), soit n+k=nn + k = n. Par conséquent, k=0k = 0. La famille F\mathcal{F} est donc de cardinal nn et génératrice (puisque B\mathcal{B} l’est), c’est une base de EE. ■\blacksquare

C. Dimension d’un sous-espace vectoriel et formule de Grassmann

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  • Proposition : Soit EE un K\mathbb{K}-espace vectoriel de dimension finie et FF un sous-espace vectoriel de EE. Alors FF est de dimension finie et : dim⁡(F)≤dim⁡(E)\dim(F) \le \dim(E) De plus, dim⁡(F)=dim⁡(E)  ⟺  F=E\dim(F) = \dim(E) \iff F = E.
  • Théorème de Grassmann : Soient FF et GG deux sous-espaces vectoriels de EE de dimensions finies. Alors : dim⁡(F+G)=dim⁡(F)+dim⁡(G)−dim⁡(F∩G)\dim(F + G) = \dim(F) + \dim(G) - \dim(F \cap G)

A. Détermination de la dimension d’un sous-espace vectoriel

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Pour déterminer la dimension d’un sous-espace vectoriel FF donné par un système d’équations ou par une famille génératrice :

  1. Méthode génératrice : Extraire une base d’une famille génératrice en échelonnant les vecteurs (souvent représentés sous forme de lignes d’une matrice A∈Mp,n(K)A \in \mathcal{M}_{p,n}(\mathbb{K})).
  2. Méthode par équations : Résoudre le système homogène définissant FF. Le nombre de paramètres libres dans la solution générale correspond à la dimension de FF.

B. Pratique du pivot de Gauss pour le rang

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Soit A∈Mn,p(K)A \in \mathcal{M}_{n,p}(\mathbb{K}). Le rang de AA, noté rg⁡(A)\operatorname{rg}(A), est la dimension du sous-espace vectoriel de Mn,1(K)\mathcal{M}_{n,1}(\mathbb{K}) engendré par les colonnes de AA (ou par les lignes).

  • Algorithme : Utiliser les opérations élémentaires sur les lignes (ou les colonnes) qui préservent le rang pour amener la matrice AA sous forme échelonnée. Le nombre de lignes non nulles de la matrice échelonnée est égal au rang de AA.

⚠️ 4. Pièges classiques & Erreurs à éviter

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  1. Confusion entre dimension finie et infinie : Appliquer des résultats valables uniquement en dimension finie (comme l’égalité liberteˊ  ⟺  geˊneˊratrice\text{liberté} \iff \text{génératrice} pour un cardinal donné) à des espaces de dimension infinie (par exemple l’espace des polynômes K[X]\mathbb{K}[X] ou l’espace des suites).
  2. Oubli des hypothèses de dimension finie : Utiliser le théorème de la base incomplète ou la formule de Grassmann sans avoir préalablement établi que les espaces vectoriels considérés sont de dimension finie.
  3. Erreur de manipulation sur les dimensions : Écrire dim⁡(F∪G)=dim⁡(F)+dim⁡(G)\dim(F \cup G) = \dim(F) + \dim(G). C’est faussement général ; la réunion de deux sous-espaces vectoriels n’est pas un sous-espace vectoriel en général (sauf si l’un est inclus dans l’autre). C’est la somme F+GF + G qu’il faut considérer via la formule de Grassmann.
  4. Mauvaise caractérisation d’un isomorphisme : Soit f∈L(E,F)f \in \mathcal{L}(E, F) avec dim⁡(E)=dim⁡(F)=n\dim(E) = \dim(F) = n. Pour démontrer que ff est un isomorphisme, il suffit de montrer que ff est injective OU surjective. Ne cherchez pas à vérifier les deux conditions simultanément, c’est une perte de temps rédactionnelle et logique.