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Cours : Liaisons chimiques et géométrie

FICHE DE COURS : Liaisons chimiques et géométrie

Section titled “FICHE DE COURS : Liaisons chimiques et géométrie”

Filière : MPSI/PCSI (Première année)
Matière : Physique-Chimie


1. Introduction et formalismes fondamentaux

Section titled “1. Introduction et formalismes fondamentaux”

Pour décrire les liaisons chimiques, on se place dans le cadre de l’approximation de Slater et on considère les électrons de valence (couche externe).

  • Règle de l’octet et du duornet : Les éléments tendent à acquérir une structure électronique stable semblable à celle d’un gaz rare (s2s^2 pour He, s2p6s^2 p^6 pour les autres).
  • Électronégativité (χ\chi) : Aptitude d’un atome à attirer les électrons engagés dans une liaison.
    • Échelle de Pauling : Augmente de gauche à droite dans une période et du bas vers le haut dans une colonne. Le fluor est l’élément le plus électronégatif.

Le schéma de Lewis représente les électrons de valence sous forme de points (électrons célibataires) ou de tirets (doublets non liants).

  • Liaison covalente : Mise en commun de deux électrons célibataires provenant de deux atomes différents.
  • Liaison dative (ou de coordination) : Liaison covalente où les deux électrons proviennent du même atome (donneur vers accepteur).
  • Charge formelle (CFCF) : Pour un atome dans une structure de Lewis : CF=V−L−12LiCF = V - L - \frac{1}{2} \text{Li} où VV est le nombre d’électrons de valence de l’atome isolé, LL le nombre d’électrons non liants et Li\text{Li} le nombre d’électrons liants (dans les liaisons). La somme des charges formelles est égale à la charge globale de l’entité.

2. Modèle VSEPR (ou Théorie de Gillespie)

Section titled “2. Modèle VSEPR (ou Théorie de Gillespie)”

Le modèle VSEPR (Valence Shell Electron Pair Repulsion) permet de prédire la géométrie des molécules basées sur la répulsion électrostatique des paires d’électrons de la couche de valence autour d’un atome central AA.

On note la formule VSEPR : AXnEm\mathbf{AX_nE_m}

  • AA : Atome central.
  • XX : Ligand (atome lié à AA), comptant pour 1 site (liaison simple, double ou triple comptent pour un seul site répulsif).
  • EE : Doublet non liant porté par AA.

B. Géométries de base (Nombre steric NS=n+mNS = n + m)

Section titled “B. Géométries de base (Nombre steric NS=n+mNS = n + mNS=n+m)”
NS=n+mNS = n+mType VSEPRGéométrie de l’atome centralAngles théoriquesExemples
2AX2AX_2Linéaire180∘180^\circCO2CO_2
3AX3AX_3Trigonale plane120∘120^\circBF3BF_3
3AX2EAX_2ECoudée<120∘< 120^\circSO2SO_2
4AX4AX_4Tétraédrique109,5∘109,5^\circCH4CH_4
4AX3EAX_3EPyramidale trigonale≈107∘\approx 107^\circNH3NH_3
4AX2E2AX_2E_2Coudée≈104,5∘\approx 104,5^\circH2OH_2O
5AX5AX_5Bipyramidale trigonale90∘90^\circ et 120∘120^\circPCl5PCl_5
6AX6AX_6Octaédrique90∘90^\circSF6SF_6

Règle empirique de répulsion : Reˊpulsion (E-E)>Reˊpulsion (E-X)>Reˊpulsion (X-X)\text{Répulsion (E-E)} > \text{Répulsion (E-X)} > \text{Répulsion (X-X)} Un doublet non liant, plus étalé dans l’espace, comprime l’angle entre les liaisons A−XA-X.


  • Moments dipolaires de liaison (μ⃗\vec{\mu} liée) : Dirigé de l’atome le moins électronégatif vers le plus électronégatif. Norme μ=q⋅d\mu = q \cdot d (en Debye D\text{D}).
  • Moment dipolaire global (μ⃗mol\vec{\mu}_{mol}) : Somme vectorielle des moments dipolaires de toutes les liaisons et des doublets non liants : μ⃗mol=∑μ⃗liaisons+∑μ⃗doublets\vec{\mu}_{mol} = \sum \vec{\mu}_{\text{liaisons}} + \sum \vec{\mu}_{\text{doublets}}
  • Conséquence : Une molécule est polaire si μ⃗mol≠0⃗\vec{\mu}_{mol} \neq \vec{0} (ce qui implique une dissymétrie géométrique ou des différences d’électronégativité marquées). Elle est apolaire si μ⃗mol=0⃗\vec{\mu}_{mol} = \vec{0} (ex: CO2CO_2 linéaire, CH4CH_4 tétraédrique parfait).

4. Introduction à la théorie des orbitales moléculaires (LCAO)

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A. Principe de la combinaison linéaire (CLOA)

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La théorie des orbitales moléculaires (OM) décrit les électrons délocalisés sur toute la molécule. Une orbitale moléculaire ψ\psi est obtenue par combinaison linéaire d’orbitales atomiques (ϕA,ϕB\phi_A, \phi_B) : ψ=cAϕA+cBϕB\psi = c_A \phi_A + c_B \phi_B

  • OM Liante (ψL\psi_L) : In phase (ϕA+ϕB\phi_A + \phi_B). Densité électronique augmentée entre les noyaux. Énergie inférieure à celle des OAs isolées (stabilisation).
  • OM Antiliante (ψ∗\psi^*) : En opposition de phase (ϕA−ϕB\phi_A - \phi_B). Présence d’un plan nodal (nulle part de présence électronique entre les noyaux). Énergie supérieure (déstabilisation).
  • OM Non liante : Pas de recouvrement significatif, l’énergie reste inchangée.

B. Diagramme d’énergie (cas diatomiques homonucléaires A2A_2 de la 2ème période)

Section titled “B. Diagramme d’énergie (cas diatomiques homonucléaires A2A_2A2​ de la 2ème période)”

Pour O2O_2 et F2F_2, l’ordre de remplissage des OM issues des orbitales 2p2p est : σ2p<(π2px=π2py)<(π2px∗=π2py∗)<σ2p∗\sigma_{2p} < (\pi_{2px} = \pi_{2py}) < (\pi^*_{2px} = \pi^*_{2py}) < \sigma^*_{2p} (Note : Pour B2,C2,N2B_2, C_2, N_2, il y a un couplage 2s−2p2s-2p qui inverse σ2p\sigma_{2p} et les π2p\pi_{2p}).

  • Indice de liaison (LL) : L=Nliants−Nantiliants2L = \frac{N_{liants} - N_{antiliants}}{2} Plus LL est grand, plus la liaison est forte et courte. (Ex : L=3L=3 pour N≡NN \equiv N).
  • Propriétés magnétiques : Si tous les électrons des OM sont appariés, la molécule est diamagnétique (faiblement repoussée par un champ magnétique). S’il y a des électrons célibataires (ex : O2O_2 possède 2 électrons célibataires dans π∗\pi^*), elle est paramagnétique (attirée par un aimant).

  1. Établir un schéma de Lewis valide :
    • Compter le nombre total d’électrons de valence NvN_v.
    • Placer l’atome le moins électronégatif au centre (sauf H).
    • Relier les ligands par des liaisons simples.
    • Compléter les octets des ligands, puis de l’atome central.
    • Vérifier les charges formelles (minimiser les charges et placer la charge négative sur l’atome le plus électronégatif).
  2. Prédire la géométrie :
    • Faire le Lewis.
    • Compter NS=n+mNS = n + m.
    • Conclure sur la géométrie VSEPR.

  • Piège 1 : Oublier de compter les doublets non liants de l’atome central lors du calcul du nombre stérique NSNS (le modèle VSEPR prend en compte tous les sites électroniques, liants et non liants).
  • Piège 2 : Confondre géométrie de la molécule et géométrie du squelette électronique. (Exemple : H2OH_2O a un squelette tétraédrique (NS=4NS=4), mais une géométrie moléculaire coudée).
  • Piège 3 : Croire qu’une liaison double compte pour 2 sites dans le modèle VSEPR. Elle ne compte que pour 1 direction de répulsion (1 site).
  • Piège 4 : Violation de l’octet pour les éléments de la 2ème période (C, N, O, F ne peuvent jamais expandre leur octet, ils ont au maximum 4 orbitales de valence 2s2s et 2p2p). L’expansion de l’octet n’est possible qu’à partir de la 3ème période (présence d’orbitales dd vacantes, ex : PCl5PCl_5, SF6SF_6).