Skip to content

CCINP - Mathématiques

Dans le cadre de l’étude des régimes transitoires de systèmes dynamiques complexes à retards répartis, on est conduit à analyser des opérateurs différentiels agissant sur des espaces fonctionnels de dimension infinie. Plus particulièrement, l’analyse de la stabilité asymptotique d’un tel système régis par des équations intégro-différentielles amène à étudier la nature topologique de certains ensembles de fonctions holomorphes et à évaluer des sommes de séries de fonctions dépendant d’un paramètre complexe.

Le présent problème se propose d’étudier, à l’aide d’outils topologiques avancés (compacité dans les espaces vectoriels normés, théorème de Weierstrass-Borel) et de l’analyse complexe (rayons de convergence, développements en séries entières, interversion de limites), une famille d’applications définies par des intégrales à paramètre.

Soit E=C([0,1],R)\mathcal{E} = \mathcal{C}([0, 1], \mathbb{R}) l’espace vectoriel normé des fonctions continues de [0,1][0, 1] dans R\mathbb{R}, muni de la norme de la convergence uniforme notée ∥⋅∥∞\|\cdot\|_{\infty}. Pour tout entier n∈Nn \in \mathbb{N}, on définit la fonction polynomiale PnP_n sur R\mathbb{R} par : Pn(x)=1n!∫01tnext dtP_n(x) = \frac{1}{n!} \int_0^1 t^n e^{xt} \, dt L’objectif est d’analyser la convergence de la série de fonctions ∑n≥0Pn(x)\sum_{n \ge 0} P_n(x) sur divers domaines de R\mathbb{R} ou de C\mathbb{C}, ainsi que d’étudier les propriétés topologiques de l’ensemble des fonctions constructibles par cette démarche.


Partie A : Étude d’une suite de fonctions et rayon de convergence

Section titled “Partie A : Étude d’une suite de fonctions et rayon de convergence”
  1. (Calcul explicite) Calculer explicitement l’expression de Pn(x)P_n(x) pour tout x∈R∖{0}x \in \mathbb{R} \setminus \{0\} et pour x=0x = 0. Montrer que PnP_n prolonge par continuité une fonction entière sur C\mathbb{C}.
  2. (Estimation asymptotique) Établir un encadrement ou un équivalent simple de ∣Pn(x)∣|P_n(x)| lorsque n→+∞n \to +\infty, pour un réel xx fixé.
  3. (Série entière associée) On pose, pour z∈Cz \in \mathbb{C}, f(z)=∑n=0+∞Pn(z)znf(z) = \sum_{n=0}^{+\infty} P_n(z) z^n. Déterminer le rayon de convergence de cette série entière.
  4. (Expression intégrale de la somme) Pour zz dans le disque ouvert de convergence, exprimer f(z)f(z) sous forme d’une intégrale simple à l’aide d’une interversion justifiée entre somme et intégrale.

Partie B : Topologie et propriétés fonctionnelles

Section titled “Partie B : Topologie et propriétés fonctionnelles”
  1. (Continuité et bornitude) Soit F={Pn∣n∈N}\mathcal{F} = \{P_n \mid n \in \mathbb{N}\}. L’ensemble F\mathcal{F} est-il un partie bornée de (E,∥⋅∥∞)(\mathcal{E}, \|\cdot\|_{\infty}) ? Est-il relativement compact dans (E,∥⋅∥∞)(\mathcal{E}, \|\cdot\|_{\infty}) ? On justifiera avec rigueur en invoquant le théorème d’Arzelà-Ascoli.
  2. (Opérateur de translation) On définit l’opérateur Φ:E→E\Phi : \mathcal{E} \to \mathcal{E} par : ∀u∈E,∀x∈[0,1],(Φ(u))(x)=∫0xet−xu(t) dt\forall u \in \mathcal{E}, \quad \forall x \in [0, 1], \quad (\Phi(u))(x) = \int_0^x e^{t-x} u(t) \, dt Montrer que Φ\Phi est un endomorphisme continu de (E,∥⋅∥∞)(\mathcal{E}, \|\cdot\|_{\infty}) et calculer sa norme subie ∥Φ∥L\|\Phi\|_L.
  3. (Étude spectrale discrète) Déterminer l’ensemble des valeurs propres de l’opérateur Φ\Phi.

💡 Partie 3 : Rapport du Jury (Pièges et attentes)

Section titled “💡 Partie 3 : Rapport du Jury (Pièges et attentes)”

Le jury tient à souligner plusieurs points fondamentaux observés lors de la correction de cette épreuve :

  • Intégration par parties / récurrence : Pour la question 1, de nombreux candidats se bloquent dans le calcul intégral de Pn(x)P_n(x) en n’utilisant pas judicieusement des intégrations par parties successives ou une récurrence bien posée.
  • Interversion ∑\sum et ∫\int : À la question 4, l’utilisation du théorème de convergence normale sur tout compact est indispensable. Justifier simplement « par isomorphisme » ou sans citer explicitement le théorème adéquat est sanctionné.
  • Arzelà-Ascoli : À la question 5, la confusion entre « fermé et borné » et « compact » en dimension infinie persiste. L’application correcte d’Arzelà-Ascoli nécessite de vérifier l’équicontinuité de la famille F\mathcal{F}, ce qui demande de manipuler proprement le théorème des accroissements finis ou une borne uniforme sur les dérivées.
  • Norme d’opérateur : Pour la question 6, le calcul de ∥Φ∥L\|\Phi\|_L exige de démontrer à la fois une majoration par un réel MM et l’atteinte ou l’approximation de ce sup par une suite de fonctions bien choisies.

📋 Partie 4 : Corrigé Détaillé et Analyse

Section titled “📋 Partie 4 : Corrigé Détaillé et Analyse”

Partie A : Étude d’une suite de fonctions et rayon de convergence

Section titled “Partie A : Étude d’une suite de fonctions et rayon de convergence”

Pour x=0x = 0, on a immédiatement : Pn(0)=1n!∫01tn dt=1n!(n+1)P_n(0) = \frac{1}{n!} \int_0^1 t^n \, dt = \frac{1}{n!(n+1)}

Pour x≠0x \neq 0, on procède par intégration par parties. Posons u(t)=extu(t) = e^{xt} et v′(t)=tnv'(t) = t^n, de sorte que u′(t)=xextu'(t) = x e^{xt} et v(t)=tn+1n+1v(t) = \frac{t^{n+1}}{n+1}. Il vient : Pn(x)=1n!([tn+1n+1ext]01−∫01tn+1n+1xext dt)=ex(n+1)!−x(n+1)!∫01tn+1ext dtP_n(x) = \frac{1}{n!} \left( \left[ \frac{t^{n+1}}{n+1} e^{xt} \right]_0^1 - \int_0^1 \frac{t^{n+1}}{n+1} x e^{xt} \, dt \right) = \frac{e^x}{(n+1)!} - \frac{x}{(n+1)!} \int_0^1 t^{n+1} e^{xt} \, dt

En itérant ou en reconnaissant le développement en série, on peut aussi utiliser directement l’expression de l’exponentielle : Pn(x)=1n!∫01tn∑k=0+∞xktkk! dtP_n(x) = \frac{1}{n!} \int_0^1 t^n \sum_{k=0}^{+\infty} \frac{x^k t^k}{k!} \, dt Par convergence normale de la série sur le segment [0,1][0, 1] (pour tout xx fixé), on peut permuter somme et intégrale : Pn(x)=1n!∑k=0+∞xkk!∫01tn+k dt=∑k=0+∞xkn!k!(n+k+1)P_n(x) = \frac{1}{n!} \sum_{k=0}^{+\infty} \frac{x^k}{k!} \int_0^1 t^{n+k} \, dt = \sum_{k=0}^{+\infty} \frac{x^k}{n! k! (n+k+1)} Cette expression montre que PnP_n est développable en série entière sur C\mathbb{C} tout entier, c’est donc une fonction entière.

Pour x∈Rx \in \mathbb{R} fixé, la fonction t↦extt \mapsto e^{xt} est continue sur [0,1][0, 1], donc bornée par Mx=max⁡(1,ex)M_x = \max(1, e^x). Ainsi : ∣Pn(x)∣≤1n!∫01tn∣ext∣ dt≤Mxn!∫01tn dt=Mxn!(n+1)|P_n(x)| \le \frac{1}{n!} \int_0^1 t^n |e^{xt}| \, dt \le \frac{M_x}{n!} \int_0^1 t^n \, dt = \frac{M_x}{n!(n+1)} On en déduit que ∣Pn(x)∣=O(1(n+1)!)|P_n(x)| = O\left(\frac{1}{(n+1)!}\right) lorsque n→+∞n \to +\infty.

La série entière associée est ∑n≥0Pn(z)zn\sum_{n \ge 0} P_n(z) z^n. D’après l’estimation précédente, pour z∈Cz \in \mathbb{C}, on a : ∣Pn(z)zn∣≤M∣z∣n!(n+1)∣z∣n|P_n(z) z^n| \le \frac{M_{|z|}}{n!(n+1)} |z|^n Considérons le terme général an(z)=∣z∣nn!(n+1)a_n(z) = \frac{|z|^n}{n!(n+1)}. On applique la règle de d’Alembert (ou le critère du quotient) : an+1(z)an(z)=∣z∣n+1(n+1)!(n+2)×n!(n+1)∣z∣n=∣z∣n+2⟶n→+∞0<1\frac{a_{n+1}(z)}{a_n(z)} = \frac{|z|^{n+1}}{(n+1)!(n+2)} \times \frac{n!(n+1)}{|z|^n} = \frac{|z|}{n+2} \underset{n \to +\infty}{\longrightarrow} 0 < 1 Par conséquent, pour tout z∈Cz \in \mathbb{C}, la série converge absolument. Le rayon de convergence de la série entière est donc R=+∞R = +\infty.

Pour tout z∈Cz \in \mathbb{C}, la somme f(z)=∑n=0+∞Pn(z)znf(z) = \sum_{n=0}^{+\infty} P_n(z) z^n s’écrit, en remplaçant Pn(z)P_n(z) par son expression intégrale : f(z)=∑n=0+∞(1n!∫01tnezt dt)zn=∑n=0+\ins∫01(zt)nn!ezt dtf(z) = \sum_{n=0}^{+\infty} \left( \frac{1}{n!} \int_0^1 t^n e^{zt} \, dt \right) z^n = \sum_{n=0}^{+\ins} \int_0^1 \frac{(zt)^n}{n!} e^{zt} \, dt Sur tout compact de C\mathbb{C}, la série de fonctions ∑(zt)nn!ezt\sum \frac{(zt)^n}{n!} e^{zt} converge uniformément par application du critère de Weierstrass (car ∣zt∣≤K|zt| \le K et ∣ezt∣≤eK|e^{zt}| \le e^K). On peut donc intervertir sommation et intégration : f(z)=∫01(∑n=0+∞(zt)nn!)ezt dt=∫01eztezt dt=∫01e2zt dtf(z) = \int_0^1 \left( \sum_{n=0}^{+\infty} \frac{(zt)^n}{n!} \right) e^{zt} \, dt = \int_0^1 e^{zt} e^{zt} \, dt = \int_0^1 e^{2zt} \, dt Si z=0z = 0, f(0)=∫011 dt=1f(0) = \int_0^1 1 \, dt = 1. Si z≠0z \neq 0, f(0)=[e2zt2z]01=e2z−12zf(0) = \left[ \frac{e^{2zt}}{2z} \right]_0^1 = \frac{e^{2z} - 1}{2z}


Partie B : Topologie et propriétés fonctionnelles

Section titled “Partie B : Topologie et propriétés fonctionnelles”

Étudions la famille F={Pn∣n∈N}\mathcal{F} = \{P_n \mid n \in \mathbb{N}\} dans (E,∥⋅∥∞)(\mathcal{E}, \|\cdot\|_{\infty}) avec E=C([0,1],R)\mathcal{E} = \mathcal{C}([0, 1], \mathbb{R}).

  • Caractère borné : Pour x∈[0,1]x \in [0, 1], on a ∣Pn(x)∣≤e1n!(n+1)≤e|P_n(x)| \le \frac{e^1}{n!(n+1)} \le e. Ainsi, pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}, ∥Pn∥∞≤e\|P_n\|_{\infty} \le e. La famille F\mathcal{F} est donc bornée.
  • Compacité (Arzelà-Ascoli) : Pour appliquer le théorème d’Arzelà-Ascoli, il faut vérifier l’équicontinuité de la famille F\mathcal{F} sur [0,1][0, 1]. Calculons la dérivée de PnP_n : Pn′(x)=1n!∫01tn+1ext dtP_n'(x) = \frac{1}{n!} \int_0^1 t^{n+1} e^{xt} \, dt Pour tout x∈[0,1]x \in [0, 1] et tout n∈Nn \in \mathbb{N} : ∣Pn′(x)∣≤1n!∫01tn+1et dt≤e(n+1)!≤e|P_n'(x)| \le \frac{1}{n!} \int_0^1 t^{n+1} e^t \, dt \le \frac{e}{(n+1)!} \le e La famille des dérivées est bornée uniformément par M=eM = e. Par le théorème des accroissements finis, pour tous x,y∈[0,1]x, y \in [0, 1] et tout n∈Nn \in \mathbb{N} : ∣Pn(x)−Pn(y)∣≤e∣x−y∣|P_n(x) - P_n(y)| \le e |x - y| Cette majoration est indépendante de nn, ce qui prouve que F\mathcal{F} est équicontinue. De plus, F\mathcal{F} est bornée. D’après le théorème d’Arzelà-Ascoli, F\mathcal{F} est relativement compacte dans (E,∥⋅∥∞)(\mathcal{E}, \|\cdot\|_{\infty}).

Soit u∈Eu \in \mathcal{E}. L’application Φ(u)\Phi(u) est définie par : (Φ(u))(x)=∫0xet−xu(t) dt=e−x∫0xetu(t) dt(\Phi(u))(x) = \int_0^x e^{t-x} u(t) \, dt = e^{-x} \int_0^x e^t u(t) \, dt La continuité de uu assure celle de x↦(Φ(u))(x)x \mapsto (\Phi(u))(x) sur [0,1][0, 1]. De plus, pour tout x∈[0,1]x \in [0, 1] : ∣(Φ(u))(x)∣≤e−x∫0xet∣u(t)∣ dt≤∥u∥∞e−x∫0xet dt=∥u∥∞e−x[et]0x=∥u∥∞e−x(ex−1)=∥u∥∞(1−e−x)|(\Phi(u))(x)| \le e^{-x} \int_0^x e^t |u(t)| \, dt \le \|u\|_{\infty} e^{-x} \int_0^x e^t \, dt = \|u\|_{\infty} e^{-x} [e^t]_0^x = \|u\|_{\infty} e^{-x} (e^x - 1) = \|u\|_{\infty} (1 - e^{-x}) Puisque 1−e−x≤1−e−1<11 - e^{-x} \le 1 - e^{-1} < 1 pour x∈[0,1]x \in [0, 1] (et atteint 1 en x=1x=1), on a : ∥Φ(u)∥∞≤(1−e−1)∥u∥∞\|\Phi(u)\|_{\infty} \le (1 - e^{-1}) \|u\|_{\infty} L’opérateur Φ\Phi est donc continu (ou borné) et ∥Φ∥L≤1−e−1\|\Phi\|_L \le 1 - e^{-1}. En considérant la fonction constante u(t)=1u(t) = 1, on a (Φ(1))(x)=1−e−x(\Phi(1))(x) = 1 - e^{-x}, dont la norme infinie sur [0,1][0, 1] est exactement 1−e−11 - e^{-1}. Par conséquent : ∥Φ∥L=1−e−1\|\Phi\|_L = 1 - e^{-1}

Cherchons les valeurs propres de Φ\Phi, c’est-à-dire les scalaires λ∈R\lambda \in \mathbb{R} (ou C\mathbb{C}) tels qu’il existe u∈E∖{0}u \in \mathcal{E} \setminus \{0\} vérifiant Φ(u)=λu\Phi(u) = \lambda u. Supposons qu’il existe un tel couple (λ,u)(\lambda, u). Pour x=0x = 0, on a : (Φ(u))(0)=∫00e−tu(t) dt=0(\Phi(u))(0) = \int_0^0 e^{-t} u(t) \, dt = 0 D’où λu(0)=0\lambda u(0) = 0. Réécrivons l’équation sous forme différentielle. L’expression de (Φ(u))(x)(\Phi(u))(x) est : ex(Φ(u))(x)=∫0xetu(t) dte^x (\Phi(u))(x) = \int_0^x e^t u(t) \, dt En dérivant cette expression par rapport à xx (puisque uu est continue, l’intégrale définit une fonction de classe C1\mathcal{C}^1) : ex(Φ(u))(x)+ex(Φ(u))′(x)=exu(x)e^x (\Phi(u))(x) + e^x (\Phi(u))'(x) = e^x u(x) En simplifiant par exe^x (qui est non nul) : (Φ(u))(x)+(Φ(u))′(x)=u(x)(\Phi(u))(x) + (\Phi(u))'(x) = u(x) Puisque Φ(u)=λu\Phi(u) = \lambda u, cela se réécrit : λu(x)+λu′(x)=u(x)  ⟹  λu′(x)=(1−λ)u(x)\lambda u(x) + \lambda u'(x) = u(x) \implies \lambda u'(x) = (1 - \lambda) u(x)

  • Si λ=0\lambda = 0, l’équation devient u(x)=0u(x) = 0 pour tout x∈[0,1]x \in [0, 1], soit u=0u = 0, ce qui est exclu pour un vecteur propre. Ainsi, 00 n’est pas valeur propre.
  • Si λ≠0\lambda \neq 0, on obtient une équation différentielle linéaire du premier ordre : u′(x)=1−λλu(x)u'(x) = \frac{1 - \lambda}{\lambda} u(x) Les solutions sont de la forme : u(x)=Cexp⁡(1−λλx),C∈Ru(x) = C \exp\left( \frac{1 - \lambda}{\lambda} x \right), \quad C \in \mathbb{R} Testons cette solution dans l’équation initiale Φ(u)=λu\Phi(u) = \lambda u. D’une part, pour u(x)=Cekxu(x) = C e^{kx} avec k=1−λλk = \frac{1 - \lambda}{\lambda} : (Φ(u))(x)=e−x∫0xetCekt dt=Ce−x∫0xe(k+1)t dt(\Phi(u))(x) = e^{-x} \int_0^x e^t C e^{kt} \, dt = C e^{-x} \int_0^x e^{(k+1)t} \, dt Si k+1≠0k + 1 \neq 0 (c’est-à-dire 1/λ≠01/\lambda \neq 0, ce qui est toujours vrai ici) : (Φ(u))(x)=Ce−x[e(k+1)tk+1]0x=Ce−xe(k+1)x−1k+1=Cekx−e−xk+1(\Phi(u))(x) = C e^{-x} \left[ \frac{e^{(k+1)t}}{k+1} \right]_0^x = C e^{-x} \frac{e^{(k+1)x} - 1}{k+1} = C \frac{e^{kx} - e^{-x}}{k+1} Or, on souhaite que (Φ(u))(x)=λu(x)=λCekx(\Phi(u))(x) = \lambda u(x) = \lambda C e^{kx}. Par identification des termes en e−xe^{-x} (qui doit être nul car absent de λCekx\lambda C e^{kx} pour C≠0C \neq 0), on doit avoir un coefficient nul pour e−xe^{-x}, ce qui impose C=0C = 0 (solution triviale).

Par conséquent, l’opérateur Φ\Phi ne possède aucune valeur propre (son spectre ponctuel est vide : σp(Φ)=∅\sigma_p(\Phi) = \emptyset).