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Exercice 1 : Roulement sans glissement (engrenages)

Problème guidé : Analyse cinématique d’un train d’engrenages à contact direct

Section titled “Problème guidé : Analyse cinématique d’un train d’engrenages à contact direct”

On s’intéresse à un étage de réduction d’un réducteur planétaire industriel utilisé dans la chaîne de transmission d’un robot mobile lourd. Le mécanisme étudié est un train simple composé d’un pignon menant 11 (de centre O1O_1) et d’une roue menée 22 (de centre O2O_2).

L’étude est menée dans le plan (O1,x⃗,y⃗)(O_1, \vec{x}, \vec{y}), repéré par le repère galiléen R0=(O1,x⃗0,y⃗0,z⃗0)\mathcal{R}_0 = (O_1, \vec{x}_0, \vec{y}_0, \vec{z}_0).

Données géométriques et cinématiques :

Section titled “Données géométriques et cinématiques :”
  • Rayon primitif du pignon 11 : R1=45 mmR_1 = 45\text{ mm}
  • Rayon primitif de la roue 22 : R2=135 mmR_2 = 135\text{ mm}
  • Entraxe : E=O1O2=R1+R2=180 mmE = O_1O_2 = R_1 + R_2 = 180\text{ mm}
  • Fréquence de rotation du pignon d’entrée par rapport au bâti 00 : N1/0=3000 tr/minN_{1/0} = 3000\text{ tr/min}
  • Le contact entre les dents au point II est supposé parfait et vérifie l’hypothèse de Roulement Sans Glissement (RSG).

  1. Paramétrage et cinématique du solide 11 Exprimer le vecteur vitesse de rotation Ω⃗1/0\vec{\Omega}_{1/0} du pignon 11 par rapport au bâti 00 en fonction de N1/0N_{1/0} et de z⃗0\vec{z}_0. Calculer sa valeur numérique en rad/s\text{rad/s}.

  2. Condition de roulement sans glissement Soit II le point géométrique de contact entre les deux dents des solides 11 et 22.

    • Définir la condition cinématique traduisant le roulement sans glissement au point II entre le solide 11 et le solide 22.
    • En déduire la relation vectorielle entre V⃗(I∈1/0)\vec{V}(I \in 1/0), V⃗(I∈2/0)\vec{V}(I \in 2/0) et V⃗(I∈2/1)\vec{V}(I \in 2/1).
  3. Détermination du rapport de réduction

    • Par application des lois de composition des vitesses et en projetant judicieusement la relation précédente, exprimer la vitesse de rotation Ω⃗2/0\vec{\Omega}_{2/0} en fonction de Ω⃗1/0\vec{\Omega}_{1/0}, R1R_1 et R2R_2.
    • Calculer la valeur numérique de la fréquence de rotation N2/0N_{2/0} de la roue 22 en tr/min\text{tr/min}.
  4. Analyse critique et limites du modèle

    • Calculer la vitesse linéaire maximale au point de contact II.
    • Le modèle du roulement sans glissement est-il rigoureusement exact pour des engrenages réels fonctionnant à haute vitesse sous charge ? Citer un phénomène physique limitant la validité de ce modèle.

  • Question 1 : Penser à la conversion des tr/min\text{tr/min} en rad/s\text{rad/s} via la formule ω=πN30\omega = \frac{\pi N}{30}.
  • Question 2 : Le RSG impose que la vitesse de glissement du solide 22 par rapport au solide 11 au point II soit nulle (V⃗(I∈2/1)=0⃗\vec{V}(I \in 2/1) = \vec{0}).
  • Question 3 : Utilisez le fait que les vitesses d’entraînement des centres instantanés de rotation ou la projection de la relation de transport des vitesses le long de la tangente commune aux cercles primitifs mènent directement au rapport des rayons (loi de Willis pour un train simple).
  • Question 4 : Pour l’analyse critique, pensez au comportement élastique local des dentures (phénomène d’elastohydrodynamique, glissement relatif inhérent au profil en dévolute de cercle hors du pôle de engrènement).

1. Paramétrage et cinématique du solide 11

Section titled “1. Paramétrage et cinématique du solide 111”

La vitesse de rotation du pignon 11 par rapport au bâti 00 s’écrit : Ω⃗1/0=ω1/0z⃗0\vec{\Omega}_{1/0} = \omega_{1/0} \vec{z}_0 Avec ω1/0=π⋅N1/030\omega_{1/0} = \frac{\pi \cdot N_{1/0}}{30}. Application numérique : ω1/0=π×300030=100π≈314,16 rad/s\omega_{1/0} = \frac{\pi \times 3000}{30} = 100\pi \approx 314,16\text{ rad/s}

Par définition, le Roulement Sans Glissement (RSG) au point II se traduit par la nullité du vecteur vitesse de glissement V⃗(I∈2/1)\vec{V}(I \in 2/1) : V⃗(I∈2/1)=0⃗\vec{V}(I \in 2/1) = \vec{0} D’après la loi de composition des vitesses : V⃗(I∈2/0)=V⃗(I∈1/0)+V⃗(I∈2/1)\vec{V}(I \in 2/0) = \vec{V}(I \in 1/0) + \vec{V}(I \in 2/1) Sous l’hypothèse de RSG, il vient : V⃗(I∈2/0)=V⃗(I∈1/0)\vec{V}(I \in 2/0) = \vec{V}(I \in 1/0)

3. Détermination du rapport de réduction

Section titled “3. Détermination du rapport de réduction”

Exprimons la vitesse du point II appartenant au solide 11 dans son mouvement par rapport à 00, en utilisant le centre O1O_1 : V⃗(I∈1/0)=V⃗(O1∈1/0)+Ω⃗1/0∧O1I⃗\vec{V}(I \in 1/0) = \vec{V}(O_1 \in 1/0) + \vec{\Omega}_{1/0} \wedge \vec{O_1I} Le pignon 11 étant en liaison pivot fixe d’axe (O1,z⃗0)(O_1, \vec{z}_0) par rapport au bâti 00, V⃗(O1∈1/0)=0⃗\vec{V}(O_1 \in 1/0) = \vec{0}. Avec O1I⃗=R1y⃗0\vec{O_1I} = R_1 \vec{y}_0 (en orientant y⃗0\vec{y}_0 vers le point de contact II), on a : V⃗(I∈1/0)=(ω1/0z⃗0)∧(R1y⃗0)=−R1ω1/0x⃗0\vec{V}(I \in 1/0) = (\omega_{1/0} \vec{z}_0) \wedge (R_1 \vec{y}_0) = -R_1 \omega_{1/0} \vec{x}_0

De même pour le solide 22 par rapport à 00 (pivot d’axe O2O_2) : V⃗(I∈2/0)=V⃗(O2∈2/0)+Ω⃗2/0∧O2I⃗=0⃗+(ω2/0z⃗0)∧(−R2y⃗0)=R2ω2/0x⃗0\vec{V}(I \in 2/0) = \vec{V}(O_2 \in 2/0) + \vec{\Omega}_{2/0} \wedge \vec{O_2I} = \vec{0} + (\omega_{2/0} \vec{z}_0) \wedge (-R_2 \vec{y}_0) = R_2 \omega_{2/0} \vec{x}_0

En égalant les deux expressions (condition de RSG) : −R1ω1/0x⃗0=R2ω2/0x⃗0  ⟹  ω2/0=−R1R2ω1/0-R_1 \omega_{1/0} \vec{x}_0 = R_2 \omega_{2/0} \vec{x}_0 \implies \omega_{2/0} = -\frac{R_1}{R_2} \omega_{1/0}

Application numérique pour la fréquence de rotation N2/0N_{2/0} : N2/0=−N1/0×R1R2=−3000×45135=−3000×13=−1000 tr/minN_{2/0} = -N_{1/0} \times \frac{R_1}{R_2} = -3000 \times \frac{45}{135} = -3000 \times \frac{1}{3} = -1000\text{ tr/min} (Le signe négatif indique simplement un sens de rotation inversé).

  • Vitesse linéaire au point de contact : V(I)=R1ω1/0=45×10−3 m×314,16 rad/s≈14,14 m/sV(I) = R_1 \omega_{1/0} = 45 \times 10^{-3}\text{ m} \times 314,16\text{ rad/s} \approx 14,14\text{ m/s} Cette vitesse périphérique est élevée (≈51 km/h\approx 51\text{ km/h}).

  • Limites du modèle du RSG : Le modèle de roulement pur est une idéalisation cinématique. Dans la réalité :

    1. Glissement géométrique (glissement spécifique) : Les dents des engrenages conjugués (souvent à profil de développante de cercle) ne roulent parfaitement qu’au pôle d’engrènement. Partout ailleurs sur la ligne d’action, il y a un mouvement de glissement combiné au roulement (nécessaire pour transmettre la puissance avec des frottements de contact).
    2. Déformations élastiques (Hertz) : Sous l’effet de la charge transmise, les matériaux subissent des micro-déformations au voisinage du point II, créant une zone de contact (et non un point géométrique) générant un “glissement élastique” (ou creep). Conclusion: * Le modèle cinématique rigide est excellent pour déterminer les rapports de transmission globaux (cinématique pure), mais insuffisant pour l’analyse thermique, l’usure ou le rendement énergétique où le frottement et le glissement relatif doivent être intégrés (tribologie).