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Exercice : Projection orthogonale et théorème spectral

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Soit EE un espace euclidien de dimension n≥1n \ge 1, dont le produit scalaire est noté ⟨⋅,⋅⟩\langle \cdot, \cdot \rangle et la norme associée ∥⋅∥\|\cdot\|. On considère un endomorphisme symétrique u∈L(E)u \in \mathcal{L}(E) et un sous-espace vectoriel FF de EE stable par uu.

L’objectif de ce problème est d’étudier les liens entre la projection orthogonale sur FF, la restriction de uu à FF, et l’endomorphisme induit sur F⊥F^\perp, en s’appuyant sur le théorème spectral.


  1. Préalable géométrique : Soit pp le projecteur orthogonal sur FF. Rappeler la relation entre pp, p∗p^* (adjoint de pp) et exprimer p(x)p(x) pour tout x∈Ex \in E à l’aide d’une base orthonormée de FF.
  2. Stabilité de l’orthogonal : Montrer que le sous-espace orthogonal F⊥F^\perp est également stable par uu.
  3. Lien entre projecteur et endomorphisme symétrique : On note uFu_F l’endomorphisme induit par uu sur FF (c’est-à-dire ∀x∈F,uF(x)=u(x)\forall x \in F, u_F(x) = u(x)). Exprimer la relation liant uu, pp, uFu_F et l’endomorphisme v=uF⊥v = u_{F^\perp} induit sur F⊥F^\perp. En déduire une expression simple de p∘u∘pp \circ u \circ p en fonction de uFu_F et de pp.
  4. Application spectrale : Soit λ\lambda une valeur propre de uu. On note Eλ=ker⁡(u−λid⁡E)E_\lambda = \ker(u - \lambda \operatorname{id}_E) le sous-espace propre associé. Montrer que pour tout sous-espace FF stable par uu, l’espace F∩EλF \cap E_\lambda est stable par uu, et que F⊥∩EλF^\perp \cap E_\lambda est également pertinent dans l’étude spectrale.
  5. Caractérisation variationnelle (Lemme de Courant-Fischer simplifié) : On suppose que uu est strictement positif (ses valeurs propres sont strictement positives). Soit FF un sous-espace stable par uu. Montrer que l’endomorphisme restreint uFu_F est un automorphisme symétrique défini positif de FF.

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Question 1 : Utilisez la caractérisation géométrique du projecteur orthogonal : ∀x∈E,x−p(x)∈F⊥\forall x \in E, x - p(x) \in F^\perp.
  • Question 2 : Prenez un vecteur y∈F⊥y \in F^\perp et montrez que pour tout x∈Fx \in F, le produit scalaire ⟨u(y),x ⟩\langle u(y), x \ \rangle est nul en utilisant la symétrie de uu.
  • Question 3 : Décomposez l’espace EE sous la forme E=F⊕F⊥E = F \oplus F^\perp. Tout vecteur x∈Ex \in E s’écrit de manière unique comme x=xF+xF⊥x = x_F + x_{F^\perp}.
  • Question 4 : Pour l’intersection avec EλE_\lambda, revenez à la définition d’un vecteur propre et utilisez la linéarité.
  • Question 5 : La symétrie et le caractère positif se héritent directement de uu à uFu_F. Pensez à utiliser le théorème spectral appliqué à uFu_F.

Puisque pp est la projection orthogonale sur FF, par définition, pour tout x∈Ex \in E, p(x)∈Fp(x) \in F et x−p(x)∈F⊥x - p(x) \in F^\perp. L’adjoint p∗p^* de pp est caractérisé par ⟨p(x),y⟩=⟨x,p∗(y)⟩\langle p(x), y \rangle = \langle x, p^*(y) \rangle pour tous x,y∈Ex, y \in E. Comme pp est un projecteur orthogonal, pp est autoadjoint, donc p=p∗p = p^*. De plus, pp est idempotent (p2=pp^2 = p). Si (e1,…,er)(e_1, \dots, e_r) est une base orthonormée de FF, alors pour tout x∈Ex \in E : p(x)=∑i=1r⟨x,ei⟩eip(x) = \sum_{i=1}^r \langle x, e_i \rangle e_i

Soit y∈F⊥y \in F^\perp. Montrons que u(y)∈F⊥u(y) \in F^\perp. Soit x∈Fx \in F. Par définition de F⊥F^\perp, on a ⟨y,x⟩=0\langle y, x \rangle = 0. Puisque uu est un endomorphisme symétrique (u=u∗u = u^*), on a : ⟨u(y),x⟩=⟨y,u(x)⟩\langle u(y), x \rangle = \langle y, u(x) \rangle Comme FF est stable par uu, le vecteur u(x)u(x) appartient à FF. Or, y∈F⊥y \in F^\perp et u(x)∈Fu(x) \in F, donc leur produit scalaire est nul : ⟨y,u(x)⟩=0\langle y, u(x) \rangle = 0 Ainsi, ⟨u(y),x⟩=0\langle u(y), x \rangle = 0 pour tout x∈Fx \in F, ce qui signifie que u(y)∈F⊥u(y) \in F^\perp. Le sous-espace F⊥F^\perp est donc stable par uu.

3. Lien entre projecteur et endomorphisme symétrique

Section titled “3. Lien entre projecteur et endomorphisme symétrique”

Puisque E=F⊕F⊥E = F \oplus F^\perp et que FF et F⊥F^\perp sont stables par uu, uu se décompose diagonalement par blocs. Pour tout x∈Ex \in E, on peut écrire x=p(x)+(id⁡E−p)(x)x = p(x) + (\operatorname{id}_E - p)(x), où p(x)∈Fp(x) \in F et (id⁡E−p)(x)∈F⊥(\operatorname{id}_E - p)(x) \in F^\perp. L’action de uu sur xx devient : u(x)=u(p(x))+u((id⁡E−p)(x))u(x) = u(p(x)) + u((\operatorname{id}_E - p)(x)) Puisque p(x)∈Fp(x) \in F, u(p(x))=uF(p(x))u(p(x)) = u_F(p(x)). De même, u((id⁡E−p)(x))=uF⊥((id⁡E−p)(x))u((\operatorname{id}_E - p)(x)) = u_{F^\perp}((\operatorname{id}_E - p)(x)). On en déduit la relation globale : u=uF∘p+uF⊥∘(id⁡E−p)u = u_F \circ p + u_{F^\perp} \circ (\operatorname{id}_E - p) Pour exprimer p∘u∘pp \circ u \circ p, appliquons pp à l’expression précédente : p∘u(x)=p(uF(p(x)))+p(uF⊥((id⁡E−p)(x)))p \circ u(x) = p(u_F(p(x))) + p(u_{F^\perp}((\operatorname{id}_E - p)(x))) Comme uF(p(x))∈Fu_F(p(x)) \in F, on a p(uF(p(x)))=uF(p(x))p(u_F(p(x))) = u_F(p(x)). Et comme uF⊥((id⁡E−p)(x))∈F⊥u_{F^\perp}((\operatorname{id}_E - p)(x)) \in F^\perp, son image par pp est nulle. Finalement : p∘u∘p=uF∘pp \circ u \circ p = u_F \circ p

Soit λ\lambda une valeur propre de uu et EλE_\lambda le sous-espace propre associé. Soit x∈F∩Eλx \in F \cap E_\lambda. Puisque x∈Eλx \in E_\lambda, on a u(x)=λxu(x) = \lambda x. De plus, x∈Fx \in F et FF est stable par uu, donc u(x)∈Fu(x) \in F. Ainsi, uF(x)=λxu_F(x) = \lambda x, ce qui prouve que xx est un vecteur propre de uFu_F (ou que 00 si x=0x=0). Plus généralement, F∩EλF \cap E_\lambda est l’espace propre de l’endomorphisme restreint uFu_F associé à la valeur propre λ\lambda (si λ\lambda est valeur propre de uFu_F).

Puisque uu est symétrique, sa restriction uFu_F à un sous-espace FF stable est également un endomorphisme symétrique de FF (muni du produit scalaire induit). Vérifions que uFu_F est défini positif : Soit x∈F∖{0}x \in F \setminus \{0\}. Comme F⊂EF \subset E, on a x∈E∖{0}x \in E \setminus \{0\}. L’hypothèse indique que uu est strictement positif, donc : ⟨uF(x),x⟩=⟨u(x),x⟩>0\langle u_F(x), x \rangle = \langle u(x), x \rangle > 0 Puisque uFu_F est symétrique et ⟨uF(x),x⟩>0\langle u_F(x), x \rangle > 0 pour tout x≠0x \neq 0, uFu_F est un endomorphisme symétrique défini positif. Par conséquent, uFu_F est inversible (ses valeurs propres sont toutes minorées par la plus petite valeur propre de uu, qui est strictement positive). C’est donc un automorphisme de FF.