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Exercice 2 : Lentilles minces et miroirs sphériques

🌐 Énoncé du problème / Étude de cas

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Étude de cas”

On s’intéresse à la modélisation optique d’un dispositif d’imagerie hybride compact, souvent rencontré dans les systèmes de visée embarqués ou les endoscopes médicaux miniatures. Ce dispositif associe un miroir sphérique concave et une lentille mince convergente pour former l’image d’un objet réel sur un capteur plan.

L’objectif de ce problème est d’étudier le stigmatisme, le centrage, les conditions de Gauss, ainsi que les limites pratiques d’un tel système optique face à des contraintes d’encombrement et de flux lumineux.

On se place dans le cadre de l’approximation de Gauss. L’axe optique du système est noté (Δ)(\Delta), orienté dans le sens de propagation de la lumière (de gauche à droite).


❓ Questions progressives (incluant des questions d’analyse critique)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant des questions d’analyse critique)”
  1. Rappels et conditions de Gauss Définir brièvement ce qu’est le stigmatisme rigoureux pour un système optique. Pourquoi l’approximation de Gauss est-elle indispensable en optique géométrique instrumentale ? Préciser les deux conditions géométriques qui caractérisent cette approximation.

  2. Étude du miroir sphérique seul On considère un miroir sphérique concave MM de sommet SS et de centre de courbure CC, tel que SC‾=−R\overline{SC} = -R avec R>0R > 0. Établir la relation de conjugaison avec origine au sommet pour un point AA de l’axe optique et son image A′A' par le miroir. En déduire la position du foyer principal image FF.

  3. Association miroir-lentille On associe le miroir MM précédent à une lentille mince convergente L\mathcal{L} de distance focale image f′>0f' > 0, de centre optique OO. Les deux systèmes ont le même axe optique. La distance entre le sommet SS du miroir et le centre optique OO de la lentille est notée e=SO‾e = \overline{SO}. Un objet lumineux plan ABAB, perpendiculaire à l’axe optique (avec AA sur l’axe), est placé à une distance dd en amont du miroir (AA est du côté où la lumière pénètre). Donner l’expression littérale de la position du foyer principal image du miroir en fonction de RR.

  4. Analyse critique des ordres de grandeur et modélisation Dans le cadre d’une application biomédicale (micro-endoscopie), on choisit R=10,0 mmR = 10,0\text{ mm} et f′=15,0 mmf' = 15,0\text{ mm}. La distance entre le miroir et la lentille est fixée à e=25,0 mme = 25,0\text{ mm}.

    • a) Un objet réel ABAB de hauteur h=1,0 mmh = 1,0\text{ mm} est placé à une distance d=30,0 mmd = 30,0\text{ mm} en avant du miroir. Déterminer la position et la taille de l’image intermédiaire formée par le miroir.
    • b) Esprit critique : L’ouverture circulaire du miroir a un diamètre D=8,0 mmD = 8,0\text{ mm}. Calculer l’angle maximal d’incidence des rayons par rapport à l’axe optique pour les bords du miroir. L’approximation de Gauss (où sin⁡θ≈θ\sin\theta \approx \theta et tan⁡θθ\tan\theta \theta) commet une erreur relative supérieure à 5%5\% au-delà de θ≈0,3 rad\theta \approx 0,3\text{ rad}. Le modèle de Gauss est-il valide ici ? Conclure sur les aberrations géométriques prévisibles.

  • Question 1 : Penser aux rayons paraxiaux et au fait que les angles par rapport à l’axe optique et aux normales doivent être petits.
  • Question 2 : Utiliser les lois de Descartes-Snell pour la réflexion au point d’incidence, puis appliquer des relations trigonométriques dans les triangles formés par le centre du miroir CC.
  • Question 3 : Attention au sens des axes orientés. Posez clairement le repère d’origine SS pour le miroir et d’origine OO pour la lentille.
  • Question 4 : Procédez par étapes. Traitez d’abord la réflexion par le miroir pour trouver l’image intermédiaire A1B1A_1B_1, qui servira ensuite d’objet pour la lentille L\mathcal{L}. Pour l’analyse critique, calculez θ≈D/2R\theta \approx \frac{D/2}{R} et comparez avec le seuil critique donné.

📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats

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  • Stigmatisme rigoureux : Un système optique est rigoureusement stigmatique pour un point source AA si tous les rayons issus de AA, après traversée ou réflexion par le système, concourent en un même point unique A′A' (image).
  • Nécessité de l’approximation de Gauss : À l’exception du miroir plan et du miroir parabolique (pour un objet à l’infini), aucun système dioptrique ou catadioptrique simple n’est rigoureusement stigmatique pour des points quelconques. L’approximation de Gauss permet d’obtenir un stigmatisme approché exploitable pour former des images nettes.
  • Conditions de Gauss :
    1. Les rayons incidents font un angle faible avec l’axe optique du système (rayons paraxiaux).
    2. Les objets et les images sont situés à proximité immédiate de l’axe optique.

Soit II le point d’incidence d’un rayon issu de AA sur le miroir. La normale au miroir en II est la droite (CI)(CI). La loi de la réflexion s’écrit i^=r^\hat{i} = \hat{r}. Par géométrie dans le triangle AA′CAA'C, on établit la relation de conjugaison avec origine au sommet : 1SA′‾+1SA‾=2SC‾=−2R\frac{1}{\overline{SA'}} + \frac{1}{\overline{SA}} = \frac{2}{\overline{SC}} = -\frac{2}{R}

Par définition, le foyer principal image FF est tel que SA‾→+∞\overline{SA} \to +\infty et SA′‾=f′\overline{SA'} = f'. On en déduit : 1f′=−2R  ⟹  f′=−R2\frac{1}{f'} = -\frac{2}{R} \implies f' = -\frac{R}{2} Pour un miroir concave (R>0R > 0), le foyer image FF est réel et situé à mi-chemin entre le sommet SS et le centre CC : SF‾=−R2\overline{SF} = -\frac{R}{2}.


Déjà établie à la question précédente : SF‾=−R2\overline{SF} = -\frac{R}{2} (Note : Dans le cas du miroir, le foyer objet FF et le foyer image F′F' sont confondu au même point spatial).


4. Application numérique et analyse critique

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  • a) Position et taille de l’image intermédiaire A1B1A_1B_1 par le miroir : L’objet ABAB est placé à d=30,0 mmd = 30,0\text{ mm} en avant du miroir, donc SA‾=−d=−30,0 mm\overline{SA} = -d = -30,0\text{ mm}. Le rayon de courbure est R=10,0 mmR = 10,0\text{ mm}. Appliquons la relation de conjugaison du miroir : 1SA1‾=−2R−1SA‾=−210,0−1−30,0=−0,200+0,0333=−0,1667 mm−1\frac{1}{\overline{SA_1}} = -\frac{2}{R} - \frac{1}{\overline{SA}} = -\frac{2}{10,0} - \frac{1}{-30,0} = -0,200 + 0,0333 = -0,1667\text{ mm}^{-1} SA1‾=−10,1667=−6,00 mm\overline{SA_1} = -\frac{1}{0,1667} = -6,00\text{ mm} L’image intermédiaire A1A_1 est réelle (située devant le miroir).

    Le grandissement transversal γ1\gamma_1 du miroir s’exprime par : γ1=A1B1‾AB‾=−SA1‾SA‾=−−6,00−30,0=−0,200\gamma_1 = \frac{\overline{A_1B_1}}{\overline{AB}} = -\frac{\overline{SA_1}}{\overline{SA}} = -\frac{-6,00}{-30,0} = -0,200 La taille de l’image intermédiaire est donc : A1B1‾=γ1×AB‾=−0,200×1,0 mm=−0,20 mm\overline{A_1B_1} = \gamma_1 \times \overline{AB} = -0,200 \times 1,0\text{ mm} = -0,20\text{ mm} L’image est inversée et a une hauteur de 0,20 mm0,20\text{ mm}.

  • b) Analyse critique de la modélisation : Calculons l’angle maximal d’incidence θmax⁡\theta_{\max} des rayons sur le miroir. Le rayon du miroir est rm=D2=4,0 mmr_m = \frac{D}{2} = 4,0\text{ mm}. La distance du bord du miroir à l’axe, comparée à son rayon de courbure R=10,0 mmR = 10,0\text{ mm}, donne un angle d’ouverture : θmax⁡≈tan⁡(θmax⁡)=rmR=4,010,0=0,40 rad\theta_{\max} \approx \tan(\theta_{\max}) = \frac{r_m}{R} = \frac{4,0}{10,0} = 0,40\text{ rad} L’énoncé indique que l’approximation de Gauss génère une erreur supérieure à 5%5\% dès que θ>0,3 rad\theta > 0,3\text{ rad}. Ici, θmax⁡=0,40 rad>0,3 rad\theta_{\max} = 0,40\text{ rad} > 0,3\text{ rad}.

    Conclusion critique : Le modèle de Gauss est mis en défaut pour ce miroir de grande ouverture relative (D/R=8/10=0,8D/R = 8/10 = 0,8). En pratique, le système présentera des aberrations géométriques notables, en particulier l’aberration de sphéricité : les rayons marginaux (qui frappent les bords du miroir) ne convergent pas au même point focal A1A_1 que les rayons paraxiaux, ce qui entraînera une nette diminution de la résolution de l’image sur le capteur final. Une correction par une surface asphérique ou l’utilisation d’un diaphragme de stop s’avérerait nécessaire dans un prototype industriel réel.