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Cours : Optique géométrique

L’optique géométrique étudie la propagation de la lumière en faisant abstraction de son caractère ondulatoire, ce qui est légitime lorsque les dimensions des obstacles et des ouvertures traversées sont très grandes devant la longueur d’onde λ\lambda du rayonnement dans le milieu considéré (λ→0\lambda \to 0).

  • Rayon lumineux : Ligne géométrique, tangente en chacun de ses points au vecteur d’onde local (ou vecteur de Poynting moyen). C’est la direction de propagation de l’énergie lumineuse.
  • Indice de réfraction nn : Caractère optique d’un milieu transparent et homogène, défini par : n=cvn = \frac{c}{v} avec cc la celerite de la lumiere dans le vide et vv la vitesse de propagation de la lumiere dans le milieu. Par definition, n≥1n \ge 1 (pour le vide, n=1n = 1).

Soit un dioptre séparant deux milieux d’indices respectifs n1n_1 (milieu incident) et n2n_2 (milieu de réfraction). Soit n⃗\vec{n} la normale au dioptre au point d’incidence II.

  • 1ère loi : Le rayon réfracté (et le rayon réfléchi) appartient au plan d’incidence (défini par le rayon incident et la normale n⃗\vec{n}).
  • 2ème loi (réfraction) : n1sin⁡(i1)=n2sin⁡(i2)n_1 \sin(i_1) = n_2 \sin(i_2) où i1i_1 est l’angle d’incidence et i2i_2 l’angle de réfraction, mesurés par rapport à la normale n⃗\vec{n}.
  • Loi de la réflexion : i1=−ri_1 = -r où rr est l’angle de réflexion algébrique.

1.3. Conditions de Gauss (stigmatisme et aplanétisme approchés)

Section titled “1.3. Conditions de Gauss (stigmatisme et aplanétisme approchés)”

Un système optique est dit stigmatique pour un point source AA si tous les rayons issus de AA, après traversée du système, convergent vers un même point image BB (ou semblent en provenir). Le stigmatisme rigoureux n’est réalisé que dans des cas très particuliers (miroir plan). En pratique, on cherche un stigmatisme approché obtenu dans les conditions de Gauss :

  1. Les rayons lumineux font des angles petits avec l’axe optique du système.
  2. Les rayons lumineux sont peu éloignés du sommet du système (proximité par rapport à l’axe).

Dans ces conditions, on approche les fonctions trigonométriques par : sin⁡(θ)≈θ,tan⁡(θ)≈θ,cos⁡(θ)≈1\sin(\theta) \approx \theta, \quad \tan(\theta) \approx \theta, \quad \cos(\theta) \approx 1

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

2.1. Relation de conjugaison avec origine au sommet pour un dioptre sphérique

Section titled “2.1. Relation de conjugaison avec origine au sommet pour un dioptre sphérique”

Considérons un dioptre sphérique de sommet SS, de centre CC, de rayon de courbure SC‾=R\overline{SC} = R, séparant deux milieux d’indices n1n_1 et n2n_2.

Démonstration (dans les conditions de Gauss) : Soit un rayon issu d’un point AA sur l’axe optique, frappant le dioptre en un point MM de hauteur h=SM‾h = \overline{SM}. Le rayon émerge en passant par BB sur l’axe optique. Soit α\alpha l’angle (SA‾,SM‾)(\overline{SA}, \overline{SM}), β\beta l’angle (SC‾,SM‾)(\overline{SC}, \overline{SM}) et γ\gamma l’angle (SB‾,SM‾)(\overline{SB}, \overline{SM}). Dans le triangle AMCAMC, l’angle extérieur en CC donne : i1=α+βi_1 = \alpha + \beta Dans le triangle BMCBMC, l’angle extérieur en CC donne : β=i2+γ  ⟹  i2=β−γ\beta = i_2 + \gamma \implies i_2 = \beta - \gamma En appliquant la loi de Snell-Descartes dans les conditions de Gauss (sin⁡(i)≈i\sin(i) \approx i) : n1i1=n2i2  ⟹  n1(α+β)=n2(β−γ)n_1 i_1 = n_2 i_2 \implies n_1 (\alpha + \beta) = n_2 (\beta - \gamma)

Exprimons les angles à l’aide des approximations parahéliennes (arcs ≈\approx tangentes) : α≈hSA‾,β≈hSC‾,γ≈hSB‾\alpha \approx \frac{h}{\overline{SA}}, \quad \beta \approx \frac{h}{\overline{SC}}, \quad \gamma \approx \frac{h}{\overline{SB}}

En substituant dans la relation de Snell-Descartes et en simplifiant par hh : n1(1SA‾+1SC‾)=n2(1SC‾−1SB‾)n_1 \left( \frac{1}{\overline{SA}} + \frac{1}{\overline{SC}} \right) = n_2 \left( \frac{1}{\overline{SC}} - \frac{1}{\overline{SB}} \right)

On obtient la relation de conjugaison du dioptre sphérique avec origine au sommet : n2SB‾−n1SA‾=n2−n1SC‾\frac{n_2}{\overline{SB}} - \frac{n_1}{\overline{SA}} = \frac{n_2 - n_1}{\overline{SC}}

2.2. Relation de conjugaison d’une lentille mince (Formule de Descartes)

Section titled “2.2. Relation de conjugaison d’une lentille mince (Formule de Descartes)”

Une lentille mince est l’association de deux dioptres sphériques dont l’épaisseur au centre est négligeable devant les rayons de courbure.

Pour une lentille mince de centres optiques S1S_1 et S2S_2 confondues au centre optique OO, séparant un milieu ambiant d’indice nn (généralement l’air, n=1n=1) et un matériau d’indice nLn_L : 1OB‾−1OA‾=1OF′‾=C\frac{1}{\overline{OB}} - \frac{1}{\overline{OA}} = \frac{1}{\overline{OF'}} = C où CC est la vergence de la lentille, exprimée en dioptries (d\text{d} ou m−1\text{m}^{-1}), et F′F' est le foyer image principal.

3.1. Méthode algébrique (Grandeur algébrique)

Section titled “3.1. Méthode algébrique (Grandeur algébrique)”

Toutes les longueurs sur l’axe optique sont comptées algébriquement à partir d’un point de référence (sommet SS, centre OO ou foyers F,F′F, F').

  • Sens positif de comptage : le sens de propagation de la lumière (de gauche à droite par convention).
  • Hauteurs transverses : positives au-dessus de l’axe optique, négatives en dessous.

Le grandissement transversal yy relie la taille de l’image A′B′‾\overline{A'B'} à celle de l’objet AB‾\overline{AB} : y=A′B′‾AB‾=OB‾OA‾y = \frac{\overline{A'B'}}{\overline{AB}} = \frac{\overline{OB}}{\overline{OA}} (pour une lentille mince placée dans le même milieu de part et d’autre).

  • Si y<0y < 0 : l’image est renversée par rapport à l’objet.
  • Si ∣y∣>1|y| > 1 : l’image est agrandie.

3.3. Construction géométrique des rayons particuliers

Section titled “3.3. Construction géométrique des rayons particuliers”

Pour trouver graphiquement l’image B′B' d’un point BB hors de l’axe :

  1. Rayon parallèle à l’axe optique : Émerge (ou semble provenir) en passant par le foyer image F′F'.
  2. Rayon passant par le centre optique OO : Traverse la lentille mince sans être dévié.
  3. Rayon passant par le foyer objet FF : Émerge parallèlement à l’axe optique.
  1. Oubli des conditions de Gauss : Ne jamais appliquer les formules de conjugaison ou de grandissement si le système n’est pas utilisé dans les conditions de Gauss (ouverture numérique trop grande, source trop éloignée de l’axe).
  2. Erreurs de signe sur les grandeurs algébriques : Une distance focale image OF′‾\overline{OF'} est positive pour une lentille convergente, mais négative pour une lentille divergente. Ne pas inverser les signes lors des applications numériques.
  3. Confusions d’unités pour la vergence : La formule C=1OF′‾C = \frac{1}{\overline{OF'}} impose que OF′‾\overline{OF'} soit exprimé en mètres (m\text{m}) pour obtenir une vergence en dioptries (m−1\text{m}^{-1}).
  4. Conditions d’émergence (Réflexion totale) : Lors d’un passage d’un milieu plus réfringent vers un milieu moins réfringent (n1>n2n_1 > n_2), attention à l’angle limite d’incidence ilim=arcsin⁡(n2n1)i_{lim} = \arcsin\left(\frac{n_2}{n_1}\right). Au-delà, il y a réflexion totale et aucun rayon ne se réfracte.