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Cours : Thermodynamique et Chimie organique

Fiche de Cours : Thermodynamique et Chimie organique (CPGE BCPST 1ère année)

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En BCPST, l’étude de la thermodynamique chimique ne se limite pas à des systèmes minéraux. L’application des principes du premier et du second principe aux réactions de chimie organique permet de comprendre la spontanéité, les équilibres et les aspects énergétiques (thermochimie) des transformations du vivant et de synthèse.


I. Rappels de Thermochimie appliqués à la Chimie Organique

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Pour une réaction chimique générale symbolisée par : ∑iνiAi=0\sum_{\text{i}} \nu_i A_i = 0

L’enthalpie standard de réaction ΔrH∘(T)\Delta_r H^\circ(T) et l’entropie standard de réaction ΔrS∘(T)\Delta_r S^\circ(T) s’expriment à partir des grandeurs molaires standard de formation ΔfHm∘(T)\Delta_f H^\circ_{m}(T) et d’entropie Sm∘(T)S^\circ_{m}(T) :

ΔrH∘(T)=∑iνiΔfHm,i∘(T)\Delta_r H^\circ(T) = \sum_{\text{i}} \nu_i \Delta_f H^\circ_{m, i}(T) ΔrS∘(T)=∑iνiSm,i∘(T)\Delta_r S^\circ(T) = \sum_{\text{i}} \nu_i S^\circ_{m, i}(T)

Pour évaluer l’enthalpie de réaction à une température TT quelconque, connaissant sa valeur à T0T_0 :

ΔrH∘(T)=ΔrH∘(T0)+∫T0TΔrCp∘ dT\Delta_r H^\circ(T) = \Delta_r H^\circ(T_0) + \int_{T_0}^{T} \Delta_r C_p^\circ \, \text{d}T

où ΔrCp∘=∑iνiCp,m,i∘\Delta_r C_p^\circ = \sum_{\text{i}} \nu_i C_{p, m, i}^\circ représente la capacité thermique molaire standard de réaction.

3. Enthalpie libre de réaction et critère d’évolution

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L’enthalpie libre standard de réaction est définie par : ΔrG∘(T)=ΔrH∘(T)−TΔrS∘(T)\Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ(T) - T \Delta_r S^\circ(T)

L’enthalpie libre de réaction s’exprime en fonction du quotient de réaction QrQ_r : ΔrG=ΔrG∘+RTln⁡(Qr)\Delta_r G = \Delta_r G^\circ + R T \ln(Q_r)

  • Critère d’évolution spontanée (à TT et PP constantes) :
    • ΔrG<0\Delta_r G < 0 : sens direct.
    • ΔrG>0\Delta_r G > 0 : sens indirect.
    • ΔrG=0\Delta_r G = 0 : équilibre chimique (ΔrG∘=−RTln⁡(K∘)\Delta_r G^\circ = - R T \ln(K^\circ)).

II. Thermochimie des liaisons et Stabilité en Chimie Organique

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1. Énergie de liaison (ou énergie de dissociation)

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L’énergie de liaison EL(A-B)E_L(\text{A-B}) est l’énergie qu’il faut fournir pour rompre une mole de liaisons A-B\text{A-B} à l’état gazeux de manière homolytique : A-B(g)→A(g)∙+B(g)∙(ΔH>0)\text{A-B}_{(g)} \rightarrow \text{A}_{(g)}^\bullet + \text{B}_{(g)}^\bullet \quad (\Delta H > 0)

2. Estimation empirique de ΔrH∘\Delta_r H^\circ à partir des énergies de liaison

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En phase gazeuse, on peut estimer l’enthalpie standard de réaction à partir des énergies de liaison romptues et formées : ΔrH∘≈∑Eliaisons rompues−∑Eliaisons formeˊes\Delta_r H^\circ \approx \sum E_{\text{liaisons rompues}} - \sum E_{\text{liaisons formées}}

Attention : Cette méthode est approchée car les énergies de liaison sont des valeurs moyennes tabulées qui dépendent de l’environnement moléculaire.

3. Application : Stabilité des alcènes et des carbocations

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  • Stabilité des alcènes : Plus un alcène est substitué, plus son enthalpie hydrogenation ΔhydH∘\Delta_{hyd} H^\circ est faible en valeur absolue, ce qui traduit une plus grande stabilité thermodynamique (due à l’effet inductif/hyperconjugué des groupements alkyles).
  • Stabilité des carbocations : L’ordre de stabilité croissante est : Meˊthyl<Primaire<Secondaire<Tertiaire\text{Méthyl} < \text{Primaire} < \text{Secondaire} < \text{Tertiaire} Ceci s’explique par les effets électroniques (inductifs +I+I et hyperconjugaison) qui dispersent la charge positive et diminuent l’énergie interne du système.

III. Couplage Thermodynamique en Chimie Organique (et Biochimie)

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Dans les systèmes biologiques ou en synthèse organique multistade, une réaction endergonique (ΔrG∘>0\Delta_r G^\circ > 0, non spontanée) peut être réalisée si elle est couplée à une réaction fortement exergonique (ΔrG∘≪0\Delta_r G^\circ \ll 0).

Soit deux réactions couplées par un intermédiaire commun :

  1. A+B⇄C+D(ΔrG1∘>0)A + B \rightleftarrows C + D \quad (\Delta_r G_1^\circ > 0)
  2. C+E⇄F+G(ΔrG2∘≪0)C + E \rightleftarrows F + G \quad (\Delta_r G_2^\circ \ll 0)

L’enthalpie libre standard globale du système couplé est la somme des enthalpies libres standard : ΔrGtot∘=ΔrG1∘+ΔrG2∘\Delta_r G_{\text{tot}}^\circ = \Delta_r G_1^\circ + \Delta_r G_2^\circ

Si ΔrGtot∘<0\Delta_r G_{\text{tot}}^\circ < 0, la transformation globale devient thermodynamiquement possible. (Exemple classique en biochimie : l’hydrolyse de l’ATP couplée à la phosphorylation du glucose).


IV. Aspects Cinétiques vs Thermodynamiques

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Il est primordial en chimie organique de ne pas confondre stabilité thermodynamique et réactivité cinétique.

  • Contrôle thermodynamique : Le produit majoritaire est le plus stable (le plus bas en énergie libre). Il est favorisé à haute température et/ou pour des temps de réaction longs (réaction réversible).
  • Contrôle cinétique : Le produit majoritaire est celui qui se forme le plus rapidement (énergie d’activation ΔG‡\Delta G^\ddagger la plus faible). Il est favorisé à basse température et/ou pour des temps courts.

Exemple classique : Addition 1,2 vs 1,4 sur les dieˋnes conjugueˊs.\text{Exemple classique :} \text{ Addition 1,2 vs 1,4 sur les diènes conjugués.}