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Exercice 1 : Équation de Schrödinger et puits de potentiel

🌐 Énoncé du problème / Étude de cas

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Étude de cas”

La physique quantique s’avère indispensable pour décrire la matière à l’échelle nanométrique. Dans le cadre de l’élaboration de nouveaux nanomatériaux opto-électroniques (tels que les boîtes quantiques ou quantum dots), l’étude des états électroniques confinée est primordiale.

On s’intéresse à un électron de masse mm et de charge −e-e contraint de se mouvoir selon une seule dimension d’espace xx, modélisé par un puits de potentiel infini défini par l’énergie potentielle Ep(x)E_p(x) suivante :

Ep(x)={0si 0<x<L+∞sinonE_p(x) = \begin{cases} 0 & \text{si } 0 < x < L \\ +\infty & \text{sinon} \end{cases}

où LL représente la largeur du puits, typiquement de l’ordre de quelques nanomètres (L=5,0 nmL = 5{,}0\,\text{nm}).

L’objectif de ce problème est de déterminer les niveaux d’énergie quantifiés de cet électron, de proposer une application aux semi-conducteurs, puis d’analyser de manière critique les limites de ce modèle unidimensionnel idéalisé face à la réalité physique.


❓ Questions progressives (incluant des questions d’analyse critique)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant des questions d’analyse critique)”
  1. Rappel et mise en équation : Établir l’équation de Schrödinger indépendante du temps pour une particule de masse mm dans un potentiel Ep(x)E_p(x), en régime stationnaire. Préciser l’expression mathématique de la fonction d’onde ψ(x)\psi(x) et la condition de normalisation.
  2. Résolution à l’intérieur du puits : Pour 0<x<L0 < x < L, montrer que l’équation se ramène à une équation différentielle harmonique. Exprimer la solution générale sous une forme trigonométrique.
  3. Conditions aux limites et quantification : En exploitant les conditions aux limites physiques que doit satisfaire la fonction d’onde ψ(x)\psi(x) en x=0x = 0 et x=Lx = L, montrer que l’énergie de l’électron ne peut prendre que des valeurs discrètes EnE_n que l’on exprimera en fonction de nn (entier strictement positif), hh (constante de Planck), mm et LL.
  4. Normalisation : Déterminer la fonction d’onde normalisée ψn(x)\psi_n(x) associée à l’état d’énergie EnE_n.
  5. Application numérique et ordre de grandeur :
    • Rappeler ou utiliser la masse effective de l’électron dans l’arséniure de gallium (GaAs\text{GaAs}), souvent fixée à m∗≈0,067 m0m^* \approx 0{,}067 \, m_0, où m0m_0 est la masse de l’électron libre (m0≈9,109×10−31 kgm_0 \approx 9{,}109 \times 10^{-31}\,\text{kg}).
    • Calculer l’énergie de transition ΔE=E2−E1\Delta E = E_2 - E_1 pour une boîte quantique de largeur L=5,0 nmL = 5{,}0\,\text{nm}.
    • En déduire la longueur d’onde λ\lambda du photon émis lors de la désexcitation du niveau n=2n=2 vers le niveau n=1n=1. À quel domaine du spectre électromagnétique cela correspond-il ?
  6. Analyse critique et limites du modèle :
    • Le modèle du puits de potentiel infini suppose des barrières de potentiel impénétrables. Dans un dispositif réel en GaAs\text{GaAs}, le potentiel de confinement est fini (hauteur V0V_0 finie). Quel est l’impact physique qualitatif d’un puits fini sur la fonction d’onde et sur les niveaux d’énergie par rapport au modèle idéal ?
    • Discuter brièvement de la pertinence d’un modèle 1D pour décrire une boîte quantique tridimensionnelle de forme quasi-sphérique.

  • Q1 : L’équation de Schrödinger stationnaire s’écrit −ℏ22md2ψdx2+Ep(x)ψ=Eψ-\frac{\hbar^2}{2m} \frac{\mathrm{d}^2\psi}{\mathrm{d}x^2} + E_p(x)\psi = E\psi. Pensez à relier ℏ\hbar à la constante de Planck hh.
  • Q2 & Q3 : À l’extérieur du puits, la probabilité de présence doit être nulle, donc ψ(x)=0\psi(x) = 0. Par continuité, ψ(0)=0\psi(0) = 0 et ψ(L)=0\psi(L) = 0.
  • Q5 : Utilisez la relation de Planck-Einstein ΔE=hν=hcλ\Delta E = h \nu = \frac{hc}{\lambda}, avec c≈3⋅108 m⋅s−1c \approx 3\cdot 10^8\,\text{m}\cdot\text{s}^{-1} et h≈6,626×10−34 J⋅sh \approx 6{,}626 \times 10^{-34}\,\text{J}\cdot\text{s}. Convertissez si besoin les Joules en électron-volts (eV\text{eV}).
  • Q6 : Dans un puits fini, la fonction d’onde “fuit” (effet tunnel) légèrement à l’extérieur des limites 00 et LL, ce qui a pour conséquence d’augmenter la longueur d’onde effective du système et donc de diminuer l’espacement des niveaux d’énergie par rapport au puits infini.

📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats

Section titled “📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats”

Pour une particule de masse mm dans un potentiel unidimensionnel Ep(x)E_p(x), l’équation de Schrödinger indépendante du temps s’écrit :

−ℏ22md2ψ(x)dx2+Ep(x)ψ(x)=Eψ(x)-\frac{\hbar^2}{2m} \frac{\mathrm{d}^2\psi(x)}{\mathrm{d}x^2} + E_p(x)\psi(x) = E\psi(x)

avec ℏ=h2π\hbar = \frac{h}{2\pi}. La fonction d’onde ψ(x)\psi(x) doit être de carré sommable, ce qui se traduit par la condition de normalisation :

∫−∞+∞∣ψ(x)∣2 dx=1\int_{-\infty}^{+\infty} |\psi(x)|^2 \, \mathrm{d}x = 1

À l’intérieur du puits (0<x<L0 < x < L), Ep(x)=0E_p(x) = 0. L’équation devient :

d2ψ(x)dx2+k2ψ(x)=0aveck=2mEℏ\frac{\mathrm{d}^2\psi(x)}{\mathrm{d}x^2} + k^2 \psi(x) = 0 \quad \text{avec} \quad k = \frac{\sqrt{2mE}}{\hbar}

La solution générale de cette équation différentielle linéaire à coefficients constants est de la forme :

$\psi(x) = A \cos(kx) + B \sin(kx)

où AA et BB sont des constantes complexes déterminées par les conditions aux limites.

3. Conditions aux limites et quantification de l’énergie

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  • À l’extérieur du puits (x<0x < 0 et x>Lx > L), le potentiel est infini (Ep=+∞E_p = +\infty). Pour que l’énergie reste finie, la fonction d’onde doit nécessairement s’annuler : ψ(x)=0\psi(x) = 0 pour x∉]0,L[x \notin ]0, L[.
  • Par continuité de la fonction d’onde partout dans l’espace, on en déduit aux frontières :
    1. ψ(0)=0  ⟹  Acos⁡(0)+Bsin⁡(0)=0  ⟹  A=0\psi(0) = 0 \implies A \cos(0) + B \sin(0) = 0 \implies A = 0.
    2. ψ(L)=0  ⟹  Bsin⁡(kL)=0\psi(L) = 0 \implies B \sin(kL) = 0.

Pour obtenir une solution non triviale (B≠0B \neq 0), il faut que :

kL=nπ(n∈N∗)kL = n\pi \quad (n \in \mathbb{N}^*)

En remplaçant kk par son expression, on obtient k=nπL=2mEℏk = \frac{n\pi}{L} = \frac{\sqrt{2mE}}{\hbar}, ce qui conduit aux niveaux d’énergie quantifiés :

En=n2π2ℏ22mL2=n2h28mL2E_n = \frac{n^2 \pi^2 \hbar^2}{2m L^2} = \frac{n^2 h^2}{8 m L^2}

La fonction d’onde s’écrit ψn(x)=Bsin⁡(nπxL)\psi_n(x) = B \sin\left(\frac{n\pi x}{L}\right) pour x∈[0,L]x \in [0, L]. Appliquons la condition de normalisation :

∫0L∣B∣2sin⁡2(nπxL)dx=1\int_{0}^{L} |B|^2 \sin^2\left(\frac{n\pi x}{L}\right) \mathrm{d}x = 1

En utilisant la relation trigonométrique sin⁡2(θ)=1−cos⁡(2θ)2\sin^2(\theta) = \frac{1 - \cos(2\theta)}{2} et sachant que l’intégrale sur une période du terme en cosinus s’annule :

∣B∣2L2=1  ⟹  B=2L(aˋ un phase preˋs)|B|^2 \frac{L}{2} = 1 \implies B = \sqrt{\frac{2}{L}} \quad (\text{à un phase près})

Ainsi :

ψn(x)=2Lsin⁡(nπxL)pour x∈[0,L]\psi_n(x) = \sqrt{\frac{2}{L}} \sin\left(\frac{n\pi x}{L}\right) \quad \text{pour } x \in [0, L]

5. Application numérique et ordres de grandeur

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  • Données : m∗=0,067×9,109×10−31 kg≈6,10×10−32 kgm^* = 0{,}067 \times 9{,}109 \times 10^{-31}\,\text{kg} \approx 6{,}10 \times 10^{-32}\,\text{kg}, L=5,0 nm=5,0×10−9 mL = 5{,}0\,\text{nm} = 5{,}0 \times 10^{-9}\,\text{m}, h=6,626×10−34 J⋅sh = 6{,}626 \times 10^{-34}\,\text{J}\cdot\text{s}.
  • Calcul de l’énergie du fondamental (n=1n=1) et du premier état excité (n=2n=2) : E1=12×(6,626×10−34)28×(6,10×10−32)×(5,0×10−9)2≈3,58×10−21 J≈0,0224 eVE_1 = \frac{1^2 \times (6{,}626 \times 10^{-34})^2}{8 \times (6{,}10 \times 10^{-32}) \times (5{,}0 \times 10^{-9})^2} \approx 3{,}58 \times 10^{-21}\,\text{J} \approx 0{,}0224\,\text{eV} E2=22×E1=4×0,0224 eV=0,0896 eVE_2 = 2^2 \times E_1 = 4 \times 0{,}0224\,\text{eV} = 0{,}0896\,\text{eV}
  • Énergie de transition ΔE=E2−E1=3E1≈0,0672 eV≈1,08×10−20 J\Delta E = E_2 - E_1 = 3 E_1 \approx 0{,}0672\,\text{eV} \approx 1{,}08 \times 10^{-20}\,\text{J}.
  • Longueur d’onde du photon associé : λ=hcΔE=(6,626×10−34)×(3,00×108)1,08×10−20≈1,84×10−5 m=18,4 μm\lambda = \frac{hc}{\Delta E} = \frac{(6{,}626 \times 10^{-34}) \times (3{,}00 \times 10^8)}{1{,}08 \times 10^{-20}} \approx 1{,}84 \times 10^{-5}\,\text{m} = 18{,}4\,\mu\text{m} Cette longueur d’onde se situe dans le domaine de l’infrarouge lointain.
  • Puits de potentiel fini vs infini : Dans un composant réel, le confinement est assuré par une différence de bande interdite entre deux matériaux semi-conducteurs (par exemple, GaAs\text{GaAs} pris en sandwich dans du AlGaAs\text{AlGaAs}). Le potentiel n’est pas infini (V0V_0 fini). Physiquement, la fonction d’onde ne s’annule pas brutalement aux parois x=0x=0 et x=Lx=L mais décroît de façon exponentielle à l’extérieur (effet tunnel). Cette pénétration de la fonction d’onde dans les barrières élargit “effectivement” la boîte quantique, ce qui conduit à des niveaux d’énergie réels légèrement inférieurs à ceux prédits par le modèle du puits infini.
  • Dimensionalité (1D vs 3D) : Modéliser une boîte quantique par un système unidimensionnel néglige le confinement orthogonal selon les axes yy et zz. Si la boîte est de forme quasi-sphérique (confinement isotrope 3D), les énergies s’additionnent selon les trois dimensions (Enx,ny,nz∝nx2+ny2+nz2E_{nx, ny, nz} \propto n_x^2 + n_y^2 + n_z^2), ce qui lève partiellement la dégénérescence et modifie significativement la densité d’états optiques par rapport au modèle 1D simplificateur.