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Exercice 1 : Fentes d Young

Problème guidé : Étude avancée des fentes d’Young et analyse critique du modèle

Section titled “Problème guidé : Étude avancée des fentes d’Young et analyse critique du modèle”

Le dispositif des fentes d’Young est l’expérience fondatrice de l’optique ondulatoire. On se propose ici d’étudier non seulement l’interférence lumineuse idéale, mais aussi d’introduire progressivement des nuances expérimentales (cohérence spatiale et temporelle, diffraction par les fentes) souvent éludées dans les modèles introductifs.

Données et notations :

  • Source lumineuse primaire ponctuelle (ou étendue selon les questions) émettant une longueur d’onde dans le vide λ0=633 nm\lambda_0 = 633 \text{ nm} (laser hélium-néon).
  • Plan source (ou plan des fentes F1,F2F_1, F_2) distant de DD du plan d’observation EE.
  • Distance entre les deux fentes : a=1,0 mma = 1,0 \text{ mm}.
  • Distance fentes-écran : D=1,5 mD = 1,5 \text{ m}.
  • Largeur des fentes bb et hauteur hh.
  • Vitesse de la lumière dans le vide : c=3×108 m⋅s−1c = 3 \times 10^8 \text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

Partie A : Modèle idéal (Interférences à deux ondes)

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  1. Établir l’expression de la différence de marche δ(x)\delta(x) en un point MM de l’écran d’abscisse xx (repéré par rapport à l’axe optique), dans l’approximation des fentes jointives (a≪Da \ll D) et paraxial.
  2. En déduire l’interfrange ii et l’intensité lumineuse I(x)I(x) sur l’écran, en notant I0I_0 l’intensité maximale.
  3. Calculer numériquement l’interfrange ii.

Partie B : Cohérence temporelle (Source polychromatique)

Section titled “Partie B : Cohérence temporelle (Source polychromatique)”
  1. On remplace le laser par une source émettant deux longueurs d’onde λ1\lambda_1 et λ2=λ1+Δλ\lambda_2 = \lambda_1 + \Delta\lambda (avec Δλ≪λ1\Delta\lambda \ll \lambda_1). Exprimer la nouvelle intensité I(x)I(x).
  2. À partir de quelle différence de marche δmax\delta_{\text{max}} observe-t-on un brouillage des franges (extinction du contraste) ? Application numérique pour λ1=600 nm\lambda_1 = 600 \text{ nm} et Δλ=10 nm\Delta\lambda = 10 \text{ nm}.

Partie C : Analyse critique du modèle et diffraction par les fentes

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  1. Dans la réalité, les fentes ont une largeur non nulle bb (on prend b=0,1 mmb = 0,1 \text{ mm}). Quel phénomène physique supplémentaire doit-on prendre en compte pour décrire correctement l’intensité lumineuse ?
  2. Établir l’expression de l’intensité globale Ireˊel(x)I_{\text{réel}}(x) en tenant compte de la diffraction par chaque fente supposée rectangulaire et uniformément éclairée.
  3. Décrire qualitativement l’aspect de la figure d’interférence obtenue sur l’écran et analyser les limites du modèle idéal des sources ponctuelles.

  • Partie A : Utiliser le théorème de Malus ou le calcul direct des chemins optiques S1MS_1M et S2MS_2M en faisant un développement limité au premier ordre en a/Da/D et x/Dx/D.
  • Partie B : L’intensité totale pour une source polychromatique incohérente est la somme des intensités associées à chaque longueur d’onde. Le contraste est défini par C=Imax−IminImax+IminC = \frac{I_{\text{max}} - I_{\text{min}}}{I_{\text{max}} + I_{\text{min}}}.
  • Partie C : Utiliser le principe de Huygens-Fresnel : chaque point de la fente agit comme une source secondaire. L’amplitude totale résulte d’une sommation (intégration) sur la largeur de la fente bb.

  1. Différence de marche : Soit S1S_1 de coordonnées (0,−a/2,0)(0, -a/2, 0) et S2S_2 de coordonnées (0,a/2,0)(0, a/2, 0). Le point MM sur l’écran a pour coordonnées (D,x,0)(D, x, 0). La différence de marche est δ=S2M−S1M\delta = S_2M - S_1M. S2M=D2+(x−a2)2=D1+(x−a/2)2D2≈D+(x−a/2)22DS_2M = \sqrt{D^2 + \left(x - \frac{a}{2}\right)^2} = D \sqrt{1 + \frac{(x - a/2)^2}{D^2}} \approx D + \frac{(x - a/2)^2}{2D} De même : S1M≈D+(x+a/2)22DS_1M \approx D + \frac{(x + a/2)^2}{2D} Par soustraction : δ=12D[(x−a2)2−(x+a2)2]=−2xa2D=−axD\delta = \frac{1}{2D} \left[ \left(x - \frac{a}{2}\right)^2 - \left(x + \frac{a}{2}\right)^2 \right] = -\frac{2xa}{2D} = -\frac{ax}{D} En valeur absolue, δ=axD\delta = \frac{ax}{D}.

  2. Interfrange et intensité : L’interfrange ii correspond à la distance entre deux maxima consécutifs, soit δ=λ0  ⟹  x=i=λ0Da\delta = \lambda_0 \implies x = i = \frac{\lambda_0 D}{a}. L’intensité s’écrit : I(x)=4I1cos⁡2(πδλ0)=I0cos⁡2(πaxλ0D)I(x) = 4 I_1 \cos^2\left(\frac{\pi \delta}{\lambda_0}\right) = I_0 \cos^2\left(\frac{\pi a x}{\lambda_0 D}\right)

  3. Application numérique : i=633×10−9×1,51,0×10−3=9,50×10−4 m=0,95 mmi = \frac{633 \times 10^{-9} \times 1,5}{1,0 \times 10^{-3}} = 9,50 \times 10^{-4} \text{ m} = 0,95 \text{ mm}


  1. Intensité polychromatique : Les longueurs d’onde étant incohérentes entre elles, les intensités s’ajoutent : Ipoly(x)=I1(x)+I2(x)=I0[cos⁡2(πaxλ1D)+cos⁡2(πaxλ2D)]I_{\text{poly}}(x) = I_1(x) + I_2(x) = I_0 \left[ \cos^2\left(\frac{\pi a x}{\lambda_1 D}\right) + \cos^2\left(\frac{\pi a x}{\lambda_2 D}\right) \right]

  2. Brouillage des franges : Les franges de longueurs d’onde λ1\lambda_1 et λ2\lambda_2 se superposent. Le brouillage intervient lorsque les maxima de l’une coïncident avec les minima de l’autre, soit un décalage de π\pi pour la phase à l’ordre kk. La condition d’extinction du contraste se produit pour une différence de marche δmax\delta_{\text{max}} telle que : δmax(1λ1−1λ2)≈δmaxΔλλ12∼12\delta_{\text{max}} \left(\frac{1}{\lambda_1} - \frac{1}{\lambda_2}\right) \approx \frac{\delta_{\text{max}} \Delta\lambda}{\lambda_1^2} \sim \frac{1}{2} Soit δmax≈λ122Δλ\delta_{\text{max}} \approx \frac{\lambda_1^2}{2 \Delta\lambda}. A.N. : δmax=(600×10−9)22×10×10−9=1,8×10−5 m=18 μm\delta_{\text{max}} = \frac{(600 \times 10^{-9})^2}{2 \times 10 \times 10^{-9}} = 1,8 \times 10^{-5} \text{ m} = 18 \ \mu\text{m}.


Partie C : Analyse critique du modèle et limites

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  1. Phénomène supplémentaire : Le modèle idéal considère des sources ponctuelles (fentes de largeur nulle). Lorsque bb n’est plus négligeable, la diffraction par chaque fente rectangulaire intervient. Chaque fente se comporte comme une source lumineuse étendue qui module l’amplitude reçue sur l’écran.

  2. Intensité réelle : L’amplitude diffractée par une fente de largeur bb donne un facteur d’amplitude proportionnel à la fonction sinc(β)\text{sinc}(\beta), où β=πbxλ0D\beta = \frac{\pi b x}{\lambda_0 D}. L’intensité globale est le produit de l’intensité d’interférence par le facteur de diffraction : I_{\text{réel}}(x) = I_0 \left( \frac{\sin\left(\frac{\pi b x}{\lambda_0 D}\right)}{\frac{\pi b x}{\lambda_0 D}} \ght)^2 \cos^2\left(\frac{\pi a x}{\lambda_0 D}\right)

  3. Analyse critique et limites du modèle idéal :

    • Mododulation par la diffraction : La figure d’interférence (franges fines espacées de ii) est “enveloppée” par une tache centrale de diffraction beaucoup plus large (dont la largeur dépend de bb). Si bb est du même ordre de grandeur que aa, certaines franges d’interférences coïncident avec des extinctions (minima) de diffraction : on observe des trous d’interférence (disparition des franges dans les ordres élevés).
    • Limites du modèle : Le modèle des fentes d’interférence parfaites suppose une cohérence spatiale totale (source primaire ponctuelle) et une monochromaticité parfaite (cohérence temporelle infinie). Dès que la source a une extension transversale non nulle SS ou une largeur spectrale Δλ\Delta\lambda, le contraste des franges chute rapidement loin de l’axe central, menant à une uniformité lumineuse (absence d’interférences visibles).