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Exercice : Vecteur de Poynting et onde plane progressive harmonique

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

On considère le vide, modélisé par sa permittivité diélectrique ε0\varepsilon_0 et sa perméabilité magnétique μ0\mu_0. On pose c=1ε0μ0c = \frac{1}{\sqrt{\varepsilon_0 \mu_0}} la vitesse de la lumière dans le vide.

On s’intéresse à une onde électromagnétique sinusoïdale, ou Onde Plane Progressive Harmonique (OPPH), se propageant dans la direction de l’axe (Oz)(Oz). Le champ électrique associé à cette onde est décrit, en notation complexe, par : E⃗‾(z,t)=E0exp⁡(j(ωt−kz))u⃗x\underline{\vec{E}}(z, t) = E_0 \exp\left(j(\omega t - k z)\right) \vec{u}_x où E0E_0 est une amplitude réelle positive, ωpulsation\omega pulsation de l’onde, et kk le nombre d’onde.

L’objectif de cet exercice est d’analyser la structure de cette onde à l’aide des équations de Maxwell, puis d’évaluer le transport d’énergie associé via le vecteur de Poynting.


  1. Rappel de cours / Analyse dimensionnelle : Rappeler les équations de Maxwell dans le vide. En déduire l’équation de propagation vérifiée par le champ électrique E⃗(z,t)\vec{E}(z,t) et la relation de dispersion liant ω\omega et kk.
  2. Structure du champ magnétique : À l’aide de l’équation de Maxwell adéquate, déterminer le champ magnétique complexe B⃗‾(z,t)\underline{\vec{B}}(z, t) associé à ce champ électrique. Préciser la relation vectorielle liant E⃗\vec{E}, B⃗\vec{B} et le vecteur d’onde k⃗=ku⃗z\vec{k} = k \vec{u}_z.
  3. Vecteur de Poynting instantané : Définir le vecteur de Poynting Π⃗(z,t)\vec{\Pi}(z, t) dans le vide. Exprimer ses composantes en fonction de E0E_0, μ0\mu_0, cc, ω\omega, kk, zz et tt.
  4. Puissance et intensité moyenne : Calculer le vecteur de Poynting temporellement moyen ⟨Π⃗⟩\langle \vec{\Pi} \rangle (ou intensité de l’onde). Commenter sa direction et son sens.
  5. Bilan d’énergie local : Établir l’équation de conservation de l’énergie électromagnétique (théorème de Poynting) dans le vide. Exprimer la densité volumique d’énergie électromagnétique uu et vérifier qu’elle est reliée au vecteur de Poynting par une relation simple.

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Question 1 : Utilisez l’opérateur rotationnel appliqué au rotationnel. L’identité vectorielle rot(rotV⃗)=grad(divV⃗)−ΔV⃗\text{rot}(\text{rot} \vec{V}) = \text{grad}(\text{div} \vec{V}) - \Delta \vec{V} est ici fondamentale.
  • Question 2 : L’équation de Maxwell-Faraday relie la variation spatiale du champ électrique à la variation temporelle du champ magnétique. En régime harmonique, ∂∂t↔jω\frac{\partial}{\partial t} \leftrightarrow j\omega.
  • Question 3 & 4 : Attention à bien travailler avec les grandeurs réelles pour le produit vectoriel définissant le vecteur de Poynting instantané, ou utilisez la formule adaptée avec les amplitudes complexes pour la moyenne temporelle si vous maîtrisez le calcul complexe (⟨Π⃗⟩=12Re(E⃗∧B⃗∗)\langle \vec{\Pi} \rangle = \frac{1}{2} \text{Re}(\vec{E} \wedge \vec{B}^*)).
  • Question 5 : Partez des équations de Maxwell-Ampère et Maxwell-Faraday et effectuez le produit scalaire judicieux avec E⃗\vec{E} et B⃗\vec{B}.

1. Équations de Maxwell et équation de propagation

Section titled “1. Équations de Maxwell et équation de propagation”

Dans le vide (charges et courants macroscopiques nuls), les équations de Maxwell s’écrivent :

  • Maxwell-Gauss : divE⃗=0\text{div} \vec{E} = 0
  • Maxwell-Thomson : divB⃗=0\text{div} \vec{B} = 0
  • Maxwell-Faraday : rotE⃗=−∂B⃗∂t\text{rot} \vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}
  • Maxwell-Ampère : rotB⃗=μ0ε0∂E⃗∂t\text{rot} \vec{B} = \mu_0 \varepsilon_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}

En appliquant l’opérateur rotationnel à l’équation de Maxwell-Faraday : rot(rotE⃗)=rot(−∂B⃗∂t)=−∂∂t(rotB⃗)\text{rot}(\text{rot} \vec{E}) = \text{rot}\left(-\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}\right) = -\frac{\partial}{\partial t}(\text{rot} \vec{B}) En injectant Maxwell-Ampère : grad(divE⃗)−ΔE⃗=−μ0ε0∂2E⃗∂t2\text{grad}(\text{div} \vec{E}) - \Delta \vec{E} = -\mu_0 \varepsilon_0 \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} Comme divE⃗=0\text{div} \vec{E} = 0 (pas de charge), il vient l’équation de d’Alembert : ΔE⃗−μ0ε0∂2E⃗∂t2=0⃗\Delta \vec{E} - \mu_0 \varepsilon_0 \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \vec{0} Pour l’OPPH étudiée, E⃗(z,t)=E0cos⁡(ωt−kz)u⃗x\vec{E}(z,t) = E_0 \cos(\omega t - kz) \vec{u}_x. Le laplacien se réduit à ∂2∂z2\frac{\partial^2}{\partial z^2}. En injectant cette forme dans l’équation de propagation, on obtient la relation de dispersion : −k2+μ0ε0ω2=0  ⟹  ωk=1μ0ε0=c-k^2 + \mu_0 \varepsilon_0 \omega^2 = 0 \implies \frac{\omega}{k} = \frac{1}{\sqrt{\mu_0 \varepsilon_0}} = c

Utilisons l’équation de Maxwell-Faraday en notation complexe : rotE⃗‾=−jωB⃗‾\text{rot} \underline{\vec{E}} = -j\omega \underline{\vec{B}} Le rotationnel de E⃗‾\underline{\vec{E}} se calcule ainsi : rotE⃗‾=∣u⃗xu⃗yu⃗z∂∂x∂∂y∂∂zE‾x00∣=∂E‾x∂zu⃗opot⋯=(−jkE0ej(ωt−kz))u⃗y\text{rot} \underline{\vec{E}} = \begin{vmatrix} \vec{u}_x & \vec{u}_y & \vec{u}_z \\ \frac{\partial}{\partial x} & \frac{\partial}{\partial y} & \frac{\partial}{\partial z} \\ \underline{E}_x & 0 & 0 \end{vmatrix} = \frac{\partial \underline{E}_x}{\partial z} \vec{u}_opot \dots = (-jk E_0 e^{j(\omega t - kz)}) \vec{u}_y On en déduit le champ magnétique complexe : B⃗‾(z,t)=−1jω(−jkE0ej(ωt−kz))u⃗y=kωE0ej(ωt−kz)u⃗y\underline{\vec{B}}(z, t) = -\frac{1}{j\omega} (-jk E_0 e^{j(\omega t - kz)}) \vec{u}_y = \frac{k}{\omega} E_0 e^{j(\omega t - kz)} \vec{u}_y Soit, en revenant aux grandeurs réelles : B⃗(z,t)=E0ccos⁡(ωt−kz)u⃗y\vec{B}(z, t) = \frac{E_0}{c} \cos(\omega t - kz) \vec{u}_y On remarque la structure trièdre direct (u⃗x,u⃗y,u⃗z)(\vec{u}_x, \vec{u}_y, \vec{u}_z) pour le triplet (E⃗,B⃗,k⃗)(\vec{E}, \vec{B}, \vec{k}).

Le vecteur de Poynting représente la densité de flux de puissance électromagnétique. Dans le vide, il est défini par : Π⃗(z,t)=1μ0E⃗(z,t)∧B⃗(z,t)\vec{\Pi}(z, t) = \frac{1}{\mu_0} \vec{E}(z, t) \wedge \vec{B}(z, t) En effectuant le produit vectoriel : Π⃗(z,t)=1μ0[E0cos⁡(ωt−kz)u⃗x]∧[E0ccos⁡(ωt−kz)u⃗y]\vec{\Pi}(z, t) = \frac{1}{\mu_0} \left[ E_0 \cos(\omega t - kz) \vec{u}_x \right] \wedge \left[ \frac{E_0}{c} \cos(\omega t - kz) \vec{u}_y \right] Π⃗(z,t)=E02μ0ccos⁡2(ωt−kz)u⃗z\vec{\Pi}(z, t) = \frac{E_0^2}{\mu_0 c} \cos^2(\omega t - kz) \vec{u}_z

L’intensité de l’onde correspond à la moyenne temporelle du vecteur de Poynting, notée ⟨Π⃗⟩\langle \vec{\Pi} \rangle. Sur une période T=2πωT = \frac{2\pi}{\omega}, la valeur moyenne de cos⁡2(ωt−kz)\cos^2(\omega t - kz) vaut 12\frac{1}{2}. Ainsi : ⟨Π⃗⟩=E022μ0cu⃗z\langle \vec{\Pi} \rangle = \frac{E_0^2}{2 \mu_0 c} \vec{u}_z

  • Commentaire : ⟨Π⃗⟩\langle \vec{\Pi} \rangle est dirigé selon u⃗z\vec{u}_z, ce qui correspond à la direction de propagation de l’onde. L’énergie est donc transportée dans le sens de propagation de l’onde, ce qui est physiquement cohérent.

5. Bilan d’énergie local (Théorème de Poynting)

Section titled “5. Bilan d’énergie local (Théorème de Poynting)”

Effectuons B⃗⋅(Maxwell-Faraday)−E⃗⋅(Maxwell-Ampeˋre)\vec{B} \cdot (\text{Maxwell-Faraday}) - \vec{E} \cdot (\text{Maxwell-Ampère}) :

  1. B⃗⋅rotE⃗=−B⃗⋅∂B⃗∂t=−12∂B2∂t\vec{B} \cdot \text{rot} \vec{E} = -\vec{B} \cdot \frac{\partial \vec{B}}{\partial t} = -\frac{1}{2} \frac{\partial B^2}{\partial t}
  2. E⃗⋅rotB⃗=μ0ε0E⃗⋅∂E⃗∂t=μ0ε012∂E2∂t\vec{E} \cdot \text{rot} \vec{B} = \mu_0 \varepsilon_0 \vec{E} \cdot \frac{\partial \vec{E}}{\partial t} = \mu_0 \varepsilon_0 \frac{1}{2} \frac{\partial E^2}{\partial t}

En utilisant l’identité vectorielle div(E⃗∧B⃗)=B⃗⋅rotE⃗−E⃗⋅rotB⃗\text{div}(\vec{E} \wedge \vec{B}) = \vec{B} \cdot \text{rot} \vec{E} - \vec{E} \cdot \text{rot} \vec{B}, on obtient l’équation de conservation : div(E⃗∧B⃗μ0)+∂∂t(ε0E22+B22μ0)=0\text{div}\left(\frac{\vec{E} \wedge \vec{B}}{\mu_0}\right) + \frac{\partial}{\partial t}\left(\frac{\varepsilon_0 E^2}{2} + \frac{B^2}{2\mu_0}\right) = 0 Soit sous la forme classique : divΠ⃗+∂u∂t=0\text{div} \vec{\Pi} + \frac{\partial u}{\partial t} = 0 Où u=ε0E22+B22μ0u = \frac{\varepsilon_0 E^2}{2} + \frac{B^2}{2\mu_0} représente la densité volumique d’énergie électromagnétique. Cette relation traduit la conservation locale de l’énergie du champ électromagnétique dans le vide.