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Exercice 2 : Échangeurs thermiques et rendement

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Les échangeurs thermiques sont des dispositifs essentiels dans de nombreux systèmes industriels, de la production d’énergie aux procédés chimiques. L’objectif de ce problème est d’étudier un échangeur tubulaire co-courant et contre-courant, et d’évaluer son efficacité thermodynamique ainsi que son rendement exergétique.

On considère un échangeur thermique stationnaire dans lequel circulent deux fluides caloporteurs non miscibles, assimilés à des fluides parfaits incompressibles de capacités thermiques massiques respectives c1c_1 et c2c_2 (supposées constantes).

  • Le Fluide 1 (chaud) entre dans l’échangeur à l’abscisse x=0x = 0 à la température T1,entT_{1,\text{ent}} avec un débit massique m˙1\dot{m}_1.
  • Le Fluide 2 (froid) entre dans l’échangeur et parcourt celui-ci sur une longueur totale $L.

On note C1=m˙1c1C_1 = \dot{m}_1 c_1 et C2=m˙2c2C_2 = \dot{m}_2 c_2 les capacités thermiques par unité de temps (ou flux de capacité thermique) des deux flux. Le coefficient global d’échange thermique par unité de longueur est noté H\mathcal{H} (en W⋅m−1⋅K−1\text{W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}).


❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”
  1. Bilan thermique élémentaire (Configuration co-courant) Établir les équations différentielles régissant l’évolution des températures T1(x)T_1(x) et T2(x)T_2(x) le long de l’échangeur dans le cas où les deux fluides circulent dans le même sens (co-courant, de x=0x = 0 à x=Lx = L).

  2. Résolution du profil de température En posant ΔT(x)=T1(x)−T2(x)\Delta T(x) = T_1(x) - T_2(x), exprimer l’équation différentielle vérifiée par ΔT(x)\Delta T(x). Résoudre cette équation et exprimer ΔT(x)\Delta T(x) en fonction de ΔT(0)\Delta T(0), xx, H\mathcal{H}, C1C_1, C2C_2 et LL.

  3. Puissance thermique échangée En déduire l’expression de la puissance thermique totale PeˊchP_{\text{éch}} échangée entre les deux fluides en fonction de C1C_1, C2C_2, T1,entT_{1,\text{ent}}, T2,entT_{2,\text{ent}} et des températures de sortie T1,sorT_{1,\text{sor}} et T2,sorT_{2,\text{sor}}.

  4. Efficacité de l’échangeur On définit l’efficacité ε\varepsilon de l’échangeur comme le rapport entre la puissance réellement échangée et la puissance maximale théorique échangeable.

    • Expliciter la puissance maximale Pmax⁡P_{\max}.
    • Exprimer l’efficacité ε\varepsilon en fonction de C1C_1, C2C_2 et du nombre d’unités de transfert (NUT) défini par NUT=HLCmin⁡\text{NUT} = \frac{\mathcal{H}L}{C_{\min}}, où Cmin⁡=min⁡(C1,C2)C_{\min} = \min(C_1, C_2).
  5. Analyse critique du modèle et irréversibilités

    • Discuter l’hypothèse de constance des coefficients c1c_1, c2c_2 et H\mathcal{H}.
    • Définir qualitativement la création d’entropie dans l’échangeur. Pourquoi un échangeur à contre-courant est-il thermodynamiquement plus performant qu’un échangeur à co-courant ?

💡 Pistes & Indications méthodologiques

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  • Question 1 : Appliquer le premier principe de la thermodynamique (ou un bilan d’énergie) sur une tranche élémentaire d’épaisseur dx\text{d}x pour chaque fluide. Attention aux signes selon le sens des flux.
  • Question 2 : Soustraire les deux équations différentielles obtenues pour obtenir une équation d’ordre 1 en ΔT(x)\Delta T(x).
  • Question 3 : Utiliser la conservation de l’enthalpie pour chaque flux entre l’entrée et la sortie.
  • Question 4 : La puissance maximale est obtenue si le fluide ayant le Cmin⁡C_{\min} subit la variation de température maximale possible (soit ΔTmax⁡=T1,ent−T2,ent\Delta T_{\max} = T_{1,\text{ent}} - T_{2,\text{ent}}).

1. Bilan thermique élémentaire (Co-courant)

Section titled “1. Bilan thermique élémentaire (Co-courant)”

Considérons une tranche d’échangeur comprise entre les abscisses xx et x+dxx + \text{d}x. Pour le fluide 1 (chaud, circulant dans le sens des xx croissants), la variation d’enthalpie sur dx\text{d}x s’exprime par : δQ1=m˙1c1dT1=C1dT1\delta Q_1 = \dot{m}_1 c_1 \text{d}T_1 = C_1 \text{d}T_1 Puisque le fluide cède de la chaleur, cette quantité est négative si dT1<0\text{d}T_1 < 0. Le flux thermique cédé par le fluide 1 à travers la surface latérale Hdx\mathcal{H} \text{d}x est : C1dT1dxdx=−H(T1−T2)dxC_1 \frac{\text{d}T_1}{\text{d}x} \text{d}x = -\mathcal{H}(T_1 - T_2)\text{d}x Soit : dT1dx=−HC1(T1−T2)\frac{\text{d}T_1}{\text{d}x} = -\frac{\mathcal{H}}{C_1}(T_1 - T_2)

De même, pour le fluide 2 (froid, circulant également dans le sens des xx croissants) : C2dT2dx=+H(T1−T2)C_2 \frac{\text{d}T_2}{\text{d}x} = +\mathcal{H}(T_1 - T_2) Soit : dT2dx=HC2(T1−T2)\frac{\text{d}T_2}{\text{d}x} = \frac{\mathcal{H}}{C_2}(T_1 - T_2)

Posons ΔT(x)=T1(x)−T2(x)\Delta T(x) = T_1(x) - T_2(x). Dérivons cette grandeur par rapport à xx : d(ΔT)dx=dT1dx−dT2dx=−H(1C1+1C2)(T1−T2)\frac{\text{d}(\Delta T)}{\text{d}x} = \frac{\text{d}T_1}{\text{d}x} - \frac{\text{d}T_2}{\text{d}x} = -\mathcal{H} \left( \frac{1}{C_1} + \frac{1}{C_2} \right) (T_1 - T_2) En posant α=H(1C1+1C2)\alpha = \mathcal{H} \left( \frac{1}{C_1} + \frac{1}{C_2} \right), l’équation différentielle devient : d(ΔT)dx+αΔT(x)=0\frac{\text{d}(\Delta T)}{\text{d}x} + \alpha \Delta T(x) = 0 La solution générale de cette équation linéaire du premier ordre est : ΔT(x)=ΔT(0)exp⁡(−αx)\Delta T(x) = \Delta T(0) \exp(-\alpha x) Avec ΔT(0)=T1,ent−T2,ent\Delta T(0) = T_{1,\text{ent}} - T_{2,\text{ent}}.

La puissance thermique totale PeˊchP_{\text{éch}} échangée sur toute la longueur LL de l’échangeur s’obtient par le bilan global sur le fluide 1 (ou le fluide 2) : Peˊch=C1(T1,ent−T1,sor)=C2(T2,sor−T2,ent)P_{\text{éch}} = C_1 (T_{1,\text{ent}} - T_{1,\text{sor}}) = C_2 (T_{2,\text{sor}} - T_{2,\text{ent}}) En intégrant le flux thermique local sur toute la longueur : Peˊch=∫0LH[T1(x)−T2(x)]dx=H∫0LΔT(0)e−αxdxP_{\text{éch}} = \int_{0}^{L} \mathcal{H} [T_1(x) - T_2(x)] \text{d}x = \mathcal{H} \int_{0}^{L} \Delta T(0) e^{-\alpha x} \text{d}x Peˊch=HΔT(0)[−1αe−αx]0L=HΔT(0)α(1−e−αL)P_{\text{éch}} = \mathcal{H} \Delta T(0) \left[ \frac{-1}{\alpha} e^{-\alpha x} \right]_0^L = \frac{\mathcal{H} \Delta T(0)}{\alpha} (1 - e^{-\alpha L})

La puissance maximale théorique Pmax⁡P_{\max} serait atteinte dans un échangeur de longueur infinie (L→+∞L \to +\infty), où le fluide dont la capacité thermique est la plus faible atteindrait la température d’entrée de l’autre fluide : Pmax⁡=Cmin⁡(T1,ent−T2,ent)=Cmin⁡ΔT(0)P_{\max} = C_{\min} (T_{1,\text{ent}} - T_{2,\text{ent}}) = C_{\min} \Delta T(0) L’efficacité ε\varepsilon est par définition : ε=PeˊchPmax⁡=HαΔT(0)(1−e−αL)Cmin⁡ΔT(0)\varepsilon = \frac{P_{\text{éch}}}{P_{\max}} = \frac{\frac{\mathcal{H}}{\alpha} \Delta T(0) (1 - e^{-\alpha L})}{C_{\min} \Delta T(0)} Or, Hα=HH(1C1+1C2)=C1C2C1+C2\frac{\mathcal{H}}{\alpha} = \frac{\mathcal{H}}{\mathcal{H}(\frac{1}{C_1} + \frac{1}{C_2})} = \frac{C_1 C_2}{C_1 + C_2}. En introduisant le rapport des capacités R=Cmin⁡Cmax⁡R = \frac{C_{\min}}{C_{\max}} et le NUT=HLCmin⁡\text{NUT} = \frac{\mathcal{H}L}{C_{\min}}, on obtient après simplification l’expression classique de l’efficacité pour le co-courant : ε=1−exp⁡(−NUT(1+R))1+R\varepsilon = \frac{1 - \exp\left(-\text{NUT}(1 + R)\right)}{1 + R}

5. Analyse critique du modèle et irréversibilités

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  • Validité des hypothèses :
    • Les capacités thermiques c1c_1 et c2c_2 dépendent en réalité de la température. L’hypothèse de constance n’est valide que pour des variations de température modérées.
    • Le coefficient global d’échange H\mathcal{H} dépend des régimes d’écoulement (laminaire ou turbulent, via les nombres de Reynolds et Prandtl) et peut varier le long de l’échangeur.
  • Irréversibilités et second principe :
    • Les transferts thermiques s’effectuent à travers des écarts de température finis ΔT(x)≠0\Delta T(x) \neq 0, ce qui constitue une source majeure d’irréversibilité (création d’entropie ΔScreˊation>0\Delta S_{\text{création}} > 0).
    • Dans un échangeur à contre-courant (les fluides circulent en sens inverse), le profil de température permet d’atteindre un écart thermique plus homogène et d’obtenir, pour une même surface d’échange, une efficacité supérieure et une moindre création d’entropie qu’en co-courant.