Concours Centrale-Supélec 2024 - Mathématiques 2 (MP)
📄 Partie 1 : Énoncé Officiel du Sujet
Section titled “📄 Partie 1 : Énoncé Officiel du Sujet”Préambule et Notations
Section titled “Préambule et Notations”Dans tout le problème, désigne le corps des nombres réels. On note l’espace vectoriel des matrices carrées d’ordre à coefficients réels, et le sous-espace vectoriel des matrices symétriques réelles. Pour une matrice , on note sa norme euclidienne (dite norme de Frobenius).
Partie I : Propriétés topologiques et spectrales dans
Section titled “Partie I : Propriétés topologiques et spectrales dans Sn(R)\mathcal{S}_n(\mathbb{R})Sn(R)”On munit de la norme .
- Soit l’application définie par . Montrer que est de classe sur et calculer sa différentielle pour toute matrice .
- Soit . Justifier qu’il existe une matrice orthogonale et une matrice diagonale telles que .
- Montrer que l’ensemble des matrices symétriques réelles définies positives est un ouvert de .
- Soit . Montrer que l’application est dérivable sur et expliciter sa dérivée.
Partie II : Intégrales à paramètres et théorème de convergence dominée
Section titled “Partie II : Intégrales à paramètres et théorème de convergence dominée”Pour tout réel , on considère la fonction définie par :
- Justifier que est définie et continue sur .
- Établir que est de classe sur en explicitant la dérivée sous le signe intégrale.
- À l’aide d’une intégration par parties, trouver une équation différentielle vérifiée par . En déduire l’expression explicite de pour tout .
Partie III : Réduction simultanée et applications matricielles
Section titled “Partie III : Réduction simultanée et applications matricielles”Soit et deux matrices de , avec symétrique définie positive.
- Montrer qu’il existe une matrice inversible telle que et soit une matrice diagonale.
- Soit . On pose . Établir que si , alors la matrice est inversible.
💡 Partie 2 : Indications du Concepteur & Pièges du Barème
Section titled “💡 Partie 2 : Indications du Concepteur & Pièges du Barème”- Partie I, Question 1 : Ne pas oublier de préciser que est une application bilinéaire (donc polynomiale), ce qui garantit immédiatement le caractère . La différentielle s’obtient via .
- Partie I, Question 3 : Utiliser la caractérisation par les valeurs propres ou la continuité d’une application bien choisie (par exemple l’application déterminant ou la fonction mineurs principaux).
- Partie II, Question 6 : Le théorème de convergence dominée (TCD) requiert de dominer la dérivée partielle par une fonction intégrable indépendante de . Penser à un majorant exponentiel ou constant sur tout compact.
- Partie III, Question 8 : C’est un classique de réduction simultanée. On commence par diagonaliser (ou utiliser sa racine carrée symétrique), puis on applique le théorème spectral à une matrice symétrique judicieusement construite.
📋 Partie 3 : Correction Rédigée Pas à Pas
Section titled “📋 Partie 3 : Correction Rédigée Pas à Pas”Partie I : Propriétés topologiques et spectrales dans
Section titled “Partie I : Propriétés topologiques et spectrales dans Sn(R)\mathcal{S}_n(\mathbb{R})Sn(R)”-
Différentiabilité de : L’application est définie par des produits de coefficients polynômiaux, c’est donc une application polynomiale en les coefficients de la matrice. Elle est de classe sur . Pour tout : On pose . L’application est linéaire par rapport à . De plus : Par conséquent, est différentiable en tout point et : (Barème : 1,5 pt)
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Diagonalisation orthogonale : D’après le théorème spectral, toute matrice symétrique réelle est diagonalisable dans une base orthonormée de . Il existe donc une matrice orthogonale (c’est-à-dire ) et une matrice diagonale telles que . (Barème : 1 pt)
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Ouverture de : Soit l’application qui à une matrice associait ses valeurs propres, ou plus simplement, considérons l’application continue qui associe à la plus petite de ses valeurs propres . L’application est continue sur (parLipschitzianité des racines d’un polynôme par rapport à ses coefficients). L’ensemble est l’image réciproque de l’intervalle ouvert par cette application continue, c’est donc un ouvert. (Barème : 1,5 pt)
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Dérivabilité de : La fonction exponentielle matricielle est définie par la série entière : Cette série de fonctions admet un rayon de convergence infini et peut être terme à terme dérivée sur . Ainsi : (Barème : 1,5 pt)
Partie II : Intégrales à paramètres et théorème de convergence dominée
Section titled “Partie II : Intégrales à paramètres et théorème de convergence dominée”-
Continuité de : Soit définie sur .
- Pour tout , l’application est continue sur .
- Pour tout , l’application est continue (donc mesurable) sur .
- Domination : Pour tous et : La fonction est intégrable sur (intégrale de Gauss convergente). Par le théorème de continuité des intégrales à paramètres, est continue sur . (Barème : 1,5 pt)
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Dérivabilité et calcul de la dérivée :
- La fonction admet une dérivée partielle par rapport à :
- Pour tout , est continue.
- Pour tout , est continue sur .
- Domination : Pour tous et : La fonction est continue et intégrable sur (car se primitive en ). Par le théorème de dérivation des intégrales à paramètres, est de classe sur et : (Barème : 2 pts)
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Équation différentielle et résolution : Effectuons une intégration par parties sur l’expression de en posant : Puisque , il vient : On obtient l’équation différentielle linéaire d’ordre 1 : La solution générale est de la forme : Pour , on calcule la valeur initiale : Ainsi, , d’où : (Barème : 3 pts)
Partie III : Réduction simultanée et applications matricielles
Section titled “Partie III : Réduction simultanée et applications matricielles”-
Réduction simultanée : Puisque , il existe une matrice orthogonale et une matrice diagonale constituée des valeurs propres strictements positives de telles que . On peut définir la matrice racine carrée symétrique , qui est inversible. Considérons la matrice symétrique . D’après le théorème spectral, il existe une matrice orthogonale telle que , où est diagonale. En posant , on vérifie immédiatement : Et : (Barème : 4 pts)
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Inversibilité de : Supposons . Soit une valeur propre de et un vecteur propre associé (non nul). On a , donc . Par compatibilité de la norme subordonnée (ou de Frobenius, sachant que dans le cas symétrique), on a . Supposons par l’absurde que ne soit pas inversible. Alors est valeur propre de , ce qui implique , ce qui contredit . Par conséquent, la matrice est inversible. (Barème : 3 pts)