Cours : Géométrie euclidienne
📌 1. Définitions & Cadre d’étude
Section titled “📌 1. Définitions & Cadre d’étude”Soit un -espace vectoriel.
A. Produit scalaire
Section titled “A. Produit scalaire”On appelle produit scalaire sur une application, notée ou , qui à tout couple de vecteurs associe un nombre réel , vérifiant les axiomes suivants :
- Bilinéarité :
- Pour tout , l’application est linéaire.
- Pour tout , l’application est linéaire.
- Symétrie : Pour tous , .
- Positivité : Pour tout , .
- Caractère défini : Pour tout , .
Un espace vectoriel muni d’un produit scalaire est appelé espace préhilbertien réel. S’il est de dimension finie, on l’appelle espace euclidien.
B. Norme euclidienne et orthogonalité
Section titled “B. Norme euclidienne et orthogonalité”- Norme associée : Pour tout , .
- Orthogonalité : Deux vecteurs et de sont dits orthogonaux, et on note , si et seulement si .
- Supplémentaire orthogonal : Soit un sous-espace vectoriel de . On définit son orthogonal par :
C. Le groupe orthogonal
Section titled “C. Le groupe orthogonal”Soit un espace euclidien. Un endomorphisme est dit orthogonal s’il conserve le produit scalaire, c’est-à-dire : L’ensemble des endomorphismes orthogonaux de forme un groupe pour la composition, noté (groupe orthogonal).
📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés
Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”A. Inégalité de Cauchy-Schwarz et Inégalité triangulaire
Section titled “A. Inégalité de Cauchy-Schwarz et Inégalité triangulaire”Théorème (Inégalité de Cauchy-Schwarz)
Section titled “Théorème (Inégalité de Cauchy-Schwarz)”Pour tous vecteurs et d’un espace préhilbertien : Cas d’égalité : Il y a égalité si et seulement si la famille est liée.
Démonstration :
Section titled “Démonstration :”Si , l’inégalité est triviale () et le cas d’égalité est immédiat. Supposons donc . Pour tout réel , posons : Par bilinéarité et symétrie du produit scalaire : Puisque est un trinôme du second degré en à coefficients réels () et que pour tout , son discriminant réduit doit être négatif ou nul : D’où . En passant à la racine carrée, on obtient .
S’il y a égalité, , donc le trinôme admet une racine réelle telle que , soit , ce qui implique (par définition de la norme). La famille est donc liée. Réciproquement, si la famille est liée, le calcul direct montre qu’il y a égalité.
Théorème (Inégalité triangulaire)
Section titled “Théorème (Inégalité triangulaire)”Pour tous vecteurs et de :
Démonstration :
Section titled “Démonstration :”Élevons la norme au carré en utilisant le produit scalaire : D’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz, . Ainsi : Puisque les deux membres sont positifs, en prenant la racine carrée, on conclut :
B. Théorème de Pythagore
Section titled “B. Théorème de Pythagore”Soient et deux vecteurs orthogonaux d’un espace préhilbertien . Alors :
Démonstration :
Section titled “Démonstration :”Comme , on a . Il vient immédiatement :
C. Théorème de la base orthonormée (Gram-Schmidt)
Section titled “C. Théorème de la base orthonormée (Gram-Schmidt)”Tout espace euclidien de dimension finie admet au moins une base orthonormée (BON).
Démonstration (par récurrence sur la dimension ) :
Section titled “Démonstration (par récurrence sur la dimension nnn) :”Soit une base quelconque de . On construit une base orthogonale par récurrence :
- Pour , on pose On vérifie par récurrence que pour tout , la famille est orthogonale et engendre le même sous-espace que . Enfin, on normalise chaque vecteur en posant pour obtenir une BON.
💡 3. Méthodes classiques de résolution
Section titled “💡 3. Méthodes classiques de résolution”-
Calculs de distances et projections orthogonales : Pour calculer la distance d’un vecteur à un sous-espace vectoriel , on détermine la projection orthogonale de sur à l’aide d’une BON de : La distance recherchée est alors .
-
Caractérisations des endomorphismes orthogonaux en dimension finie : Soit et sa matrice dans une BON. Les assertions suivantes sont équivalentes :
- ( est orthogonal).
- conserve la norme : .
- La matrice vérifie (ou ).
- Les colonnes (resp. lignes) de forment une base orthonormée de muni du produit scalaire canonique.
-
Réduction des endomorphismes autoadjoints (symétriques) : Si ( est symétrique), alors est diagonalisable dans une base orthonormée. Pour le démontrer ou l’exploiter :
- Les sous-espaces propres associés à des valeurs propres distinctes sont deux à deux orthogonaux.
- On procède par récurrence sur la dimension en considérant l’orthogonal d’un vecteur propre.
⚠️ 4. Pièges classiques aux Concours
Section titled “⚠️ 4. Pièges classiques aux Concours”- Confondre espace préhilbertien et espace euclidien : En dimension infinie (espaces préhilbertiens), un sous-espace vectoriel fermé n’admet pas toujours un supplémentaire orthogonal (le théorème du supplémentaire orthogonal exige que soit de dimension finie ou fermé de codimension finie).
- Oubli de la dimension finie : L’équivalence entre “isométrie bijective” et “endomorphisme orthogonal” est vraie en dimension finie, mais fausse en dimension infinie (exemple de l’opérateur de décalage unilatéral/shift qui est isométrique mais non surjectif).
- Mauvaise utilisation du procédé de Gram-Schmidt : Appliquer le procédé de normalisation prématurément sur les vecteurs avant d’avoir terminé l’orthogonalisation alourdit considérablement les calculs numériques et conduit fréquemment à des erreurs de calculs littéraux.
- Caractère orthogonal vs symétrique : Ne pas confondre matrice orthogonale () et matrice symétrique (). Une matrice orthogonale n’est pas nécessairement diagonalisable dans (ses valeurs propres sont de module , par exemple les rotations du plan).