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Exercice 2 : Centres instantanés de rotation (CIR)

Problème guidé : Étude cinématique d’un mécanisme de transmission par la méthode des Centres Instantanés de Rotation (CIR)

Section titled “Problème guidé : Étude cinématique d’un mécanisme de transmission par la méthode des Centres Instantanés de Rotation (CIR)”

Filière : PTSI
Matière : Sciences Industrielles de l’Ingénieur (SII)
Chapitre: ** Cinématique du solide rigide
Thème : Centres instantanés de rotation (CIR\text{CIR}) et champs de vitesses


On s’intéresse à un mécanisme plan, relevant de la modélisation des compresseurs alternatifs ou des systèmes bielle-manivelle modifiés utilisés dans l’industrie. Le plan d’étude est noté (O, \vec{x}, \{y}). Le problème est supposé plan dans ce repère.

Le mécanisme est composé des solides suivants par rapport au bâti (ou repère de référence R0=(O,x⃗,y⃗,z⃗)R_0 = (O, \vec{x}, \vec{y}, \vec{z})) :

  • Solide 1 (Manivelle) : en liaison pivot d’axe (O,z⃗)(O, \vec{z}) avec le bâti 0. Il est défini par le segment OAOA de longueur RR. Sa position est repérée par l’angle θ=(x⃗,OA→)\theta = (\vec{x}, \overrightarrow{OA}).
  • Solide 2 (Bielle) : représenté par le segment ABAB de longueur LL. Le point AA appartient au solide 1 et le point BB est en liaison glissière rectiligne d’axe (O,x⃗)(O, \vec{x}) avec le bâti 0.
  • Solide 3 (Coulisseau) : assimilé au point BB, en liaison glissière avec le bâti et pivot d’axe joignant AA et BB (la bielle). Pour simplifier, le mouvement de BB est contraint sur l’axe horizontal (O,x⃗)(O, \vec{x}).

L’objectif de l’étude est de déterminer la vitesse du coulisseau BB et la vitesse de rotation de la bielle 2 par rapport au bâti 0, en utilisant exclusivement les propriétés des Centres Instantanés de Rotation (CIR\text{CIR}).


  1. Détermination des CIR évidents : Identifier et justifier la position des CIR des mouvements suivants :
    • Mouvement de 1 par rapport à 0 : noté I10I_{10}.
    • Mouvement de 3 (ou du coulisseau BB) par rapport à 0 : noté I30I_{30}.
  2. Application du théorème des trois centres (théorème de Kennedy-Fabricius) : En déduire la droite géométrique sur laquelle se trouve le CIR I20I_{20} (mouvement de la bielle 2 par rapport au bâti 0).
  3. Localisation complète de I20I_{20} :
    • En considérant le mouvement de 2 par rapport à 1, déterminer le CIR I21I_{21}.
    • En appliquant à nouveau le théorème de Kennedy-Fabricius aux solides {0, 1, 2}, déterminer précisément la position géométrique de I20I_{20}. Faire un schéma qualitatif.
  4. Exploitation métrique : Exprimer la position du CIR I20I_{20} dans le repère (O,x⃗,y⃗)(O, \vec{x}, \vec{y}) en fonction de RR, θ\theta et des caractéristiques géométriques du système.
  5. Calcul de vitesses :
    • Exprimer la vitesse V⃗(A∈1/0)\vec{V}(A \in 1/0) en fonction de RR et de la vitesse angulaire ω10=θ˙\omega_{10} = \dot{\theta}.
    • En écrivant le champ des vitesses du solide 2 en son CIR\text{CIR} I20I_{20}, exprimer la relation entre la vitesse de AA (ou de BB) et la vitesse de rotation de la bielle ω20\omega_{20}.
    • En déduire l’expression de ω20\omega_{20} et la vitesse du coulisseau V⃗(B∈3/0)\vec{V}(B \in 3/0) en fonction de R,L,θR, L, \theta et ω10\omega_{10}.
  6. Analyse critique : Discuter des limites du modèle cinématique rigide, en particulier pour des configurations géométriques particulières (singularités) et vis-à-vis des hypothèses de modélisation (jeux, élasticité, frottements).

  • Indication Q1 : Pensez aux liaisons élémentaires (pivot et glissière). Le CIR d’un solide en rotation fixe est le centre de la pivot. Pour une translation rectiligne, le CIR est rejeté à l’infini dans la direction perpendiculaire au mouvement.
  • Indication Q2 & Q3 : Le théorème de Kennedy-Fabricius énonce que pour trois solides en mouvement relatif plan, les trois CIR sont alignés. Appliquez-le aux triplets {0, 1, 2} et {0, 2, 3}.
  • Indication Q6 : Que se passe-t-il mathématiquement et physiquement si sin⁡(θ)=0\sin(\theta) = 0 ? Les formules de cinématique pure explosent-elles ? Qu’oublie-t-on en considérant les solides rigides indéformables ?

  • Pour le mouvement de 1/0 : Le solide 1 est en liaison pivot d’axe (O,z⃗)(O, \vec{z}) par rapport au bâti 0. Tous les points de l’axe sont fixes, le CIR\text{CIR} I10I_{10} est donc confondu géométriquement avec le point OO.
  • Pour le mouvement de 3/0 : Le coulisseau 3 est en translation rectiligne de direction x⃗\vec{x} par rapport au bâti 0. Par définition, le CIR\text{CIR} d’un mouvement de translation pure est rejeté à l’infini dans la direction orthogonale au mouvement. Ainsi, I30I_{30} est à l’infini sur la direction y⃗\vec{y} (noté I30∈(Δ∞⊥x⃗)I_{30} \in (\Delta_\infty \perp \vec{x})).

Corrigé Q2 & Q3 : Application du théorème de Kennedy-Fabricius

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Le théorème de Kennedy-Fabricius stipule que pour trois solides 1,2,31, 2, 3 en mouvement plan, leurs trois CIR\text{CIR} respectifs I12,I23,I31I_{12}, I_{23}, I_{31} sont alignés sur une même droite.

  1. Considérons le triplet de solides {0, 1, 2} : les CIR sont I10I_{10} (OO), I21I_{21} et I20I_{20}.
    • Le solide 2 est en liaison pivot avec le solide 1 au point AA. Par conséquent, le CIR\text{CIR} du mouvement de 2 par rapport à 1 est I21=AI_{21} = A.
    • D’après le théorème, I20I_{20} appartient à la droite (OA)(OA) (qui passe par I10I_{10} et I21I_{21}).
  2. Considérons le triplet de solides {0, 2, 3} : les CIR sont I20I_{20}, I32I_{32} et I30I_{30}.
    • Le solide 2 est en liaison pivot avec le solide 3 (le coulisseau BB) au point BB. Donc I32=BI_{32} = B.
    • On sait que I30I_{30} est rejeté à l’infini dans la direction y⃗\vec{y}. La droite joignant I32I_{32} (BB) et I30I_{30} est donc la droite perpendiculaire à l’axe du glissement passant par BB, c’est-à-dire la droite (B,y⃗)(B, \vec{y}).
  3. Conclusion géométrique pour I20I_{20} :
    • I20∈(OA)I_{20} \in (OA)
    • I20∈I_{20} \in Droite verticale passant par BB (orthogonale à (O,x⃗)(O, \vec{x}) en BB).
    • I20I_{20} est donc l’intersection de la droite (OA)(OA) et de la perpendiculaire à (O,x⃗)(O, \vec{x}) érigée en BB.

Corrigé Q4 : Expression métrique de I20I_{20}

Section titled “Corrigé Q4 : Expression métrique de I20I_{20}I20​”

Dans le triangle OBI20OBI_{20} (rectangle en BB si l’on se place dans la configuration géométrique standard, ou par projection) :

  • La position de AA est (Rcos⁡θ,Rsin⁡θ)(R\cos\theta, R\sin\theta).
  • La droite (OA)(OA) a pour pente tan⁡θ\tan\theta. L’abscisse du point BB est notée xBx_B.
  • La droite verticale passant par BB a pour équation X=xBX = x_B.
  • Par conséquent, les coordonnées de I20I_{20} dans (O,x⃗,y⃗)(O, \vec{x}, \vec{y}) sont : OI20→=xBx⃗+xBtan⁡θy⃗\overrightarrow{OI_{20}} = x_B \vec{x} + x_B \tan\theta \vec{y}

Corrigé Q5 : Calcul des vitesses par les CIR

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  1. Vitesse du point AA : V⃗(A∈1/0)=ω⃗10∧OA→=(θ˙z⃗)∧(Rcos⁡θx⃗+Rsin⁡θy⃗)=Rθ˙(−sin⁡θx⃗+cos⁡θy⃗)\vec{V}(A \in 1/0) = \vec{\omega}_{10} \land \overrightarrow{OA} = (\dot{\theta}\vec{z}) \land (R\cos\theta\vec{x} + R\sin\theta\vec{y}) = R\dot{\theta}(-\sin\theta\vec{x} + \cos\theta\vec{y})
  2. Champ des vitesses du solide 2 et utilisation de I20I_{20} : Puisque I20I_{20} est le CIR\text{CIR} du mouvement de 2/0, la vitesse de tout point MM du solide 2 s’exprime par : V⃗(M∈2/0)=ω⃗20∧I20M→\vec{V}(M \in 2/0) = \vec{\omega}_{20} \land \overrightarrow{I_{20}M} En particulier pour le point AA et le point BB : V⃗(A∈2/0)=ω⃗20∧I20A→etV⃗(B∈2/0)=ω⃗20∧I20B→\vec{V}(A \in 2/0) = \vec{\omega}_{20} \land \overrightarrow{I_{20}A} \quad \text{et} \quad \vec{V}(B \in 2/0) = \vec{\omega}_{20} \land \overrightarrow{I_{20}B} Comme A∈1A \in 1 et A∈2A \in 2 (liaison pivot), V⃗(A∈1/0)=V⃗(A∈2/0)\vec{V}(A \in 1/0) = \vec{V}(A \in 2/0). De même, B∈3B \in 3 et B∈2B \in 2, donc V⃗(B∈3/0)=V⃗(B∈2/0)\vec{V}(B \in 3/0) = \vec{V}(B \in 2/0).
  3. Extraction de ω20\omega_{20} et de V⃗(B)\vec{V}(B) : Le module de la vitesse s’exprime via le rayon de rotation autour du CIR : V(A∈2/0)=∣ω20∣⋅AI20V(A \in 2/0) = |\omega_{20}| \cdot AI_{20} Cela permet d’obtenir directement la vitesse de rotation de la bielle ω20\omega_{20} dès lors que la géométrie est résolue, puis d’en déduire V(B∈3/0)=∣ω20∣⋅BI20V(B \in 3/0) = |\omega_{20}| \cdot BI_{20}.

5. Analyse critique des limites du modèle (Exigence Concours)

Section titled “5. Analyse critique des limites du modèle (Exigence Concours)”

Bien que la méthode des CIR soit élégante et rapide pour l’analyse cinématique graphique ou analytique plane, elle présente plusieurs limites fondamentales qu’un ingénieur se doit de critiquer :

  1. Limites cinématiques (Singularités géométriques) :
    • Lorsque θ=0\theta = 0 ou θ=π\theta = \pi (points morts haut et bas du système bielle-manivelle), la droite (OA)(OA) devient horizontale, confondues avec l’axe (O,x⃗)(O, \vec{x}). La droite verticale passant par BB est alors strictement parallèle à (OA)(OA) (ou le point AA intersecte la ligne des centres).
    • Conséquence : Les deux droites définissant I20I_{20} deviennent parallèles. Le CIR\text{CIR} I20I_{20} est rejeté à l’infini. Les relations projectives basées sur la distance au CIR divergent mathématiquement (division par zéro ou indétermination de type ∞/∞\infty / \infty). Le modèle cinématique rigide pur est mis en défaut pour prédire les efforts ou les transmissions de mouvement à ces instants précis (nécessité d’introduire la dynamique ou les lois d’intermodulation).
  2. Limites technologiques (Hypothèse du solide rigide) :
    • Le modèle suppose des solides rigides indéformables et des liaisons parfaites (sans jeu ni frottement).
    • En réalité, les efforts de contact au niveau des liaisons pivot (AA, BB) et glissière génèrent des déformations élastiques locales (hertziennes) et des jeux fonctionnels. Ces jeux provoquent des battements et des erreurs de position non modélisées par les CIR.
    • À haute vitesse, les effets inertiels couplés aux jeux font perdre toute pertinence au modèle purement géométrique des CIR.