Exercice 2 : Variables aléatoires et séries entières
Problème guidé corrigé : Variables aléatoires et séries entières
Section titled “Problème guidé corrigé : Variables aléatoires et séries entières”Introduction de l’examinateur
Section titled “Introduction de l’examinateur”Ce problème aborde un classique des concours de la filière MPI : l’interaction entre les probabilités (via l’étude de variables aléatoires à valeurs dans ) et l’analyse réelle et complexe (via les séries entières).
Dans les concours (type Mines-Ponts ou Centrale-Supélec), ce type de sujet teste votre maîtrise de la convergence des séries, du calcul de rayons de convergence, et de l’utilisation rigoureuse des théorèmes de dérivation sous le signe somme ou d’interversion de limites. Une attention particulière doit être portée aux hypothèses des théorèmes mobilisés.
Énoncé du Problème
Section titled “Énoncé du Problème”Soit . On considère une variable aléatoire définie sur un espace probabilisé , à valeurs dans , dont la loi est donnée par : où est une suite réelle donnée telle que la série entière a un rayon de convergence .
On pose pour tout :
Partie I : Normalisation et Espérance
Section titled “Partie I : Normalisation et Espérance”1. Rappeler la condition nécessaire et suffisante sur les coefficients et sur pour que .
2. On suppose dans cette question que pour tout .
- Déterminer le rayon de convergence de la série entière associée.
- Exprimer pour tout .
- En déduire la valeur de (en fonction d’un paramètre à introduire si nécessaire, ou sous forme générale) pour que soit une variable aléatoire bien définie. Indication : On pourra normaliser la loi en posant pour .
3. Sous l’hypothèse où est bien une variable aléatoire (c’est-à-dire ), exprimer l’espérance à l’aide de la fonction et de ses dérivées sur l’intervalle . Justifier soigneusement l’existence de cette espérance.
Partie II : Étude d’un cas particulier (Loi géométrique modifiée)
Section titled “Partie II : Étude d’un cas particulier (Loi géométrique modifiée)”On pose désormais pour tout .
1. Déterminer le rayon de convergence de la série entière .
2. Calculer explicitement la somme pour tout .
3. En déduire la valeur de pour laquelle est une variable aléatoire valide (i.e., ). On note cette constante.
4. Pour cette valeur de , calculer l’espérance et la variance de la variable aléatoire .
Corrigé et Guide de Résolution
Section titled “Corrigé et Guide de Résolution”Partie I : Normalisation et Espérance
Section titled “Partie I : Normalisation et Espérance”1. Pour que soit une variable aléatoire à valeurs dans bien définie, il faut et il suffit que la somme de ses probabilités élémentaires soit égale à , soit : Puisque le rayon de convergence de est , la série converge absolument pour tout . La condition est donc que pour un tel que pour tout (ce qui implique puisque ).
2. Si :
- Le critère de d’Alembert ou l’connaissance usuelle donne immédiatement .
- La somme de la série entière est .
- Pour que , il faut que , ce qui imposerait (cas trivial où ).
- Correction de modélisation classique : On pose pour un paramètre , ce qui correspond à une loi de Poisson de paramètre .
3. Par définition, l’espérance de est donnée par : Puisqu’une série entière est de classe sur son intervalle ouvert de convergence et que l’on peut dériver terme à terme : En multipliant par : L’existence de est garantie dès que la série dérivée converge en , ce qui est le cas puisque .
Partie II : Étude d’un cas particulier
Section titled “Partie II : Étude d’un cas particulier”1. Soit . Utilisons la règle de d’Alembert pour la série entière : Le rayon de convergence est donc .
2. Pour tout , on reconnait la dérivée d’une série géométrique usuelle : En effectuant le calcul de dérivée :
3. Cherchons tel que définisse une loi de probabilité, c’est-à-dire : On obtient . Attends ! Si , et pour . C’est une variable certaine.
Remarque d’examen : Pour avoir une vraie variable aléatoire non triviale, l’énoncé classique prend souvent avec . Reprenons avec cette normalisation implicite dans l’esprit du problème, ou évaluons directement avec le facteur de normalisation. Supposons que . Alors la somme vaut pour tout .
4. Travaillons avec la variable aléatoire normalisée de loi où .
-
Espérance : Or, la somme est la dérivée seconde de (ou s’obtient via ). En utilisant : Donc :
-
Variance : On calcule d’abord : Par suite, . Enfin, la variance est : En simplifiant proprement :
Analyse critique et Bilan de l’examinateur
Section titled “Analyse critique et Bilan de l’examinateur”- Piège classique sur le rayon de convergence : Ne pas oublier de préciser que les théorèmes de dérivation terme à terme s’appliquent à l’intérieur du disque (ou de l’intervalle) ouvert de convergence.
- Rigueur probabiliste : Une somme de probabilités doit impérativement valoir . Si le facteur de normalisation est absent de la définition initiale de , il faut l’introduire (comme dans la partie II) sous peine d’aboutir à une aberration mathématique ().
- Astuce de calcul : Savoir lier les moments d’une variable aléatoire (espérance, espérance de pour le calcul de la variance) aux dérivées successives de la fonction génératrice ou de la fonction de répartition est un réflexe indispensable en MPI.