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Exercice 2 : Réseaux par réflexion et transmission, pouvoir de résolution

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Les réseaux de diffraction sont des composants optiques incontournables en spectroscopie, en astronomie et dans l’industrie pour séparer les différentes longueurs d’onde constituant un rayonnement polychromatique. On s’intéresse dans ce problème à l’étude comparative de deux types de réseaux plans (par transmission et par réflexion) sous incidence normale ou oblique, puis à l’évaluation de leur performance dispersive caractérisée par leur pouvoir de résolution.

On considère un réseau plan infini constitué de fentes (pour le réseau par transmission) ou de traits réfléchissants (pour le réseau par réflexion) périodiques de pas aa. Le nombre total de traits illuminés est noté NN. La source lumineuse utilisée émet une radiation monochromatique de longueur d’onde λ\lambda dans le vide (célérité de la lumière cc). L’indice du milieu extérieur est pris égal à 11.


❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

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  1. Étude cinématique d’un réseau par transmission Un faisceau lumineux plan, quasi-monochromatique de longueur d’onde λ\lambda, arrive sous une incidence normale sur un réseau par transmission de pas aa. Établir la relation fondamentale des réseaux donnant les angles de diffraction θp\theta_p correspondant aux directions d’interférences constructives pour l’ordre pp (où p∈Zp \in \mathbb{Z}).

  2. Dispersion spectrale et analyse critique En déduire l’expression de la dispersion angulaire dθpdλ\frac{\mathrm{d}\theta_p}{\mathrm{d}\lambda}. Comment cette grandeur évolue-t-elle lorsque l’ordre pp augmente ? Quelles sont les limites pratiques de cette augmentation dans un dispositif réel ?

  3. Pouvoir de résolution d’un réseau On rappelle que le critère de Rayleigh permet de définir la limite de résolution δλ\delta\lambda de deux radiations λ\lambda et λ+δλ\lambda + \delta\lambda comme le fait que le maximum principal de l’une coïncide avec le premier minimum d’intensité de l’autre. Montrer que l’intensité diffractée par NN traits s’annule pour la première fois au voisinage d’un ordre pp lorsque la différence de marche entre le premier et le dernier trait est voisine de λN\frac{\lambda}{N} par rapport à la condition d’interférence constructive. En déduire l’expression du pouvoir de résolution théorique R=λδλR = \frac{\lambda}{\delta\lambda} en fonction du nombre de traits illuminés NN et de l’ordre pp.

  4. Extension au réseau par réflexion On considère désormais un réseau par réflexion, éclairé sous une incidence θi\theta_i (angle mesuré par rapport à la normale au plan moyen du réseau). Les traits réfléchissants sont séparés par un pas aa. Établir la formule générale des réseaux par réflexion sous incidence quelconque en fonction de θi\theta_i, θp\theta_p, aa, λ\lambda et pp.


💡 Pistes & Indications méthodologiques

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  • Question 1 : Utiliser le principe de Fermat ou la différence de chemin optique entre deux rayons consécutifs issus de deux fentes adjacentes séparées de la distance aa.
  • Question 2 : Dériver la relation obtenue à la question 1 par rapport à λ\lambda en considérant l’angle θp\theta_p comme une fonction de λ\lambda.
  • Question 3 : Écrire l’intensité sous la forme d’un produit ou utiliser le déphasage global Δφ=N2πλa(sin⁡θp−sin⁡θi)\Delta \varphi = N \frac{2\pi}{\lambda} a (\sin\theta_p - \sin\theta_i). Le premier minimum s’obtient lorsque le déphasage global varie de 2πN\frac{2\pi}{N} par rapport au maximum principal.
  • Question 4 : Tracer un schéma clair en faisant apparaître la projection des chemins optiques avant et après réflexion sur le plan du réseau.

1. Étude cinématique d’un réseau par transmission

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Considérons deux fentes consécutives du réseau, notées F1F_1 et F2F_2, séparées par la distance aa. Sous une incidence normale, le front d’onde incident est parallèle au plan du réseau. La différence de marche δ\delta entre deux rayons diffractés sous un angle θp\theta_p par ces deux fentes consécutives s’exprime géométriquement par : δ=asin⁡θp\delta = a \sin\theta_p Des interférences constructives (maxima principaux d’intensité) sont obtenues si cette différence de marche est un multiple entier de la longueur d’onde λ\lambda : δ=pλavecp∈Z\delta = p\lambda \quad \text{avec} \quad p \in \mathbb{Z} On obtient ainsi la formule des réseaux par transmission sous incidence normale : asin⁡θp=pλa \sin\theta_p = p\lambda

2. Dispersion spectrale et analyse critique

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Pour analyser la sensibilité du réseau aux variations de longueur d’onde, on différencie la relation précédente par rapport à λ\lambda (à aa et pp fixés) : acos⁡θp dθp=p dλa \cos\theta_p \, \mathrm{d}\theta_p = p \, \mathrm{d}\lambda On en déduit la dispersion angulaire : dθpdλ=pacos⁡θp\frac{\mathrm{d}\theta_p}{\mathrm{d}\lambda} = \frac{p}{a \cos\theta_p}

  • Analyse critique : La dispersion angulaire est directement proportionnelle à l’ordre d’interférence pp. Pour séparer finement deux radiations proches, il est donc avantageux de travailler à des ordres pp élevés.
  • Limites pratiques :
    1. Lorsque pp augmente, l’angle θp\theta_p augmente, ce qui accroît les aberrations géométriques du système optique de focalisation.
    2. L’intensité lumineuse se répartit sur un nombre croissant d’ordres, diminuant le rapport signal sur bruit (problème résolu par l’utilisation de réseaux blazes).
    3. La condition ∣sin⁡θp∣≤1|\sin\theta_p| \le 1 impose une limite physique au nombre d’ordres accessibles : ∣p∣≤aλ|p| \le \frac{a}{\lambda}.

L’intensité lumineuse transmise ou réfléchie par NN motifs périodiques est proportionnelle au facteur d’interférence à NNondes : I(θ)∝(sin⁡(NX)sin⁡X)2avecX=πasin⁡θλI(\theta) \propto \left(\frac{\sin(N X)}{\sin X}\right)^2 \quad \text{avec} \quad X = \frac{\pi a \sin\theta}{\lambda} Les maxima principaux ont lieu pour X=pπX = p\pi. Le premier minimum d’intensité voisin du maximum d’ordre pp correspond à une annulation du numérateur sans annulation du dénominateur, soit : NX=Npπ+π  ⟹  X=pπ+πNN X = N p \pi + \pi \implies X = p\pi + \frac{\pi}{N} La variation d’angle δθ\delta\theta entre le maximum principal d’ordre pp et ce premier minimum vérifie : acos⁡θp δθ=λNa \cos\theta_p \, \delta\theta = \frac{\lambda}{N} Selon le critère de Rayleigh, deux radiations de longueurs d’onde λ\lambda et λ+δλ\lambda + \delta\lambda sont résolues si le maximum de l’une coïcantide avec le premier minimum de l’autre. La variation de longueur d’onde δλ\delta\lambda correspondante vérifie : acos⁡θp(dθpdλ)δλ=λNa \cos\theta_p \left(\frac{\mathrm{d}\theta_p}{\mathrm{d}\lambda}\right) \delta\lambda = \frac{\lambda}{N} En injectant l’expression de la dispersion angulaire obtenue à la question 2 : p δλ=λNp \, \delta\lambda = \frac{\lambda}{N} Le pouvoir de résolution théorique RR s’écrit donc : R=λδλ=N⋅pR = \frac{\lambda}{\delta\lambda} = N \cdot p Interprétation : Le pouvoir de résolution ne dépend ni du pas aa ni de la longueur d’onde λ\lambda explicitement, mais uniquement du nombre total de traits illuminés NN et de l’ordre d’interférence pp. Plus le réseau est large (grand NN) et plus on travaille à un ordre élevé, plus le réseau est performant pour séparer les raies spectrales proches.

Pour un réseau par réflexion, un faisceau arrive sous l’angle d’incidence θi\theta_i (compté positivement dans le sens trigonométrique par rapport à la normale au plan moyen du réseau). Après réflexion sur deux traits consécutifs, la différence de marche globale δreˊfl\delta_{\text{réfl}} est la somme de la différence de chemin avant et après réflexion : δreˊfl=a(sin⁡θi+sin⁡θp)\delta_{\text{réfl}} = a (\sin\theta_i + \sin\theta_p) En écrivant la condition d’interférence constructive pour l’ordre pp, on obtient la formule générale des réseaux par réflexion : a(sin⁡θi+sin⁡θp)=pλa (\sin\theta_i + \sin\theta_p) = p\lambda (Note de convention : selon le signe algébrique choisi pour les angles par rapport à la normale, cette formule s’adapte aux montages d’Autocollimation ou de Littrow où θi=θp\theta_i = \theta_p).