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Cours : Réactions en solution aqueuse

Le cadre d’étude est celui des solutions aqueuses diluées à l’équilibre thermodynamique. La solvatation par l’eau H2O\text{H}_2\text{O} (solvant polaire, fort moment dipolaire) permet la mise en solution d’espèces ioniques ou polaires.

Pour une espèce ii en solution, l’activité aia_i est une grandeur sans dimension définie par :

  • Pour un soluté (espèce dissoute AA) en solution diluée : aA=CAC∘a_A = \frac{C_A}{C^\circ} avec C∘=1 mol⋅L−1C^\circ = 1\,\text{mol}\cdot\text{L}^{-1} la concentration standard.
  • Pour le solvant (H2O\text{H}_2\text{O}) : aH2O≈1a_{\text{H}_2\text{O}} \approx 1 en raison de la dilution (le solvant est en grand excès).
  • Pour un solide pur ou un liquide pur : a=1a = 1

Pour une réaction chimique modélisée par l’équation stœchiométrique : ∑reactifsνiAi⇌∑produitsνiAi\sum_{\text{reactifs}} \nu_i A_i \rightleftharpoons \sum_{\text{produits}} \nu_i A_i L’affinité chimique nulle à l’équilibre conduit à la relation liant les activités à l’équilibre : K∘(T)=∏i(ai)νiK^\circ(T) = \prod_{i} (a_i)^{\nu_i} avec νi<0\nu_i < 0 pour les réactifs et νi>0\nu_i > 0 pour les produits.


📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

2.1. Auto-protolyse de l’eau et échelle de pH

Section titled “2.1. Auto-protolyse de l’eau et échelle de pH”

L’eau subit une réaction d’auto-protolyse : 2 H2O(l)⇌H3O(aq)++OH(aq)−2\,\text{H}_2\text{O}_{(l)} \rightleftharpoons \text{H}_3\text{O}^+_{(aq)} + \text{OH}^-_{(aq)} La constante d’équilibre associée est le produit ionique de l’eau, noté KeK_e : Ke=a(H3O+)⋅a(OH−)=[H3O+][OH−](C∘)2K_e = a(\text{H}_3\text{O}^+) \cdot a(\text{OH}^-) = \frac{[\text{H}_3\text{O}^+] [\text{OH}^-]}{(C^\circ)^2} À 25 ∘C25\,^\circ\text{C} (298,15 K298{,}15\,\text{K}), pKe=−log⁡10(Ke)=14,0pK_e = -\log_{10}(K_e) = 14{,}0.

Par définition, le potentiel hydrogène pH\text{pH} est défini par : pH=−log⁡10([H3O+]C∘)\text{pH} = -\log_{10}\left(\frac{[\text{H}_3\text{O}^+]}{C^\circ}\right)

2.2. Domaines de prédominance et de légitimité (Diagrammes log⁡C−pH\log C - \text{pH})

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Soit un couple acide/base AH/A−\text{AH} / \text{A}^- caractérisé par son acidité pKapK_a : AH(aq)+H2O(l)⇌A(aq)−+H3O(aq)+,Ka=[A−][H3O+][AH]C∘\text{AH}_{(aq)} + \text{H}_2\text{O}_{(l)} \rightleftharpoons \text{A}^-_{(aq)} + \text{H}_3\text{O}^+_{(aq)}, \quad K_a = \frac{[\text{A}^-][\text{H}_3\text{O}^+]}{[\text{AH}] C^\circ}

En appliquant le logarithme décimal : pH=pKa+log⁡([A−][AH])\text{pH} = pK_a + \log\left(\frac{[\text{A}^-]}{[\text{AH}]}\right)

  • Prédominance :
    • Si pH>pKa\text{pH} > pK_a, alors [A−]>[AH][\text{A}^-] > [\text{AH}] (l’espèce basique prédomine).
    • Si pH<pKa\text{pH} < pK_a, alors [AH]>[A−][\text{AH}] > [\text{A}^-] (l’espèce acide prédomine).
  • Frontière de prédominance : Fixée conventionnellement à pH=pKa\text{pH} = pK_a où [AH]=[A−][\text{AH}] = [\text{A}^-].

💡 3. Méthodes classiques de résolution

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3.1. Méthode générale de résolution d’un système acido-basique

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Pour déterminer la composition chimique d’une solution aqueuse, la démarche rigoureuse en PCSI impose l’écriture de quatre types d’équations :

  1. Inventaire des espèces introduites et créées par autoprotolyse (et négligeabilité éventuelle).
  2. Lois d’action de masse (LAM) : KaK_a, KeK_e, etc.
  3. Bilan de matière (conservation des éléments en solution).
  4. Électroneutralité de la solution (EN) : ∑zi[Xi]=0\sum z_i [X_i] = 0 Exemple pour une solution d’acide faible AH\text{AH} dans l’eau : [H3O+]=[A−]+[OH−][\text{H}_3\text{O}^+] = [\text{A}^-] + [\text{OH}^-]

Résoudre le système polynomial exact étant souvent complexe, on recourt à des approximations valables sous conditions :

  • Solution peu dissociée : si l’acide est faiblement dissocié, [AH]≈C[\text{AH}] \approx C (concentration initiale).
  • Milieu fortement acide : [H3O+]≫[OH−][\text{H}_3\text{O}^+] \gg [\text{OH}^-], ce qui permet de négliger [OH−][\text{OH}^-] dans l’équation d’électroneutralité.

Validation indispensable a posteriori : Il faut systématiquement vérifier les hypothèses formulées (ex: vérifier que le taux de dissociation α≪1\alpha \ll 1 ou que [OH−]<0,1[H3O+][\text{OH}^-] < 0{,}1 [\text{H}_3\text{O}^+]).


  1. Oubli de l’activité du solvant : Ne jamais intégrer [H2O][\text{H}_2\text{O}] dans l’expression d’une constante d’équilibre en solution aqueuse diluée (aH2O=1a_{\text{H}_2\text{O}} = 1).
  2. Confusion entre pH et concentration brute : Le pH est une grandeur liée à l’activité des ions oxonium. Pour les solutions très concentrées, l’identification −log⁡[H3O+]-\log[\text{H}_3\text{O}^+] est fausse car les coefficients d’activité s’écartent de 11.
  3. Négligence de l’autoprotolyse de l’eau : Dans les solutions très diluées d’acides ou de bases fortes, l’ionisation propre de l’eau ne peut être négligée sous peine d’obtenir un pH absurde (ex: pH>7\text{pH} > 7 pour un acide fort dilué).
  4. Absence de vérification des approximations : Utiliser la formule approchée d’un acide faible (pH=12(pKa−log⁡C))\left(\text{pH} = \frac{1}{2}(pK_a - \log C)\right) sans vérifier que l’acide est effectivement faiblement dissocié (α<5 %\alpha < 5\,\%) est une faute de raisonnement éliminatoire.