Exercice 1 : Équation de Navier-Stokes
🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude
Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”Le présent problème s’intéresse à l’étude de l’écoulement permanent, bidimensionnel et incompressible d’un fluide visqueux newtonien entre deux plaques planes, infinies, horizontales et parallèles, séparées par une distance . Ce modèle d’écoulement, dit de Couette-Poiseuille plan, combine un entraînement par cisaillement (mouvement de la plaque supérieure) et un entraînement par gradient de pression (effet de pompe).
On choisit un repère cartésien tel que :
- La plaque inférieure immobile est située dans le plan .
- La plaque supérieure, animée d’une vitesse constante , est située dans le plan .
- L’écoulement est invariant par translation selon l’axe Ox (direction de l’écoulement) et l’axe Oz (direction transverse).
Le fluide est caractérisé par sa masse volumique (constante) et sa viscosité dynamique (constante). L’accélération de la pesanteur est .
❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)
Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”- Analyse cinématique : À partir des hypothèses de symétrie et d’invariance du problème, et sachant que le fluide est incompressible (), déterminer la forme générale du champ de vitesse .
- Simplification des équations de Navier-Stokes : Écrire l’équation de Navier-Stokes vectorielle pour un fluide incompressible soumis à la pesanteur. En déduire les équations aux dérivées partielles régissant les composantes du champ de vitesse et de la pression .
- Champ de pression : Montrer que la pression ne dépend pas de la coordonnée (à l’altitude près) et que le gradient de pression est une constante négative ou nulle notée .
- Profil de vitesse : Résoudre l’équation différentielle portant sur la composante en tenant compte des conditions aux limites mécaniques (adhérence du fluide aux parois). Exprimer en fonction de , , , et .
- Débit volumique : Exprimer le débit volumique par unité de largeur (selon ) traversant une section droite de l’écoulement.
- Analyse critique et limites du modèle :
- Proposer une grandeur sans dimension caractéristique permettant de quantifier l’importance relative du terme d’entraînement visqueux (Couette) par rapport au terme de gradient de pression (Poiseuille).
- Discuter brièvement la validité de l’hypothèse d’incompressibilité et du régime laminaire en introduisant le nombre de Reynolds adéquat.
💡 Pistes & Indications méthodologiques
Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”- Question 1 : Utilisez l’invariance spatiale (traduite par les dérivées nulles par rapport à certaines coordonnées) et l’équation de continuité pour contraindre la vitesse normale et la vitesse transverse .
- Question 2 & 3 : Projetez l’équation de Navier-Stokes selon les trois axes cartésiens. L’équation selon permet d’isoler la variation verticale de la pression en incluant la pesanteur.
- Question 4 : C’est une équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants. Intégrez-la deux fois et utilisez et .
- Question 5 : Le débit par unité de largeur est l’intégrale du profil de vitesse entre et .
📋 Corrigé détaillé pas à pas
Section titled “📋 Corrigé détaillé pas à pas”1. Analyse cinématique
Section titled “1. Analyse cinématique”Soit le champ d’Eulérien des vitesses.
- L’écoulement est permanent : .
- L’écoulement est invariant par translation selon et : et . Par conséquent, toutes les composantes de la vitesse ne dépendent que de la coordonnée : .
L’incompressibilité du fluide se traduit par l’équation de continuité : En tenant compte des invariances : Puisque le fluide est imperméable aux parois situées à et (où ), on en déduit que partout. Par symétrie du problème, il n’y a pas de raison d’avoir un mouvement transverse, donc .
Le champ de vitesse se réduit donc à :
2. Simplification des équations de Navier-Stokes
Section titled “2. Simplification des équations de Navier-Stokes”L’équation de Navier-Stokes pour un fluide newtonien incompressible s’écrit :
Evaluons chaque terme :
- Terme d’accélération convective : (car et ).
- Terme de forces de volume : .
- Terme de diffusion visqueuse : .
La projection sur les trois axes donne :
- Sur :
- Sur :
- Sur :
3. Champ de pression
Section titled “3. Champ de pression”D’après l’équation projetée sur : D’après l’équation projetée sur : Ainsi, . En injectant dans l’équation selon : Puisque le membre de gauche ne dépend que de et le membre de droite ne dépend que de , cette quantité est nécessairement une constante, notée (avec représentant la chute de pression motrice par unité de longueur) :
4. Profil de vitesse
Section titled “4. Profil de vitesse”L’équation différentielle à résoudre est : Par intégration successives par rapport à :
Appliquons les conditions aux limites d’adhérence visqueuse (vitesse du fluide égale à celle des parois) :
- En (plaque fixe) : .
- En (plaque mobile à ) : .
Le profil de vitesse complet est donc : Remarque: * On retrouve la superposition d’un profil de Couette pur () et d’un profil de Poiseuille pur ().
5. Débit volumique
Section titled “5. Débit volumique”Le débit volumique par unité de largeur (selon l’axe ) est défini par : Calculons cette intégrale :
6. Analyse critique et limites du modèle
Section titled “6. Analyse critique et limites du modèle”-
Grandeur sans dimension (Nombre de Couette/Poiseuille) : On peut comparer le terme d’entraînement visqueux pur au terme induit par le gradient de pression en formant le rapport des vitesses caractéristiques ou via un nombre sans dimension : Si , l’écoulement est dominé par l’effet Couette (cisaillement pur). Si , l’écoulement est dominé par l’effet Poiseuille (mise en pression).
-
Limites physiques :
- Incompressibilité : Valable tant que les variations de pression restent faibles devant la pression absolue et que le nombre de Mach associé à l’écoulement (, où est la celerité du son) est respecté.
- Régime laminaire : L’hypothèse stationnaire et unidirectionnelle n’est stable que si le nombre de Reynolds de l’écoulement reste inférieur au seuil de transition critique (généralement ). Au-delà, des instabilités (type Tollmien-Schlichting) mènent à la turbulence.