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Exercice 1 : Modèle quantique de l atome

🌐 Énoncé du problème / Étude de cas

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Étude de cas”

L’objectif de ce problème est d’étudier l’atome d’hydrogène et les ions hydrogénoïdes (systèmes à un seul électron) dans le cadre du modèle quantique, puis de discuter des limites de ce modèle face à la réalité expérimentale et aux interactions plus complexes (effet Zeeman, structure fine).

En classe de PCSI, l’approche de Schrödinger stationnaire se traduit par la résolution radiale et l’utilisation des nombres quantiques. Nous nous intéresserons ici en particulier à l’état fondamental de l’atome d’hydrogène, à la distribution de probabilité radiale et à l’effet d’un champ magnétique faible sur les niveaux d’énergie (levée partielle de dégénérescence).

Données physiques et constantes universelles :

  • Charge élémentaire : e≈1,602×10−19 Ce \approx 1,602 \times 10^{-19} \, \text{C}
  • Masse de l’électron : me≈9,109×10−31 kgm_e \approx 9,109 \times 10^{-31} \, \text{kg}
  • Constante de permittivity du vide : ε0≈8,854×10−12 F⋅m−1\varepsilon_0 \approx 8,854 \times 10^{-12} \, \text{F}\cdot\text{m}^{-1}
  • Constante de Planck réduite : ℏ=h2π≈1,054×10−34 J⋅s\hbar = \frac{h}{2\pi} \approx 1,054 \times 10^{-34} \, \text{J}\cdot\text{s}
  • Rayon de Bohr : a0=4πε0ℏ2mee2≈5,29×10−11 ma_0 = \frac{4\pi \varepsilon_0 \hbar^2}{m_e e^2} \approx 5,29 \times 10^{-11} \, \text{m}
  • Énergie de Rydberg : E0=mee4(4πε0)22ℏ2≈13,6 eVE_0 = \frac{m_e e^4}{(4\pi \varepsilon_0)^2 2\hbar^2} \approx 13,6 \, \text{eV}

  1. Rappels de cours et nombres quantiques Donner l’expression de l’énergie potentielle électrostatique Ep(r)E_p(r) d’un électron situé à une distance rr du noyau d’un ion hydrogénoïde de numéro atomique ZZ. Préciser l’expression des énergies des états stationnaires EnE_n en fonction de l’énergie de Rydberg E0E_0, de ZZ et du nombre quantique principal nn.

  2. Fonction d’onde de l’état fondamental Pour l’état fondamental (n=1n=1, l=0l=0, ml=0m_l=0) de l’atome d’hydrogène (Z=1Z=1), la fonction d’onde spatiale s’écrit sous la forme : ψ100(r)=Aexp⁡(−ra0)\psi_{100}(r) = A \exp\left(-\frac{r}{a_0}\right) où AA est une constante de normalisation. Exprimer la condition de normalisation de cette fonction d’onde en coordonnées sphériques (en précisant l’élément de volume dτ\mathrm{d}\tau). En déduire l’expression de la constante AA en fonction de a0a_0.

  3. Distribution radiale de probabilité On définit la probabilité P(r)dr\mathcal{P}(r)\mathrm{d}r de trouver l’électron dans une coquille sphérique comprise entre rr et r+drr + \mathrm{d}r. Exprimer P(r)\mathcal{P}(r) en fonction de rr, a0a_0 et de la constante normalisée. Déterminer la distance la plus probable rmaxr_{\text{max}} (ou rayon le plus probable) pour trouver l’électron dans l’état fondamental. Comparer numériquement rmaxr_{\text{max}} au rayon de Bohr a0a_0 et commenter.

  4. Analyse critique du modèle quantique simple a) Selon ce modèle, quelle est l’espérance mathématique de la vitesse de l’électron dans l’état fondamental ? Ce résultat est-il compatible avec le principe d’incertitude de Heisenberg Δx⋅Δpx≥ℏ2\Delta x \cdot \Delta p_x \ge \frac{\hbar}{2} ? Justifier qualitativement. b) Citer deux phénomènes physiques réels (non pris en compte dans le modèle de Schrödinger non-relativiste standard) qui modifient les niveaux d’énergie de l’hydrogène. Quel est l’ordre de grandeur relatif de ces corrections énergétiques par rapport à E0E_0 ?


  • Q2 : Pensez à intégrer sur tout l’espace (r∈[0,+∞[r \in [0, +\infty[, θ∈[0,π]\theta \in [0, \pi], φ∈[0,2π]\varphi \in [0, 2\pi]). L’élément de volume en coordonnées sphériques est dτ=r2sin⁡θ dr dθ dφ\mathrm{d}\tau = r^2 \sin\theta \, \mathrm{d}r \, \mathrm{d}\theta \, \mathrm{d}\varphi. Rappel mathématique utile : ∫0+∞x2e−αxdx=2α3\int_{0}^{+\infty} x^2 e^{-\alpha x} \mathrm{d}x = \frac{2}{\alpha^3}.
  • Q3 : La probabilité de présence dans l’intervalle [r,r+dr][r, r+\mathrm{d}r] s’obtient en intégrant la densité de probabilité ∣ψ∣2|\psi|^2 sur les angles θ\theta et φ\varphi. On a P(r)dr=(∫0π∫02π∣ψ∣2r2sin⁡θ dθ dφ)dr\mathcal{P}(r)\mathrm{d}r = \left(\int_{0}^{\pi}\int_{0}^{2\pi} |\psi|^2 r^2 \sin\theta \, \mathrm{d}\theta \, \mathrm{d}\varphi\right) \mathrm{d}r.
  • Q4 : Pour Heisenberg, évaluez l’incertitude sur la position (qui est de l’ordre de a0a_0) et déduisez-en l’ordre de grandeur minimal de l’incertitude sur la quantité de mouvement.

📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats

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L’énergie potentielle électrostatique entre le noyau (de charge +Ze+Ze) et l’électron (de charge −e-e) distant de rr est : Ep(r)=−Ze24πε0rE_p(r) = -\frac{Ze^2}{4\pi \varepsilon_0 r}

La résolution de l’équation de Schrödinger stationnaire conduit aux niveaux d’énergie quantifiés : En=−Z2E0n2avec n∈N∗E_n = - \frac{Z^2 E_0}{n^2} \quad \text{avec } n \in \mathbb{N}^* Pour l’hydrogène (Z=1Z=1), l’énergie de l’état fondamental (n=1n=1) vaut E1=−13,6 eVE_1 = -13,6 \, \text{eV}.

La condition de normalisation s’écrit : ∭tout l’espace∣ψ100(r,θ,φ)∣2dτ=1\iiint_{\text{tout l'espace}} |\psi_{100}(r, \theta, \varphi)|^2 \mathrm{d}\tau = 1 En coordonnées sphériques, dτ=r2sin⁡θ dr dθ dφ\mathrm{d}\tau = r^2 \sin\theta \, \mathrm{d}r \, \mathrm{d}\theta \, \mathrm{d}\varphi. Puisque ψ100\psi_{100} ne dépend ni de θ\theta ni de φ\varphi (état s, l=0l=0), l’intégrale angulaire donne 4π4\pi. Il reste : ∫0+∞∣A∣2e−2ra0r2⋅(4π) dr=1\int_{0}^{+\infty} |A|^2 e^{-\frac{2r}{a_0}} r^2 \cdot (4\pi) \, \mathrm{d}r = 1 4π∣A∣2∫0+∞r2e−2ra0dr=14\pi |A|^2 \int_{0}^{+\infty} r^2 e^{-\frac{2r}{a_0}} \mathrm{d}r = 1 En posant α=2a0\alpha = \frac{2}{a_0}, l’intégrale vaut 2α3=2(2/a0)3=a034\frac{2}{\alpha^3} = \frac{2}{(2/a_0)^3} = \frac{a_0^3}{4}. Ainsi : 4π∣A∣2a034=1  ⟹  π∣A∣2a03=1  ⟹  A=1πa034\pi |A|^2 \frac{a_0^3}{4} = 1 \implies \pi |A|^2 a_0^3 = 1 \implies A = \frac{1}{\sqrt{\pi a_0^3}} (en choisissant la phase nulle pour la constante réelle).

La probabilité de trouver l’électron entre rr et r+drr+\mathrm{d}r est : P(r)dr=∣ψ100(r)∣2⋅4πr2dr=4ππa03r2e−2ra0dr=4a03r2e−2ra0dr\mathcal{P}(r)\mathrm{d}r = |\psi_{100}(r)|^2 \cdot 4\pi r^2 \mathrm{d}r = \frac{4\pi}{\pi a_0^3} r^2 e^{-\frac{2r}{a_0}} \mathrm{d}r = \frac{4}{a_0^3} r^2 e^{-\frac{2r}{a_0}} \mathrm{d}r Donc : P(r)=4a03r2e−2ra0\mathcal{P}(r) = \frac{4}{a_0^3} r^2 e^{-\frac{2r}{a_0}}

Pour trouver le rayon le plus probable rmaxr_{\text{max}}, on cherche le maximum de P(r)\mathcal{P}(r) en annulant sa dérivée par rapport à rr : dPdr=4a03(2re−2ra0+r2(−2a0)e−2ra0)=4a03re−2ra0(2−2ra0)=0\frac{\mathrm{d}\mathcal{P}}{\mathrm{d}r} = \frac{4}{a_0^3} \left( 2r e^{-\frac{2r}{a_0}} + r^2 \left(-\frac{2}{a_0}\right) e^{-\frac{2r}{a_0}} \right) = \frac{4}{a_0^3} r e^{-\frac{2r}{a_0}} \left( 2 - \frac{2r}{a_0} \right) = 0 Le maximum est atteint pour 2−2ra0=02 - \frac{2r}{a_0} = 0, soit : rmax=a0r_{\text{max}} = a_0 Analyse critique : Le rayon le plus probable coïncide exactement avec le rayon de Bohr a0a_0 issu du modèle semi-classique de Bohr (52,9 pm52,9 \, \text{pm}). Toutefois, contrairement au modèle de Bohr où l’électron décrivait une orbite circulaire fixe, le modèle quantique indique qu’il existe une densité de probabilité de trouver l’électron à d’autres distances du noyau.

a) Par symétrie de la fonction d’onde de l’état fondamental (réelle, sphériquement symétrique), l’espérance de la quantité de mouvement ⟨p⃗⟩\langle \vec{p} \rangle est nulle, ce qui implique ⟨vx⟩=0\langle v_x \rangle = 0. Cependant, l’incertitude sur la position est de l’ordre de Δx∼a0\Delta x \sim a_0. D’après le principe de Heisenberg : Δpx≥ℏ2Δx∼ℏ2a0\Delta p_x \ge \frac{\hbar}{2 \Delta x} \sim \frac{\hbar}{2 a_0} L’électron possède donc des fluctuations de vitesse non nulles, ce qui évite qu’il ne s’écrase sur le noyau (stabilisation quantique de l’atome).

b) Le modèle de Schrödinger non-relativiste néglige :

  1. Les effets relativistes (correction cinétique d’ordre supérieur et couplage spin-orbite), d’un ordre de grandeur relatif α2≈5,3×10−5\alpha^2 \approx 5,3 \times 10^{-5} (où α\alpha est la constante de structure fine).
  2. L’électrodynamique quantique (QED) comme le déplacement de Lamb (interaction de l’électron avec les fluctuations du vide quantique), d’un ordre encore plus faible (∼10−7E0\sim 10^{-7} E_0).

Ces corrections conduisent à la structure fine et hyperfine des spectres, montrant que le modèle de Schrödinger simple est une approximation excellente mais non rigoureusement exacte de la réalité spectroscopique.