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Cours : Introduction à la physique statistique

La physique statistique fait le pont entre la description microscopique d’un système à grand nombre de degrés de liberté (typiquement N∼NA∼1023\mathcal{N} \sim \mathcal{N}_A \sim 10^{23}) et sa description macroscopique (thermodynamique).

  • Espace des phases : Pour un système de NN particules ponctuelles, l’espace des phases Γ\Gamma est l’espace vectoriel (ou variété) de dimension 6N6N constitué des coordonnées de position r⃗i\vec{r}_i et de moment p⃗i\vec{p}_i de chaque particule : Γ={(r⃗1,…,r⃗N,p⃗1,…,p⃗N)}\Gamma = \{ (\vec{r}_1, \dots, \vec{r}_N, \vec{p}_1, \dots, \vec{p}_N) \}
  • Macroétat et microétat : Un microétat correspond à un point précis de l’espace des phases Γ\Gamma. Un macroétat est défini par la donnée de variables macroscopiques mesurables (P,V,T,NP, V, T, N). Un même macroétat est compatible avec un grand nombre Ω\Omega de microétats.
  • Postulat fondamental de la physique statistique (ergodicité) : Pour un système isolé à l’équilibre thermodynamique, tous les microétats accessibles compatibles avec les contraintes macroscopiques (énergie EE, volume VV, nombre de particules NN) ont la même probabilité d’apparaître.
  • Entropie statistique de Boltzmann : S=kBln⁡Ω(E,V,N)S = k_B \ln \Omega(E, V, N) où kB≈1,38×10−23 J⋅K−1k_B \approx 1{,}38 \times 10^{-23} \, \text{J}\cdot\text{K}^{-1} est la constante de Boltzmann.

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

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Démonstration : Loi de distribution de Boltzmann (Canonique)

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  • Hypothèse : On considère un système S\mathcal{S} de faible énergie EE, en contact thermique avec un thermostat Σ\Sigma de grande énergie E0E_0 (tel que E≪E0E \ll E_0), l’ensemble (S+Σ\mathcal{S} + \Sigma) étant isolé d’énergie totale ET=E0+EE_T = E_0 + E constante.
  • Principe : La probabilité PiP_i d’occuper un microétat ii d’énergie EiE_i est proportionnelle au nombre de microétats accessibles du thermostat ΩΣ(E0−Ei)\Omega_\Sigma(E_0 - E_i).
  1. Exprimons le nombre de microétats accessibles pour le thermostat par un développement limité de l’entropie SΣS_\Sigma : ln⁡ΩΣ(E0−Ei)=ln⁡ΩΣ(E0)−∂ln⁡ΩΣ∂E∣E0Ei+…\ln \Omega_\Sigma(E_0 - E_i) = \ln \Omega_\Sigma(E_0) - \frac{\partial \ln \Omega_\Sigma}{\partial E}\Big|_{E_0} E_i + \dots
  2. Par définition thermodynamique, ∂SΣ∂E=1T\frac{\partial S_\Sigma}{\partial E} = \frac{1}{T} et SΣ=kBln⁡ΩΣS_\Sigma = k_B \ln \Omega_\Sigma, donc : ∂ln⁡ΩΣ∂E=1kB∂SΣ∂E=1kBT=β\frac{\partial \ln \Omega_\Sigma}{\partial E} = \frac{1}{k_B} \frac{\partial S_\Sigma}{\partial E} = \frac{1}{k_B T} = \beta
  3. Ainsi, la probabilité πi\pi_i du microétat ii s’écrit : πi∝ΩΣ(E0−Ei)∝exp⁡(−βEi)\pi_i \propto \Omega_\Sigma(E_0 - E_i) \propto \exp\left(-\beta E_i\right)
  4. En normalisant la probabilité (∑iπi=1\sum_i \pi_i = 1), on introduit la fonction de partition canonique ZZ : πi=1Ze−βEiavecZ=∑je−βEj\pi_i = \frac{1}{Z} e^{-\beta E_i} \quad \text{avec} \quad Z = \sum_{\text{j}} e^{-\beta E_j}

Pour déterminer les grandeurs macroscopiques d’un système à l’équilibre thermique à la température TT, la méthode systématique (algorithme de calcul) est la suivante :

  1. Identifier l’ensemble statistique adapté (généralement l’ensemble canonique : T,V,NT, V, N fixés).
  2. Déterminer le spectre des énergies accessibles EiE_i du système microscopique.
  3. Calculer la fonction de partition canonique Z(T,V,N)Z(T, V, N) : Z=∑ie−βEiouZ=∫Γe−βH(r⃗,p⃗)dΓh3NN!Z = \sum_{\text{i}} e^{-\beta E_i} \quad \text{ou} \quad Z = \int_{\Gamma} e^{-\beta H(\vec{r}, \vec{p})} \frac{\mathrm{d}\Gamma}{h^{3N} N!}
  4. Relier ZZ aux fonctions thermodynamiques usuelles :
    • Énergie libre de Helmholtz : F=−kBTln⁡ZF = -k_B T \ln Z
    • Énergie interne moyenne : ⟨E⟩=−∂ln⁡Z∂β=kBT2∂ln⁡Z∂t\langle E \rangle = -\frac{\partial \ln Z}{\partial \beta} = k_B T^2 \frac{\partial \ln Z}{\partial t}
    • Entropie : S=⟨E⟩−FT=kBln⁡Z+kBT∂ln⁡Z∂TS = \frac{\langle E \rangle - F}{T} = k_B \ln Z + k_B T \frac{\partial \ln Z}{\partial T}
    • Pression : P=−∂F∂V∣TP = -\frac{\partial F}{\partial V}\Big|_T

  • Oubli des facteurs factoriels (1/N!1/N!) : Pour des particules indiscernables en physique classique, il ne faut jamais oublier de diviser l’intégrale sur l’espace des phases par N!N! afin de résoudre le paradoxe de Gibbs (correcte extensibilité de l’entropie).
  • Confusion entre microétat et macroétat : Une somme de partition porte toujours sur les microétats du système (ou les configurations distinctes), et non sur les valeurs possibles de l’énergie macroscopique (dégénérescence à prendre en compte).
  • Mauvaise manipulation de β\beta : Ne pas confondre β=1kBT\beta = \frac{1}{k_B T} avec l’inverse de la température seule. L’oubli de la constante de Boltzmann kBk_B dans les expressions exponentielles conduit systématiquement à des erreurs d’homogénéité dimensionnelle.
  • Domaine de validité de Boltzmann : La statistique de Boltzmann est une limite de haute température / faible densité des statistiques quantiques (Fermi-Dirac et Bose-Einstein). Elle n’est plus valable lorsque le volume moyen par particule devient comparable au cube de la longueur d’onde thermique de de Broglie λth3=(h2πmkBT)3\lambda_{th}^3 = \left(\frac{h}{\sqrt{2\pi m k_B T}}\right)^3.