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Exercice 2 : Ondes et transmission du signal

Problème guidé : Étude de la propagation de signaux dans une ligne de transmission dispersive

Section titled “Problème guidé : Étude de la propagation de signaux dans une ligne de transmission dispersive”

Matière : Physique-Chimie (Filière MPI)
Chapitre: ** Physique quantique et Électromagnétisme — Ondes et transmission du signal


Introduction et présentation du problème

Section titled “Introduction et présentation du problème”

Les lignes de transmission (câbles coaxiaux, lignes bifilaires) sont indispensables pour acheminer des signaux électriques à haute fréquence. Dans le modèle idéal des lignes sans pertes, la propagation est non dispersive. Toutefois, les effets réels (résistance des conducteurs, fuites diélectriques) introduisent une atténuation et de la dispersion, altérant la forme des signaux transportés.

Ce problème étudie, à l’aide des équations des télégraphistes, la propagation d’un signal le long d’une ligne réelle modélisée par des éléments infinitésimaux. L’analogie avec la mécanique quantique (équation de Schrödinger pour une particule libre ou dans un potentiel) sera également effleurée lors de l’étude dispersive.


Partie I : Établissement des équations de propagation (Les équations des télégraphistes)

Section titled “Partie I : Établissement des équations de propagation (Les équations des télégraphistes)”

On considère une ligne de transmission filaire monodimensionnelle orientée selon l’axe (Ox)(Ox). Soit u(x,t)u(x,t) la tension électrique entre les conducteurs et i(x,t)i(x,t) l’intensité du courant circulant dans la ligne au point xx et à l’instant tt. On modélise un tronçon élémentaire de longueur dx\mathrm{d}x par :

  • Une inductance linéique LL (H⋅m−1\text{H}\cdot\text{m}^{-1}) ;
  • Une capacité linéique CC (F⋅m−1\text{F}\cdot\text{m}^{-1}) ;
  • Une résistance linéique RR (Ω⋅m−1\Omega\cdot\text{m}^{-1}) rendant compte des pertes par effet Joule dans les conducteurs ;
  • Une conductance linéique de fuite GG (S⋅m−1\text{S}\cdot\text{m}^{-1}) rendant compte des imperfections du diélectrique.

En appliquant la loi des mailles et la loi des nœuds au tronçon élémentaire compris entre xx et x+dxx + \mathrm{d}x, établir le système couplé d’équations aux dérivées partielles vérifié par u(x,t)u(x,t) et i(x,t)i(x,t).

Correction :

  • Loi des mailles entre xx et x+dxx+\mathrm{d}x : u(x+dix,t)−R dx i(x,t)−L dx ∂i∂t(x,t)−u(x,t)=0u(x+dix,t) - R\,\mathrm{d}x\,i(x,t) - L\,\mathrm{d}x\,\frac{\partial i}{\partial t}(x,t) - u(x,t) = 0 En divisant par dx\mathrm{d}x et en passant à la limite dx→0\mathrm{d}x \to 0 : ∂u∂x=−Ri−L∂i∂t\frac{\partial u}{\partial x} = -Ri - L\frac{\partial i}{\partial t}
  • Loi des nœuds (conservation du courant) : i(x+dx,t)−G dx u(x+dx,t)−C dx ∂u∂t(x+dx,t)−i(x,t)=0i(x+\mathrm{d}x,t) - G\,\mathrm{d}x\,u(x+\mathrm{d}x,t) - C\,\mathrm{d}x\,\frac{\partial u}{\partial t}(x+\mathrm{d}x,t) - i(x,t) = 0 En divisant par dx\mathrm{d}x et en passant à la limite dx→0\mathrm{d}x \to 0 : ∂i∂x=−Gu−C∂u∂t\frac{\partial i}{\partial x} = -Gu - C\frac{\partial u}{\partial t}

En déduire une équation aux dérivées partielles portant uniquement sur la tension u(x,t)u(x,t).

Correction : Dérivons l’équation de la maille par rapport à xx : ∂2u∂x2=−R∂i∂x−L∂\otime(∂i∂x)(par inversion des deˊriveˊes partielles)\frac{\partial^2 u}{\partial x^2} = -R\frac{\partial i}{\partial x} - L\frac{\partial}{\otime}\left(\frac{\partial i}{\partial x}\right) \quad \text{(par inversion des dérivées partielles)} Substituons ∂i∂x\frac{\partial i}{\partial x} par l’expression issue de la loi des nœuds : ∂2u∂x2=−R(−Gu−C∂u∂t)−L∂∂t(−Gu−C∂u∂t)\frac{\partial^2 u}{\partial x^2} = -R\left(-Gu - C\frac{\partial u}{\partial t}\right) - L\frac{\partial}{\partial t}\left(-Gu - C\frac{\partial u}{\partial t}\right) Soit l’équation générale des télégraphistes pour la tension : ∂2u∂x2=LC∂2u∂t2+(RC+LG)∂u∂t+RGU\frac{\partial^2 u}{\partial x^2} = LC\frac{\partial^2 u}{\partial t^2} + (RC+LG)\frac{\partial u}{\partial t} + RGU


Partie II : Étude harmonique et relation de dispersion

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On s’intéresse à un régime quasi-sinusoïdal (ou harmonique). On cherche des solutions complexes sous la forme : u(x,t)=U‾(x)ejωteti(x,t)=I‾(x)ejωtu(x,t) = \underline{U}(x)e^{j\omega t} \quad \text{et} \quad i(x,t) = \underline{I}(x)e^{j\omega t} où ω=2πf\omega = 2\pi f est la pulsation du signal.

Exprimer l’équation différentielle satisfaite par l’amplitude complexe U‾(x)\underline{U}(x) en introduisant l’impédance série linéique z‾=R+jωL\underline{z} = R + j\omega L et l’ad admittance parallèle linéique y‾=G+jωC\underline{y} = G + j\omega C.

Correction : En notation complexe, les équations des télégraphistes s’écrivent : dU‾dx=−z‾ I‾etdI‾dx=−y‾ U‾\frac{\mathrm{d}\underline{U}}{\mathrm{d}x} = -\underline{z}\,\underline{I} \quad \text{et} \quad \frac{\mathrm{d}\underline{I}}{\mathrm{d}x} = -\underline{y}\,\underline{U} En combinant ces deux équations (en dérivant la première par rapport à xx) : d2U‾dx2=z‾ y‾ U‾\frac{\mathrm{d}^2\underline{U}}{\mathrm{d}x^2} = \underline{z}\,\underline{y}\,\underline{U}

Définir le nombre d’onde complexe k‾\underline{k} (ou exposant de propagation γ‾=α+jβ\underline{\gamma} = \alpha + j\beta) tel que k‾2=−z‾ y‾\underline{k}^2 = -\underline{z}\,\underline{y} (ou γ‾2=z‾ y‾\underline{\gamma}^2 = \underline{z}\,\underline{y}). Exprimer l’atténuation linéique α\alpha et le déphasage linéique β\beta en fonction de R,L,G,CR, L, G, C et ω\omega.

Correction : On pose γ‾=α+jβ\underline{\gamma} = \alpha + j\beta (avec α>0\alpha > 0 l’atténuation en Np⋅m−1\text{Np}\cdot\text{m}^{-1} et β\beta le nombre d’onde en rad⋅m−1\text{rad}\cdot\text{m}^{-1}). On a : γ‾2=(R+jωL)(G+jωC)=(RG−ω2LC)+jω(RC+LG)\underline{\gamma}^2 = (R + j\omega L)(G + j\omega C) = (RG - \omega^2 LC) + j\omega(RC + LG) En identifiant γ‾2=α2−β2+2jαβ\underline{\gamma}^2 = \alpha^2 - \beta^2 + 2j\alpha\beta, on obtient le système :

  1. α2−β2=RG−ω2LC\alpha^2 - \beta^2 = RG - \omega^2 LC
  2. 4α2β2=ω2(RC+LG)24\alpha^2\beta^2 = \omega^2(RC + LG)^2
  3. α2+β2=∣z‾y‾∣=(R2+ω2L2)(G2+ω2C2)\alpha^2 + \beta^2 = |\underline{z}\underline{y}| = \sqrt{(R^2 + \omega^2 L^2)(G^2 + \omega^2 C^2)}

Par addition et soustraction entre (3) et la première équation : α=12[(R2+ω2L2)(G2+ω2C2)+(RG−ω2LC)]\alpha = \sqrt{\frac{1}{2} \left[ \sqrt{(R^2 + \omega^2 L^2)(G^2 + \omega^2 C^2)} + (RG - \omega^2 LC) \right]} β=12[(R2+ω2L2)(G2+ω2C2)−(RG−ω2LC)]\beta = \sqrt{\frac{1}{2} \left[ \sqrt{(R^2 + \omega^2 L^2)(G^2 + \omega^2 C^2)} - (RG - \omega^2 LC) \right]}


Partie III : Approximation des faibles pertes et dispersion

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Dans la plupart des lignes de télécommunication à haute fréquence, les pertes sont faibles devant les termes réactifs : RωL≪1\frac{R}{\omega L} \ll 1 et GωC≪1\frac{G}{\omega C} \ll 1.

À l’aide d’un développement limité, exprimer l’expression simplifiée de β(ω)\beta(\omega) au premier ordre non nul en RωL\frac{R}{\omega L} et GωC\frac{G}{\omega C}.

Correction : Factorisons les termes sous la racine de ∣z‾y‾∣|\underline{z}\underline{y}| : (R2+ω2L2)(G2+ω2C2)=ω2LC1+R2ω2L21+G2ω2C2\sqrt{(R^2 + \omega^2 L^2)(G^2 + \omega^2 C^2)} = \omega^2 LC \sqrt{1 + \frac{R^2}{\omega^2 L^2}}\sqrt{1 + \frac{G^2}{\omega^2 C^2}} En utilisant le développement limité 1+ϵ≈1+ϵ2\sqrt{1+\epsilon} \approx 1 + \frac{\epsilon}{2} pour ϵ≪1\epsilon \ll 1 : (R2+ω2L2)(G2+ω2C2)≈ω2LC(1+R22ω2L2)(1+G22ω2C2)\sqrt{(R^2 + \omega^2 L^2)(G^2 + \omega^2 C^2)} \approx \omega^2 LC \left(1 + \frac{R^2}{2\omega^2 L^2}\right)\left(1 + \frac{G^2}{2\omega^2 C^2}\right) En ne conservant que les termes pertinents : ≈ω2LC(1+R22ω2L2+G22ω2C2)=ω2LC+R2C2L+G2L2C\approx \omega^2 LC \left(1 + \frac{R^2}{2\omega^2 L^2} + \frac{G^2}{2\omega^2 C^2}\right) = \omega^2 LC + \frac{R^2 C}{2L} + \frac{G^2 L}{2C} Reportons dans l’expression de β\beta : β2≈12[ω2LC+R2C2L+G2L2C+RG−ω2LC]=12[R2C2L+G2L2C+RG]=14(RCL+GLC)2(ce terme est indeˊpendant de ω!)\beta^2 \approx \frac{1}{2} \left[ \omega^2 LC + \frac{R^2 C}{2L} + \frac{G^2 L}{2C} + RG - \omega^2 LC \right] = \frac{1}{2} \left[ \frac{R^2 C}{2L} + \frac{G^2 L}{2C} + RG \right] = \frac{1}{4} \left( \frac{R\sqrt{C}}{\sqrt{L}} + \frac{G\sqrt{L}}{\sqrt{C}} \right)^2 \quad \text{(ce terme est indépendant de }\omega\text{!)} Attendez, reprenons plus rigoureusement le terme RG−ω2LCRG - \omega^2 LC : β2≈ω2LC+R2C2L+G2L2C−RG…\beta^2 \approx \omega^2 LC + \frac{R^2 C}{2L} + \frac{G^2 L}{2C} - RG \dots En fait, faisons le DL directement sur β=ωLC1+termes de pertesω2\beta = \omega\sqrt{LC} \sqrt{1 + \frac{\text{termes de pertes}}{\omega^2}} : β(ω)≈ωLC[1+18ω2(RL−GC)2+… ]\beta(\omega) \approx \omega\sqrt{LC} \left[ 1 + \frac{1}{8\omega^2}\left(\frac{R}{L} - \frac{G}{C}\right)^2 + \dots \right] Plus simplement, au premier ordre des faibles pertes : β(ω)≈ωLC\beta(\omega) \approx \omega\sqrt{LC}

En déduire la vitesse de phase vϕv_\phi et la vitesse de groupe vgv_g des signaux. La ligne est-elle dispersive à cet ordre d’approximation ?

Correction :

  • Vitesse de phase : vϕ=ωβ≈ωωLC=1LCv_\phi = \frac{\omega}{\beta} \approx \frac{\omega}{\omega\sqrt{LC}} = \frac{1}{\sqrt{LC}}
  • Vitesse de groupe : vg=dωdβ≈1LCv_g = \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}\beta} \approx \frac{1}{\sqrt{LC}} Puisque vϕ=vg=constantev_\phi = v_g = \text{constante} (indépendant de ω\omega), la ligne n’est pas dispersive à cet ordre d’approximation. Les signaux se propagent sans déformation.

Partie IV : Analyse critique des résultats

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Discutez des limites du modèle des faibles pertes lorsque la fréquence ω\omega tend vers 00 (régime continûment variable ou très basses fréquences).

Correction : L’approximation des faibles pertes repose sur les hypothèses RωL≪1\frac{R}{\omega L} \ll 1 et GωC≪1\frac{G}{\omega C} \ll 1. Lorsque ω→0\omega \to 0, ces conditions ne sont plus du tout vérifiées, car les termes réactifs ωL\omega L et ωC\omega C deviennent négligeables devant les termes résistifs RR et conductifs GG. À très basse fréquence, la ligne se comporte donc comme un simple réseau de résistances et de condensateurs (diffusion thermique/électrique), et l’équation des télégraphistes se réduit à une équation de type diffusion (parabolique) et non plus de type d’onde (hyperbolique). Le signal subit alors une forte atténuation et une dispersion très prononcée, rendant impossible la transmission fidèle d’informations.


Fin du problème.