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Exercice 1 : Degrés de mobilité et degré d hyperstatisme (formule de Grübler)

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

On s’intéresse à un mécanisme extrait d’un système de levage industriel (type pont roulant ou manipulateur). Le schéma cinématique spatial associé à ce mécanisme est composé des éléments suivants :

  • Un bâti fixe (reReprésenté par le solide S0S_0).
  • Trois solides mobiles :
    • S1S_1 : un bras de levage.
    • S2S_2 : une bielle de renvoi.
    • S3S_3 : un coulisseau porte-outil.

La liaison entre le bâti S0S_0 et le bras S1S_1 est une liaison pivot d’axe (O,x⃗0)\left(O, \vec{x}_0\right). La liaison entre le bras S1S_1 et la bielle S2S_2 est une liaison rotule de centre AA. La liaison entre la bielle S2S_2 et le coulisseau S3S_3 est une liaison pivot d’axe (B,y⃗1)\left(B, \vec{y}_1\right). La liaison entre le coulisseau S3S_3 et le bâti S0S_0 est une liaison glissière de direction z⃗0\vec{z}_0.

(On pose les bases vectorielles adaptées pour que les axes des liaisons soient clairement identifiés dans l’espace).


  1. Modélisation cinématique :
    • Identifier le nombre de pièces mobiles NN (hors bâti).
    • Lister l’ensemble des liaisons cinématiques du mécanisme en précisant pour chacune d’elles leur type, leur centre (ou axe), et leur nombre de paramètres cinématiques indépendants (ou mobilité utile mcimc_i).
  2. Application de la formule de Grübler (Mobilités) :
    • Écrire la formule générale liant la mobilité globale MuMu, la mobilité interne MiMi, le nombre de pièces NN et les mobilités élémentaires des liaisons.
    • Calculer le degré de mobilité utile MuMu du mécanisme (en supposant le mécanisme isostatique pour le moment, ou en identifiant le torseur cinématique associé au mouvement d’ensemble).
  3. Degré d’hyperstatisme :
    • Définir le degré d’hyperstatisme hh par la formule cinématique (ou statique).
    • Calculer le nombre total d’inconnues cinématiques ξ\xi (ou stabiliers/liens géométriques) apportées par les liaisons.
    • En déduire le degré d’hyperstatisme hh du mécanisme. Conclure quant à sa constructibilité et son montage.

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Rappel de cours (PSI) : Le nombre de mobilités globales MgM_g d’un mécanisme spatial est lié à la mobilité utile MuM_u et la mobilité interne MiM_i par Mg=Mu+MiM_g = M_u + M_i.
  • Formule de Grübler cinématique (espace) : E=6E = 6. La relation fondamentale est : Mg−Ic=E⋅N−∑j(E−mobiliteˊ_liaisonj)M_g - I_c = E \cdot N - \sum_{\text{j}} (E - \text{mobilité\_liaison}_j) Soit Mg−Ic=6N−∑jInconnues_statiquesjM_g - I_c = 6N - \sum_{\text{j}} \text{Inconnues\_statiques}_j.
  • Soyez rigoureux dans le décompte des degrés de liberté de chaque liaison dans l’espace (mouvement 3D).
    • Liaison pivot : 11 rotation   ⟹  5\implies 5 contraintes.
    • Liaison rotule : 33 rotations   ⟹  3\implies 3 contraintes.
    • Liaison glissière : 11 translation   ⟹  5\implies 5 contraintes.

  • Nombre de pièces mobiles : Le mécanisme comporte N=3N = 3 solides mobiles : S1,S2,S3S_1, S_2, S_3 (plus le bâti S0S_0).
  • Inventaire des liaisons cinématiques :
    1. Liaison L01\text{L}_{01} entre S0S_0 et S1S_1 : Pivot d’axe (O,x⃗0)\left(O, \vec{x}_0\right).
      • Mobilité : 11 (Rx\text{R}_x).
      • Nombre d’inconnues cinématiques (ou contraintes) : I1=5I_1 = 5.
    2. Liaison L12\text{L}_{12} entre S1S_1 et S2S_2 : Rotule de centre AA.
      • Mobilité : 33 (Rx,Ry,Rz\text{R}_x, \text{R}_y, \text{R}_z).
      • Nombre d’inconnues : I2=3I_2 = 3.
    3. Liaison L23\text{L}_{23} entre S2S_2 et S3S_3 : Pivot d’axe (B,y⃗1)\left(B, \vec{y}_1\right).
      • Mobilité : 11 (Ry1\text{R}_{y_1}).
      • Nombre d’inconnues : I3=5I_3 = 5.
    4. Liaison L30\text{L}_{30} entre S3S_3 et S0S_0 : Glissière de direction z⃗0\vec{z}_0.
      • Mobilité : 11 (Tz\text{T}_z).
      • Nombre d’inconnues : I4=5I_4 = 5.

Question 2 : Calcul de la mobilité globale et utile

Section titled “Question 2 : Calcul de la mobilité globale et utile”

Le problème est spatial, donc la dimension de l’espace est E=6E = 6. La somme des mobilités des liaisons (ou nombre total de paramètres cinématiques bruts des liaisons) s’obtient par : ∑mi=1(pivot)+3(rotule)+1(pivot)+1(glissieˋre)=6\sum m_i = 1 (\text{pivot}) + 3 (\text{rotule}) + 1 (\text{pivot}) + 1 (\text{glissière}) = 6

Le nombre total d’inconnues cinématiques de liaison est : Ic=∑(6−mi)=5+3+5+5=18I_c = \sum (6 - m_i) = 5 + 3 + 5 + 5 = 18

Appliquons la formule de Grübler pour déterminer la mobilité globale MgM_g et le degré d’hyperstatisme hh : Mg−h=E⋅N−IcM_g - h = E \cdot N - I_c Ici, E=6E = 6 et N=3N = 3, donc E⋅N=6×3=18E \cdot N = 6 \times 3 = 18. On a donc : Mg−h=18−18=0  ⟹  Mg=hM_g - h = 18 - 18 = 0 \implies M_g = h

  • Analyse de la mobilité utile MuM_u : Le mécanisme est commandé par un actionneur (par exemple entre S0S_0 et S1S_1). Il réalise une fonction de transformation de mouvement. La mobilité utile attendue pour ce type de système est de Mu=1M_u = 1 (mise en mouvement du coulisseau S3S_3 par action sur le bras S1S_1). Y a-t-il des mobilités internes MiM_i (mobilité d’un sous-ensemble sans effet sur la sortie, ex: rotation de la bielle S2S_2 sur elle-même si elle était de révolution, ce qui n’est pas le cas ici car une liaison rotule empêche la rotation propre inutile si elle est bloquée par les liaisons aux extrémités, attention toutefois à la rotation de la bielle autour de l’axe (AB)(AB) qui constitue ici une mobilité interne Mi=1M_i = 1).

    En effet, la bielle S2S_2 reliée par deux rotules/pivots peut tourner autour de son axe (AB)(AB) sans modifier la position de S3S_3. Donc Mi=1M_i = 1. Ainsi, Mg=Mu+Mi=1+1=2M_g = M_u + M_i = 1 + 1 = 2.


Puisque nous avons établi que Mg=hM_g = h (par application directe de Mg−h=6N−IcM_g - h = 6N - I_c avec E⋅N=18E \cdot N = 18 et Ic=18I_c = 18), on obtient : Mg=2  ⟹  h=2M_g = 2 \implies h = 2

  • Conclusion de l’examinateur : Le mécanisme est hautement hyperstatique (h=2h = 2). Sur le plan industriel, un tel degré d’hyperstatisme (h=2h=2) est rédhibitoire sans précautions constructives particulières (ajustements serrés impossibles, risques de grippage en cas de dilations thermiques ou de défauts de fabrication). Il conviendrait de modifier la conception (par exemple, remplacer la liaison pivot d’axe y⃗1\vec{y}_1 par une liaison pivot-glissante ou supprimer une contrainte géométrique redondante) pour rendre le système isostatique (h=0h = 0).