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Exercice 1 : Vecteur de Poynting et bilans énergétiques

🌐 Énoncé du problème / Étude de cas

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Étude de cas”

Les systèmes de télécommunications modernes et le transport d’énergie électrique à haute fréquence nécessitent une compréhension fine des transferts d’énergie par les ondes électromagnétiques. Ce problème s’intéresse à la modélisation du transport de puissance au sein d’un câble coaxial et à l’évaluation critique des limites des modèles continus face à des applications industrielles réelles.

On considère un câble coaxial infini constitué de deux conducteurs cylindriques parfaits de même axe OzOz.

  • Le conducteur intérieur est un fil cylindrique de rayon aa.
  • Le conducteur extérieur est une gaine cylindrique mince, de rayon intérieur bb et de rayon extérieur cc.
  • L’espace compris entre aa et bb est rempli d’un diélectrique parfait, linéaire, homogène et isotrope, de permittivité ε\varepsilon et de perméabilité μ\mu (on supposera ε≈ε0\varepsilon \approx \varepsilon_0 et μ≈μ0\mu \approx \mu_0 pour les applications numériques).

L’ensemble est soumis à un régime quasi-stationnel ou stationnel, ou traversé par une onde électromagnétique se propageant selon l’axe OzOz. On se place en coordonnées cylindriques (r,θ,z)(r, \theta, z).


  1. Rappels et équations locales Énoncer les équations de Maxwell dans le diélectrique parfait en l’absence de charges et de courants libres. En déduire l’équation de conservation de l’énergie électromagnétique (théorème de Poynting sous sa forme locale), en explicitant l’expression de la densité volumique d’énergie électromagnétique uu et du vecteur de Poynting Π⃗\vec{\Pi}.

  2. Étude d’un régime quasi-stationnel (transport de puissance) On suppose que le câble est parcouru par un courant stationnel total II (allant dans le sens des zz croissants sur l’âme centrale, et −I-I sur le conducteur extérieur) et qu’il règne entre les conducteurs une différence de potentiel constante UU. a. Déterminer le champ électrique E⃗(r)\vec{E}(r) et le champ magnétique B⃗(r)\vec{B}(r) dans la zone diélectrique a<r<ba < r < b, en négligeant les effets de bord. b. Calculer le vecteur de Poynting Π⃗\vec{\Pi} en tout point du diélectrique. Comment s’interprète la direction de ce vecteur ? c. Calculer le flux du vecteur de Poynting à travers une section droite du câble comprise entre r=ar=a et r=br=b. Comparer ce flux au produit U⋅IU \cdot I. Conclure.

  3. Analyse critique et limites physiques a. Dans la réalité, les conducteurs ne sont pas parfaits : ils possèdent une conductivité γ\gamma finie (par exemple, le cuivre a une conductivité γ≈5,8×107 S⋅m−1\gamma \approx 5,8 \times 10^7 \, \text{S}\cdot\text{m}^{-1}). Expliquer qualitativement l’impact de cette imperfection sur le champ électrique au sein du conducteur et sur la direction du vecteur de Poynting au voisinage de l’interface diélectrique-métal. b. Application numérique et esprit critique : On considère un câble coaxial standard utilisé en laboratoire, de dimensions a=0,5 mma = 0,5 \, \text{mm} et b=3,5 mmb = 3,5 \, \text{mm}, parcouru par un courant efficace I=2 AI = 2 \, \text{A} à une fréquence f=1 GHzf = 1 \, \text{GHz}.

    • Calculer la puissance transportée par le câble via le modèle idéal.
    • Discuter la pertinence de négliger les pertes par effet Joule dans les conducteurs à cette fréquence (on pourra introduire l’épaisseur de peau δ\delta). Quels sont les risques d’une surchauffe non modélisée dans un système embarqué ?

  • Q1 : Utiliser le produit scalaire de E⃗\vec{E} par rot(B⃗)\text{rot}(\vec{B}) et de B⃗\vec{B} par rot(E⃗)\text{rot}(\vec{E}) en s’aidant de l’analyse vectorielle usuelle div(E⃗∧B⃗)\text{div}(\vec{E} \wedge \vec{B}).
  • Q2 : Utiliser le théorème d’Ampère et le théorème de Gauss en exploitant les symétries de la géométrie cylindrique (invariance par translation selon zz et par rotation autour de zz).
  • Q3 : Penser à l’effet de peau pour l’atténuation à haute fréquence. L’expression de l’épaisseur de peau est δ=1πfμγ\delta = \frac{1}{\sqrt{\pi f \mu \gamma}}.

📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats

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Dans le diélectrique parfait (ρlibre=0\rho_{libre} = 0, j⃗libre=0⃗\vec{j}_{libre} = \vec{0}), les équations de Maxwell s’écrivent : div(E⃗)=0\text{div}(\vec{E}) = 0 rot(E⃗)=−∂B⃗∂t\text{rot}(\vec{E}) = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} div(B⃗)=0\text{div}(\vec{B}) = 0 rot(B⃗)=με∂E⃗∂t\text{rot}(\vec{B}) = \mu\varepsilon \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}

En effectuant le produit scalaire B⃗⋅rot(E⃗)−E⃗⋅rot(B⃗)\vec{B} \cdot \text{rot}(\vec{E}) - \vec{E} \cdot \text{rot}(\vec{B}) et en utilisant l’identité div(E⃗∧B⃗)=B⃗⋅rot(E⃗)−E⃗⋅rot(B⃗)\text{div}(\vec{E} \wedge \vec{B}) = \vec{B} \cdot \text{rot}(\vec{E}) - \vec{E} \cdot \text{rot}(\vec{B}), on obtient l’équation de Poynting : div(E⃗∧B⃗μ)+∂∂t(12εE2+12μB2)=0\text{div}\left(\frac{\vec{E} \wedge \vec{B}}{\mu}\right) + \frac{\partial}{\partial t}\left(\frac{1}{2}\varepsilon E^2 + \frac{1}{2\mu} B^2\right) = 0

On identifie la forme locale de la conservation de l’énergie : ∂u∂t+div(Π⃗)=0\frac{\partial u}{\partial t} + \text{div}(\vec{\Pi}) = 0 Avec :

  • u=12εE2+12μB2u = \frac{1}{2}\varepsilon E^2 + \frac{1}{2\mu} B^2 : densité volumique d’énergie électromagnétique (J⋅m−3\text{J}\cdot\text{m}^{-3}).
  • Π⃗=1μE⃗∧B⃗\vec{\Pi} = \frac{1}{\mu} \vec{E} \wedge \vec{B} : vecteur de Poynting (W⋅m−2\text{W}\cdot\text{m}^{-2}).

a. Champs E⃗\vec{E} et B⃗\vec{B} :

  • Par symétrie et invariance (par rapport à θ\theta et zz), le champ électrostatique dérive d’un potentiel. En appliquant le théorème de Gauss sur un cylindre de rayon rr (a<r<ba < r < b) et de longueur hh, on trouve : E⃗(r)=Aru⃗r\vec{E}(r) = \frac{A}{r} \vec{u}_r La tension UU entre l’âme (r=ar=a) et la gaine (r=br=b) est U=∫abE(r)dr=Aln⁡(ba)U = \int_a^b E(r) dr = A \ln\left(\frac{b}{a}\right), soit A=Uln⁡(b/a)A = \frac{U}{\ln(b/a)}. Ainsi : E⃗(r)=Urln⁡(b/a)u⃗r\vec{E}(r) = \frac{U}{r \ln(b/a)} \vec{u}_r

  • Pour le champ magnétique, le théorème d’Ampère appliqué à un contour circulaire de rayon rr donne : ∮B⃗⋅dl⃗=B(r)⋅2πr=μ0I  ⟹  B⃗(r)=μ0I2πru⃗θ\oint \vec{B} \cdot d\vec{l} = B(r) \cdot 2\pi r = \mu_0 I \implies \vec{B}(r) = \frac{\mu_0 I}{2\pi r} \vec{u}_\theta

b. Vecteur de Poynting :