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Exercice 2 : Interféromètre de Michelson

Problème guidé : Étude avancée de l’interféromètre de Michelson et limites du modèle

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L’interféromètre de Michelson est un dispositif optique fondamental basé sur la division d’amplitude. On se propose d’étudier son fonctionnement avec une source étendue, d’analyser le contraste des franges obtenues, puis de mettre en évidence les limites du modèle idéal d’onde plane quasi-monochromatique habituellement utilisé en travaux pratiques.

On considère un interféromètre de Michelson réglé en lame d’air (miroirs M1M_1 et M2′M_2' rigoureusement parallèles, où M2′M_2' est l’image du miroir M2M_2 par la sémi-réfléchissante). L’épaisseur de la lame d’air est notée ee.

Le dispositif est éclairé par une source lumineuse étendue émettant un rayonnement de longueur d’onde dans le vide λ0\lambda_0. On pose σ0=1λ0\sigma_0 = \frac{1}{\lambda_0} le nombre d’onde associé.


Partie I : Étude géométrique et interférentielle idéale

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  1. Établir l’expression de la différence de marche δ\delta entre les deux rayons issus d’un même point source et parvenant au récepteur (situé à l’infini ou dans le plan focal d’une lentille de focalisation) en fonction de l’épaisseur ee et de l’angle d’incidence ii des rayons sur la lame d’air.
  2. En déduire la nature des franges d’interférence observées à l’infini (franges d’égale inclinaison). Déterminer la condition sur l’ordre d’interférence pp pour observer des zones lumineuses.
  3. On déplace le miroir M1M_1 d’une distance Δe\Delta e. Comment évolue le système de franges au centre du champ (i=0i = 0) ? Exprimer le nombre NN de franges qui défilent au centre lorsque ee varie de Δe\Delta e.

Partie II : Influence de la largeur spectrale et contraste

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On suppose désormais que la source n’est plus rigoureusement monochromatique, mais émet un spectre centré sur σ0\sigma_0 de profil rectensulaire de largeur Δσ\Delta \sigma. 4. Exprimer l’intensité lumineuse résultante I(M,δ)I(M, \delta) en un point du champ d’interférence en fonction de l’intensité maximale I0I_0, de σ\sigma et de δ\delta. 5. Montrer que l’intensité globale reçue s’écrit sous la forme : Itot(δ)=Imax[1+γ(δ)cos⁡(2πσ0δ)]I_{\text{tot}}(\delta) = I_{\text{max}} \left[ 1 + \gamma(\delta) \cos(2\pi \sigma_0 \delta) \right] où l’on exprimera le terme de contraste γ(δ)\gamma(\delta) en fonction de σ0\sigma_0, Δσ\Delta \sigma et δ\delta. 6. Tracer qualitativement l’allure de γ(δ)\gamma(\delta). Pour quelle condition sur δ\delta les interférences deviennent-elles imperceptibles ? Application numérique : λ0=600 nm\lambda_0 = 600\text{ nm} et Δλ=6 nm\Delta \lambda = 6\text{ nm}.

Partie III : Analyse critique et limites du modèle

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  1. Analyse critique : Le modèle théorique utilisé en Partie I suppose que les miroirs sont parfaits, que l’onde incidente est une onde plane parfaite, et que la source est ponctuelle ou spatialement incohérente sans limite de taille. Discutez de la validité de ces hypothèses dans une situation expérimentale réelle. Quel est l’impact d’une source réelle de diamètre non nul sur le contraste des franges lorsque l’épaisseur ee augmente ?

  • Pist. 1 : Utiliser la construction des miroirs équivalents (M1M_1 et M2′M_2' formant une lame à faces parallèles d’épaisseur ee). Faire un schéma de la marche des rayons.
  • Pist. 4 & 5 : Pour une source polychromatique, les intensités s’ajoutent (incohérence temporelle entre les différentes longueurs d’onde). L’intensité totale est l’intégrale sur le spectre des intensités monochromatiques.
  • Pist. 7 : Penser à la notion de brouillage des franges par incohérance spatiale (taille de la source) et temporelle (largeur spectrale), ainsi qu’aux défauts de planéité des optiques (limite de λ/10\lambda/10).

Partie I_1. Différence de marche : Par un calcul classique de géométrie (chemin optique dans l’air d’indice n≈1n \approx 1), la différence de marche entre les deux interfered est :

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δ=2ecos⁡i\delta = 2e \cos i 2. Nature des franges : L’intensité est extrémale pour δ=pλ0\delta = p \lambda_0 (avec pp l’ordre d’interférence). Comme δ\delta ne dépend que de l’angle ii, les franges sont des anneaux concentriques localisés à l’infini (ou dans le plan focal de la lentille), d’égale inclinaison. Au centre (i=0i=0), l’ordre d’interférence est maximal : p0=2eλ0=2eσ0p_0 = \frac{2e}{\lambda_0} = 2e\sigma_0. 3. Défilement des franges : Si ee varie de Δe\Delta e, l’ordre d’interférence au centre varie de Δp0=2Δeσ0\Delta p_0 = 2 \Delta e \sigma_0. Le nombre de franges NN qui traversent le centre est égal à ∣Δp0∣|\Delta p_0| : N=2Δeσ0=2Δeλ0N = 2 \Delta e \sigma_0 = \frac{2\Delta e}{\lambda_0}

  1. Intensité élémentaire : Pour un nombre d’onde σ\sigma compris entre σ0−Δσ/2\sigma_0 - \Delta \sigma / 2 et σ0+Δσ/2\sigma_0 + \Delta \sigma / 2, l’intensité élémentaire est dI=I0Δσ[1+cos⁡(2πσδ)]dσdI = \frac{I_0}{\Delta \sigma} \left[ 1 + \cos(2\pi \sigma \delta) \right] d\sigma.
  2. Calcul de l’intensité totale et contraste : Itot(δ)=∫σ0−Δσ/2σ0+Δσ/2I0Δσ[1+cos⁡(2πσδ)]dσI_{\text{tot}}(\delta) = \int_{\sigma_0 - \Delta \sigma / 2}^{\sigma_0 + \Delta \sigma / 2} \frac{I_0}{\Delta \sigma} \left[ 1 + \cos(2\pi \sigma \delta) \right] d\sigma En effectuant l’intégration : Itot(δ)=I0[1+sinc(πΔσδ)cos⁡(2πσ0δ)]I_{\text{tot}}(\delta) = I_0 \left[ 1 + \text{sinc}(\pi \Delta \sigma \delta) \cos(2\pi \sigma_0 \delta) \right] Par identification, le contraste est γ(δ)=∣sinc(πΔσδ)∣\gamma(\delta) = |\text{sinc}(\pi \Delta \sigma \delta)|.
  3. Brouillage et AN : Le contraste s’annule pour la première fois lorsque l’argument du sinus cardinal vaut π\pi, soit πΔσδ0=π  ⟹  δ0=1Δσ\pi \Delta \sigma \delta_0 = \pi \implies \delta_0 = \frac{1}{\Delta \sigma}. Application numérique : Δσ=Δλλ02\Delta \sigma = \frac{\Delta \lambda}{\lambda_0^2}. δ0=λ02Δλ=(600×10−9)26×10−9=6×10−5 m=60 μm\delta_0 = \frac{\lambda_0^2}{\Delta \lambda} = \frac{(600 \times 10^{-9})^2}{6 \times 10^{-9}} = 6 \times 10^{-5}\text{ m} = 60\text{ }\mu\text{m} Comme δ≈2e\delta \approx 2e, les interférences disparaissent pour e>30 μme > 30\text{ }\mu\text{m}.
  1. Analyse critique des limites du modèle :
    • Limites du modèle d’onde plane / source ponctuelle : Le modèle idéal suppose une source ponctuelle. En réalité, la source a une extension transversale SS. Chaque point de la source engendre son propre système d’anneaux décalé spatialement par rapport aux autres. Si la taille de la source est trop grande, les anneaux des uns se superposent aux creux des autres, entraînant un brouillage par incohérence spatiale. Le théorème de Gershon-Woo permet de définir une surface source maximale au-delà de laquelle le contraste s’effondre.
    • Limites du modèle quasi-monochromatique : La source réelle possède un profil spectral continu (et non strictement rectangulaire). De plus, l’utilisation de sources dites “blanches” limite l’observation à quelques franges colorées centrales (δ≈0\delta \approx 0).
    • Défauts des composants optiques : Les miroirs M1M_1 et M2M_2 ne sont jamais rigoureusement plans (défauts de l’ordre de λ/10\lambda/10 ou λ/20\lambda/20 pour de la optique de haute précision). Cela induit des déphasages locaux non contrôlés qui détruisent la forme parfaite des anneaux et réduisent le contraste maximal mesurable même pour ee petit.