Skip to content

Exercice 2 : Machine asynchrone et champs tournants

PROBLÈME GUIDÉ : Étude d’une machine asynchrone et du champ tournant

Section titled “PROBLÈME GUIDÉ : Étude d’une machine asynchrone et du champ tournant”

On s’intéresse à l’entraînement d’un ventilateur industriel par une machine asynchrone (MAS) triphasée à cage d’écureuil. L’objectif est d’étudier la création du champ magnétique tournant au stator, d’établir le schéma équivalent par phase du modèle de Kapp, et d’analyser le comportement énergétique et dynamique du système couplé.

Données constructeur et caractéristiques :

  • Tension nominale d’alimentation (réseau 3×400 V3 \times 400\text{ V}, 50 Hz50\text{ Hz}) : U=400 VU = 400\text{ V} entre phases.
  • Fréquence du réseau : f=50 Hzf = 50\text{ Hz}.
  • Nombre de paires de pôles : p=2p = 2.
  • Résistance d’un enroulement statorique : Rs=1,2 ΩR_s = 1{,}2\,\Omega.
  • Résistance rotorique ramenée au stator : Rr′=1,0 ΩR_r' = 1{,}0\,\Omega.
  • Inductances de fuite : Lsσ=Lrσ′=8 mHL_{s\sigma} = L_{r\sigma}' = 8\,\text{mH}.
  • Inductance magnétisante : Lm=120 mHL_m = 120\,\text{mH}.
  • Couple résistant du ventilateur : Tr=k⋅Ω2T_r = k \cdot \Omega^2 avec k=0,05 N⋅m⋅s2k = 0{,}05\,\text{N}\cdot\text{m}\cdot\text{s}^2.

Partie I : Création du champ tournant statorique

Section titled “Partie I : Création du champ tournant statorique”
  1. Exprimer la vitesse de synchronisme Ωs\Omega_s en rad/s puis en tr/min.
  2. Justifier qualitativement, à l’aide des équations de Blondel ou de la superposition des champs, qu’un système de trois courants triphasés sinusoïdaux déphasés de 120∘120^\circ et parcourant des enroulements déphasés spatialement de 120∘120^\circ crée un champ magnétique tournant dont on précisera la vitesse.

Partie II : Modélisation électromécanique (Modèle de Kapp)

Section titled “Partie II : Modélisation électromécanique (Modèle de Kapp)”
  1. Établir l’expression du glissement gg en fonction de la vitesse de rotation rotorique Ω\Omega et de Ωs\Omega_s.
  2. Représenter le schéma équivalent par phase de la machine asynchrone au voisinage du fonctionnement nominal.
  3. Exprimer la puissance transmise au rotor PtrP_tr en fonction du courant rotorique ramené au stator Ir′I_r' et de Rr′R_r' et gg. En déduire l’expression du couple électromagnétique TemT_{em}.

Partie III : Analyse critique et limites du modèle

Section titled “Partie III : Analyse critique et limites du modèle”
  1. Calculer numériquement le couple électromagnétique TemT_{em} pour un glissement g=0,04g = 0{,}04.
  2. Analyse critique : Discuter des limites de ce modèle linéaire (saturation magnétique, influence de l’effet pelliculaire au rotor, échauffement). Quelles sont les conséquences d’une variation importante de la fréquence statorique (alimentation par onduleur) sur les hypothèses de ce modèle ?

  • Partie I : Penser à la relation liant la pulsation électrique ω\omega, le nombre de paires de pôles pp et la vitesse de synchronisme. Le théorème de Leblanc permet de décomposer des champs alternatifs en champs tournants.
  • Partie II : Le rotor est le siège de courants induits à la fréquence fr=g⋅ff_r = g \cdot f. L’impédance rotorique vue du stator fait intervenir le terme Rr′/gR_r'/g.
  • Partie III : Pour l’analyse critique, examinez les non-linéarités des matériaux ferromagnétiques et la dépendance fréquentielle des paramètres.

Partie I : Création du champ tournant statorique

Section titled “Partie I : Création du champ tournant statorique”
  1. La vitesse de synchronisme Ωs\Omega_s (en rad/s) est donnée par : Ωs=ωp=2πfp\Omega_s = \frac{\omega}{p} = \frac{2\pi f}{p} A.N. : Ωs=2π×502=50π≈157,08 rad/s\Omega_s = \frac{2 \pi \times 50}{2} = 50\pi \approx 157{,}08\,\text{rad/s}. En tours par minute : Ns=60fp=60×502=1500 tr/minN_s = \frac{60 f}{p} = \frac{60 \times 50}{2} = 1500\,\text{tr/min}.

  2. Soit trois enroulements statoriques déphasés de 2π3\frac{2\pi}{3} dans l’espace. Leurs f.m.m. (forces magnétomotrices) créent des champs alternatifs. En les alimentant par des courants triphasés symétriques, la somme vectorielle des trois champs magnétiques sinusoïdaux (en vertu du théorème de Leblanc) s’annule pour les composantes inverses et se combine pour former un champ unique résultant tournant à la vitesse de synchronisme Ωs\Omega_s dans l’entrefer.

Partie II : Modélisation électromécanique

Section titled “Partie II : Modélisation électromécanique”
  1. Par définition, le glissement gg vaut : g=Ωs−ΩΩsg = \frac{\Omega_s - \Omega}{\Omega_s}

  2. Le schéma équivalent par phase (modèle de Kapp simplifié en négligeant le courant à vide devant le courant en charge, ou modèle complet ramené au stator) comporte :

    • Une résistance RsR_s et une réactance de fuite Xsσ=LsσωX_{s\sigma} = L_{s\sigma}\omega en série.
    • Une branche magnétisante Xm=LmωX_m = L_m\omega en parallèle.
    • Une résistance variable Rr′1−ggR_r'\frac{1-g}{g} représentant la puissance mécanique convertie et Rr′/gR_r'/g représentant la puissance totale transmise au rotor.
  3. La puissance transmise au rotor est : Ptr=3⋅Rr′⋅Ir′2gP_{tr} = 3 \cdot R_r' \cdot \frac{I_r'^2}{g} Puisque Ptr=Ωs⋅TemP_{tr} = \Omega_s \cdot T_{em}, on en déduit le couple électromagnétique : Tem=PtrΩs=3Ωs⋅Rr′g⋅Ir′2T_{em} = \frac{P_{tr}}{\Omega_s} = \frac{3}{\Omega_s} \cdot \frac{R_r'}{g} \cdot I_r'^2

Partie III : Analyse critique et limites du modèle

Section titled “Partie III : Analyse critique et limites du modèle”
  1. Avec g=0,04g = 0{,}04, calculons l’impédance totale ramenée au stator par phase. (En première approximation pour l’application numérique, en négligeant le courant magnétisant devant les chutes de tension dans les impédances de fuite et rotoriques) : L’impédance totale par phase est Zeq≈(Rs+Rr′g)+j(Xsσ+Xrσ′)Z_{eq} \approx (R_s + \frac{R_r'}{g}) + j(X_{s\sigma} + X_{r\sigma}').

    • Rs+Rr′g=1,2+1,00,04=1,2+25=26,2 ΩR_s + \frac{R_r'}{g} = 1{,}2 + \frac{1{,}0}{0{,}04} = 1{,}2 + 25 = 26{,}2\,\Omega.
    • Xsσ+Xrσ′=2π×50×(8+8)×10−3=314×0,016≈5,03 ΩX_{s\sigma} + X_{r\sigma}' = 2\pi \times 50 \times (8 + 8) \times 10^{-3} = 314 \times 0{,}016 \approx 5{,}03\,\Omega.

    Le courant par phase (tension simple V=4003≈231 VV = \frac{400}{\sqrt{3}} \approx 231\,\text{V}) : Ir′≈V(Rs+Rr′/g)2+(Xsσ+Xrσ′)2=23126,22+5,032≈23126,68≈8,66 AI_r' \approx \frac{V}{\sqrt{(R_s + R_r'/g)^2 + (X_{s\sigma} + X_{r\sigma}')^2}} = \frac{231}{\sqrt{26{,}2^2 + 5{,}03^2}} \approx \frac{231}{26{,}68} \approx 8{,}66\,\text{A}

    On en déduit le couple : Tem=3×1,0×(8,66)20,04×157,08=3×1,0×756,283≈35,8 N⋅mT_{em} = \frac{3 \times 1{,}0 \times (8{,}66)^2}{0{,}04 \times 157{,}08} = \frac{3 \times 1{,}0 \times 75}{6{,}283} \approx 35{,}8\,\text{N}\cdot\text{m}.

  2. Analyse critique des limites du modèle :

    • Saturation magnétique : Le modèle linéaire suppose que l’inductance magnétisante LmL_m est constante. Or, dans la réalité, le fer est soumis à la saturation, ce qui fait chuter LmL_m à fort courant (notamment au démarrage ou en surcharge).
    • Effet pelliculaire (effet Kelvin) : Les barres du rotor voient une fréquence fr=g⋅ff_r = g \cdot f variable. Au démarrage (g=1g=1), fr=50 Hzf_r = 50\,\text{Hz}, les courants sont repoussés vers la périphérie des barres, augmentant la résistance rotorique Rr′R_r' et réduisant l’inductance de fuite rr′r_r'. Le modèle à paramètres constants échoue à prédire précisément le couple de démarrage.
    • Alimentation par onduleur (MLI) : Si la machine est alimentée par une source de tension électronique, l’apparition d’harmoniques de tension engendre des harmoniques de courant haute fréquence, provoquant des couples pulsatiles et des pertes Joule supplémentaires non comptabilisées dans ce modèle fondamental.