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Cours : Cinématique 3D et torseurs cinématiques

Soit R0=(O,x⃗0,y⃗0,z⃗0)R_0 = (O, \vec{x}_0, \vec{y}_0, \vec{z}_0) un repère galiléen (ou par extension, un repère de référence) et R1=(O1,x⃗1,y⃗1,z⃗1)R_1 = (O_1, \vec{x}_1, \vec{y}_1, \vec{z}_1) un repère lié à un solide S1S_1.

Le champ des vecteurs vitesse des points d’un solide S1S_1 par rapport à un repère R0R_0, noté V⃗S1/R0(M)\vec{V}_{S_1/R_0}(M), est un champ de vecteurs équiprojectif.

Il existe un vecteur unique, noté Ω⃗S1/R0\vec{\Omega}_{S_1/R_0}, appelé vecteur taux de rotation du solide S1S_1 par rapport à R0R_0, tel que pour tout couple de points (A,B)(A, B) du solide S1S_1 : V⃗S1/R0(B)=V⃗S1/R0(A)+AB⃗∧Ω⃗S1/R0\vec{V}_{S_1/R_0}(B) = \vec{V}_{S_1/R_0}(A) + \vec{AB} \land \vec{\Omega}_{S_1/R_0}

Le torseur cinématique du mouvement de S1S_1 par rapport à R0R_0, exprimé au point AA, est le torseur noté : {VS1/R0}={Ω⃗S1/R0V⃗S1/R0(A)}A\{\mathcal{V}_{S_1/R_0}\} = \left\{ \begin{array}{c} \vec{\Omega}_{S_1/R_0} \\ \vec{V}_{S_1/R_0}(A) \end{array} \right\}_A

La réduction en un point AA associe à ce torseur une matrice colonne des composantes dans une base B=(x⃗,y⃗,z⃗)\mathcal{B} = (\vec{x}, \vec{y}, \vec{z}) : VS1/R0(A)=(pqruvw)B∈M6,1(R)\mathcal{V}_{S_1/R_0}(A) = \begin{pmatrix} p \\ q \\ r \\ u \\ v \\ w \end{pmatrix}_{\mathcal{B}} \in \mathcal{M}_{6,1}(\mathbb{R}) où Ω⃗S1/R0=px⃗+qy⃗+rz⃗\vec{\Omega}_{S_1/R_0} = p\vec{x} + q\vec{y} + r\vec{z} et V⃗S1/R0(A)=ux⃗+vy⃗+wz⃗\vec{V}_{S_1/R_0}(A) = u\vec{x} + v\vec{y} + w\vec{z}.


📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

Soient trois repères (ou solides) R0R_0, R1R_1 et R2R_2. Pour tout point MM appartenant par définition au solide lié à R2R_2 : V⃗R2/R0(M)=V⃗R2/R1(M)+V⃗R1/R0(M)\vec{V}_{R_2/R_0}(M) = \vec{V}_{R_2/R_1}(M) + \vec{V}_{R_1/R_0}(M)

Théorème de composition des torseurs cinématiques

Section titled “Théorème de composition des torseurs cinématiques”

La composition des mouvements se traduit par l’addition des torseurs cinématiques : {VR2/R0}={VR2/R1}+{VR1/R0}\{\mathcal{V}_{R_2/R_0}\} = \{\mathcal{V}_{R_2/R_1}\} + \{\mathcal{V}_{R_1/R_0}\}

Soit AA un point quelconque. Par définition de la composition des vitesses pour un point MM confondu avec AA : V⃗R2/R0(A)=V⃗R2/R1(A)+V⃗R1/R0(A)\vec{V}_{R_2/R_0}(A) = \vec{V}_{R_2/R_1}(A) + \vec{V}_{R_1/R_0}(A)

Considérons maintenant les vecteurs taux de rotation. Soit x⃗,y⃗,z⃗\vec{x}, \vec{y}, \vec{z} une base liée au repère intermédiaire R1R_1. Par définition de la dérivation vectorielle : Ω⃗R2/R0=Ω⃗R2/R1+Ω⃗R1/R0\vec{\Omega}_{R_2/R_0} = \vec{\Omega}_{R_2/R_1} + \vec{\Omega}_{R_1/R_0} En effet, si l’on dérive un vecteur unitaire u⃗\vec{u} de la base de R2R_2 par rapport à R0R_0 : du⃗dt∣R0=du⃗dt∣R1+Ω⃗R1/R0∧u⃗\left. \frac{d\vec{u}}{dt} \right|_{R_0} = \left. \frac{d\vec{u}}{dt} \right|_{R_1} + \vec{\Omega}_{R_1/R_0} \land \vec{u} En appliquant cette relation au champ vectoriel de rotation, on démontre l’additivité des torseurs cinématiques en un même point AA. ■\blacksquare


Algorithme de détermination d’une liaison normalisée

Section titled “Algorithme de détermination d’une liaison normalisée”

Pour écrire le torseur cinématique d’une liaison entre deux solides S1S_1 et S2S_2 de centre OO :

  1. Identifier la géométrie de la liaison : translation, rotation, hélicoïdale, sphérique, etc.
  2. Poser le torseur dans la base locale liée au mécanisme (par exemple, z⃗\vec{z} porté par l’axe de la liaison pivot).
  3. Annuler les degrés de liberté interdits (termes nuls dans le vecteur rotation ou vitesse).

Exemple pour une Liaison Pivot d’axe (O,z⃗)(O, \vec{z}) : {VS2/S1}={θ˙z⃗0⃗}O=(0000θ˙000)base (sous forme de matrice d’inertie/composantes)\{\mathcal{V}_{S_2/S_1}\} = \left\{ \begin{array}{c} \dot{\theta} \vec{z} \\ \vec{0} \end{array} \right\}_O = \begin{pmatrix} 0 & 0 \\ 0 & 0 \\ \dot{\theta} & 0 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}_{\text{base}} \text{ (sous forme de matrice d'inertie/composantes)} Plus rigoureusement sous forme de matrice colonne des composantes à l’point OO : VS2/S1(O)=(00θ˙000)B∈M6,1(R)\mathcal{V}_{S_2/S_1}(O) = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ \dot{\theta} \\ 0 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}_{\mathcal{B}} \in \mathcal{M}_{6,1}(\mathbb{R})

Pour transporter les éléments de réduction d’un point AA vers un point BB : V⃗S1/R0(B)=V⃗S1/R0(A)+BA⃗∧Ω⃗S1/R0\vec{V}_{S_1/R_0}(B) = \vec{V}_{S_1/R_0}(A) + \vec{BA} \land \vec{\Omega}_{S_1/R_0}


⚠️ 4. Pièges classiques & Erreurs à éviter

Section titled “⚠️ 4. Pièges classiques & Erreurs à éviter”
  • Attention au point de transport : Ne jamais additionner ou égaler des moments (vecteurs vitesse) de torseurs exprimés en des points différents sans appliquer la formule de transport.
  • Non-holonomie de la vitesse : Le champ des vitesses est un torseur, mais le déplacement fini (ou position) ne forme pas un torseur. N’intégrez jamais brutalement un torseur cinématique pour obtenir un torseur géométrique.
  • Confusion dans l’ordre de composition : {VS2/R0}={VS2/S1}+{VS1/R0}\{\mathcal{V}_{S_2/R_0}\} = \{\mathcal{V}_{S_2/S_1}\} + \{\mathcal{V}_{S_1/R_0}\} L’indice “muet” S1S_1 doit se suivre (fermeture de la chaîne des compositions).
  • Bases de projection : Veillez impérativement à ce que toutes les composantes d’un même torseur (vecteur rotation et vecteur vitesse) soient projetées dans la même base avant d’effectuer des opérations algébriques matricielles.