Skip to content

Exercice 1 : Statique des fluides

Problème guidé : Étude de l’équilibre d’un barrage-poids et de la stabilité d’un corps immergé

Section titled “Problème guidé : Étude de l’équilibre d’un barrage-poids et de la stabilité d’un corps immergé”

Filière : PSI
Matière : Physique-Chimie
Chapitre: ** Mécanique des fluides
Thème : Statique des fluides et analyse critique des limites du modèle


On s’intéresse à la modélisation mécanique d’un barrage-poids retenant un lac artificiel, ainsi qu’à un dispositif de contrôle de niveau (flotteur immergé).

Le problème se compose de deux parties indépendantes :

  1. Étude globale d’un barrage-poids soumis à la pression hydrostatique de l’eau.
  2. Stabilité d’un corps immergé (flotteur cylindrique) utilisé pour la régulation.

On se place dans le cadre de l’hydrostatique. Le champ de pesanteur est uniforme : g⃗=−g u⃗z\vec{g} = -g \, \vec{u}_z, avec g=9,81 m⋅s−2g = 9{,}81 \text{ m}\cdot\text{s}^{-2}. L’eau est considérée comme un fluide incompressible de masse volumique ρeau=1,00×103 kg⋅m−3\rho_{\text{eau}} = 1,00 \times 10^3 \text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}. L’atmosphère règne à la pression constante P0=1,013×105 PaP_0 = 1,013 \times 10^5 \text{ Pa}.


Le barrage est modélisé par un mur vertical de largeur LL (selon u⃗y\vec{u}_y) et de hauteur HH. L’eau retient une hauteur d’eau hh (h≤Hh \le H). Le mur repose sur un sol horizontal. On néglige l’infiltration d’eau sous le barrage.

  1. Rappel de cours : Établir l’expression de la pression P(z)P(z) dans l’eau en fonction de la profondeur, en prenant pour origine z=0z=0 à la surface libre de l’eau, l’axe zz étant orienté vers le bas.
  2. Force pressante : Calculer la résultante des forces de pression F⃗press\vec{F}_{\text{press}} exercées par l’eau sur la face verticale du barrage de largeur LL et de hauteur hh. Préciser son point d’application (centre de poussée).
  3. Stabilité du barrage : Le barrage est un solide de masse MM, dont le centre de gravité GG est situé à une distance XGX_G de la face amont (côté eau). Établir la condition de non-basculement du barrage autour de son arête aval en fonction de MM, gg, hh, LL et ρeau\rho_{\text{eau}}.

Partie B : Stabilité d’un flotteur cylindrique

Section titled “Partie B : Stabilité d’un flotteur cylindrique”

Un cylindre homogène de section SS, de hauteur HcH_c et de masse volumique ρc\rho_c (avec ρc<ρeau\rho_c < \rho_{\text{eau}}) flotte verticalement à la surface de l’eau.

  1. Équilibre : Déterminer la hauteur d’immersion h0h_0 du cylindre à l’équilibre.
  2. Stabilité : On enfonce verticalement le cylindre d’une petite quantité δz\delta z et on le lâche. Établir l’équation différentielle du mouvement et discuter de sa stabilité.

  • Question 1 : Appliquer la relation fondamentale de la statique des fluides (RFSF).
  • Question 2 : Effectuer l’intégrale de la force élémentaire dF⃗=(P(z)−P0)u⃗xdS\mathrm{d}\vec{F} = (P(z) - P_0)\vec{u}_x \mathrm{d}S sur la surface mouillée (la pression atmosphérique s’exerçant des deux côtés du barrage, son bilan global s’annule souvent, mais il faut bien poser le calcul avec la pression effective).
  • Question 3 : Faire le bilan des moments des forces s’exerçant sur le barrage par rapport à l’arête de basculement.
  • Question 5 : Utiliser le théorème de la résultante dynamique (TRD) sur le cylindre en projection selon l’axe vertical.

  1. Pression dans l’eau :
    La RFSF s’écrit pour un fluide au repos dans le champ de pesanteur : ∇⃗P=ρeaug⃗\vec{\nabla} P = \rho_{\text{eau}} \vec{g} En projection selon l’axe zz (orienté vers le bas) : dPdz=ρeaug\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \rho_{\text{eau}} g Par intégration entre la surface (z=0z=0, P(0)=P0P(0)=P_0) et une profondeur zz : P(z)=P0+ρeaugzP(z) = P_0 + \rho_{\text{eau}} g z

  2. Force pressante :
    La force élémentaire exercée sur une surface élémentaire dS=L dz\mathrm{d}S = L \, \mathrm{d}z de la face amont est : dF⃗=(P(z)−Patm)u⃗x=ρeaugz L dz u⃗x\mathrm{d}\vec{F} = (P(z) - P_{\text{atm}})\vec{u}_x = \rho_{\text{eau}} g z \, L \, \mathrm{d}z \, \vec{u}_x où u⃗x\vec{u}_x est la normale sortante du fluide (dirigée vers le barrage). La résultante s’obtient en intégrant de z=0z = 0 à z=hz = h : F⃗press=∫0hρeaugzL dz u⃗x=12ρeaugLh2 u⃗x\vec{F}_{\text{press}} = \int_{0}^{h} \rho_{\text{eau}} g z L \, \mathrm{d}z \, \vec{u}_x = \frac{1}{2} \rho_{\text{eau}} g L h^2 \, \vec{u}_x Le moment par rapport à la surface (z=0z=0) permet de trouver le centre de poussée zCPz_CP : zCP=∫zdF∫dF=∫0hz2dz∫0hz dz=23hz_{CP} = \frac{\int z \mathrm{d}F}{\int \mathrm{d}F} = \frac{\int_0^h z^2 \mathrm{d}z}{\int_0^h z \, \mathrm{d}z} = \frac{2}{3} h

  3. Condition de non-basculement :
    Soit AA l’arête aval du barrage. Le barrage a une largeur totale ee à sa base. Le moment stabilisateur est dû au poids du barrage P⃗barrage=−Mgu⃗z\vec{P}_{\text{barrage}} = -Mg \vec{u}_z, agissant en GG (situé à e−XGe - X_G de l’arête aval si XGX_G est compté depuis l’amont, ou plus simplement en notant XGX_G la distance au point de pivot selon le choix d’axe). En sommant les moments par rapport à l’arête de basculement aval (située à x=ex = e) :

    • Moment stabilisateur (poids) : Mpoids=−MgXG\mathcal{M}_{\text{poids}} = -M g X_G (en supposant XGX_G mesuré par rapport à l’axe de basculement).
    • Moment destabilisateur (pression) : Mpress=+Fpress×(h−zCP)\mathcal{M}_{\text{press}} = +F_{\text{press}} \times \left(h - z_{CP}\right) ? Attention, la force s’exerce à la profondeur 2h/32h/3, donc sa distance par rapport à la base est h−2h/3=h/3h - 2h/3 = h/3. Le moment de la force de pression par rapport à l’axe de basculement de la base est donc : Mpress/base=−12ρeaugLh2×h3=−16ρeaugLh3\mathcal{M}_{\text{press/base}} = - \frac{1}{2} \rho_{\text{eau}} g L h^2 \times \frac{h}{3} = - \frac{1}{6} \rho_{\text{eau}} g L h^3 La condition de non-basculement impose que la somme des moments en AA soit positive (ou nulle à la limite) : MgXG−16ρeaugLh3≥0  ⟹  MXG≥16ρeauLh3M g X_G - \frac{1}{6} \rho_{\text{eau}} g L h^3 \ge 0 \implies M X_G \ge \frac{1}{6} \rho_{\text{eau}} L h^3

Partie B : Stabilité d’un flotteur cylindrique

Section titled “Partie B : Stabilité d’un flotteur cylindrique”
  1. Hauteur d’immersion à l’équilibre :
    Le système (cylindre) est soumis à son poids P⃗=−mgu⃗z\vec{P} = -m g \vec{u}_z (avec m=ρcSHcm = \rho_c S H_c) et à la poussée d’Archimède F⃗A=ρeauVimmgu⃗z=ρeauSh0gu⃗z\vec{F}_A = \rho_{\text{eau}} V_{\text{imm}} g \vec{u}_z = \rho_{\text{eau}} S h_0 g \vec{u}_z. À l’équilibre statique : P⃗+F⃗A=0⃗  ⟹  −ρcSHcg+ρeauSh0g=0\vec{P} + \vec{F}_A = \vec{0} \implies -\rho_c S H_c g + \rho_{\text{eau}} S h_0 g = 0   ⟹  h0=ρcρeauHc\implies h_0 = \frac{\rho_c}{\rho_{\text{eau}}} H_c

  2. Équivalence dynamique et stabilité :
    On écarte le cylindre de sa position d’équilibre d’une petite distance z(t)z(t) (vers le bas, z>0z>0). Le volume immergé devient V(t)=S(h0+z)V(t) = S(h_0 + z). Le TRD appliqué au cylindre selon u⃗z\vec{u}_z donne : mz¨=−mg+ρeauS(h0+z)gm \ddot{z} = -mg + \rho_{\text{eau}} S (h_0 + z) g Comme −mg+ρeauSh0g=0-mg + \rho_{\text{eau}} S h_0 g = 0 (position d’équilibre), il vient : mz¨=ρeauSgz  ⟹  z¨−ρeauSgmz=0m \ddot{z} = \rho_{\text{eau}} S g z \implies \ddot{z} - \frac{\rho_{\text{eau}} S g}{m} z = 0 En remplaçant m=ρcSHc=ρeauSh0m = \rho_c S H_c = \rho_{\text{eau}} S h_0 : z¨−gh0z=0\ddot{z} - \frac{g}{h_0} z = 0 Analyse critique : L’équation caractéristique est rattachée à un signe positif devant le terme en zz (terme en ω2\omega^2 avec un signe moins, ou +Ω2z=0+ \Omega^2 z = 0 selon le sens). Les solutions sont de type exponentielles réelles (z(t)=Aeωt+Be−ωtz(t) = A e^{\omega t} + B e^{-\omega t} avec ω=g/h0\omega = \sqrt{g/h_0}). Le système est instable dans cette modélisation unidimensionnelle purement verticale si l’on ne prend pas en compte les forces de frottement ou si l’on interprète mal le signe : Correction de signe : F⃗A\vec{F}_A s’oppose au déplacement zz (si on enfonce le cylindre z>0z>0, la poussée augmente et tend à le ramener vers le haut). Reprenons : Projection sur u⃗z\vec{u}_z (orienté vers le bas) : mz¨=mg−ρeauS(h0+z)g=−ρeauSgzm \ddot{z} = m g - \rho_{\text{eau}} S (h_0 + z) g = - \rho_{\text{eau}} S g z L’équation différentielle correcte est donc : z¨+ρeauSgmz=0  ⟹  z¨+ω02z=0avecω0=gh0\ddot{z} + \frac{\rho_{\text{eau}} S g}{m} z = 0 \implies \ddot{z} + \omega_0^2 z = 0 \quad \text{avec} \quad \omega_0 = \sqrt{\frac{g}{h_0}} Le système est donc un oscillateur harmonique stable de pulsation propre ω0\omega_0.


5. Analyse critique des limites du modèle

Section titled “5. Analyse critique des limites du modèle”

Le modèle hydrostatique utilisé ici repose sur des hypothèses fortes qu’il convient de nuancer :

  1. Incompressibilité du fluide : L’hypothèse ρ=cte\rho = \text{cte} est excellente pour l’eau aux profondeurs considérées (h≪10 kmh \ll 10 \text{ km}). Cependant, pour des barrages de très grande hauteur (plusieurs centaines de mètres), la variation de masse volumique liée à la compressibilité (bien que faible) et surtout la déformation élastique de la roche et du béton remettent en cause le caractère rigide du barrage.
  2. Absence d’écoulement (Statique vs Dynamique) : En réalité, l’eau s’écoule souvent (évacuateurs de crues, infiltrations dans les failles de la roche sous le barrage). Les pressions interstitielles au niveau de la base du barrage modifient significativement le moment stabilisateur (phénomène de sous-pression), ce que notre modèle de mur étanche sur sol parfait ne prend pas en compte.
  3. Modélisation 1D du flotteur : Pour le flotteur, l’étude néglige les effets de bord (tension superficielle au niveau de la ligne de contact ménisque) ainsi que les forces visqueuses de frottement fluidique (amortissement). De plus, la stabilité en tangage (basculement angulaire) n’est pas assurée si le métacentre est mal positionné (condition de stabylité de Bouguer : GM>0GM > 0).