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Cours : Thermodynamique macroscopique

A. Le système thermodynamique et son environnement

Section titled “A. Le système thermodynamique et son environnement”

La thermodynamique macroscopique étudie les systèmes de la matière à l’échelle macroscopique, sans faire référence à leur structure microscopique discrète.

  • Système : Partie de l’univers que l’on isole pour l’étude, délimitée par une frontière (réelle ou fictive).
  • Classification des systèmes selon les échanges :
    • Isolé : n’échange ni masse ni énergie avec l’extérieur.
    • Fermé : n’échange pas de masse, mais peut échanger de l’énergie (travail WW et/ou transfert thermique QQ).
    • Ouvert : échange de la masse et de l’énergie avec l’extérieur.

B. Variables d’état et équation d’état

Section titled “B. Variables d’état et équation d’état”

L’état d’équilibre thermodynamique d’un système simple (fluide homogène) est caractérisé par un ensemble de variables macroscopiques mesurables.

  • Variables intensives : Indépendantes de la taille du système (ex. : température TT, pression PP, masse volumique μ\mu).
  • Variables extensives : Proportionnelles à la quantité de matière ou au volume (ex. : volume VV, masse mm, quantité de matière nn, énergie interne UU). Le rapport de deux variables extensives est une variable intensive.

Une équation d’état relie les variables d’état intensives et extensives d’un système à l’équilibre.

  • Exemple du gaz parfait : PV=nRTP V = n R T où R≈8,314 J⋅mol−1⋅K−1R \approx 8{,}314\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} est la constante universelle des gaz parfaits.

Une transformation fait passer un système d’un état d’équilibre initial à un état d’équilibre final.

  • Quasistatique : Succession continue d’états d’équilibre infiniment proches.
  • Réversible : Quasistatique et sans aucun effet dissipatif (frottements, viscosité, résistance électrique, etc.). Dans le cas contraire, la transformation est irréversible.

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

A. Premier Principe de la Thermodynamique (Énergie)

Section titled “A. Premier Principe de la Thermodynamique (Énergie)”

Pour un système fermé au repos macroscopique, le premier principe postule l’existence d’une fonction d’état extensive appelée énergie interne UU. Au cours d’une transformation quelconque entre un état initial et un état final : ΔU=W+Q\Delta U = W + Q

  • WW : Travail des forces extérieures reçu par le système au cours de la transformation.
  • QQ : Transfert thermique (chaleur) reçu par le système.

Forme infinitésimale : dU=δW+δQd U = \delta W + \delta Q (Note : dUdU est une différentielle totale exacte, notée avec un dd, car UU est une fonction d’état. En revanche, δW\delta W et δQ\delta Q dépendent du chemin parcouru, ce sont des formes différentielles non exactes, notées avec un δ\delta).

Pour un fluide échangeant uniquement des forces de pression extérieures de valeur PextP_{\text{ext}} : δW=−PextdV\delta W = - P_{\text{ext}} dV Si la transformation est quasi-statique, Pext=PP_{\text{ext}} = P (pression interne du système).

B. Second Principe de la Thermodynamique (Entropie)

Section titled “B. Second Principe de la Thermodynamique (Entropie)”

Il postule l’existence d’une fonction d’état extensive, l’entropie SS. Pour toute transformation subie par un système fermé : ΔS=Se+Sc\Delta S = S_e + S_c

  • Se=∫δQTextS_e = \int \frac{\delta Q}{T_{\text{ext}}} : Entropie échangée avec l’extérieur.
  • ScS_c : Entropie créée à l’intérieur du système en raison des irréversibilités.

Inégalité de Clausius :

  • Sc≥0S_c \ge 0 (Principe d’évolution).
  • Sc=0S_c = 0 si et seulement si la transformation est réversible.

C. Application aux gaz parfaits : Lois de Joule

Section titled “C. Application aux gaz parfaits : Lois de Joule”
  • Première loi de Joule : Pour un gaz parfait, l’énergie interne UU ne dépend que de la température TT. dU=nCvdTdU = n C_v dT où CvC_v est la capacité thermique molaire à volume constant.
  • Deuxième loi de Joule : Pour un gaz parfait, l’enthalpie H=U+PVH = U + PV ne dépend que de la température TT. dH=nCpdTdH = n C_p dT où CpC_p est la capacité thermique molaire à pression constante. Relation de Mayer : Cp−Cv=RC_p - C_v = R (pour une mole de gaz parfait).

💡 3. Méthodes classiques de résolution

Section titled “💡 3. Méthodes classiques de résolution”

A. Calcul du travail WW et du transfert thermique QQ

Section titled “A. Calcul du travail WWW et du transfert thermique QQQ”
  1. Identifier le système et le type de transformation (isotherme, isobare, isochore, adiabatique).
  2. Pour le travail : Utiliser l’expression générale W=−∫ViVfPextdVW = -\int_{V_i}^{V_f} P_{\text{ext}} dV. Si la transformation est quasi-statique, Pext=Pgaz(V,T)P_{\text{ext}} = P_{\text{gaz}}(V, T).
    • Transformation isobare (P=cteP = \text{cte}) : W=−P(Vf−Vi)W = -P(V_f - V_i)
    • Transformation isochore (V=cteV = \text{cte}) : W=0W = 0
    • Transformation isotherme (T=cteT = \text{cte}, gaz parfait) : W=−nRTln⁡(VfVi)W = -nRT \ln\left(\frac{V_f}{V_i}\right)
  3. Pour le transfert thermique QQ :
    • Si la transformation est adiabatique (δQ=0\delta Q = 0), alors Q=0Q = 0. (Pour un gaz parfait subissant une transformation adiabatique réversible, on utilise la loi de Laplace : PVγ=cteP V^\gamma = \text{cte}, avec γ=CpCv\gamma = \frac{C_p}{C_v}).
    • Sinon, on utilise le Premier Principe (ΔU=W+Q\Delta U = W + Q) en ayant préalablement calculé ΔU\Delta U via la première loi de Joule (ΔU=nCv(Tf−Ti)\Delta U = n C_v (T_f - T_i)).

B. Bilan d’entropie et étude de l’irréversibilité

Section titled “B. Bilan d’entropie et étude de l’irréversibilité”

Pour calculer l’entropie créée ScS_c lors d’une transformation irréversible :

  1. Calculer la variation d’entropie réelle ΔS=Sf−Si\Delta S = S_f - S_i entre l’état initial et l’état final. Puisque SS est une fonction d’état, cette variation ne dépend pas du chemin. On peut donc imaginer une transformation réversible fictive reliant le même état initial au même état final pour calculer ΔS=∫ifδQrevT\Delta S = \int_i^f \frac{\delta Q_{\text{rev}}}{T}.
  2. Calculer l’entropie échangée Se=∫δQreˊelleTextS_e = \int \frac{\delta Q_{\text{réelle}}}{T_{\text{ext}}} le long du chemin réel.
  3. En déduire l’entropie créée par différence : Sc=ΔS−Se≥0S_c = \Delta S - S_e \ge 0

  1. Confusion entre PP et PextP_{\text{ext}} : Dans l’expression δW=−PextdV\delta W = -P_{\text{ext}} dV, c’est toujours la pression extérieure qui s’applique. PextP_{\text{ext}} n’est égale à la pression interne PP du système que si la transformation est quasi-statique.
  2. Utilisation abusive de la loi de Laplace : La relation PVγ=cteP V^\gamma = \text{cte} n’est valable que pour un gaz parfait subissant une transformation à la fois adiabatique (Q=0Q=0) et réversible (Sc=0S_c=0). Elle est fausse pour une détente adiabatique irréversible (dans le vide par exemple).
  3. Fonctions d’état vs transferts : UU et SS sont des fonctions d’état (leurs variations ΔU\Delta U et ΔS\Delta S ne dépendent que des états initial et final). WW et QQ ne sont pas des fonctions d’état ; leurs valeurs dépendent entièrement du chemin thermodynamique suivi. Ne pas écrire ∫dW=Wf−Wi\int dW = W_f - W_i (notation interdite).
  4. Oubli de l’extensivité : Veiller à bien homogénéiser les grandeurs (massiques ou molaires) lors de l’application des bilans énergétiques. Utiliser les notations minuscules (u,h,su, h, s) pour les grandeurs massiques et majuscules (U,H,SU, H, S) pour les grandeurs globales.