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Exercice 2 : Ondes électromagnétiques

Problème guidé : Propagation d’une onde électromagnétique dans un plasma ionisé et analyse critique du modèle

Section titled “Problème guidé : Propagation d’une onde électromagnétique dans un plasma ionisé et analyse critique du modèle”

On s’intéresse à la propagation d’une onde électromagnétique harmonique plane et progressive, de pulsation ω\omega, dans un plasma froid et raréfié (modèle de l’ionosphère ou d’un milieu interstellaire).

Le plasma est assimilé à un gaz neutre en moyenne, constitué d’ions fixes (en raison de leur grande masse par rapport aux électrons) de charge positive, et d’électrons de masse mm et de charge −e-e (e>0e > 0), libres de se déplacer sous l’action du champ électrique de l’onde. La densité volumique d’électrons est notée n0n_0.

On néglige les collisions entre les électrons et les ions, ainsi que l’influence du champ magnétique de l’onde sur les électrons (approximation des faibles champs, où la vitesse des électrons reste très inférieure à la vitesse de la lumière cc).


  1. Cinématique et dynamique électronique : À l’aide du PFD appliqué à un électron soumis au champ électrique de l’onde E⃗(z,t)=E0cos⁡(ωt−kz)e⃗x\vec{E}(z,t) = E_0 \cos(\omega t - k z) \vec{e}_x, établir l’équation différentielle régissant sa vitesse v⃗(z,t)=v(z,t)e⃗x\vec{v}(z,t) = v(z,t)\vec{e}_x. En déduire l’expression de la vitesse complexe v‾\underline{v} sous l’écriture phasorienne en notation complexe.
  2. Vecteur densité de courant : Exprimer la densité volumique de courant j⃗\vec{j} en fonction de n0n_0, ee et v‾\underline{v}. En déduire la relation entre j‾\underline{j} et le champ électrique complexe E‾\underline{E} sous la forme j‾=σ0E‾\underline{j} = \sigma_0 \underline{E}, où σ0\sigma_0 est une conductivité complexe à préciser.
  3. Équations de Maxwell et équation de dispersion : À partir des équations de Maxwell dans le milieu (sans charges libres macroscopiques autres que celles du plasma, et sans aimantation macroscopique μ=μ0\mu = \mu_0), établir l’équation d’onde vérifiée par E‾\underline{E}. En déduire la relation de dispersion liant kk, ω\omega et la pulsation plasma ωp=n0e2mε0\omega_p = \sqrt{\frac{n_0 e^2}{m \varepsilon_0}}.
  4. Étude de la propagation et analyse énergétique : Discuter de la nature de la propagation selon la valeur de ω\omega devant ωp\omega_p. Définir la vitesse de phase vϕv_\phi et la vitesse de groupe vgv_g, et calculer leur produit vϕvgv_\phi v_g. Conclure quant au transport d’information.
  5. Analyse critique du modèle :
    • Le modèle utilisé néglige les collisions électron-ion (fréquence de collision ν\nu). Justifier qualitativement l’apparition d’un terme d’amortissement et préciser dans quel domaine de fréquence le modèle sans collision cesse d’être valable.
    • Discuter de la validité de l’approximation v≪cv \ll c (champ magnétique négligeable devant le champ électrique).

  • Question 1 : Projeter le PFD sur l’axe e⃗x\vec{e}_x. Pour la notation complexe, poser E‾(z,t)=E‾0ej(ωt−kz)\underline{E}(z,t) = \underline{E}_0 e^{j(\omega t - kz)} et v‾(z,t)=v‾0ej(ωt−kz)\underline{v}(z,t) = \underline{v}_0 e^{j(\omega t - kz)}.
  • Question 2 : La densité de courant microscopique est reliée au déplacement des porteurs de charge par j⃗=−n0ev⃗\vec{j} = -n_0 e \vec{v}. Identifiez le terme de conductivité σ0(ω)\sigma_0(\omega).
  • Question 3 : Utilisez l’équation de Maxwell-Ampère et l’équation de Maxwell-Faraday. Le fait que j⃗\vec{j} dépende de E‾\underline{E} revient à introduire une permittivité relative effective εr(ω)\varepsilon_r(\omega).
  • Question 4 : Calculez k(ω)k(\omega). Si kk est imaginaire pur, l’onde est évanescente. Si kk est réel, elle se propage. Le produit vϕvgv_\phi v_g se déduit de vϕ=ωkv_\phi = \frac{\omega}{k} et vg=∂ω∂kv_g = \frac{\partial \omega}{\partial k}.
  • Question 5 : Pensez à l’ordre de grandeur de l’énergie cinétique des électrons face à leur énergie de repos, et à l’effet de la force magnétique v⃗∧B⃗\vec{v} \wedge \vec{B} par rapport à la force électrique −eE⃗-e\vec{E}.

Dans le cadre de l’approximation des électrons quasi-libres (on néglige l’agitation thermique et les collisions), le Principe Fondamental de la Dynamique appliqué à un électron s’écrit : m∂v⃗∂t=−eE⃗m \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} = -e \vec{E} En notation complexe, avec E⃗‾(z,t)=E‾0ej(ωt−kz)e⃗x\underline{\vec{E}}(z,t) = \underline{E}_0 e^{j(\omega t - kz)} \vec{e}_x et v⃗‾=v‾0ej(ωt−kz)e⃗x\underline{\vec{v}} = \underline{v}_0 e^{j(\omega t - kz)} \vec{e}_x : jmωv‾=−eE‾  ⟹  v‾=−ejmωE‾j m \omega \underline{v} = -e \underline{E} \implies \underline{v} = -\frac{e}{j m \omega} \underline{E}

La densité volumique de courant associée au mouvement d’ensemble des électrons est : j⃗‾=−n0ev⃗‾=n0e2jmωE⃗‾\underline{\vec{j}} = -n_0 e \underline{\vec{v}} = \frac{n_0 e^2}{j m \omega} \underline{\vec{E}} On identifie la relation j⃗‾=σ0E⃗‾\underline{\vec{j}} = \sigma_0 \underline{\vec{E}} avec une conductivité complexe : σ0(ω)=n0e2jmω=−jε0ωp2ω\sigma_0(\omega) = \frac{n_0 e^2}{j m \omega} = -j \frac{\varepsilon_0 \omega_p^2}{\omega} en posant la pulsation plasma ωp=n0e2mε0\omega_p = \sqrt{\frac{n_0 e^2}{m \varepsilon_0}}.

3. Équations de Maxwell et relation de dispersion

Section titled “3. Équations de Maxwell et relation de dispersion”

Les équations de Maxwell dans le milieu s’écrivent (en régime harmonique) :

  • rot E⃗‾=−jωB⃗‾\text{rot} \, \underline{\vec{E}} = -j \omega \underline{\vec{B}} (Maxwell-Faraday)
  • rot B⃗‾=μ0j⃗‾+jμ0ε0ωE⃗‾\text{rot} \, \underline{\vec{B}} = \mu_0 \underline{\vec{j}} + j \mu_0 \varepsilon_0 \omega \underline{\vec{E}} (Maxwell-Ampère)

En appliquant le rotationnel à Maxwell-Faraday et en injectant Maxwell-Ampère, et sachant que div E⃗‾=0\text{div} \, \underline{\vec{E}} = 0 (onde transversale pure dans un milieu homogène) : ΔE⃗‾+ω2μ0ε0(1+σ0jε0ω)E⃗‾=0⃗\Delta \underline{\vec{E}} + \omega^2 \mu_0 \varepsilon_0 \left(1 + \frac{\sigma_0}{j \varepsilon_0 \omega}\right) \underline{\vec{E}} = \vec{0} En remplaçant σ0\sigma_0 : ΔE⃗‾+ω2c2(1−2ˆω2)E⃗‾=0⃗\Delta \underline{\vec{E}} + \frac{\omega^2}{c^2} \left(1 - \frac{\^2}{\omega^2}\right) \underline{\vec{E}} = \vec{0} Pour une onde plane se propageant selon zz, ΔE⃗‾=−k2E⃗‾\Delta \underline{\vec{E}} = -k^2 \underline{\vec{E}}. On en déduit la relation de dispersion : k2=ω2c2(1−ωp2ω2)  ⟹  k(ω)=1cω2−ωp2k^2 = \frac{\omega^2}{c^2} \left(1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}\right) \implies k(\omega) = \frac{1}{c} \sqrt{\omega^2 - \omega_p^2}

  • Si ω<ωp\omega < \omega_p : k2<0k^2 < 0, donc kk est imaginaire pur (k=±j∣k∣k = \pm j |k|). L’onde ne se propage pas, elle est évanescente (atténuée de manière exponentielle dans le milieu). Le plasma se comporte comme un miroir.
  • Si ω>ωp\omega > \omega_p : kk est réel. L’onde se propage sans atténuation.

Calcul des vitesses :

  • Vitesse de phase : vϕ=ωk=c1−ωp2/ω2v_\phi = \frac{\omega}{k} = \frac{c}{\sqrt{1 - \omega_p^2/\omega^2}}
  • Vitesse de groupe : vg=∂ω∂k=(dkdω)−1=c1−ωp2ω2v_g = \frac{\partial \omega}{\partial k} = \left(\frac{dk}{d\omega}\right)^{-1} = c \sqrt{1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}}

On remarque immédiatement que : vϕvg=c2v_\phi v_g = c^2 Analyse critique : Puisque vϕ>cv_\phi > c, la vitesse de phase dépasse la vitesse de la lumière dans le vide, ce qui ne contredit pas la relativité restreinte car aucun signal (porteur d’information) ne se déplace à la vitesse de phase, mais à la vitesse de groupe vgv_g. Or, on a bien vg<cv_g < c, ce qui est physiquement cohérent.

  • Limites du modèle sans collisions : En réalité, les électrons subissent des chocs (fréquence ν\nu) avec les ions lourds ou les neutres. Cela se traduit par un terme de frottement visqueux −mνv⃗-m \nu \vec{v} dans le PFD. La conductivité devient réelle et finie à basse fréquence (σ0≈n0e2mν\sigma_0 \approx \frac{n_0 e^2}{m \nu}). Le modèle idéal sans collision surestime la transparence du plasma pour ω→ωp\omega \to \omega_p et néglige l’absorption ohmique (dissipation par effet Joule). Le modèle cesse d’être valable lorsque ω∼ν\omega \sim \nu ou pour des milieux denses (comme l’ionosphère basse).

  • Limites de l’approximation des faibles champs (champ magnétique négligé) : La force magnétique s’exerçant sur l’électron est f⃗m=−e(v⃗∧B⃗)\vec{f}_m = -e(\vec{v} \wedge \vec{B}). En ordre de grandeur, B∼EcB \sim \frac{E}{c} pour une onde électromagnétique. Le rapport des forces est donc de l’ordre de vc\frac{v}{c}. Si l’amplitude du champ électrique est très grande (cas des lasers ultra-intenses modernes), la vitesse vv devient du même ordre que cc. Les électrons sont alors animés de mouvements relativistes et le champ magnétique de l’onde induit une force de Lorentz non négligeable qui courbe les trajectoires (génération d’harmoniques, effet Ponderomotrice), invalidant l’équation linéaire du mouvement utilisée ici.