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Exercice 2 : Théorème de l énergie cinétique

Sciences Industrielles pour l’Ingénieur (SII)

Section titled “Sciences Industrielles pour l’Ingénieur (SII)”

Dynamique 3D et Énergétique des solides - Théorème de l’énergie cinétique

Section titled “Dynamique 3D et Énergétique des solides - Théorème de l’énergie cinétique”

Ce problème est conçu pour être résolu pas à pas. En filière PSI, l’utilisation rigoureuse des torseurs, des matrices d’inertie et du Théorème de l’Énergie Cinetique (TEC) est systématiquement évaluée aux concours (CCE, Centrale-Supélec, Mines-Ponts). Veillez à bien expliciter les bilans énergétiques et à homogénéiser vos expressions littérales avant tout calcul numérique.


Énoncé du Problème : Étude d’un mécanisme de levage industriel

Section titled “Énoncé du Problème : Étude d’un mécanisme de levage industriel”

On considère un système mécanique modélisé par deux solides en liaison pivot et glissant :

  • Un bâti 00 galiléen muni d’un repère orthonormé direct R0=(O,x⃗0,y⃗0,z⃗0)\mathcal{R}_0 = (O, \vec{x}_0, \vec{y}_0, \vec{z}_0).
  • Un bras élévateur 11 de masse MM, de centre de gravité G1G_1, en liaison pivot d’axe (O,z⃗0)(O, \vec{z}_0) avec le bâti 00. On pose angle⃗(x⃗0,x⃗1)=θ(t)z⃗0\vec{angle}(\vec{x}_0, \vec{x}_1) = \theta(t)\vec{z}_0.
  • Une charge 22 de masse mm, assimilée à un point matériel CC, en mouvement de translation rectiligne par rapport au bras 11 le long de l’axe (G1,x⃗1)(G_1, \vec{x}_1). On pose G1C⃗=x(t)x⃗1\vec{G_1C} = x(t)\vec{x}_1.

Le paramétrage est le suivant :

  • R1=(O,x⃗1,y⃗1,z⃗0)\mathcal{R}_1 = (O, \vec{x}_1, \vec{y}_1, \vec{z}_0) lié au solide 11, avec x⃗1=cos⁡θx⃗0+sin⁡θy⃗0\vec{x}_1 = \cos\theta \vec{x}_0 + \sin\theta \vec{y}_0.
  • Le moment d’inertie du solide 11 par rapport à son axe de rotation (O,estnoteˊ(O, est noté J_1(avec(avecJ_1 = \frac{1}{3}ML^2,ouˋ, où L$ est la longueur du bras).
  • L’action de la pesanteur s’exerce selon g⃗=−gy⃗0\vec{g} = -g \vec{y}_0.

Exprimer le vecteur vitesse du point CC par rapport au repère R0\mathcal{R}_0, noté V⃗(C∈R0)\vec{V}(C \in \mathcal{R}_0), en fonction de θ\theta, θ˙\dot{\theta}, xx et x˙\dot{x}.

Corrigé : On applique la composition des vitesses : V⃗(C∈R0)=V⃗(C∈R1)+V⃗ent(C∈R0/R1)\vec{V}(C \in \mathcal{R}_0) = \vec{V}(C \in \mathcal{R}_1) + \vec{V}_{\text{ent}}(C \in \mathcal{R}_0/ \mathcal{R}_1)

Par définition, G1C⃗=x(t)x⃗1\vec{G_1C} = x(t)\vec{x}_1, donc : V⃗(C∈R1)=x˙x⃗1\vec{V}(C \in \mathcal{R}_1) = \dot{x}\vec{x}_1

Pour la vitesse d’entraînement, CC est lié à R1\mathcal{R}_1 en rotation autour de (O,z⃗0)(O, \vec{z}_0) à la vitesse angulaire θ˙z⃗0\dot{\theta}\vec{z}_0 : V⃗ent(C∈R0/R1)=V⃗(G1∈R0/R1)+Ω⃗(R1/R0)∧OC⃗\vec{V}_{\text{ent}}(C \in \mathcal{R}_0/ \mathcal{R}_1) = \vec{V}(G_1 \in \mathcal{R}_0/\mathcal{R}_1) + \vec{\Omega}(\mathcal{R}_1/\mathcal{R}_0) \land \vec{OC}

Sachant que OG⃗1=dx⃗1\vec{OG}_1 = d\vec{x}_1 (avec dd distance fixe, ou si G1G_1 est fixe en OO, posons G1=OG_1=O pour simplifier l’énoncé en considérant le bras de longueur LL avec OG1=L1OG_1 = L_1). Supposons pour la suite OO confondu avec l’origine du bras 11 (donc OC⃗=xx⃗1\vec{OC} = x\vec{x}_1). V⃗(C∈R0)=x˙x⃗1+(θ˙z⃗0)∧(xx⃗1)=x˙x⃗1+xθ˙y⃗1\vec{V}(C \in \mathcal{R}_0) = \dot{x}\vec{x}_1 + (\dot{\theta}\vec{z}_0) \land (x\vec{x}_1) = \dot{x}\vec{x}_1 + x\dot{\theta}\vec{y}_1


Partie 2 : Énergie cinétique du système

Section titled “Partie 2 : Énergie cinétique du système”

Exprimer l’énergie cinétique galiléenne du solide 11, notée Ec(1/R0)E_{c}(1/\mathcal{R}_0).

Corrigé : Le solide 11 est en rotation fixe autour de l’axe (O,z⃗0)(O, \vec{z}_0) par rapport au bâti galiléen R0\mathcal{R}_0. Ec(1/R0)=12J1θ˙2E_{c}(1/\mathcal{R}_0) = \frac{1}{2} J_1 \dot{\theta}^2

Exprimer l’énergie cinétique de la charge 22, notée Ec(2/R0)E_{c}(2/\mathcal{R}_0).

Corrigé : La charge 22 est modélisée par un point matériel CC de masse mm : Ec(2/R0)=12m∥V⃗(C∈R0)∥2E_{c}(2/\mathcal{R}_0) = \frac{1}{2} m \|\vec{V}(C \in \mathcal{R}_0)\|^2 D’après la question 1.1 : ∥V⃗(C∈R0)∥2=x˙2+(xθ˙)2\|\vec{V}(C \in \mathcal{R}_0)\|^2 = \dot{x}^2 + (x\dot{\theta})^2 Donc : Ec(2/R0)=12m(x˙2+x2θ˙2)E_{c}(2/\mathcal{R}_0) = \frac{1}{2} m \left( \dot{x}^2 + x^2\dot{\theta}^2 \right)

En déduire l’énergie cinétique totale du système Σ={1+2}\Sigma = \{1 + 2\}.

Corrigé : Ec(Σ/R0)=Ec(1/R0)+Ec(2/R0)=12J1θ˙2+12m(x˙2+x2θ˙2)E_{c}(\Sigma/\mathcal{R}_0) = E_{c}(1/\mathcal{R}_0) + E_{c}(2/\mathcal{R}_0) = \frac{1}{2} J_1 \dot{\theta}^2 + \frac{1}{2} m \left( \dot{x}^2 + x^2\dot{\theta}^2 \right)


Partie 3 : Application du Théorème de l’Énergie Cinétique (TEC)

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On suppose que le mouvement est commandé par un moteur agissant sur le pivot d’axe (O,z⃗0)(O, \vec{z}_0) fournissant un couple moteur de moment CmC_m et qu’un actionneur interne déplace la charge avec une force selon x⃗1\vec{x}_1 de résultante Fmx⃗1F_m \vec{x}_1.

Calculer la puissance des forces extérieures et intérieures appliquées au système Σ\Sigma.

Corrigé :

  1. Poids : Ppoids=−ddtEp\mathcal{P}_{\text{poids}} = - \frac{d}{dt} E_p Avec Ep=MgyG1+mgyC=(ML2+mx)gsin⁡θE_p = M g y_{G_1} + m g y_C = \left(M \frac{L}{2} + m x\right) g \sin\theta. Donc Ppoids=−(ML2+mx)gθ˙cos⁡θ−mgx˙sin⁡θ\mathcal{P}_{\text{poids}} = - \left( M \frac{L}{2} + m x \right) g \dot{\theta} \cos\theta - m g \dot{x} \sin\theta.

  2. Efforts moteurs : Pmoteur=Cmθ˙+Fmx˙\mathcal{P}_{\text{moteur}} = C_m \dot{\theta} + F_m \dot{x}

Appliquer le TEC sous sa forme dérivée par rapport au temps pour obtenir l’équation du mouvement selon la coordonnée généralisée θ\theta. (On supposera ici xx bloqué à une position x0x_0 constante pour cette question).

Corrigé : Le TEC s’écrit : ddtEc(Σ/R0)=Pext→Σ+Pint\frac{d}{dt}E_{c}(\Sigma/\mathcal{R}_0) = \mathcal{P}_{\text{ext} \to \Sigma} + \mathcal{P}_{\text{int}}

Pour x=x0x = x_0 (x˙=0\dot{x} = 0) : Ec=12(J1+mx02)θ˙2E_{c} = \frac{1}{2} (J_1 + m x_0^2) \dot{\theta}^2 En dérivant par rapport au temps : ddtEc=(J1+mx02)θ¨θ˙\frac{d}{dt}E_{c} = (J_1 + m x_0^2) \ddot{\theta} \dot{\theta}

En égalant avec la puissance des efforts (couple moteur + poids) : (J1+mx02)θ¨θ˙=[Cm−(ML2+mx0)gcos⁡θ]θ˙(J_1 + m x_0^2) \ddot{\theta} \dot{\theta} = \left[ C_m - \left(M \frac{L}{2} + m x_0\right) g \cos\theta \right] \dot{\theta}

En simplifiant par θ˙≠0\dot{\theta} \neq 0 : (J1+mx02)θ¨+(ML2+mx0)gcos⁡θ=Cm\boxed{(J_1 + m x_0^2) \ddot{\theta} + \left(M \frac{L}{2} + m x_0\right) g \cos\theta = C_m}


Partie 4 : Analyse critique des résultats

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Analyse de l’examinateur :

  1. Homogénéité : L’équation obtenue est homogène. Chaque terme s’exprime en unité de moment (N.m ou kg⋅m2⋅s−2\text{kg}\cdot\text{m}^2\cdot\text{s}^{-2}). En effet, J1θ¨J_1\ddot{\theta} est en kg⋅m2⋅(rad⋅s−2)\text{kg}\cdot\text{m}^2 \cdot (\text{rad}\cdot\text{s}^{-2}), ce qui correspond bien à un couple.
  2. Terme d’inertie variable : On observe que le moment d’inertie global du système Jglobal=J1+mx02J_{\text{global}} = J_1 + m x_0^2 dépend de la position x0x_0 de la charge. C’est un point clé en automatique : la fonction de transfert du système varie au cours du temps (système à paramètres non constants), ce qui complique la commande par PID classique et nécessite souvent des approches par gain schédulé (gain scheduling).
  3. Cas limite : Si m=0m = 0 et Cm=0C_m = 0, on retombe sur l’équation d’un pendule pesant non linéaire amorti : J1θ¨+ML2gcos⁡θ=0J_1 \ddot{\theta} + M \frac{L}{2} g \cos\theta = 0, ce qui valide qualitativement le modèle énergétique.