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Exercice 1 : Dispositif des trous d Young et cohérence

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

On se place dans le cadre de l’optique ondulatoire. On considère un dispositif d’interférences à deux ondes de type trous d’Young. Une source lumineuse primaire, ponctuelle ou étendue, éclaire un plan percé de deux trous S1S_1 et S2S_2 distants de aa. Les trous se comportent comme des sources secondaires synchrones et en phase si elles sont issues d’une même source primaire. Un écran d’observation EE est placé à une distance DD de ces trous, avec D≫aD \gg a.

L’objectif de ce problème est d’étudier l’influence de la nature de la source (monochromatique ou polychromatique, ponctuelle ou étendue) sur le contraste des franges d’interférence observées sur l’écran.

On note (O,u⃗x,u⃗y,u⃗z)(O, \vec{u}_x, \vec{u}_y, \vec{u}_z) le repère cartésien où le plan des trous est contenu dans le plan x=0x=0, les trous étant situés en S1(0,−a/2,0)S_1(0, -a/2, 0) et S2(0,a/2,0)S_2(0, a/2, 0). L’écran est situé dans le plan x=Dx = D. Un point MM de l’écran a pour coordonnées (D,y,z)(D, y, z). On se limitera à l’étude dans la direction yy (en posant z=0z=0).


  1. Interférences à deux ondes (Source ponctuelle monochromatique)

    1. Exprimer la différence de marche δ(y)=\delta(y) = entre les chemins optiques S1FMS_1FM et S2FMS_2FM au point M(D,y,0)M(D, y, 0), en effectuant un développement limité à l’ordre le plus bas non nul en yD\frac{y}{D} et aD\frac{a}{D}.
    2. En déduire l’expression de l’intensité lumineuse I(y)I(y) sur l’écran en fonction de l’intensité maximale I0I_0, de la longueur d’onde λ\lambda, de yy, aa et DD.
    3. Définir et calculer l’interfrange ii.
  2. Influence de la largeur spectrale (Source polychromatique)

    1. On suppose désormais que la source émet une bande de fréquences [ν0−Δν/2,ν0+Δν/2][\nu_0 - \Delta\nu/2, \nu_0 + \Delta\nu/2]. Exprimer l’intensité totale reçue en MM en supposant les radiations incohérentes entre elles.
    2. Montrer que l’intensité s’écrit sous la forme : I(y)=Imoy[1+C(y)cos⁡(2πayλ0D)]I(y) = I_{\text{moy}} \left[ 1 + \mathcal{C}(y) \cos\left(\frac{2\pi a y}{\lambda_0 D}\right) \right] où λ0=cν0\lambda_0 = \frac{c}{\nu_0} et C(y)\mathcal{C}(y) est le contraste (ou visibilité) des franges que l’on exprimera en fonction de Δν\Delta\nu, ν0\nu_0 et δ(y)\delta(y).
    3. À partir de quelle différence de marche δlim\delta_{\text{lim}} les interférences ne sont-elles plus observables ? Définir la longueur de cohérence temporelle LcL_c.
  3. Influence de la taille de la source (Cohérence spatiale)

    1. On remplace la source ponctuelle par une source étendue de largeur ss suivant l’axe yy. Chaque point σ\sigma de la source est supposé incohérent par rapport aux autres. Expliquer qualitativement pourquoi le contraste diminue lorsque ss augmente.
    2. Établir le critère de non-brouillage des franges liant la taille angulaire θ\theta de la source, la distance aa entre les trous et la longueur d’onde λ0\lambda_0.

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Q1.1 : Pensez à exprimer les carrés des distances S1M2S_1M^2 et S2M2S_2M^2 puis à utiliser un développement limité du type 1+ϵ≈1+ϵ2\sqrt{1+\epsilon} \approx 1 + \frac{\epsilon}{2}.
  • Q1.2 : Rappelez la relation générale entre intensité et différence de phase Δφ=2πδλ\Delta\varphi = \frac{2\pi \delta}{\lambda}.
  • Q2.2 : L’intensité totale est la somme des intensités des différentes radiations. L’intégrale à calculer fait apparaître un sinus cardinal (sinc\text{sinc}).
  • Q3.2 : Considérez qu’un décalage de la source de yσy_\sigma entraîne un déplacement des franges sur l’écran. Le brouillage intervient lorsque la frange brillante d’une source élémentaire coïncide avec la frange sombre d’une autre.

1. Interférences à deux ondes (Source ponctuelle monochromatique)

Section titled “1. Interférences à deux ondes (Source ponctuelle monochromatique)”
  1. Calcul de la différence de marche δ(y)\delta(y) : Les coordonnées des sources secondaires sont S1(0,−a2,0)S_1\left(0, -\frac{a}{2}, 0\right) et S2(0,a2,0)S_2\left(0, \frac{a}{2}, 0\right). Le point MM sur l’écran a pour coordonnées (D,y,0)(D, y, 0). La distance S1MS_1M est donnée par : S1M2=D2+(y+a2)2=D2[1+(y+a2)2D2]S_1M^2 = D^2 + \left(y + \frac{a}{2}\right)^2 = D^2 \left[ 1 + \frac{\left(y + \frac{a}{2}\right)^2}{D^2} \right] En posant ϵ=(y+a2)2D2≪1\epsilon = \frac{\left(y + \frac{a}{2}\right)^2}{D^2} \ll 1, on effectue un développement limité : S1M=D1+ϵ≈D(1+12(y+a2)2D2)≈D+y2+ay+a242DS_1M = D \sqrt{1 + \epsilon} \approx D \left( 1 + \frac{1}{2}\frac{\left(y + \frac{a}{2}\right)^2}{D^2} \right) \approx D + \frac{y^2 + ay + \frac{a^2}{4}}{2D} De même pour S2MS_2M : S2M≈D+y2−ay+a242DS_2M \approx D + \frac{y^2 - ay + \frac{a^2}{4}}{2D} La différence de marche δ(y)=S2M−S1M\delta(y) = S_2M - S_1M (ou l’inverse selon la convention) vaut : δ(y)=(y2−ay+a24)−(y2+ay+a24)2D=−ayD\delta(y) = \frac{\left(y^2 - ay + \frac{a^2}{4}\right) - \left(y^2 + ay + \frac{a^2}{4}\right)}{2D} = -\frac{ay}{D} En valeur absolue, ou en prenant δ=S2M−S1M\delta = S_2M - S_1M avec la convention usuelle : δ(y)=ayD\delta(y) = \frac{ay}{D}

  2. Expression de l’intensité lumineuse I(y)I(y) : La différence de phase entre les deux ondes au point MM est : Δφ=2πλδ(y)=2πayλD\Delta\varphi = \frac{2\pi}{\lambda} \delta(y) = \frac{2\pi a y}{\lambda D} L’intensité résultante pour deux ondes d’intensité unitaire I1=I2=I02I_1 = I_2 = \frac{I_0}{2} s’écrit : I(y)=I1+I2+2I1I2cos⁡(Δφ)=I0cos⁡2(πayλD)I(y) = I_1 + I_2 + 2\sqrt{I_1 I_2}\cos(\Delta\varphi) = I_0 \cos^2\left(\frac{\pi a y}{\lambda D}\right) Ou sous la forme classique : I(y)=I0[1+cos⁡(2πayλD)]I(y) = I_0 \left[ 1 + \cos\left(\frac{2\pi a y}{\lambda D}\right) \right]

  3. Définition et calcul de l’interfrange ii : L’interfrange ii est la distance séparant deux maxima d’intensité consécutifs. Un maximum est obtenu lorsque l’argument du cosinus est un multiple entier de 2π2\pi : 2πaykλD=2kπ  ⟹  yk=kλDa\frac{2\pi a y_k}{\lambda D} = 2k\pi \implies y_k = k \frac{\lambda D}{a} L’interfrange est donc : i=yk+1−yk=λDai = y_{k+1} - y_k = \frac{\lambda D}{a}


2. Influence de la largeur spectrale (Source polychromatique)

Section titled “2. Influence de la largeur spectrale (Source polychromatique)”
  1. Intensité totale pour une source polychromatique : Les radiations émises par la source sont incohérentes entre elles. Les intensités s’ajoutent donc ponctuellement. En notant Iν(ν)I_\nu(\nu) la densité spectrale d’intensité, l’intensité totale en MM est : I(y)=∫ν0−Δν/2ν0+Δν/2Iν(ν)[1+cos⁡(2πνδ(y)c)]dνI(y) = \int_{\nu_0 - \Delta\nu/2}^{\nu_0 + \Delta\nu/2} I_\nu(\nu) \left[ 1 + \cos\left(\frac{2\pi \nu \delta(y)}{c}\right) \right] d\nu En supposant le spectre uniforme d’amplitude Iν(ν)=I0ΔνI_\nu(\nu) = \frac{I_0}{\Delta\nu}, on a : I(y)=∫ν0−Δν/2ν0+Δν/2I0Δνdν+I0Δν∫ν0−Δν/2ν0+Δν/2cos⁡(2πνδc)dνI(y) = \int_{\nu_0 - \Delta\nu/2}^{\nu_0 + \Delta\nu/2} \frac{I_0}{\Delta\nu} d\nu + \frac{I_0}{\Delta\nu} \int_{\nu_0 - \Delta\nu/2}^{\nu_0 + \Delta\nu/2} \cos\left(\frac{2\pi \nu \delta}{c}\right) d\nu

  2. Calcul de l’intégrale et expression du contraste : La première intégrale vaut I0I_0. Pour la seconde, en posant ν=ν0+x\nu = \nu_0 + x, l’intégrale se calcule ainsi : ∫−Δν/2Δν/2cos⁡(2π(ν0+x)δc)dx=cos⁡(2πν0δc)∫−Δν/2Δν/2cos⁡(2πxδc)dx\int_{-\Delta\nu/2}^{\Delta\nu/2} \cos\left(\frac{2\pi (\nu_0 + x)\delta}{c}\right) dx = \cos\left(\frac{2\pi \nu_0 \delta}{c}\right) \int_{-\Delta\nu/2}^{\Delta\nu/2} \cos\left(\frac{2\pi x \delta}{c}\right) dx La primitive donne : [c2πδsin⁡(2πxδc)]−Δν/2Δν/2=cπδsin⁡(πΔνδc)=Δν sinc(πΔνδc)\left[ \frac{c}{2\pi \delta} \sin\left(\frac{2\pi x \delta}{c}\right) \right]_{-\Delta\nu/2}^{\Delta\nu/2} = \frac{c}{\pi \delta} \sin\left(\frac{\pi \Delta\nu \delta}{c}\right) = \Delta\nu \, \text{sinc}\left(\frac{\pi \Delta\nu \delta}{c}\right) En remettant le tout dans l’expression de l’intensité : I(y)=I0[1+cos⁡(2πν0δc)sinc(πΔνδc)]I(y) = I_0 \left[ 1 + \cos\left(\frac{2\pi \nu_0 \delta}{c}\right) \text{sinc}\left(\frac{\pi \Delta\nu \delta}{c}\right) \right] Par identification, le contraste C(y)\mathcal{C}(y) est la fonction : C(y)=∣sinc(πΔνδ(y)c)∣=∣sinc(πΔνaycD)∣\mathcal{C}(y) = \left| \text{sinc}\left(\frac{\pi \Delta\nu \delta(y)}{c}\right) \right| = \left| \text{sinc}\left(\frac{\pi \Delta\nu a y}{c D}\right) \right|

  3. Longueur de cohérence temporelle : Les interférences ne sont plus observables lorsque le contraste s’annule pour la première fois, c’est-à-dire lorsque l’argument du sinus cardinal atteint π\pi : πΔνδlimc=π  ⟹  δlim=cΔν\frac{\pi \Delta\nu \delta_{\text{lim}}}{c} = \pi \implies \delta_{\text{lim}} = \frac{c}{\Delta\nu} On définit la longueur de cohérence temporelle LcL_c par : Lc=cΔν=λ0ν0ΔνL_c = \frac{c}{\Delta\nu} = \lambda_0 \frac{\nu_0}{\Delta\nu} Au-delà de cette différence de marche (δ>Lc\delta > L_c), le système ne présente plus de franges visibles : le brouillage spectral est total.


3. Influence de la taille de la source (Cohérence spatiale)

Section titled “3. Influence de la taille de la source (Cohérence spatiale)”
  1. Explication qualitative : Considérons un point source σ\sigma situé hors de l’axe optique, à la coordonnée yσy_\sigma. Ce point éclaire les trous S1S_1 et S2S_2 sous un angle différent, ce qui équivaut à décaler le système de franges d’interférence sur l’écran. Lorsque la source s’étend sur une largeur ss, on superpose une infinité de systèmes de franges décalés les uns par rapport aux autres. Si le décalage maximal entre les systèmes de franges dépasse l’interfrange ii, les maxima des uns remplissent les minima des autres : les franges se brouillent et l’intensité devient uniforme sur l’écran (C→0\mathcal{C} \to 0).

  2. Établissement du critère de non-brouillage : Soit une source étendue de largeur ss observée depuis le plan des trous sous un angle θ≈sd\theta \approx \frac{s}{d} (où dd est la distance entre la source et le plan des trous). Le décalage Δy′\Delta y' des franges sur l’écran due à un point source situé à l’ordonnée yσy_\sigma s’obtient par un calcul de géométrie (équivalent au théorème de Malus ou par simple translation) : Δy′=Ddyσ=θD\Delta y' = \frac{D}{d} y_\sigma = \theta D Pour que les franges restent visibles, il faut que le décalage maximum de l’ensemble des franges soit inférieur à une fraction significative de l’interfrange, typiquement : θD<i  ⟹  θDa<λ0Da\theta D < i \implies \theta \frac{D}{a} < \frac{\lambda_0 D}{a} Soit le critère de cohérence spatiale de Van Cittert-Zernike (sous sa forme simplifiée) : θ⋅a<λ0ouθ<λ0a\theta \cdot a < \lambda_0 \quad \text{ou} \quad \theta < \frac{\lambda_0}{a} Conclusion du concours : Pour observer des interférences nettes avec une source étendue, il est impératif que le produit de la taille angulaire de la source par l’écartement des trous soit inférieur à la longueur d’onde.