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Cours : Polynômes, matrices et systèmes

Le cadre d’etude est le corps des nombres reels R\mathbb{R} ou complexes C\mathbb{C}, note K\mathbb{K}.

Un polynome PP a coefficients dans K\mathbb{K} est une suite finie (a0,a1,…,an)(a_0, a_1, \dots, a_n) d’elements de K\mathbb{K}, representee sous la forme : P(X)=∑k=0nakXk=a0+a1X+⋯+anXnP(X) = \sum_{k=0}^{n} a_k X^k = a_0 + a_1 X + \dots + a_n X^n L’ensemble des polynomes a coefficients dans K\mathbb{K} est note K[X]\mathbb{K}[X].

  • Degre : Si P≠0P \neq 0, il existe un unique n∈Nn \in \mathbb{N} tel que an≠\0a_n \neq \0 avec ∀k>n,ak=0\forall k > n, a_k = 0. On pose deg⁡(P)=n\deg(P) = n. Le coefficient ana_n est le coefficient dominant.
  • Racine : Soit α∈K\alpha \in \mathbb{K}. α\alpha est racine de PP si et seulement si P(α)=0P(\alpha) = 0.

Soit (n,p)∈(N∗)2(n, p) \in (\mathbb{N}^*)^2. Une matrice AA a nn lignes et pp colonnes a coefficients dans K\mathbb{K} est un element de l’ensemble Mn,p(K)\mathcal{M}_{n,p}(\mathbb{K}). Elle s’ecrit : A=(a1,1a1,2⋯a1,pa2,1a2,2⋯a2,p⋮⋮⋱⋮an,1an,2⋯an,p)A = \begin{pmatrix} a_{1,1} & a_{1,2} & \cdots & a_{1,p} \\ a_{2,1} & a_{2,2} & \cdots & a_{2,p} \\ \vdots & \vdots & \ddots & \vdots \\ a_{n,1} & a_{n,2} & \cdots & a_{n,p} \end{pmatrix} avec ∀(i,j)∈{1,…,n}×{1,…,p},ai,j∈K\forall (i,j) \in \{1, \dots, n\} \times \{1, \dots, p\}, a_{i,j} \in \mathbb{K}.

  • Si n=pn = p, la matrice est carree et appartient a Mn(K)\mathcal{M}_n(\mathbb{K}). La matrice identite est note In∈Mn(K)I_n \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}).

Un systeme lineaire de nn equations a pp inconnues (note S\mathcal{S}) s’ecrit sous forme matricielle : AX=BA X = B ou A∈Mn,p(K)A \in \mathcal{M}_{n,p}(\mathbb{K}) est la matrice du systeme, X∈Mp,1(K)X \in \mathcal{M}_{p,1}(\mathbb{K}) le vecteur colonne des inconnues, et B∈Mn,1(K)B \in \mathcal{M}_{n,1}(\mathbb{K}) le second membre.


📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

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Theorem : Division euclidienne dans K[X]\mathbb{K}[X]

Section titled “Theorem : Division euclidienne dans K[X]\mathbb{K}[X]K[X]”

Soit (A,B)∈K[X]2(A, B) \in \mathbb{K}[X]^2 avec B≠0B \neq 0. Il existe un unique couple (Q,R)∈K[X]2(Q, R) \in \mathbb{K}[X]^2 tel que : A=BQ+Retdeg⁡(R)<deg⁡(B)A = BQ + R \quad \text{et} \quad \deg(R) < \deg(B)

Soit P∈K[X]P \in \mathbb{K}[X] et α∈K\alpha \in \mathbb{K}. α\alpha est racine de PP si et seulement si (X−α)(X - \alpha) divise PP dans K[X]\mathbb{K}[X]. Demonstration: *

  1. Sens ⇐\Leftarrow : Supposons que (X−α)(X - \alpha) divise PP. Il existe Q∈K[X]Q \in \mathbb{K}[X] tel que P=(X−α)QP = (X - \alpha)Q. Alors n′evaluationenn'evaluation en \alphadonnedonneP(\alpha) = (\alpha - \alpha)Q(\alpha) = 0.Donc. Donc \alpha$ est racine.
  2. Sens ⇒\Rightarrow : Supposons que α\alpha est racine de PP. Par division euclidienne de PP par X−αX - \alpha, il existe (Q,R)∈K[X]2(Q, R) \in \mathbb{K}[X]^2 tels que : P(X)=(X−α)Q(X)+R(X)P(X) = (X - \alpha)Q(X) + R(X) avec deg⁡(R)<deg⁡(X−α)=1\deg(R) < \deg(X - \alpha) = 1. Par consequent, RR est un polynome constant, soit R(X)=r∈KR(X) = r \in \mathbb{K}. En evaluant en X=αX = \alpha : P(α)=(α−α)Q(α)+r  ⟹  0=0+r  ⟹  r=0P(\alpha) = (\alpha - \alpha)Q(\alpha) + r \implies 0 = 0 + r \implies r = 0 Ainsi, P(X)=(X−α)Q(X)P(X) = (X - \alpha)Q(X), ce qui prouve que X−αX - \alpha divise PP. ■\blacksquare

Theorem : Operations elementaires sur les systemes lineaires

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Les operations elementaires sur les lignes d’une matrice (ou les equations d’un systeme) ne modifient pas l’ensemble des solutions :

  1. L’echange de deux lignes : Li↔LjL_i \leftrightarrow L_j
  2. La multiplication d’une ligne par un scalaire non nul : Li←λLiL_i \leftarrow \lambda L_i (λ≠0\lambda \neq 0)
  3. L’ajout a une ligne d’un multiple d’une autre ligne : Li←Li+λLjL_i \leftarrow L_i + \lambda L_j (i≠ji \neq j)

Algorithme du pivot de Gauss pour les systemes

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L’algorithme de Gauss consiste a transformer la matrice augmentée AB\begin{array}{c|c} A & B \end{array} en une matrice triangulaire superieure (ou echelonnee) par operations elementaires sur les lignes.

  1. Recherche du pivot : Selectionner un coefficient non nul sur la colonne courante.
  2. Echelonnement : Eliminer les coefficients situes sous le pivot en effectuant des operations du type Li←Li−ai,kak,kLkL_i \leftarrow L_i - \frac{a_{i,k}}{a_{k,k}} L_k.
  3. Remontee : Une fois le systeme echelonne de la forme TX=CT X = C, resoudre de bas en haut pour exprimer les variables principales en fonction des parametres libres.

Inversion d’une matrice carree par le pivot de Gauss-Jordan

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Pour A∈Mn(K)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}), pour determiner si AA est inversible et calculer son inverse A−1∈Mn(K)A^{-1} \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) :

  1. Former la matrice bloquee AIn∈Mn,2n(K)\begin{array}{c|c} A & I_n \end{array} \in \mathcal{M}_{n,2n}(\mathbb{K}).
  2. Appliquer les operations elementaires sur les lignes pour transformer le bloc gauche AA en InI_n.
  3. Le bloc droit est alors transforme en A−1A^{-1}, de sorte que la matrice obtenue est InA−1\begin{array}{c|c} I_n & A^{-1} \end{array}.

  1. Confusion entre polynome et fonction polynomiale : Ne jamais ecrire “soit le polynome P(X)P(X)” sans preciser que PP est un element de K[X]\mathbb{K}[X]. PP est une expression formelle, P(x)P(x) est l’evaluation en une valeur xx.
  2. Oubli de la condition de non-nullete du pivot : Lors de la mise en oeuvre du pivot de Gauss avec des parametres, diviser par une expression sans s’assurer qu’elle est non nule conduit a une erreur fatale. Discuter systematiquement suivant les valeurs du parametre.
  3. Inversion abusive de matrices non carrees : Rappeler qu’une matrice A∈Mn,p(K)A \in \mathcal{M}_{n,p}(\mathbb{K}) n’est inversible que si n=pn = p (matrice carree). Pour n≠pn \neq p, la notion d’inverse n’a pas de sens mathematique.
  4. Erreur de dimension dans les produits matriciels : Soit A∈Mn,p(K)A \in \mathcal{M}_{n,p}(\mathbb{K}) et B∈Mu,v(K)B \in \mathcal{M}_{u,v}(\mathbb{K}). Le produit A×BA \times B n’a de sens que si p=up = u. Le resultat appartiendra alors a Mn,v(K)\mathcal{M}_{n,v}(\mathbb{K}).