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Exercice 2 : Étude thermodynamique des tuyères, turbines et compresseurs

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Les machines thermiques à écoulement (tuyères, turbines, compresseurs) jouent un rôle central dans les systèmes énergétiques modernes (moteurs d’avion, centrales à gaz ou thermiques, réseaux de climatisation). L’objectif de ce problème est d’établir et d’exploiter le premier principe de la thermodynamique appliqué aux systèmes ouverts (en régime permanent) pour modéliser ces différents composants.

On considère un fluide circulant dans un dispositif (tuyère, turbine ou compresseur) modélisé comme un système ouvert en régime permanent. Le fluide est assimilé à un gaz parfait de masse molaire MM, de capacité thermique massique à pression constante cpc_p et à volume constant cvc_v supposées constantes. On note γ=cpcv\gamma = \frac{c_p}{c_v} l’indice adiabatique du gaz.

❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

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  1. Rappel du premier principe pour un système ouvert : Établir l’expression du premier principe de la thermodynamique appliqué à un système ouvert en régime permanent, en présence d’un seul flux de matière entrant et d’un seul flux sortant. On négligera les variations d’énergie potentielle de pesanteur.

  2. Application aux machines adiabatiques sans travail extérieur (Tuyères et Diffuseurs) : Une tuyère est un conduit de section variable où un gaz subit une détente isentropique (réversible et adiabatique) visant à convertir son énergie thermique en énergie cinétique.

    • a) En déduire la relation liant la vitesse de sortie vsv_s, la vitesse d’entrée vev_e, et les enthalpies massiques heh_e et hsh_s.
    • b) Exprimer la vitesse de sortie vsv_s en fonction de cpc_p, de la température d’entrée TeT_e, de la température de sortie TsT_s, et de la vitesse d’entrée vev_e (supposée négligeable).
    • c) En déduire l’expression de TsT_s en fonction de TeT_e, des pressions PeP_e et PsP_s, et de γ\gamma, en supposant la transformation isentropique.
  3. Application aux turbines (Détente avec production de travail) : Une turbine permet de détendre un gaz de haute pression à une basse pression en récupérant de l’énergie mécanique sur un arbre en rotation. On suppose la transformation adiabatique et réversible (isentropique).

    • a) Exprimer le travail massique wutw_{\text{ut}} reçu par le fluide au cours de sa traversée de la turbine en fonction des enthalpies massiques d’entrée heh_e et de sortie hsh_s. Préciser le signe de wutw_{\text{ut}}.
    • b) Exprimer ce travail massique en fonction de cpc_p, TeT_e, TsT_s et du rapport de détentes τ=PsPe\tau = \frac{P_s}{P_e}.
  4. Application aux compresseurs (Compression avec consommation de travail) : Un compresseur élève la pression d’un gaz en lui fournissant du travail mécanique.

    • a) Définir l’efficacité (ou rendement isentropique) d’un compresseur ηc\eta_c en comparant le travail massique réel wreˊelw_{\text{réel}} au travail massique isentropique (réversible) wisw_{\text{is}} pour une même variation de pression.
    • b) Pourquoi les compresseurs réels s’écartent-ils du modèle isentropique (analyse critique) ?

💡 Pistes & Indications méthodologiques

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  • Question 1 : Utilisez le premier principe sous sa forme massique pour un système ouvert en régime permanent (bilan d’enthalpie totale).
  • Question 2 & 3 : Pensez à utiliser la loi de Laplace (P1−γTγ=cteP^{1-\gamma}T^\gamma = \text{cte}) pour relier les températures aux pressions lors d’une transformation adiabatique réversible d’un gaz parfait.
  • Question 4 : Attention aux conventions de signe : le travail reçu par le fluide est négatif si l’on suit la convention usuelle du premier principe, mais on utilise souvent des grandeurs en valeur absolue pour les rendements.

1. Premier principe pour un système ouvert en régime permanent

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Pour un système ouvert traversé par un débit massique constant Dm\mathcal{D}_m (un flux entrant ee et un flux sortant ss), le premier principe s’écrit en régime permanent (les grandeurs d’état dans le volume de contrôle ne dépendent pas du temps) sous la forme massique : Δh+Δec+Δep=q+wut\Delta h + \Delta e_c + \Delta e_p = q + w_{\text{ut}}

Où :

  • h=u+Pvh = u + Pv est l’enthalpie massique.
  • ec=12v2e_c = \frac{1}{2}v^2 est l’énergie cinétique massique.
  • ep=gze_p = gz est l’énergie potentielle massique (négligeable ici).
  • qq est le transfert thermique massique reçu par le fluide.
  • wutw_{\text{ut}} est le travail utile (ou travail transmissible, hors travail des forces de pression intérieures) massique reçu par le fluide.

Entre l’entrée (e)(e) et la sortie (s)(s), cela donne : (hs−he)+12(vs2−ve2)=q+wut(h_s - h_e) + \frac{1}{2}(v_s^2 - v_e^2) = q + w_{\text{ut}}


  • a) Vitesse de sortie : Une tuyère n’a pas d’arbre en mouvement, donc wut=0w_{\text{ut}} = 0. De plus, la transformation est supposée adiabatique, donc q=0q = 0. Le bilan devient : (hs−he)+12(vs2−ve2)=0  ⟹  vs2=ve2+2(he−hs)(h_s - h_e) + \frac{1}{2}(v_s^2 - v_e^2) = 0 \implies v_s^2 = v_e^2 + 2(h_e - h_s)

  • b) Expression avec les températures : Pour un gaz parfait, la variation d’enthalpie massique est Δh=cp(Ts−Te)\Delta h = c_p(T_s - T_e). Ainsi : vs2=ve2+2cp(Te−Ts)v_s^2 = v_e^2 + 2c_p(T_e - T_s) Si la vitesse d’entrée est négligeable (ve≈0v_e \approx 0), on obtient : vs=2cp(Te−Ts)v_s = \sqrt{2c_p(T_e - T_s)}

  • c) Expression de la température de sortie TsT_s : La transformation est adiabatique et réversible (isentropique) pour un gaz parfait, la loi de Laplace s’applique : TeγPe1−γ=TsγPs1−γ  ⟹  Ts=Te(PsPe)γ−1γT_e^{\gamma} P_e^{1-\gamma} = T_s^{\gamma} P_s^{1-\gamma} \implies T_s = T_e \left(\frac{P_s}{P_e}\right)^{\frac{\gamma-1}{\gamma}}


  • a) Travail massique de la turbine : Pour une turbine, il y a production de travail mécanique, donc wut<0w_{\text{ut}} < 0 (le fluide fournit du travail à l’extérieur). Le flux thermique est généralement négligé devant les transferts énergétiques mécaniques (q≈0q \approx 0). Le premier principe donne : (hs−he)+12(vs2−ve2)=wut(h_s - h_e) + \frac{1}{2}(v_s^2 - v_e^2) = w_{\text{ut}} Souvent, les variations d’énergie cinétique entre l’entrée et la sortie sont négligeables devant le travail échangé : wut=hs−he=cp(Ts−Te)w_{\text{ut}} = h_s - h_e = c_p(T_s - T_e) Comme Ts<TeT_s < T_e (détente), on a bien wut<0w_{\text{ut}} < 0.

  • b) Expression en fonction du rapport de détentes : En utilisant la loi de Laplace pour la détente isentropique : Ts=Te(PsPe)γ−1γ=Te τγ−1γT_s = T_e \left(\frac{P_s}{P_e}\right)^{\frac{\gamma-1}{\gamma}} = T_e \, \tau^{\frac{\gamma-1}{\gamma}} En reportant dans l’expression du travail : wut=cpTe(τγ−1γ−1)w_{\text{ut}} = c_p T_e \left( \tau^{\frac{\gamma-1}{\gamma}} - 1 \right)


4. Étude du compresseur et analyse critique

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  • a) Rendement isentropique d’un compresseur : Un compresseur reçoit du travail de l’extérieur (wreˊel>0w_{\text{réel}} > 0). Le travail minimal nécessaire pour élever la pression d’une pression PeP_e à PsP_s est obtenu pour une compression isentropique réversible w\isw_{\is}. En raison des frottements et des irréversibilités internes, le travail réel fourni est supérieur au travail isentropique. Le rendement isentropique ηc\eta_c s’exprime donc par : ηc=wiswreˊel=hs,is−hehs,reˊel−he=Ts,is−TeTs,reˊel−Te\eta_c = \frac{w_{\text{is}}}{w_{\text{réel}}} = \frac{h_{\text{s,is}} - h_e}{h_{\text{s,réel}} - h_e} = \frac{T_{\text{s,is}} - T_e}{T_{\text{s,réel}} - T_e}

  • b) Analyse critique du modèle :

    • Irréversibilités : Les frottements visqueux du fluide contre les parois et les turbulences générées dans les aubages créent de l’entropie (ΔScreˊeˊe>0\Delta S_{\text{créée}} > 0). Cela se traduit par une augmentation de la température de sortie réelle Ts,reˊelT_{\text{s,réel}} supérieure à celle prédite par la loi de Laplace (Ts,isT_{\text{s,is}}).
    • Transferts thermiques : Le modèle adiabatique (q=0q = 0) est une approximation. En réalité, un compresseur ou une turbine échange de la chaleur avec l’extérieur (refroidissement par eau ou air des compresseurs, pertes thermiques des turbines).
    • Régime permanent idéal : Les fluctuations de débit ou de pression ne sont pas prises en compte dans ce modèle stationnaire de base.