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Exercice 2 : Propagation des ondes électromagnétiques dans le vide

Problème guidé : Propagation des ondes électromagnétiques dans le vide

Section titled “Problème guidé : Propagation des ondes électromagnétiques dans le vide”

Le cadre de ce problème est l’étude de la propagation des ondes électromagnétiques dans le vide à l’aide des équations de Maxwell. On s’intéresse en particulier à une onde électromagnétique plane, progressive, monochromatique (OEPM) se propageant dans la direction de l’axe (Ox)(Ox).

Les champs électrique E⃗\vec{E} et magnétique B⃗\vec{B} sont décrits dans le système d’unités international (SI). On rappelle les constantes fondamentales de la physique :

  • Permittivité diélectrique du vide : ε0≈8,85×10−12 F⋅m−1\varepsilon_0 \approx 8{,}85 \times 10^{-12} \text{ F}\cdot\text{m}^{-1}
  • Perméabilité magnétique du vide : μ0=4π×10−7 H⋅m−1\mu_0 = 4\pi \times 10^{-7} \text{ H}\cdot\text{m}^{-1}
  • Célérité de la lumière dans le vide : c=1ε0μ0c = \frac{1}{\sqrt{\varepsilon_0 \mu_0}}

I. Établissement des équations de propagation

Section titled “I. Établissement des équations de propagation”
  1. Rappeler les équations de Maxwell dans le vide en l’absence de charges et de courants (sources nulles).
  2. En appliquant l’opérateur rotationnel à l’équation de Maxwell-Faraday, et en utilisant une relation d’analyse vectorielle usuelle, établir l’équation de d’Alembert vérifiée par le champ électrique E⃗\vec{E}.
  3. Exprimer la vitesse de propagation cc en fonction de ε0\varepsilon_0 et μ0\mu_0, et effectuer l’application numérique pour vérifier la cohérence avec la vitesse de la lumière.

II. Étude d’une onde plane et analyse critique

Section titled “II. Étude d’une onde plane et analyse critique”
  1. On considère une onde électromagnétique polarisée rectilignement suivant l’axe (Oy)(Oy), se propageant selon (Ox)(Ox). Le champ électrique s’écrit sous la forme complexe : E⃗‾(x,t)=E0cos⁡(ωt−kx)u⃗y\underline{\vec{E}}(x, t) = E_0 \cos(\omega t - kx) \vec{u}_y Déterminer le champ magnétique associé B⃗‾(x,t)\underline{\vec{B}}(x, t) en utilisant l’équation de Maxwell-Faraday. On précisera sa direction de polarisation.
  2. Définir le vecteur de Poynting R⃗\vec{R} et calculer sa valeur moyenne temporelle ⟨R⃗⟩\langle \vec{R} \rangle pour cette onde.
  3. Analyse critique et limites du modèle : En considérant une onde lumineuse visible de longueur d’onde dans le vide λ0=600 nm\lambda_0 = 600 \text{ nm} et d’amplitude maximale du champ électrique E0=100 V⋅m−1E_0 = 100 \text{ V}\cdot\text{m}^{-1}, calculer la valeur moyenne de la puissance surfacique transportée. Discuter de la validité de ce modèle de “vide parfait” à l’échelle astronomique (interstellaire) ou face à la structure granulaire de la lumière (photons).

  • Piste 1 : Pour la question 2, pensez à utiliser l’identité vectorielle rot⃗(rot⃗A⃗)=grad⃗(divA⃗)−ΔA⃗\vec{\text{rot}}(\vec{\text{rot}}\vec{A}) = \vec{\text{grad}}(\text{div}\vec{A}) - \Delta \vec{A}.
  • Piste 2 : L’intégration par rapport au temps du champ magnétique doit se faire sans constante d’intégration (on élimine les champs permanents non radiatifs).
  • Piste 3 : Le vecteur de Poynting s’exprime par R⃗=1μ0E⃗∧B⃗\vec{R} = \frac{1}{\mu_0} \vec{E} \land \vec{B}. La moyenne temporelle d’un terme en cos⁡2(θ)\cos^2(\theta) sur une période est 12\frac{1}{2}.

I. Établissement des équations de propagation

Section titled “I. Établissement des équations de propagation”
  1. Équations de Maxwell dans le vide (sources nulles) :

    • Maxwell-Gauss : divE⃗=0\text{div}\vec{E} = 0
    • Maxwell-Thomson : divB⃗=0\text{div}\vec{B} = 0
    • Maxwell-Faraday : rot⃗E⃗=−∂B⃗∂t\vec{\text{rot}}\vec{E} = -\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}
    • Maxwell-Ampère : rot⃗B⃗=ε0μ0∂E⃗∂t\vec{\text{rot}}\vec{B} = \varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}
  2. Équation de d’Alembert pour E⃗\vec{E} : En appliquant le rotationnel à l’équation de Maxwell-Faraday : rot⃗(rot⃗E⃗)=rot⃗(−∂B⃗∂t)=−∂∂t(rot⃗B⃗)\vec{\text{rot}}(\vec{\text{rot}}\vec{E}) = \vec{\text{rot}}\left(-\frac{\partial \vec{B}}{\partial t}\right) = -\frac{\partial}{\partial t}(\vec{\text{rot}}\vec{B}) En utilisant l’identité vectorielle rot⃗(rot⃗E⃗)=grad⃗(divE⃗)−ΔE⃗\vec{\text{rot}}(\vec{\text{rot}}\vec{E}) = \vec{\text{grad}}(\text{div}\vec{E}) - \Delta \vec{E} et sachant que divE⃗=0\text{div}\vec{E} = 0 (Maxwell-Gauss) : −ΔE⃗=−∂∂t(ε0μ0∂E⃗∂t)-\Delta \vec{E} = -\frac{\partial}{\partial t}\left(\varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial \vec{E}}{\partial t}\right) Soit l’équation de d’Alembert : ΔE⃗−ε0μ0∂2E⃗∂t2=0⃗\Delta \vec{E} - \varepsilon_0 \mu_0 \frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \vec{0}

  3. Célérité de l’onde : Par identification avec l’équation d’onde classique ΔE⃗−1c2∂2E⃗∂t2=0⃗\Delta \vec{E} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}}{\partial t^2} = \vec{0}, on obtient : c=1ε0μ0c = \frac{1}{\sqrt{\varepsilon_0 \mu_0}} Application numérique : c=18,85×10−12×4π×10−7≈3,00×108 m⋅s−1c = \frac{1}{\sqrt{8{,}85 \times 10^{-12} \times 4\pi \times 10^{-7}}} \approx 3{,}00 \times 10^8 \text{ m}\cdot\text{s}^{-1} Le résultat est strictement cohérent avec la vitesse de la lumière dans le vide.


II. Étude d’une onde plane et analyse critique

Section titled “II. Étude d’une onde plane et analyse critique”
  1. Détermination du champ magnétique B⃗‾\underline{\vec{B}} : À partir de l’équation de Maxwell-Faraday sous forme locale : ∂B⃗∂t=−rot⃗E⃗\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} = -\vec{\text{rot}}\vec{E}. Le champ électrique ne dépend que de xx et tt, et est porté par u⃗y\vec{u}_y. Son rotationnel est : rot⃗E⃗=(∂Ez∂y−∂Ey∂z)u⃗x+(∂Ex∂z−∂zEz… )u⃗y+∂Ey∂xu⃗z=∂Ey∂xu⃗z\vec{\text{rot}}\vec{E} = \left(\frac{\partial E_z}{\partial y} - \frac{\partial E_y}{\partial z}\right)\vec{u}_x + \left(\frac{\partial E_x}{\partial z} - \partial_z E_z \dots\right)\vec{u}_y + \frac{\partial E_y}{\partial x}\vec{u}_z = \frac{\partial E_y}{\partial x}\vec{u}_z Ici, Ey(x,t)=E0cos⁡(ωt−kx)E_y(x,t) = E_0 \cos(\omega t - kx), donc ∂Ey∂x=kE0sin⁡(ωt−kx)\frac{\partial E_y}{\partial x} = k E_0 \sin(\omega t - kx). Ainsi, ∂B⃗∂t=−kE0sin⁡(ωt−kx)u⃗z\frac{\partial \vec{B}}{\partial t} = -k E_0 \sin(\omega t - kx) \vec{u}_z. En intégrant par rapport au temps (et en posant la constante d’intégration nulle pour éliminer un champ magnétique continu parasite) : B⃗(x,t)=kE0ωcos⁡(ωt−kx)u⃗z=E0ccos⁡(ωt−kx)u⃗z\vec{B}(x, t) = \frac{k E_0}{\omega} \cos(\omega t - kx) \vec{u}_z = \frac{E_0}{c} \cos(\omega t - kx) \vec{u}_z Le champ magnétique est polarisé rectilignement suivant l’axe (Oz)(Oz), perpendiculaire à E⃗\vec{E} et à la direction de propagation u⃗x\vec{u}_x. Le trièdre (u⃗x,u⃗y,u⃗z)(\vec{u}_x, \vec{u}_y, \vec{u}_z) est direct.

  2. Vecteur de Poynting et moyenne temporelle : Le vecteur de Poynting représente la densité de flux de puissance électromagnétique : R⃗=1μ0E⃗∧B⃗=1μ0[E0cos⁡(ωt−kx)u⃗y]∧[E0ccos⁡(ωt−kx)u⃗z]=E02μ0ccos⁡2(ωt−kx)u⃗x\vec{R} = \frac{1}{\mu_0} \vec{E} \land \vec{B} = \frac{1}{\mu_0} \left[ E_0 \cos(\omega t - kx) \vec{u}_y \right] \land \left[ \frac{E_0}{c} \cos(\omega t - kx) \vec{u}_z \right] = \frac{E_0^2}{\mu_0 c} \cos^2(\omega t - kx) \vec{u}_x La moyenne temporelle sur une période (sachant que ⟨cos⁡2(θ)⟩=12\langle \cos^2(\theta) \rangle = \frac{1}{2}) donne : ⟨R⃗⟩=E022μ0cu⃗x\langle \vec{R} \rangle = \frac{E_0^2}{2 \mu_0 c} \vec{u}_x

  3. Analyse critique et limites du modèle :

    • Application numérique : Avec E0=100 V⋅m−1E_0 = 100 \text{ V}\cdot\text{m}^{-1} et μ0c=μ0ε0=Z0≈377 Ω\mu_0 c = \sqrt{\frac{\mu_0}{\varepsilon_0}} = Z_0 \approx 377 \, \Omega (impédance caractéristique du vide) : ∥⟨R⃗⟩∥=(100)22×377≈10000754≈13,3 W⋅m−2\|\langle \vec{R} \rangle\| = \frac{(100)^2}{2 \times 377} \approx \frac{10000}{754} \approx 13{,}3 \text{ W}\cdot\text{m}^{-2}
    • Limites du modèle :
      1. Milieu interstellaire : Le “vide” intergalactique ou interstellaire n’est pas strictement vide ; il contient un plasma très peu dense (quelques ions par cm3\text{cm}^3). À très grande échelle ou pour des fréquences très basses (ondes radio), les électrons libres ne peuvent plus être négligés, ce qui rend le milieu dispersif et conduit à une atténuation ou une coupure (fréquence plasma).
      2. Nature quantique : À l’échelle microscopique, le modèle classique ondulatoire de Maxwell atteint ses limites face à la nature corpusculaire de la lumière (photons). Si l’intensité lumineuse devient extrêmement faible, l’énergie ne se propulse plus de manière continue selon le vecteur de Poynting, mais par quanta discrets d’énergie E=hνE = h\nu, rendant la description statistique indispensable.