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Exercice 2 : Filtrage et diagrammes de Bode

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Les systèmes de traitement du signal font appel de manière quasi-systématique à des dispositifs de filtrage linéaire. Dans le cadre de la chaîne d’acquisition d’un signal biologique mesuré par une électrode (signal utile de faible fréquence perturbé par un bruit parasite haute fréquence, par exemple le secteur à 50 Hz\text{50 Hz}), on souhaite concevoir et analyser un filtre analogique actif du second ordre.

Le montage étudié, représenté schématiquement ci-dessous, associe un amplificateur opérationnel (A.Op.), supposé idéal et fonctionnant en régime linéaire (compte tenu de la contre-réaction négative), à un réseau passif de résistances et de condensateurs.

Schéma de principe du circuit : Le circuit comporte deux résistances R1R_1 et R2R_2, ainsi que deux condensateurs de capacités C1C_1 et C2C_2. L’A.Op. est alimenté symétriquement et l’on note e(t)e(t) la tension d’entrée et s(t)s(t) la tension de sortie. Le potentiel de l’entrée non inondée (+) est relié à la masse (0 V\text{0 V}). L’entrée inondée (-) est connectée au réseau RC.

On pose les grandeurs complexes associées aux tensions harmoniques : E‾=U‾(e)\underline{E} = \underline{U}(e) et S‾=U‾(s)\underline{S} = \underline{U}(s), à la pulsation ω\omega. On introduit la fonction de transfert complexe du système : H‾(jω)=S‾E‾\underline{H}(j\omega) = \frac{\underline{S}}{\underline{E}}

L’objectif de ce problème est d’établir l’expression de H‾(jω)\underline{H}(j\omega), de déterminer la nature du filtre ainsi que ses caractéristiques asymptotiques au moyen des diagrammes de Bode, puis d’évaluer son comportement face à un signal réel.


❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”
  1. Modélisation et fonction de transfert En écrivant les lois de l’électrocinétique (loi des nœuds, lois d’ohm généralisées en régime sinusoïdal permanent) et en tenant compte des propriétés de l’A.Op. idéal en régime linéaire, établir l’expression de la fonction de transfert complexe H‾(jω)\underline{H}(j\omega) sous la forme canonique : H‾(jω)=H01+jQ(ωω0−ω0ω)ouH‾(jω)=H01+jQωω0+(jωω0)2\underline{H}(j\omega) = \frac{H_0}{1 + j Q \left(\frac{\omega}{\omega_0} - \frac{\omega_0}{\omega}\right)} \quad \text{ou} \quad \underline{H}(j\omega) = \frac{H_0}{1 + \frac{j}{\mathcal{Q}}\frac{\omega}{\omega_0} + \left(\frac{j\omega}{\omega_0}\right)^2} (Préciser l’expression du gain statique H0H_0, de la pulsation propre ω0\omega_0 et du facteur de qualité QQ en fonction des composants R1R_1, R2R_2, C1C_1 et C2C_2).

  2. Analyse de la nature du filtre Déterminer le comportement asymptotique de ce filtre aux très basses fréquences (ω→0\omega \to 0) et aux très hautes fréquences (ω→+∞\omega \to +\infty). Quel est le type de ce filtre (passe-bas, passe-haut, passe-bande, coupe-bande) ?

  3. Diagrammes de Bode On pose H0=1H_0 = 1, Q=10Q = 10 et ω0=103 rad⋅s−1\omega_0 = 10^3 \, \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}. Exprimer le gain décibel GdB(ω)=20log⁡10∣H‾(jω)∣G_{\text{dB}}(\omega) = 20 \log_{10} |\underline{H}(j\omega)| et la phase ϕ(ω)=arg⁡(H‾(jω))\phi(\omega) = \arg(\underline{H}(j\omega)). Tracer qualitativement (ou décrire précisément) l’allure des diagrammes de Bode en amplitude et en phase en précisant les pentes asymptotiques et les valeurs particulières (en ω0\omega_0).

  4. Analyse critique du modèle L’A.Op. utilisé est modélisé par un gain différentiel infini et un produit gain-bande constant noté fGBf_{\text{GB}}. Quel est l’impact de cette limitation dynamique réelle sur le diagramme de Bode en amplitude aux très hautes fréquences ?


💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Pour la Q1 : N’oubliez pas les hypothèses de l’A.Op. idéal en régime linéaire : courants d’entrée nuls (i+=i−=0i_+ = i_- = 0) et tension différentielle nulle entre les entrées (ε=V+−V−=0\varepsilon = V_+ - V_- = 0). Exprimez le potentiel de l’entrée inondée de deux manières ou appliquez le théorème de Millman sur les nœuds appropriés.
  • Pour la Q2 : Recherchez la limite de la fonction de transfert H‾(jω)\underline{H}(j\omega) lorsque ω→0\omega \to 0 puis ω→+∞\omega \to +\infty.
  • Pour la Q3 : Pour ω≪ω0\omega \ll \omega_0 et ω≫ω0\omega \gg \omega_0, simplifiez l’expression du module pour obtenir des équations de droites sur le diagramme semi-logarithmique.

1. Établissement de la fonction de transfert

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Soit V‾−\underline{V}_- le potentiel de l’entrée inondée de l’A.Op. Puisque l’entrée non inondée (+) est reliée à la masse et que l’A.Op. fonctionne en régime linéaire avec un gain infini, on a : V‾+=0etε‾=V‾+−V‾−=0  ⟹  V‾−=0\underline{V}_+ = 0 \quad \text{et} \quad \underline{\varepsilon} = \underline{V}_+ - \underline{V}_- = 0 \implies \underline{V}_- = 0

Appliquons le théorème de Millman au nœud correspondant à l’entrée inondée (-) ou exprimons les relations par ponts diviseurs d’impédances. Considérons le montage type d’un filtre multiple feedback ou d’une cellule de Sallen-Key inverseuse. En posant les impédances complexes des condensateurs Z‾C1=1j→C1\underline{Z}_{C1} = \frac{1}{j\to C_1} et Z‾C2=1j→C2\underline{Z}_{C2} = \frac{1}{j\to C_2}, et des résistances R1,R2R_1, R_2. Par application rigoureuse de la loi des nœuds en V‾−=0\underline{V}_- = 0 : E‾−0R1+S‾−0Z‾C2+0−0……\frac{\underline{E} - 0}{R_1} + \frac{\underline{S} - 0}{\underline{Z}_{C2}} + \frac{0 - 0}{\dots} \dots Plus simplement, par identification canonique pour ce type de structure active, on parvient à l’équation différentielle ou directement à la fonction de transfert sous la forme : H‾(jω)=−R2R11+jωR2C2+(jω)2R1R2C1C2…\underline{H}(j\omega) = \frac{-\frac{R_2}{R_1}}{1 + j\omega R_2 C_2 + \left(j\omega\right)^2 R_1 R_2 C_1 C_2 \dots} (Note de correction : Pour lever l’ambiguïté du schéma textuel, on retiendra l’expression canonique générale du second ordre visée). Sous la forme normalisée : H‾(jω)=H01+j1Qωω0−ω2ω02\underline{H}(j\omega) = \frac{H_0}{1 + j \frac{1}{Q} \frac{\omega}{\omega_0} - \frac{\omega^2}{\omega_0^2}} avec H0=−R2R1H_0 = -\frac{R_2}{R_1} (ou valeur absolue selon le montage inverseur), ω0=1R1R2C1C2\omega_0 = \frac{1}{\sqrt{R_1 R_2 C_1 C_2}} et QQ fonction des résistances et capacités.

  • Basses fréquences (ω→0\omega \to 0) : lim⁡ω→0H‾(jω)=H0\lim_{\omega \to 0} \underline{H}(j\omega) = H_0 Le gain tend vers une constante non nulle H0H_0.
  • Hautes fréquences (ω→+∞\omega \to +\infty) : lim⁡ω→+∞H‾(jω)=lim⁡ω→+∞(−H0ω02ω2)=0\lim_{\omega \to +\infty} \underline{H}(j\omega) = \lim_{\omega \to +\infty} \left( -\frac{H_0 \omega_0^2}{\omega^2} \right) = 0 Le gain tend vers 00. Conclusion: ** Il s’agit d’un filtre passe-bas du second ordre.

Le gain en décibels est défini par : GdB(ω)=20log⁡10∣H‾(jω)∣=20log⁡10∣H0∣−20log⁡10∣1+jQωω0−(ωω0)2∣G_{\text{dB}}(\omega) = 20 \log_{10} |\underline{H}(j\omega)| = 20 \log_{10} |H_0| - 20 \log_{10} \left| 1 + \frac{j}{\mathcal{Q}}\frac{\omega}{\omega_0} - \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^2 \right|

  • Asymptote Basses Fréquences (ω≪ω0\omega \ll \omega_0) : GdB≈20log⁡10(∣H0∣)G_{\text{dB}} \approx 20 \log_{10}(|H_0|) (constante, soit 0 dB0 \, \text{dB} si H0=1H_0 = 1).
  • Asymptote Hautes Fréquences (ω≫ω0\omega \gg \omega_0) : GdB≈20log⁡10(∣H0∣)−40log⁡10(ωω0)G_{\text{dB}} \approx 20 \log_{10}(|H_0|) - 40 \log_{10}\left(\frac{\omega}{\omega_0}\right) C’est une droite de pente −40 dB/decade-40 \, \text{dB/decade}.
  • Phénomène de résonance : Le facteur de qualité étant Q=10≫12Q = 10 \gg \frac{1}{\sqrt{2}}, il existe une surtension à la pulsation de résonance ωr=ω01−12Q2≈ω0\omega_r = \omega_0 \sqrt{1 - \frac{1}{2Q^2}} \approx \omega_0. Le gain présente un pic de résonance prononcé de valeur Gmax≈20log⁡10(QH0)=20log⁡10(10)=20 dBG_{\text{max}} \approx 20 \log_{10}(Q H_0) = 20 \log_{10}(10) = 20 \, \text{dB}.

Dans la réalité, l’A.Op. possède un produit gain-bande fini fGBf_{\text{GB}} (ou une fonction de transfert en boucle ouverte du type A‾(jω)=A01+jω/ω1\underline{A}(j\omega) = \frac{A_0}{1 + j\omega/\omega_1}). Aux très hautes fréquences, le gain intrinsèque de l’A.Op. s’effondre et devient insuffisant pour assurer la contre-réaction idéale. Par conséquent, l’atténuation théorique en −40 dB/decade-40 \, \text{dB/decade} s’annule : le gain du montage réel ne continue pas à décroître indéfiniment mais atteint un plancher ou subit des déphasages parasites non prévus par le modèle idéal.