Cours : Algèbre bilinéaire
Fiche de Cours : Algèbre Bilinéaire (PC - Mathématiques)
Section titled “Fiche de Cours : Algèbre Bilinéaire (PC - Mathématiques)”1. Formes bilinéaires et formes quadratiques
Section titled “1. Formes bilinéaires et formes quadratiques”A. Formes bilinéaires
Section titled “A. Formes bilinéaires”Soit un -espace vectoriel ( ou ).
Définition 1 (Forme bilinéaire) : Une application est dite bilinéaire si elle est linéaire par rapport à chacune de ses variables :
- , l’application est linéaire.
- , l’application est linéaire.
On note l’espace vectoriel des formes bilinéaires sur .
Définition 2 (Symétrie et antisymétrie) :
- est symétrique si : .
- est antisymétrique si : .
B. Formes quadratiques
Section titled “B. Formes quadratiques”Restriction au programme de PC : On se place dorénavant essentiellement sur .
Définition 3 (Forme quadratique) : Une application est une forme quadratique s’il existe une forme bilinéaire symétrique sur telle que :
Théorème 1 (Polarisation) : Soit une forme quadratique associée à la forme bilinéaire symétrique . Alors est unique et s’obtient par la formule de polarisation :
2. Représentation matricielle
Section titled “2. Représentation matricielle”Soit un -ev de dimension finie , muni d’une base .
A. Matrice d’une forme bilinéaire
Section titled “A. Matrice d’une forme bilinéaire”Définition 4 : La matrice de la forme bilinéaire dans la base est la matrice définie par : Si et sont les vecteurs colonnes des coordonnées de et dans , alors : Propriété : est symétrique si et seulement si sa matrice est symétrique ().
B. Matrice d’une forme quadratique
Section titled “B. Matrice d’une forme quadratique”Définition 5 : La matrice d’une forme quadratique dans la base est la matrice de la forme polaire associée . Si est le vecteur colonne des coordonnées de :
Formule de changement de base : Si est la matrice de passage d’une base à une base , la nouvelle matrice de la forme bilinéaire (ou quadratique) est :
3. Réduction des formes quadratiques
Section titled “3. Réduction des formes quadratiques”A. Méthode de Gauss (Décomposition en carrés)
Section titled “A. Méthode de Gauss (Décomposition en carrés)”Théorème 2 : Toute forme quadratique peut s’écrire comme une combinaison linéaire (à coefficients réels) de carrés de formes linéaires indépendantes : où les forment une famille libre de .
Méthode pratique (Algorithme de Gauss) :
- Si un terme en a un coefficient non nul, on regroupe tous les termes contenant pour former le début d’un carré parfait.
- Si aucun terme carré n’est présent mais qu’un terme croisé () est non nul, on utilise l’identité remarquable :
- On procède par récurrence sur la dimension.
B. Signature d’une forme quadratique
Section titled “B. Signature d’une forme quadratique”Théorème 3 (Loi d’inertie de Sylvester) : Soit une forme quadratique sur un -espace vectoriel de dimension finie. Dans toute décomposition de Gauss, le nombre de coefficients strictement positifs, strictement négatifs et nuls est invariant.
Définition 6 (Signature) : Le couple où est le nombre de coefficients et le nombre de coefficients est appelé la signature de . Le rang de est .
4. Espaces préhilbertiens et hilbertiens réels
Section titled “4. Espaces préhilbertiens et hilbertiens réels”On suppose désormais .
A. Produit scalaire
Section titled “A. Produit scalaire”Définition 7 : Un produit scalaire sur un -ev est une forme bilinéaire symétrique (notée ou ) qui est définie positive : Un espace vectoriel muni d’un produit scalaire est un espace préhilbertien réel. S’il est de dimension finie, on parle d’espace euclidien.
Théorème 4 (Cauchy-Schwarz) : avec égalité si et seulement si est liée.
B. Orthogonalité
Section titled “B. Orthogonalité”Définition 8 :
- Deux vecteurs sont orthogonaux si .
- L’orthogonal d’une partie est l’ensemble : .
Théorème 5 (Supplémentaire orthogonal) : Si est un sous-espace vectoriel de dimension finie d’un espace préhilbertien , alors : De plus, .
C. Procédé d’orthonormalisation de Gram-Schmidt
Section titled “C. Procédé d’orthonormalisation de Gram-Schmidt”Théorème 6 : Tout espace euclidien possède une base orthonormée (BON).
Construction (Gram-Schmidt) : À partir d’une base , on construit une base orthogonale par récurrence :
- Puis on normalise : .
5. Endomorphismes remarquables en dimension finie
Section titled “5. Endomorphismes remarquables en dimension finie”Soit un espace euclidien.
A. Adjoint
Section titled “A. Adjoint”Théorème 7 : Soit . Il existe un unique endomorphisme, noté , tel que : est appelé l’adjoint de . Dans une BON, .
B. Endomorphismes symétriques (autoadjoints)
Section titled “B. Endomorphismes symétriques (autoadjoints)”Définition 9 : est dit symétrique si , c’est-à-dire : .
Théorème 8 (Spectre et diagonalisation - Admis / Fondamental) :
- Les valeurs propres d’un endomorphisme symétrique sont toutes réelles.
- Les sous-espaces propres associés à des valeurs propres distinctes sont orthogonaux.
- Théorème spectral : Tout endomorphisme symétrique est diagonalisable dans une base orthonormée.
C. Endomorphismes orthogonaux
Section titled “C. Endomorphismes orthogonaux”Définition 10 : Un endomorphisme est orthogonal s’il conserve le produit scalaire : L’ensemble des endomorphismes orthogonaux forme un groupe, noté .
Caractérisations :
- transforme une BON en une BON.
- Si est orthogonal, son déterminant vaut . Si , est une rotation (groupe ).
6. Méthodes à retenir
Section titled “6. Méthodes à retenir”- Réduire une forme quadratique : Toujours privilégier la méthode de Gauss en calculant proprement les coefficients, ou la méthode de réduction par blocs si la matrice comporte des zéros évidents.
- Déterminer le signe d’une forme quadratique : Utiliser la signature obtenue via la méthode de Gauss (tous les coefficients positifs définie positive).
- Prouver qu’une application est un produit scalaire : Vérifier la bilinéarité, la symétrie, et pour la positivité, utiliser une écriture sous forme de somme de carrés ou revenir à la définition (pour les fonctions).
- Diagonalisation d’une matrice symétrique : Toujours expliciter clairement la base orthonormée de diagonalisation (penser à appliquer Gram-Schmidt en cas de sous-espaces propres de dimension ).
7. Pièges classiques (Attention aux erreurs de PC !)
Section titled “7. Pièges classiques (Attention aux erreurs de PC !)”- Confondre matrice symétrique et définie positive : Une matrice symétrique peut avoir des valeurs propres négatives ou nulles. Être symétrique n’implique pas à soi seul d’être un produit scalaire (il faut que le spectre soit strictement positif).
- Oublier la normalisation : Dans le théorème spectral, la base doit être orthonormée. Il ne suffit pas de diagonaliser, il faut diviser chaque vecteur propre par sa norme.
- Erreur dans la formule de polarisation : Ne pas oublier le facteur dans .
- Attention aux dimensions de l’orthogonal : n’est vrai que si est de dimension finie et le produit scalaire défini.