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Exercice 2 : Plans et droites dans l espace

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

L’espace affine euclidien usuel est rapporté à un repère orthonormé direct R=(O,i⃗,j⃗,k⃗)\mathcal{R} = (O, \vec{i}, \vec{j}, \vec{k}). On considère un tétraèdre ABCDABCD dont les sommets ont pour coordonnées dans R\mathcal{R} : A(1,0,0),B(0,2,0),C(0,0,3),D(1,1,1)A(1, 0, 0), \quad B(0, 2, 0), \quad C(0, 0, 3), \quad D(1, 1, 1)

Ce problème s’intéresse à l’étude géométrique des configurations d’intersection entre plans et droites associés à ce tétraèdre, ainsi qu’à la modélisation de la distance d’un point à un plan, notion fondamentale en biologie moléculaire pour l’analyse des plans de symétrie cristalline.


❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”
  1. Équation cartésienne d’un plan Déterminer une équation cartésienne du plan (ABC)(ABC) passant par les points AA, BB et CC.

  2. Intersection d’une droite et d’un plan On considère la droite D\mathcal{D} passant par le point DD et de vecteur directeur u⃗=(1−12)\vec{u} = \begin{pmatrix} 1 \\ -1 \\ 2 \end{pmatrix}. Déterminer les coordonnées du point d’intersection HH de la droite D\mathcal{D} et du plan (ABC)(ABC).

  3. Distance et projection orthogonale Calculer la distance du point DD au plan (ABC)(ABC) en utilisant la formule du cours, puis interpréter géométriquement cette distance à l’aide du point HH trouvé à la question précédente.

  4. Analyse critique du modèle géométrique Dans le cadre d’une application en cristallographie (où les sommets A,B,C,DA, B, C, D représentent des positions atomiques entachées d’incertitudes expérimentales ε>0\varepsilon > 0), l’équation du plan (ABC)(ABC) est numériquement instable lorsque le déterminant formé par les vecteurs AB⃗\vec{AB} et AC⃗\vec{AC} est voisin de 00. Expliquer qualitativement pourquoi une telle instabilité apparaît et proposer une méthode pour fiabiliser le calcul de la distance point-plan en pratique.


💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Question 1 : Un vecteur normal n⃗\vec{n} au plan (ABC)(ABC) peut être obtenu par le produit vectoriel AB⃗∧AC⃗\vec{AB} \wedge \vec{AC}. Utilisez ensuite l’équation générale ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0.
  • Question 2 : Exprimez un point générique M(t)M(t) de la droite D\mathcal{D} sous forme paramétrique en fonction d’un paramètre réel tt, puis injectez ces coordonnées dans l’équation cartésienne du plan (ABC)(ABC).
  • Question 3 : La distance d’un point M0(x0,y0,z0)M_0(x_0, y_0, z_0) à un plan d’équation ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0 s’exprime via une formule explicite. Vérifiez la cohérence avec la norme du vecteur HD⃗\vec{HD}.
  • Question 4 : Pensez à la condition de colinéarité et au conditionnement des matrices en calcul numérique.

1. Équation cartésienne du plan (ABC)(ABC)

Section titled “1. Équation cartésienne du plan (ABC)(ABC)(ABC)”

Déterminons les coordonnées des vecteurs AB⃗\vec{AB} et AC⃗\vec{AC} : AB⃗=(0−12−00−0)=(−120),AC⃗=(0−10−03−0)=(−103)\vec{AB} = \begin{pmatrix} 0 - 1 \\ 2 - 0 \\ 0 - 0 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} -1 \\ 2 \\ 0 \end{pmatrix}, \quad \vec{AC} = \begin{pmatrix} 0 - 1 \\ 0 - 0 \\ 3 - 0 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} -1 \\ 0 \\ 3 \end{pmatrix}

Un vecteur normal n⃗=(abc)\vec{n} = \begin{pmatrix} a \\ b \\ c \end{pmatrix} au plan (ABC)(ABC) est orthogonal à AB⃗\vec{AB} et AC⃗\vec{AC}. Calculons n⃗=AB⃗∧AC⃗\vec{n} = \vec{AB} \wedge \vec{AC} : n⃗=(2×3−0×00×(−1)−(−1)×3(−1)×0−2×(−1))=(632)\vec{n} = \begin{pmatrix} 2 \times 3 - 0 \times 0 \\ 0 \times (-1) - (-1) \times 3 \\ (-1) \times 0 - 2 \times (-1) \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 6 \\ 3 \\ 2 \end{pmatrix}

L’équation cartésienne du plan (ABC)(ABC) est donc de la forme : 6x+3y+2z+d=06x + 3y + 2z + d = 0

Comme le point A(1,0,0)A(1, 0, 0) appartient au plan (ABC)(ABC), ses coordonnées vérifient l’équation : 6(1)+3(0)+2(0)+d=0  ⟹  d=−66(1) + 3(0) + 2(0) + d = 0 \implies d = -6

Une équation cartésienne du plan (ABC)(ABC) est donc : 6x+3y+2z−6=0\boxed{6x + 3y + 2z - 6 = 0}


2. Intersection d’une droite et d’un plan

Section titled “2. Intersection d’une droite et d’un plan”

La droite D\mathcal{D} passe par D(1,1,1)D(1, 1, 1) et est dirigée par u⃗=(1−12)\vec{u} = \begin{pmatrix} 1 \\ -1 \\ 2 \end{pmatrix}. Un système d’équations paramétriques de D\mathcal{D} est : {x=1+ty=1−tz=1+2t(t∈R)\left\{ \begin{aligned} x &= 1 + t \\ y &= 1 - t \\ z &= 1 + 2t \end{aligned} \right. \quad (t \in \mathbb{R})

Pour trouver le point d’intersection HH entre D\mathcal{D} et le plan (ABC)(ABC), on substitue ces expressions dans l’équation cartésienne du plan : 6(1+t)+3(1−t)+2(1+2t)−6=06(1 + t) + 3(1 - t) + 2(1 + 2t) - 6 = 0

Développons cette équation en tt : 6+6t+3−3t+2+4t−6=06 + 6t + 3 - 3t + 2 + 4t - 6 = 0 (6−3+4)t+(6+3+2−6)=0(6 - 3 + 4)t + (6 + 3 + 2 - 6) = 0 7t+5=0  ⟹  t=−577t + 5 = 0 \implies t = -\frac{5}{7}

Reportons cette valeur de tt dans les équations paramétriques de D\mathcal{D} pour obtenir les coordonnées de HH :

  • xH=1−57=27x_H = 1 - \frac{5}{7} = \frac{2}{7}
  • yH=1−(−57)=127y_H = 1 - \left(-\frac{5}{7}\right) = \frac{12}{7}
  • zH=1+2(−57)=−37z_H = 1 + 2\left(-\frac{5}{7}\right) = -\frac{3}{7}

Le point d’intersection est donc : H(27,127,−37)\boxed{H\left(\frac{2}{7}, \frac{12}{7}, -\frac{3}{7}\right)}


La distance du point D(1,1,1)D(1, 1, 1) au plan (ABC)(ABC) d’équation 6x+3y+2z−6=06x + 3y + 2z - 6 = 0 est donnée par la formule du cours : d(D,(ABC))=∣6(1)+3(1)+2(1)−6∣62+32+22d(D, (ABC)) = \frac{|6(1) + 3(1) + 2(1) - 6|}{\sqrt{6^2 + 3^2 + 2^2}}

Calculons le numérateur : ∣6+3+2−6∣=∣5∣=5|6 + 3 + 2 - 6| = |5| = 5

Calculons le dénominateur (la norme du vecteur normal n⃗\vec{n}) : 36+9+4=49=7\sqrt{36 + 9 + 4} = \sqrt{49} = 7

Ainsi : d(D,(ABC))=57d(D, (ABC)) = \frac{5}{7}

Interprétation géométrique : Puisque la droite D\mathcal{D} est dirigée par le vecteur u⃗=(1−12)\vec{u} = \begin{pmatrix} 1 \\ -1 \\ 2 \end{pmatrix} et que le vecteur normal au plan est n⃗=(632)\vec{n} = \begin{pmatrix} 6 \\ 3 \\ 2 \end{pmatrix}, on remarque que u⃗⋅n⃗=6(1)+3(−1)+2(2)=6−3+4=7≠0\vec{u} \cdot \vec{n} = 6(1) + 3(-1) + 2(2) = 6 - 3 + 4 = 7 \neq 0. La droite n’est donc pas parallèle au plan. Le point HH étant l’intersection de la droite D\mathcal{D} (passant par DD et orthogonale au plan car dirigée par n⃗\vec{n} ? Attention : ici u⃗\vec{u} n’est pas orthogonal à n⃗\vec{n}, mais HH est le point d’intersection défini par la droite D\mathcal{D}). La distance d(D,(ABC))d(D, (ABC)) correspond exactement à la distance euclidienne ∥HD⃗∥\|\vec{HD}\|.

Vérifions par le calcul de ∥HD⃗∥\|\vec{HD}\| : HD⃗=(1−271−1271−(−37))=(57−57107)\vec{HD} = \begin{pmatrix} 1 - \frac{2}{7} \\ 1 - \frac{12}{7} \\ 1 - \left(-\frac{3}{7}\right) \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} \frac{5}{7} \\ -\frac{5}{7} \\ \frac{10}{7} \end{pmatrix} ∥HD⃗∥=(57)2+(−57)2+(107)2=25+25+10049=15049 (Erreur de parameˊtrage initial : D n’est pas normale au plan)\|\vec{HD}\| = \sqrt{\left(\frac{5}{7}\right)^2 + \left(-\frac{5}{7}\right)^2 + \left(\frac{10}{7}\right)^2} = \sqrt{\frac{25 + 25 + 100}{49}} = \sqrt{\frac{150}{49}} \text{ (Erreur de paramétrage initial : } \mathcal{D} \text{ n'est pas normale au plan)} Correction rigoureuse : Par définition, la distance du point DD au plan est la longueur du segment joignant DD à sa projection orthogonale H′H' sur le plan. Le point HH calculé à la question 2 est l’intersection de la droite D\mathcal{D} (quelconque) avec le plan, ce n’est pas nécessairement le projeté orthogonal. La distance calculée via la formule analytique 57\frac{5}{7} est bien la distance exacte.


4. Analyse critique du modèle géométrique

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  • Instabilité numérique : Si les points A,BA, B et CC sont presque alignés, les vecteurs AB⃗\vec{AB} et AC⃗\vec{AC} sont quasi-colinéaires. Leur produit vectoriel n⃗=AB⃗∧AC⃗\vec{n} = \vec{AB} \wedge \vec{AC} a alors une norme ∥n⃗∥→0\|\vec{n}\| \to 0. Dans le calcul de la distance d(D,(ABC))=∣ax0+by0+cz0+d∣∥n⃗∥d(D, (ABC)) = \frac{|ax_0 + by_0 + cz_0 + d|}{\|\vec{n}\|}, on effectue une division par un nombre extrêmement petit, ce qui amplifie considérablement les erreurs d’arrondi (erreurs expérimentales ε\varepsilon sur les coordonnées des atomes).
  • Piste d’amélioration : Pour fiabiliser le calcul en pratique, on utilise des méthodes matricielles robustes basées sur la décomposition QR ou la valeur singulière (SVD) plutôt que le calcul direct du produit vectoriel, évitant ainsi la perte de chiffres significatifs.