Exercice 1 : Conditionnement et Bayes
Problème guidé : Fiabilité des tests de dépistage et inférence bayésienne
Section titled “Problème guidé : Fiabilité des tests de dépistage et inférence bayésienne”Ce problème aborde l’étude des probabilités conditionnelles et de la formule de Bayes à travers un cas classique mais fondamental en MPSI : l’évaluation d’un test de dépistage médical. L’objectif est de comprendre pourquoi un test, même très performant, peut conduire à des contre-intuitivités flagrantes lorsque la maladie est rare.
Préambule et notations
Section titled “Préambule et notations”Soit un espace probabilisé décrivant une population. On considère un individu tiré au hasard dans cette population. On définit les événements suivants :
- : « L’individu est atteint de la maladie. »
- : « Le test de dépistage est positif. »
On note et les événements contraires respectifs.
Les caractéristiques du test sont modélisées par les probabilités conditionnelles suivantes :
- La prévalence de la maladie dans la population : , où .
- La sensibilité du test (probabilité qu’il soit positif sachant que l’individu est malade) : , où .
- La spécificité du test (probabilité qu’il soit négatif sachant que l’individu est sain) : , où .
Partie I : Analyse préliminaire et probabilités totales
Section titled “Partie I : Analyse préliminaire et probabilités totales”Question 1
Section titled “Question 1”Exprimer en fonction de la probabilité , appelée taux de faux positifs.
Indication : Penser à l’événement contraire sachant .
Correction de la question 1 : L’événement sachant représente le fait que le test soit négatif sachant que l’individu est sain. L’événement sachant est l’événement contraire (le test est positif sachant que l’individu est sain). Par conséquent, par passage au complementaire conditionnel :
Question 2
Section titled “Question 2”Calculer la probabilité globale qu’un individu pris au hasard ait un test positif, c’est-à-dire , en fonction de , et .
Indication : Utiliser le système complet d’événements et appliquer la formule des probabilités totales.
Correction de la question 2 : Les événements et forment un système complet d’événements de l’univers (car ). D’après la formule des probabilités totales : En remplaçant par les notations de l’énoncé :
- et
On obtient ainsi :
Partie II : Formule de Bayes et valeur prédictive
Section titled “Partie II : Formule de Bayes et valeur prédictive”Question 3
Section titled “Question 3”Énoncer la formule de Bayes pour deux événements et de probabilités non nulles.
Correction de la question 3 : Soit et deux événements de probabilités non nulles. La formule de Bayes s’écrit :
Question 4
Section titled “Question 4”Exprimer la probabilité qu’un individu soit effectivement malade sachant que son test est positif, notée (appelée valeur prédictive positive), en fonction de , et .
Correction de la question 4 : En appliquant la formule de Bayes aux événements et : En injectant le résultat de la question 2 et les données de l’énoncé :
Partie III : Application numérique et analyse critique
Section titled “Partie III : Application numérique et analyse critique”Question 5
Section titled “Question 5”On considère un test de dépistage pour une maladie rare caractérisée par :
- ( de la population est malade).
- (sensibilité de ).
- (spécificité de , soit un taux de faux positifs de ).
Calculer la valeur numérique de . Commenter ce résultat de manière critique.
Correction de la question 5 : A N-application numérique :
Le dénominateur vaut :
La probabilité recherchée est donc : Soit environ .
Analyse critique :
Section titled “Analyse critique :”Le résultat est extrêmement contre-intuitif pour un non-mathématicien : sachant que le test est positif, la probabilité que l’individu soit réellement malade est d’à peine .
Pourquoi ce paradoxe ? Bien que le test soit « bon » (sensibilité et spécificité proches de ), la maladie est très rare ( personne sur ). Par conséquent, le nombre de faux positifs générés par la masse des personnes saines ( de faux positifs) est largement supérieur au nombre de vrais positifs ( de vrai positif). Ainsi, la grande majorité des tests positifs sont en réalité des faux positifs. C’est un écueil classique en matière de santé publique qui justifie la nécessité de tests de confirmation (comme le Western Blot ou la PCR) en cas de dépistage positif pour une maladie rare.