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Exercice 2 : Transformée en Z

CONCOURS COMMUN PSI — SCIENCES DE L’INGÉNIEUR

Section titled “CONCOURS COMMUN PSI — SCIENCES DE L’INGÉNIEUR”

Session d’entraînement : Automatique et Systèmes Échantillonnés — Transformée en ZZ

Section titled “Session d’entraînement : Automatique et Systèmes Échantillonnés — Transformée en ZZZ”

Le sujet comporte 3 parties indépendantes guidées pas à pas. L’usage de la calculatrice n’est pas autorisé. Une attention particulière sera portée à la rigueur de la rédaction et à l’analyse critique des résultats.


Soit x(n)x(n) une suite causale de nombres réels définie pour n∈Nn \in \mathbb{N}. Sa transformée en ZZ, notée X(z)X(z), est définie par : X(z)=Z{x(n)}=∑n=0+∞x(n)z−nX(z) = \mathcal{Z}\{x(n)\} = \sum_{n=0}^{+\infty} x(n) z^{-n} où zz est une variable complexe.

Rappels de quelques propriétés fondamentales :

  1. Linéarité : Z{αx(n)+βy(n)}=αX(z)+βY(z)\mathcal{Z}\{\alpha x(n) + \beta y(n)\} = \alpha X(z) + \beta Y(z)
  2. Retard temporel : Z{x(n−1)}=z−1X(z)+x(−1)\mathcal{Z}\{x(n-1)\} = z^{-1}X(z) + x(-1) (pour des conditions initiales nulles, Z{x(n−1)}=z−1X(z)\mathcal{Z}\{x(n-1)\} = z^{-1}X(z))
  3. Thorème de la valeur finale : lim⁡n→+∞x(n)=lim⁡z→1(1−z−1)X(z)\lim_{n \to +\infty} x(n) = \lim_{z \to 1} (1 - z^{-1})X(z) (si les pôles de (1−z−1)X(z)(1 - z^{-1})X(z) sont strictement à l’intérieur du cercle unité).

Partie I : Étude d’un filtre numérique correcteur d’axe

Section titled “Partie I : Étude d’un filtre numérique correcteur d’axe”

On considère un système numérique échantillonné à la période TeT_e. Le correcteur numérique est décrit par l’équation aux différences suivante, liant l’entrée e(n)e(n) et la sortie s(n)s(n) :

s(n)−0.5s(n−1)=e(n)+2e(n−1)s(n) - 0.5 s(n-1) = e(n) + 2 e(n-1)

On suppose les conditions initiales nulles (s(n)=0s(n) = 0 et e(n)=0e(n) = 0 pour n<0n < 0).

Déterminer la fonction de transfert en ZZ du correcteur, notée H(z)=S(z)E(z)H(z) = \frac{S(z)}{E(z)}. Correction: ** En appliquant la transformée en ZZ à l’équation aux différences avec des conditions initiales nulles : Z{s(n)}−0.5Z{s(n−1)}=Z{e(n)}+2Z{e(n−1)}\mathcal{Z}\{s(n)\} - 0.5 \mathcal{Z}\{s(n-1)\} = \mathcal{Z}\{e(n)\} + 2 \mathcal{Z}\{e(n-1)\} S(z)−0.5z−1S(z)=E(z)+2z−1E(z)S(z) - 0.5 z^{-1} S(z) = E(z) + 2 z^{-1} E(z)

En factorisant : S(z)(1−0.5z−1)=E(z)(1+2z−1)S(z) \left(1 - 0.5 z^{-1}\right) = E(z) \left(1 + 2 z^{-1}\right)

La fonction de transfert H(z)H(z) est donc : H(z)=S(z)E(z)=1+2z−11−0.5z−1H(z) = \frac{S(z)}{E(z)} = \frac{1 + 2 z^{-1}}{1 - 0.5 z^{-1}}

En remplaçant par des puissances positives de zz pour faciliter l’analyse : H(z)=z+2z−0.5H(z) = \frac{z + 2}{z - 0.5}


Préciser la position des pôles et des zéros de H(z)H(z) dans le plan complexe. Le système est-il stable ? Justifier. Correction: **

  • Zéros : Annulateurs du numérateur, soit z+2=0  ⟹  z0=−2z + 2 = 0 \implies z_0 = -2.
  • Pôles : Annulateurs du dénominateur, soit z−0.5=0  ⟹  p1=0.5z - 0.5 = 0 \implies p_1 = 0.5.

Stabilité : Un système discret linéaire invariant est stable si et seulement si tous ses pôles sont strictement à l’intérieur du cercle unité du plan complexe (∣pi∣<1|p_i| < 1). Ici, le pôle unique est p1=0.5p_1 = 0.5, et ∣0.5∣=0.5<1|0.5| = 0.5 < 1. Conclusion: ** Le système est stable.


Partie II : Réponse impulsionnelle et régime permanent

Section titled “Partie II : Réponse impulsionnelle et régime permanent”

On soumet ce même correcteur à une impulsion de Kronecker, c’est-à-dire e(n)=δ(n)e(n) = \delta(n) avec δ(0)=1\delta(0) = 1 et δ(n)=0\delta(n) = 0 pour n≠0n \neq 0.

Exprimer la transformée en ZZ de la sortie S(z)S(z) lorsque l’entrée est un échelon unitaire e(n)=Γ(n)e(n) = \Gamma(n) (avec Γ(n)=1\Gamma(n) = 1 pour n≥0n \ge 0). Correction: ** La transformée en ZZ de l’échelon unitaire est Z{Γ(n)}=11−z−1=zz−1\mathcal{Z}\{\Gamma(n)\} = \frac{1}{1 - z^{-1}} = \frac{z}{z - 1}. On a donc : S(z)=H(z)⋅E(z)=z+2z−0.5⋅zz−1S(z) = H(z) \cdot E(z) = \frac{z + 2}{z - 0.5} \cdot \frac{z}{z - 1}


Décomposer S(z)/zS(z)/z en éléments simples, puis déterminer l’expression temporelle de la sortie s(n)s(n) pour n≥0n \ge 0. Correction: ** Considérons l’expression : S(z)z=z+2(z−0.5)(z−1)\frac{S(z)}{z} = \frac{z + 2}{(z - 0.5)(z - 1)}

On cherche une décomposition sous la forme : S(z)z=Az−0.5+Bz−1\frac{S(z)}{z} = \frac{A}{z - 0.5} + \frac{B}{z - 1}

Par la méthode des résidus ou par identification :

  • Pour AA (en multipliant par z−0.5z - 0.5 et en évaluant en z=0.5z = 0.5) : A=[z+2z−1]z=0.5=0.5+20.5−1=2.5−0.5=−5A = \left[ \frac{z + 2}{z - 1} \right]_{z = 0.5} = \frac{0.5 + 2}{0.5 - 1} = \frac{2.5}{-0.5} = -5

  • Pour BB (en multipliant par z−1z - 1 et en évaluant en z=1z = 1) : B=[z+2z−0.5]z=1=1+21−0.5=30.5=6B = \left[ \frac{z + 2}{z - 0.5} \right]_{z = 1} = \frac{1 + 2}{1 - 0.5} = \frac{3}{0.5} = 6

Ainsi : S(z)z=−5z−0.5+6z−1\frac{S(z)}{z} = \frac{-5}{z - 0.5} + \frac{6}{z - 1} S(z)=−5zz−0.5+6zz−1S(z) = \frac{-5z}{z - 0.5} + \frac{6z}{z - 1}

En effectuant la transformée en ZZ inverse, sachant que Z−1{zz−a}=anΓ(n)\mathcal{Z}^{-1}\left\{\frac{z}{z - a}\right\} = a^n \Gamma(n) : s(n)=(−5(0.5)n+6)Γ(n)s(n) = \left( -5 (0.5)^n + 6 \right) \Gamma(n)


Vérifier le résultat précédent en utilisant le théorème de la valeur finale, puis analyser le comportement temporel du système. Correction: **

  • Vérification par le théorème de la valeur finale : lim⁡n→+∞s(n)=lim⁡z→1(1−z−1)S(z)=lim⁡z→1(z−1z)[z+2z−0.5zz−1]\lim_{n \to +\infty} s(n) = \lim_{z \to 1} (1 - z^{-1}) S(z) = \lim_{z \to 1} \left(\frac{z-1}{z}\right) \left[ \frac{z+2}{z-0.5} \frac{z}{z-1} \right] lim⁡n→+∞s(n)=lim⁡z→1z+2z−0.5=1+21−0.5=30.5=6\lim_{n \to +\infty} s(n) = \lim_{z \to 1} \frac{z+2}{z-0.5} = \frac{1+2}{1-0.5} = \frac{3}{0.5} = 6 Si l’on calcule lim⁡n→+∞(−5(0.5)n+6)\lim_{n \to +\infty} \left( -5 (0.5)^n + 6 \right), comme ∣0.5∣<1|0.5| < 1, lim⁡n→+∞(0.5)n=0\lim_{n \to +\infty} (0.5)^n = 0, on trouve bien 66. Les deux méthodes concordent.

  • Analyse critique : Le terme −5(0.5)n-5(0.5)^n représente le régime transitoire. Il s’annule rapidement grâce à la faible valeur du pôle (0.50.5). La constante 66 représente le régime permanent. Le gain statique du système soumis à un échelon est donc de 66.


Partie III : Application à l’asservissement d’un axe motorisé

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On considère maintenant une boucle fermée comprenant le correcteur précédent et un système échantillonné de fonction de transfert en ZZ : G(z)=Kz−1G(z) = \frac{K}{z - 1} La commande est un retour unitaire négatif.

Exprimer la fonction de transfert en boucle fermée FTBF(z)=S(z)E(z)FTBF(z) = \frac{S(z)}{E(z)} en fonction de KK. Correction: ** Le correcteur est H(z)=z+2z−0.5H(z) = \frac{z+2}{z-0.5} et la chaîne ouverte a pour fonction de transfert BO(z)=H(z)G(z)=(z+2)K(z−0.5)(z−1)BO(z) = H(z)G(z) = \frac{(z+2)K}{(z-0.5)(z-1)}.

La fonction de transfert en boucle fermée s’exprime par : FTBF(z)=BO(z)1+BO(z)=K(z+2)(z−0.5)(z−1)1+K(z+2)(z−0.5)(z−1)FTBF(z) = \frac{BO(z)}{1 + BO(z)} = \frac{\frac{K(z+2)}{(z-0.5)(z-1)}}{1 + \frac{K(z+2)}{(z-0.5)(z-1)}}

En réduisant au même dénominateur : FTBF(z)=K(z+2)(z−0.5)(z−1)+K(z+2)FTBF(z) = \frac{K(z+2)}{(z-0.5)(z-1) + K(z+2)} FTBF(z)=K(z+2)z2−1.5z+0.5+Kz+2K=K(z+2)z2+(K−1.5)z+(2K+0.5)FTBF(z) = \frac{K(z+2)}{z^2 - 1.5z + 0.5 + Kz + 2K} = \frac{K(z+2)}{z^2 + (K - 1.5)z + (2K + 0.5)}


Déterminer la condition sur le gain KK pour que le système bouclé soit stable. (On pourra utiliser une condition nécessaire simple). Correction: ** Pour qu’un système discret d’ordre 2 de dénominateur D(z)=z2+az+bD(z) = z^2 + az + b soit stable, ses pôles (racines de D(z)D(z)) doivent être de module strictement inférieur à 11. Cela se traduit par le critère de Jury, dont les conditions nécessaires et suffisantes pour l’ordre 2 sont :

  1. D(1)>0D(1) > 0
  2. D(−1)>0D(-1) > 0
  3. ∣b∣<1|b| < 1

Appliquons ces conditions au polynôme caractéristique D(z)=z2+(K−1.5)z+(2K+0.5)D(z) = z^2 + (K - 1.5)z + (2K + 0.5) :

  • Condition 1 (D(1)>0D(1) > 0) : 12+(K−1.5)(1)+(2K+0.5)>1−1.5+0.5+3K>0  ⟹  3K>0  ⟹  K>01^2 + (K - 1.5)(1) + (2K + 0.5) > 1 - 1.5 + 0.5 + 3K > 0 \implies 3K > 0 \implies K > 0

  • Condition 2 (D(−1)>0D(-1) > 0) : (−1)2+(K−1.5)(−1)+(2K+0.5)>0(-1)^2 + (K - 1.5)(-1) + (2K + 0.5) > 0 1−K+1.5+2K+0.5>0  ⟹  K+3>0  ⟹  K>−31 - K + 1.5 + 2K + 0.5 > 0 \implies K + 3 > 0 \implies K > -3

  • Condition 3 (∣b∣<1|b| < 1, soit −1<2K+0.5<1-1 < 2K + 0.5 < 1) :

    • 2K+0.5>−1  ⟹  2K>−1.5  ⟹  K>−0.752K + 0.5 > -1 \implies 2K > -1.5 \implies K > -0.75
    • 2K+0.5<1  ⟹  2K<0.5  ⟹  K<0.252K + 0.5 < 1 \implies 2K < 0.5 \implies K < 0.25 Soit −0.75<K<0.25-0.75 < K < 0.25.

Synthèse : L’intersection de toutes les conditions (K>0K > 0, K>−3K > -3, et −0.75<K<0.25-0.75 < K < 0.25) conduit à l’intervalle de stabilité : 0<K<0.250 < K < 0.25


Analyse critique : Quel est l’impact d’un choix de K=0.5K = 0.5 sur le système ? Correction: ** Si K=0.5K = 0.5, la condition de stabilité K<0.25K < 0.25 n’est pas respectée.

  • Conséquence physique : Le système en boucle fermée devient instable. Les pôles de la FTBFFTBF sortent du cercle unité.
  • En pratique industrielle : La sortie s(n)s(n) va diverger vers l’infini (en pratique, saturation des actionneurs), ce qui peut détruire le matériel. L’ingénieur doit impérativement brider le gain KK dans l’intervalle ]0,0.25[]0, 0.25[ (ou utiliser un correcteur plus élaboré, type PID numérique) pour garantir à la fois la stabilité et les performances dynamiques souhaitées.