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Cours : Dénombrement et probabilités

Le cadre d’etude de la theorie des probabilites en classe de premiere annee de CPGE repose sur la formalisation de Kolmogorov, introduisant la notion d’espace probabilise.

Soit Ω\Omega un ensemble non vide, appele univers ou ensemble des elements (ou resultats) elementaires. Les sous-ensembles de Ω\Omega sont appeles des evenements.

Definition : Tribu (ou σ\sigma-algebre)

Section titled “Definition : Tribu (ou σ\sigmaσ-algebre)”

Une partie A\mathcal{A} de l’ensemble des parties P(Ω)\mathcal{P}(\Omega) est appelee une tribu sur Ω\Omega si elle verifie les proprietes suivantes :

  1. Ω∈A\Omega \in \mathcal{A}.
  2. Stabilite par passage au complementaire : ∀A∈A, Aˉ=Ω∖A∈A\forall A \in \mathcal{A}, \ \bar{A} = \Omega \setminus A \in \mathcal{A}.
  3. Stabilite par union denombrable : ∀(An)n∈N∈AN, ⋃n=0+∞An∈A\forall (A_n)_{n \in \mathbb{N}} \in \mathcal{A}^{\mathbb{N}}, \ \bigcup_{n=0}^{+\infty} A_n \in \mathcal{A}.

Dans le cadre du programme de PTSI, l’univers Ω\Omega est le plus souvent fini ou denombrable, et la tribu consideree est systematiquement A=P(Ω)\mathcal{A} = \mathcal{P}(\Omega).

Un espace probabilise est un couple (Ω,A)(\Omega, \mathcal{A}) ou Ω\Omega est un univers et A\mathcal{A} une tribu sur Ω\Omega, muni d’une application P:A→[0,1]\mathbb{P} : \mathcal{A} \to [0, 1], appelee probabilite, verifiant :

  1. P(Ω)=1\mathbb{P}(\Omega) = 1.
  2. σ\sigma-additivite : Pour toute suite d’evenements (An)n∈N(A_n)_{n \in \mathbb{N}} deux a deux incompatibles (c’est-a-dire ∀i≠j, Ai∩Aj=∅\forall i \neq j, \ A_i \cap A_j = \emptyset), on a : P(⋃n=0+∞An)=∑n=0+∞P(An)\mathbb{P}\left(\bigcup_{n=0}^{+\infty} A_n\right) = \sum_{n=0}^{+\infty} \mathbb{P}(A_n)

Soit EE un ensemble fini a nn elements (avec n∈Nn \in \mathbb{N}).

  • Nombre de parties de EE : ∣P(E)∣=2n|\mathcal{P}(E)| = 2^n.
  • Nombre de p-uples d’elements de EE (p∈N∗p \in \mathbb{N}^*) : npn^p.
  • Nombre de p-uples d’elements deux a deux distincts (arrangements sans repetition) : Anp=n!(n−p)!(pour p≤n)A_n^p = \frac{n!}{(n-p)!} \quad (\text{pour } p \le n)
  • Nombre de parties a pp elements (combinaisons) : (np)=n!p!(n−p)!(pour 0≤p≤n)\binom{n}{p} = \frac{n!}{p!(n-p)!} \quad (\text{pour } 0 \le p \le n)

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

Soit (Ω,P)(\Omega, \mathbb{P}) un espace probabilise et (A1,A2,…,An)(A_1, A_2, \dots, A_n) une famille d’evenements de A\mathcal{A} (n≥2n \ge 2). Alors : P(⋃i=1nAi)=∑i=1nP(Ai)−∑1≤i<j≤nP(Ai∩Aj)+⋯+(−1)n−1P(⋂i=1nAi)\mathbb{P}\left(\bigcup_{i=1}^n A_i\right) = \sum_{i=1}^n \mathbb{P}(A_i) - \sum_{1 \le i < j \le n} \mathbb{P}(A_i \cap A_j) + \dots + (-1)^{n-1} \mathbb{P}\left(\bigcap_{i=1}^n A_i\right) Plus generalement, sous forme compacte : P(⋃i=1nAi)=∑k=1n(−1)k−1∑1≤i1<i2<⋯<ik≤nP(⋂j=1kAij)\mathbb{P}\left(\bigcup_{i=1}^n A_i\right) = \sum_{k=1}^n (-1)^{k-1} \sum_{1 \le i_1 < i_2 < \dots < i_k \le n} \mathbb{P}\left(\bigcap_{j=1}^k A_{i_j}\right)

Demonstration (par recurrence sur n≥2n \ge 2)

Section titled “Demonstration (par recurrence sur n≥2n \ge 2n≥2)”
  • Initialisation (n=2n = 2) : Montrons que P(A1∪A2)=P(A1)+P(A2)−P(A1∩A2)\mathbb{P}(A_1 \cup A_2) = \mathbb{P}(A_1) + \mathbb{P}(A_2) - \mathbb{P}(A_1 \cap A_2). Remarquons la decomposition disjointe suivante : A1∪A2=A1∪(A1ˉ∩A2)A_1 \cup A_2 = A_1 \cup (\bar{A_1} \cap A_2) Par additivite de la probabilite : P(A1∪A2)=P(A1)+P(A1ˉ∩A2)\mathbb{P}(A_1 \cup A_2) = \mathbb{P}(A_1) + \mathbb{P}(\bar{A_1} \cap A_2) De plus, l’evenement A2A_2 se decompose en : A2=(A1∩A2)∪(A1ˉ∩A2)(union disjointe)A_2 = (A_1 \cap A_2) \cup (\bar{A_1} \cap A_2) \quad (\text{union disjointe}) Donc P(A1ˉ∩A2)=P(A2)−P(A1∩A2)\mathbb{P}(\bar{A_1} \cap A_2) = \mathbb{P}(A_2) - \mathbb{P}(A_1 \cap A_2). En injectant cette relation dans la precedente, on obtient l’egalite voulue.

  • Hérédité : Supposons la propriete vraie au rang n≥2n \ge 2. Soit (A1,…,An+1)(A_1, \dots, A_{n+1}) une famille de n+1n+1 evenements. Posons B=⋃i=1nAiB = \bigcup_{i=1}^n A_i. On a : ⋃i=1n+1Ai=B∪An+1\bigcup_{i=1}^{n+1} A_i = B \cup A_{n+1} Par application de la formule au rang 2 : P(⋃i=1n+1Ai)=P(B)+P(An+1)−P(B∩An+1)\mathbb{P}\left(\bigcup_{i=1}^{n+1} A_i\right) = \mathbb{P}(B) + \mathbb{P}(A_{n+1}) - \mathbb{P}(B \cap A_{n+1}) En appliquant l’hypothese de recurrence a P(B)\mathbb{P}(B) et en remarquant que B∩An+1=⋃i=1n(Ai∩An+1)B \cap A_{n+1} = \bigcup_{i=1}^n (A_i \cap A_{n+1}), on etablit par developpement algebrique la formule au rang n+1n+1. ■\blacksquare

Theoreme : Formule des probabilités totales

Section titled “Theoreme : Formule des probabilités totales”

Soit (Ω,P)(\Omega, \mathbb{P}) un espace probabilise. Soit (An)n∈I(A_n)_{n \in I} (ou II est fini ou denombrable) un systeme complet d’evenements, c’est-a-dire une famille d’evenements verifiant :

  1. ∀n∈I, P(An)>0\forall n \in I, \ \mathbb{P}(A_n) > 0 (si l’on souhaite conditionner, ou simplement P(An)\mathbb{P}(A_n) quelconque si l’on evite les cas nuls).
  2. ∀(i,j)∈I2, i≠j  ⟹  Ai∩Aj=∅\forall (i, j) \in I^2, \ i \neq j \implies A_i \cap A_j = \emptyset (deux a deux incompatibles).
  3. ⋃n∈IAn=Ω\bigcup_{n \in I} A_n = \Omega (recouvrement de l’univers).

Alors, pour tout evenement B∈AB \in \mathcal{A} : P(B)=∑n∈IP(B∩An)\mathbb{P}(B) = \sum_{n \in I} \mathbb{P}(B \cap A_n) Si de plus P(An)>0\mathbb{P}(A_n) > 0 pour tout nn, alors : P(B)=∑n∈IP(An)PAn(B)\mathbb{P}(B) = \sum_{n \in I} \mathbb{P}(A_n) \mathbb{P}_{A_n}(B)


Methode 1 : Le dénombrement par modélisation combinatoire

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Face a une situation aleatoire equipouvantable (cas d’une urne, tirages, etc.), le calcul de la probabilite d’un evenement AA se ramene a : P(A)=∣A∣∣Ω∣\mathbb{P}(A) = \frac{|A|}{|\Omega|} Algorithme de choix de modelisation :

  1. L’ordre importe-t-il ?
    • Oui →\to Utiliser des arrangements ou des pp-uples.
    • Non →\to Utiliser des combinaisons.
  2. Y a-t-il remise ?
    • Avec remise →\to pp-uples d’elements de EE (cardinal npn^p).
    • Sans remise →\to Arrangements AnpA_n^p ou combinaisons (np)\binom{n}{p}.

Methode 2 : Exploitation des arbres de probabilités

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Pour des experiences aleatoires composees d’un nombre fini d’etapes :

  • Les branches issues d’un meme nœud representent un systeme complet d’evenements. La somme des probabilites de ces branches vaut 11.
  • La probabilite d’un chemin (intersection des evenements le composant) s’obtient par le produit des probabilites le long de ce chemin (probabilites conditionnelles successives).
  • La probabilite d’un evenement terminal s’obtient en sommant les probabilites de tous les chemins menant a cet evenement (application directe de la formule des probabilites totales).

  1. Oubli de verifier le systeme complet d’evenements : Avant d’appliquer la formule des probabilites totales ou la formule de Bayes, il est imperatif de rediger explicitement que la famille (Ai)(A_i) forme une partition de Ω\Omega (compatibles deux a deux, union egale a Ω\Omega et non-vacuite des evenements si l’on divise par leur probabilite).
  2. Confusion entre incompatibilité et indépendance :
    • Deux evenements AA et BB sont incompatibles si A∩B=∅A \cap B = \emptyset. Si de surcroit P(A)>0\mathbb{P}(A) > 0 et P(B)>0\mathbb{P}(B) > 0, ils ne peuvent jamais etre independants car P(A∩B)=0≠P(A)P(B)\mathbb{P}(A \cap B) = 0 \neq \mathbb{P}(A)\mathbb{P}(B).
  3. Mauvaise interpretation du “sans remise” vs “avec remise” : Dans les problemes de tirages simultanes, l’ordre n’intervient pas (combinaisons (np)\binom{n}{p}). S’il y a des tirages successifs sans remise, l’ordre importe generalement (arrangements AnpA_n^p), bien qu’il soit parfois possible de diviser par p!p! pour revenir a des combinaisons. Veillez a conserver la meme modelisation du debut a la fin de l’exercice pour le calcul du cardinal de Ω\Omega et de ∣A∣|A|.
  4. Indépendance mutuelle vs indépendance deux à deux : Pour une famille d’evenements (A1,A2,…,An)(A_1, A_2, \dots, A_n), l’independance deux a deux (∀i≠j, P(Ai∩Aj)=P(Ai)P(Aj)\forall i \neq j, \ \mathbb{P}(A_i \cap A_j) = \mathbb{P}(A_i)\mathbb{P}(A_j)) n’implique en aucun cas l’independance mutuelle. Cette derniere requiert la verification de l’egalite multiplicative pour toutes les sous-familles de {1,…,n}\{1, \dots, n\}.