Skip to content

Cours : Structures algébriques fondamentales

Fiche de Cours : Structures algébriques fondamentales (MP2I)

Section titled “Fiche de Cours : Structures algébriques fondamentales (MP2I)”

Soit EE un ensemble muni d’une ou plusieurs lois de composition interne. Le programme de MP2I exige une maîtrise parfaite des structures de base et de leurs morphismes.

  • Loi de composition interne (LCI) : Une application ⋆:E×E→E\star : E \times E \to E. Elle est dite associative si ∀(x,y,z)∈E3,(x⋆y)⋆z=x⋆(y⋆z)\forall (x, y, z) \in E^3, (x \star y) \star z = x \star (y \star z), et commutative si ∀(x,y)∈E2,x⋆y=y⋆x\forall (x, y) \in E^2, x \star y = y \star x.
  • Monoïde et Groupe : Un ensemble GG muni de ⋆\star est un monoïde si la loi est associative et possède un élément neutre e∈Ge \in G. Il s’agit d’un groupe si de plus tout élément de GG possède un symétrique pour ⋆\star. Si la loi est commutative, le groupe est dit abélien.
    • Exemple fondamental en info/maths : (Mn(K),+,×)(\mathcal{M}_{n}(\mathbb{K}), +, \times) est un monoïde unitaire, et (GLn(K),×)(\text{GL}_n(\mathbb{K}), \times) est un groupe non abélien pour n≥2n \ge 2.
  • Anneau et Corps : Un triplet (A,+,×)(A, +, \times) est un anneau si (A,+)(A, +) est un groupe abélien, si ×\times est associative, possède un élément neutre 1A1_A (anneau unitaire), et si ×\times est distributive par rapport à ++. Un anneau commutatif non nul dont tout élément non nul est inversible pour ×\times est un corps (ex: R,C,Q\mathbb{R}, \mathbb{C}, \mathbb{Q}).
  • Sous-structures :
    • Un sous-groupe HH d’un groupe (G,⋆)(G, \star) est une partie non vide stable par ⋆\star et par passage au symétrique.
    • Un sous-anneau BB d’un anneau (A,+,×)(A, +, \times) est un sous-groupe additivement stable par multiplication et contenant 1A1_A.
  • Morphismes : Soit (G,⋆)(G, \star) et (H,⊤)(H, \top) deux groupes. Une application f:G→Hf : G \to H est un morphisme de groupes si ∀(x,y)∈G2,f(x⋆y)=f(x)⊤f(y)\forall (x, y) \in G^2, f(x \star y) = f(x) \top f(y). On définit de même les morphismes d’anneaux.

📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés

Section titled “📐 2. Théorèmes fondamentaux & Démonstrations clés”

Théorème 1 : Caractérisation des sous-groupes

Section titled “Théorème 1 : Caractérisation des sous-groupes”

Énoncé : Soit (G,⋆)(G, \star) un groupe et H⊂GH \subset G. HH est un sous-groupe de GG si et seulement si :

  1. H≠∅H \neq \emptyset
  2. ∀(x,y)∈H2,x⋆y−1∈H\forall (x, y) \in H^2, x \star y^{-1} \in H.

Démonstration :

  • Sens direct : Supposons que HH soit un sous-groupe de GG. Alors HH contient le neutre, donc H≠∅H \neq \emptyset. Soit (x,y)∈H2(x, y) \in H^2. Par passage au symétrique, y−1∈Hy^{-1} \in H. Par stabilité de la loi interne dans HH, x⋆y−1∈Hx \star y^{-1} \in H.
  • Sens indirect : Supposons les deux conditions vérifiées. Comme H≠∅H \neq \emptyset, soit x∈Hx \in H. En prenant x=yx = y, on a x⋆x−1=e∈Hx \star x^{-1} = e \in H. Ensuite, pour tout x∈Hx \in H, comme e∈He \in H, e⋆x−1=x−1∈He \star x^{-1} = x^{-1} \in H (stabilité par symétrique). Enfin, soient x,y∈Hx, y \in H. On sait que y−1∈Hy^{-1} \in H, donc en appliquant la propriété à xx et y−1y^{-1}, x⋆(y−1)−1=x⋆y∈Hx \star (y^{-1})^{-1} = x \star y \in H (stabilité par la loi). Le sous-ensemble HH est donc bien un sous-groupe de GG. ■\blacksquare

Théorème 2 : Structure des sous-groupes de (Z,+)(\mathbb{Z}, +)

Section titled “Théorème 2 : Structure des sous-groupes de (Z,+)(\mathbb{Z}, +)(Z,+)”

Énoncé : Les sous-groupes de (Z,+)(\mathbb{Z}, +) sont exactement les nZn\mathbb{Z} pour n∈Nn \in \mathbb{N}.


  • Méthode pour montrer qu’un ensemble est un corps fini ou infini : Vérifier la structure d’anneau commutatif, puis s’assurer que tout élément non nul possède un inverse. Pour les matrices, attention au fait que Mn(K)\mathcal{M}_n(\mathbb{K}) (pour n≥2n \ge 2) n’est pas un corps (présence de diviseurs de zéro et de matrices non inversibles).
  • Calcul d’ordres dans un groupe fini : Pour un élément xx d’un groupe GG, l’ordre de xx est le plus petit entier k≥1k \ge 1 tel que xk=ex^k = e. Propriété clef : Si xp=ex^p = e, alors l’ordre de xx divise pp.
  • Utilisation des congruences pour les anneaux quotients : Manipuler Z/nZ\mathbb{Z}/n\mathbb{Z} en MP2I nécessite de maîtriser l’algorithme d’Euclide étendu pour inverser des éléments dans (Z/nZ)×(\mathbb{Z}/n\mathbb{Z})^\times.

  1. Oublier de vérifier la non-vacuité : Pour prouver qu’une intersection ou une union de sous-structures est un sous-groupe, il faut impérativement commencer par vérifier que l’élément neutre ee appartient à l’ensemble.
  2. Confondre anneau et corps : Tout anneau n’est pas intègre, et tout anneau intègre n’est pas un corps (ex: Z\mathbb{Z} est un anneau intègre mais pas un corps car 22 n’y est pas inversible).
  3. Mauvaise manipulation des lois non commutatives : Dans un groupe non abélien, (x⋆y)−1=y−1⋆x−1(x \star y)^{-1} = y^{-1} \star x^{-1} (attention à l’ordre d’inversion !). De même, (x⋆y)2=x⋆y⋆x⋆y(x \star y)^2 = x \star y \star x \star y et non pas x2⋆y2x^2 \star y^2.
  4. Matrices et inversibilité : Soit A∈Mn(R)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}). Dire que AA n’est pas inversible ne signifie pas que A=0A = 0 (contre-exemple des diviseurs de zéro).