Exercice 2 : Développement en série entière
🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude
Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”Le but de ce problème est d’étudier la fonction définie sur l’intervalle ouvert par : et de déterminer son développement en série entière au voisinage de , ainsi que les propriétés arithmétiques ou analytiques associées aux coefficients obtenus. Ce type de problème combine l’analyse fonctionnelle (équations différentielles vérifiées par les fonctions spéciales) et la manipulation rigoureuse des séries entières, compétences très prisées aux concours Mines-Ponts et Centrale-Supélec en filière MPI.
❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)
Section titled “❓ Questions progressives (incluant une analyse critique du modèle)”-
Étude préliminaire et domaine de définition Justifier que la fonction est de classe sur .
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Équation différentielle d’ordre 1 Montrer que la fonction vérifie la relation pour tout . En déduire une équation différentielle linéaire du second ordre, puis du premier ordre, satisfaite par la fonction .
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Relation de récurrence sur les coefficients On suppose que se développe en série entière à l’origine sous la forme avec un rayon de convergence . En utilisant l’équation différentielle précédente, établir une relation de récurrence simple entre les coefficients .
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Calcul explicite des coefficients Déterminer l’expression générale de en fonction de . On précisera explicitement les valeurs des premiers coefficients non nuls.
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Détermination du rayon de convergence et analyse critique À l’aide de la règle de d’Alembert ou de la formule de Stirling, déterminer le rayon de convergence de la série entière obtenue. Discuter la convergence de la série sur le bord de l’intervalle de définition (en ). Pourquoi la méthode par équation différentielle est-elle plus efficace ici qu’un calcul direct par la formule de Taylor-Young ?
💡 Pistes & Indications méthodologiques
Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”- Question 1 : Décomposez en un produit de fonctions usuelles dont la régularité sur ne fait aucun doute ( et ).
- Question 2 : Ne dérivez pas brutalement de manière itérée sans stratégie. Exprimez en fonction de et de , puis injectez dans une relation algébrique liant et .
- Question 3 : Utilisez le théorème d’unicité du développement en série entière : si deux séries entières sont égales sur un voisinage de , leurs coefficients le sont aussi. Décalez les indices pour obtenir une unique somme nulle.
- Question 4 : Traitez séparément les indices pairs et impairs.
- Question 5 : Pour l’analyse critique, pensez au lien entre le rayon de convergence d’une solution en série entière d’une équation différentielle linéaire et la position des singularités de ses coefficients dans le plan complexe.
📋 Corrigé détaillé pas à pas
Section titled “📋 Corrigé détaillé pas à pas”1. Étude préliminaire et domaine de définition
Section titled “1. Étude préliminaire et domaine de définition”La fonction est de classe sur . La fonction est également de classe sur comme composée et inverse d’une fonction polynomiale strictement positive. Par produit, est de classe sur .
2. Équation différentielle satisfaite par
Section titled “2. Équation différentielle satisfaite par fff”Soit . On a , ce qui donne . En dérivant cette relation par rapport à sur : En simplifiant par (qui est non nul sur ), on obtient l’équation différentielle vérifiée par :
Exprimons maintenant . Notons que . Dérivons : Multiplions par : Comme et que , il vient : Ainsi, vérifie l’équation différentielle linéaire du premier ordre :
3. Relation de récurrence sur les coefficients
Section titled “3. Relation de récurrence sur les coefficients”Supposons que sur un intervalle avec . Puisqu’une série entière est dérivable terme à terme sur son intervalle de convergence ouverte : Injectons ces expressions dans l’équation différentielle :
Par un changement d’indice dans les deux dernières sommets (posant puis ) :
- Première somme : (gardons les indices initiaux ou unifions en ) Unifions sous la variable :
Isolons les termes constants et de degré :
- Pour (terme constant) : .
- Pour (degré 1) : . Or , donc , ce qui implique .
- Pour : Soit la relation de récurrence générale pour :
4. Calcul explicite des coefficients
Section titled “4. Calcul explicite des coefficients”Puisque , la relation de récurrence implique immédiatement que tous les coefficients d’indice pair sont nuls :
Pour les indices impairs, posons (avec ). La relation devient : ce qui correspond bien au décalage. Exprimons en fonction de : Par récurrence télescopique : En amplifiant le numérateur et le dénominateur par le produit des entiers pairs manquants, on obtient l’expression compacte : Ainsi, le développement en série entière de est :
5. Détermination du rayon de convergence et analyse critique
Section titled “5. Détermination du rayon de convergence et analyse critique”-
Rayon de convergence : Appliquons la règle de d’Alembert au terme général : La série converge si , c’est-à-dire . Le rayon de convergence est donc .
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Analyse critique du modèle :
- Comportement sur le bord () : Grâce à la formule de Stirling, , ce qui montre que la série diverge grossièrement ou semi-converge sur le bord selon les critères usuels (ici divergence car le terme général ne tend pas vers en valeur absolue, car certes, mais attention : diverge). En effet, en , diverge vers car et .
- Avantage de la méthode : Calculer les dérivées successives de directement via la formule de Taylor-Young serait rapidement inextricable en raison de la complexité croissante des dérivées de et de . Passer par l’équation différentielle du premier ordre convertit un problème d’analyse globale en une simple relation de récurrence algébrique, ce qui illustre l’élégance et la puissance des méthodes de mathématiques supérieures en MPI.