Skip to content

Exercice 1 : Coefficients de Fourier trigonométriques et complexes

🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Cadre d’étude”

Soit f:R→Cf : \mathbb{R} \to \mathbb{C} une application 2π2\pi-périodique, continue par morceaux et de classe C1\mathcal{C}^1 par morceaux sur R\mathbb{R}. On rappelle que les coefficients de Fourier trigonométriques de ff sont définis pour n∈Nn \in \mathbb{N} et n∈N∗n \in \mathbb{N}^* par : an(f)=1π∫−ππf(t)cos⁡(nt) dt,bn(f)=1π∫−ππf(t)sin⁡(nt) dta_n(f) = \frac{1}{\pi} \int_{-\pi}^{\pi} f(t) \cos(nt) \, \text{d}t, \quad b_n(f) = \frac{1}{\pi} \int_{-\pi}^{\pi} f(t) \sin(nt) \, \text{d}t Et pour n∈Zn \in \mathbb{Z}, les coefficients de Fourier complexes sont définis par : cn(f)=12π∫−ππf(t)e−int dtc_n(f) = \frac{1}{2\pi} \int_{-\pi}^{\pi} f(t) e^{-int} \, \text{d}t

L’objectif de ce problème est d’établir des liens fondamentaux entre régularité de la fonction et décroissance de ses coefficients de Fourier, puis d’appliquer ces résultats à une fonction concrète.


  1. Lien trigonométrique / complexe : Exprimer les coefficients cn(f)c_n(f) en fonction de an(f)a_n(f) et bn(f)b_n(f) pour tout n∈Zn \in \mathbb{Z}. Que devient cette relation si ff est à valeurs réelles ?
  2. Lemme de Riemann-Lebesgue et régularité : En effectuant une intégration par parties, établir une relation de récurrence entre les coefficients de Fourier de ff et ceux de sa dérivée f′f', en supposant ff de classe C1\mathcal{C}^1 sur R\mathbb{R}. En déduire la vitesse de décroissance de cn(f)c_n(f) lorsque ∣n∣→+∞|n| \to +\infty.
  3. Application concrète : On considère la fonction f:R→Rf : \mathbb{R} \to \mathbb{R}, 2π2\pi-périodique, définie sur [−π,π[[-\pi, \pi[ par f(t)=∣t∣f(t) = |t|. a. Tracer l’allure de ff sur [−2π,2π][-2\pi, 2\pi] et vérifier ses hypothérses de régularité. b. Calculer les coefficients de Fourier trigonométriques an(f)a_n(f) et bn(f)b_n(f) pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}. c. En déduire la valeur de la somme de la série numérique ∑n=0+∞1(2n+1)2\sum_{n=0}^{+\infty} \frac{1}{(2n+1)^2}.

💡 Pistes & Indications méthodologiques

Section titled “💡 Pistes & Indications méthodologiques”
  • Question 1 : Utilisez la formule d’Euler eint=cos⁡(nt)+isin⁡(nt)e^{int} = \cos(nt) + i\sin(nt) et distinguez les cas n>0n > 0, n=0n = 0 et n<0n < 0.
  • Question 2 : Pour l’intégration par parties, le terme tout intégré s’annule en raison de la 2π2\pi-périodicité. Attention aux hypothérses : la formule de dérivation s’applique directement si ff est C1\mathcal{C}^1 globale, ou par morceaux si les points de raccordement sont gérés proprement.
  • Question 3.b : Utilisez la parité de ff pour simplifier les calculs (les bnb_n doivent s’annuler immédiatement). Pour les ana_n, distinguez n=0n=0 et n≥1n \ge 1, puis effectuez une intégration par parties.
  • Question 3.c : Appliquez le théorème de Dirichlet (ou l’égalité de Parseval, selon la somme visée) en un point judicieux, par exemple en t=0t = 0.

Par definition, pour n∈Zn \in \mathbb{Z}: cn(f)=12π∫−ππf(t)(cos⁡(nt)−isin⁡(nt)) dtc_n(f) = \frac{1}{2\pi} \int_{-\pi}^{\pi} f(t) (\cos(nt) - i\sin(nt)) \, \text{d}t

  • Si n=0n = 0 : c0(f)=12π∫−ππf(t) dt=a0(f)2c_0(f) = \frac{1}{2\pi} \int_{-\pi}^{\pi} f(t) \, \text{d}t = \frac{a_0(f)}{2}

  • Si n≥1n \ge 1 : En utilisant cos⁡(−nt)=cos⁡(nt)\cos(-nt) = \cos(nt) et sin⁡(−nt)=−sin⁡(nt)\sin(-nt) = -\sin(nt), on a :

    • Pour n>0n > 0 : cn(f)=12(an(f)−ibn(f))c_n(f) = \frac{1}{2} (a_n(f) - i b_n(f))
    • Pour n<0n < 0 (en posant n=−mn = -m avec m≥1m \ge 1) : cn(f)=12(am(f)+ibm(f))c_n(f) = \frac{1}{2} (a_m(f) + i b_m(f))

Si ff est à valeurs réelles, on remarque immédiatement que c−n(f)=cn(f)‾c_{-n}(f) = \overline{c_n(f)}.


2. Lemme de Riemann-Lebesgue et régularité

Section titled “2. Lemme de Riemann-Lebesgue et régularité”

Supposons ff de classe C1\mathcal{C}^1 sur R\mathbb{R}. Pour n∈Z∗n \in \mathbb{Z}^*, en effectuant une intégration par parties (les fonctions t↦f(t)t \mapsto f(t) et t↦−1ine−intt \mapsto -\frac{1}{in}e^{-int} étant de classe C1\mathcal{C}^1) : cn(f)=12π[f(t)(−1ine−int)]−ππ−12π∫−ππf′(t)(−1ine−int) dtc_n(f) = \frac{1}{2\pi} \left[ f(t) \left(-\frac{1}{in} e^{-int}\right) \right]_{-\pi}^{\pi} - \frac{1}{2\pi} \int_{-\pi}^{\pi} f'(t) \left(-\frac{1}{in} e^{-int}\right) \, \text{d}t

Puisque ff et e−inte^{-int} sont 2π2\pi-périodiques, le terme tout intégré [−f(t)2πine−int]−ππ\left[ -\frac{f(t)}{2\pi i n} e^{-int} \right]_{-\pi}^{\pi} est nul (car f(π)e−inπ=f(−π)einπf(\pi)e^{-in\pi} = f(-\pi)e^{in\pi} par periodicité et parité de einπe^{in\pi}). Il reste donc : cn(f)=1in(12π∫−ππf′(t)e−int dt)=1incn(f′)c_n(f) = \frac{1}{in} \left( \frac{1}{2\pi} \int_{-\pi}^{\pi} f'(t) e^{-int} \, \text{d}t \right) = \frac{1}{in} c_n(f')

  • Conséquence sur la décroissance : Comme f′f' est continue par morceaux, d’après le lemme de Riemann-Lebesgue, cn(f′)→0c_n(f') \to 0 lorsque ∣n∣→+∞|n| \to +\infty. Par conséquent, cn(f)=o(1n)c_n(f) = o\left(\frac{1}{n}\right). Si ff est de classe Ck\mathcal{C}^k, une récurrence immédiate montre que cn(f)=o(1nk)c_n(f) = o\left(\frac{1}{n^k}\right), ce qui traduit le fait que la régularité de la fonction implique la rapidité de décroissance de ses coefficients de Fourier.

3. Application concrète (f(t)=∣t∣f(t) = |t| sur [−π,π[[-\pi, \pi[)

Section titled “3. Application concrète (f(t)=∣t∣f(t) = |t|f(t)=∣t∣ sur [−π,π[[-\pi, \pi[[−π,π[)”

La fonction ff est continue sur R\mathbb{R}, paire, et sa dérivée sur ങ്ങളിലും∖πZ\mathopen{ങ്ങളിലും}\setminus\pi\mathbb{Z} est f′(t)=sgn(t)f'(t) = \text{sgn}(t). Elle est donc de classe C1\mathcal{C}^1 par morceaux.

b. Calcul des coefficients trigonométriques
Section titled “b. Calcul des coefficients trigonométriques”
  • Parité : f(t)cos⁡(nt)f(t)\cos(nt) est une fonction paire, et f(t)sin⁡(nt)f(t)\sin(nt) est une fonction impaire. Par conséquent, pour tout n≥1n \ge 1 : bn(f)=0b_n(f) = 0

  • Pour n=0n = 0 : a0(f)=1π∫−ππ∣t∣ dt=2π∫0πt dt=2π[t22]0π=πa_0(f) = \frac{1}{\pi} \int_{-\pi}^{\pi} |t| \, \text{d}t = \frac{2}{\pi} \int_{0}^{\pi} t \, \text{d}t = \frac{2}{\pi} \left[ \frac{t^2}{2} \right]_0^\pi = \pi

  • Pour n≥1n \ge 1 : an(f)=2π∫0πtcos⁡(nt) dta_n(f) = \frac{2}{\pi} \int_{0}^{\pi} t \cos(nt) \, \text{d}t Effectuons une intégration par parties en posant u(t)=tu(t) = t et v′(t)=cos⁡(nt)v'(t) = \cos(nt) : an(f)=2π([tsin⁡(nt)n]0π−∫0πsin⁡(nt)n dt)a_n(f) = \frac{2}{\pi} \left( \left[ t \frac{\sin(nt)}{n} \right]_0^\pi - \int_{0}^{\pi} \frac{\sin(nt)}{n} \, \text{d}t \right) Le terme tout intégré s’annule en 00 et en π\pi (car sin⁡(nπ)=0\sin(n\pi) = 0). Il reste : an(f)=2πn[cos⁡(nt)n]0π=2πn2(cos⁡(nπ)−1)=2πn2((−1)n−1)a_n(f) = \frac{2}{\pi n} \left[ \frac{\cos(nt)}{n} \right]_0^\pi = \frac{2}{\pi n^2} (\cos(n\pi) - 1) = \frac{2}{\pi n^2} ((-1)^n - 1) Ainsi :

    • Si nn est pair (n=2kn = 2k), a2k(f)=0a_{2k}(f) = 0.
    • Si nn est impair (n=2k+1n = 2k+1), a2k+1(f)=−4π(2k+1)2a_{2k+1}(f) = -\frac{4}{\pi (2k+1)^2}.

La fonction ff étant continue et C1\mathcal{C}^1 par morceaux, le théorème de Dirichlet s’applique en tout point. En particulier, en t=0t = 0, f(0)=0f(0) = 0, et la série de Fourier de ff converge vers f(0)f(0) : f(0)=a0(f)2+∑n=1+∞(an(f)cos⁡(0)+bn(f)sin⁡(0))f(0) = \frac{a_0(f)}{2} + \sum_{n=1}^{+\infty} \left( a_n(f)\cos(0) + b_n(f)\sin(0) \right) 0=π2+∑k=0+∞(−4π(2k+1)2)0 = \frac{\pi}{2} + \sum_{k=0}^{+\infty} \left( -\frac{4}{\pi (2k+1)^2} \right) En réarrangeant les termes, on obtient : 4π∑k=0+∞1(2k+1)2=π2\frac{4}{\pi} \sum_{k=0}^{+\infty} \frac{1}{(2k+1)^2} = \frac{\pi}{2} Finalement : ∑k=0+∞1(2k+1)2=π28\sum_{k=0}^{+\infty} \frac{1}{(2k+1)^2} = \frac{\pi^2}{8}