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Exercice 2 : Diffraction par des fentes d Young et réseaux

🌐 Énoncé du problème / Étude de cas

Section titled “🌐 Énoncé du problème / Étude de cas”

Dans le cadre de la conception d’un spectromètre optique compact destiné à l’analyse de composition chimique par émission atomique, on s’intéresse au système dispersif. L’instrument utilise un montage combinant des fentes d’Young et un réseau de diffraction pour analyser la lumière émise par une lampe spectrale à vapeur de mercure.

L’étude se propose d’analyser la figure d’interférence et de diffraction obtenue sur un écran d’observation, puis d’évaluer les performances métrologiques du dispositif (résolution spectrale, pouvoir séparateur) en tenant compte des limites physiques et technologiques des composants réels.

Données et notations :

  • Longueur d’onde de référence (raie verte du mercure) : λ0=546,1 nm\lambda_0 = 546,1\text{ nm}.
  • Distance entre les fentes d’Young : b=200 μmb = 200\ \mu\text{m}.
  • Largeur de chaque fente (effet de diffraction par une fente unique) : a=50 μma = 50\ \mu\text{m}.
  • Distance séparant le plan des fentes de l’écran d’observation : D=1,50 mD = 1,50\text{ m}.
  • Pas du réseau (utilisé dans la seconde partie) : d=2,0 μmd = 2,0\ \mu\text{m}.
  • Le milieu de propagation est l’air (n≈1n \approx 1). Les angles de diffraction sont supposés petits.

❓ Questions progressives (incluant des questions d’analyse critique)

Section titled “❓ Questions progressives (incluant des questions d’analyse critique)”

Partie I : Interférences à deux fentes modulées par la diffraction

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  1. Établir l’expression de l’intensité lumineuse I(x)I(x) reçue sur l’écran d’observation situé à la distance DD, en coordonnées cartésiennes xx (axe parallèle à la direction séparant les fentes). On posera I0I_0 l’intensité maximale au centre.
  2. Identifier sur cette expression le terme responsable des interférences et celui responsable de la diffraction. En déduire la structure qualitative de la figure observée sur l’écran (notion de “système de franges sous une enveloppe”).
  3. Calculer l’interfrange ii des franges d’interférence et la largeur angulaire de la tache centrale de diffraction. Combien de franges d’interférence lumineuses peut-on observer au total sous la tache centrale de diffraction ?
  4. Analyse critique : Le modèle utilisé suppose des fentes parfaitement rectangulaires, infiniment longues, éclairées par une onde plane monochromatique idéale. Discuter brièvement de l’impact d’une largeur de fente aa comparable à la longueur d’onde et de la cohérence spatiale de la source sur le contraste réel des franges mesurées.

Partie II : Passage au réseau de diffraction et pouvoir séparateur

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On remplace le dispositif des fentes d’Young par un réseau plan par transmission comportant NN traits de pas dd, éclairé sous incidence normale par la même source. 5. Établir la condition d’interférence constructive (formule des réseaux) pour un angle de diffraction θp\theta_p d’ordre pp (p∈Zp \in \mathbb{Z}). 6. Exprimer la largeur angulaire δθ\delta\theta d’un pic d’interférence en fonction de NN, dd, λ\lambda et θp\theta_p. En déduire l’expression du pouvoir séparateur théorique R=λΔλR = \frac{\lambda}{\Delta\lambda} du réseau. 7. Application numérique : pour un réseau de largeur totale L=2,5 cmL = 2,5\text{ cm} et de pas d=2,0 μmd = 2,0\ \mu\text{m}, calculer le nombre total de traits NN, puis le pouvoir séparateur minimal nécessaire pour résoudre le doublet du mercure λ1=577,0 nm\lambda_1 = 577,0\text{ nm} et λ2=579,1 nm\lambda_2 = 579,1\text{ nm} au premier ordre (p=1p = 1). 8. Analyse critique : Le spectromètre ainsi conçu est destiné à un milieu industriel soumis à des variations thermiques ΔT≈10 K\Delta T \approx 10\text{ K}. En considérant le coefficient de dilatation thermique linéaire du verre constituant le substrat du réseau (α≈9×10−6 K−1\alpha \approx 9 \times 10^{-6}\text{ K}^{-1}), évaluer l’impact sur la mesure de la longueur d’onde et proposer une stratégie de mitigation.


  • Q1-Q2 : Reprendre l’intégrale de diffraction de Fraunhofer pour une ouverture double. L’amplitude complexe est le produit de convolution d’un motif (due à une fente de largeur aa) par un réseau de Dirac (due aux centres des fentes distants de bb).
  • Q3 : Le nombre de franges visibles correspond au rapport entre la largeur de la tache de diffraction et l’interfrange ii. Attention à bien définir les limites (zéros de l’intensité par diffraction).
  • Q5-Q6 : Utiliser la formule de superposition des amplitudes pour NN sources équidistantes (somme géométrique) pour déterminer la fonction d’intensité et la largeur de ses maxima principaux.
  • Q8 : Penser à différencier la formule des réseaux par rapport au paramètre géométrique dd qui dépend de la température.

📋 Corrigé détaillé et analyse des résultats

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Partie I : Interférences à deux fentes modulées par la diffraction

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  1. L’intensité lumineuse pour une fente unique de largeur aa donne un facteur de diffraction (terme en sinc2\text{sinc}^2) et l’interférence de deux sources distantes de bb introduit un terme en cos⁡2\cos^2. L’expression s’écrit : I(x)=I0sinc2(πaxλ0D)cos⁡2(πbxλ0D)I(x) = I_0 \text{sinc}^2\left(\frac{\pi a x}{\lambda_0 D}\right) \cos^2\left(\frac{\pi b x}{\lambda_0 D}\right) avec sinc(u)=sin⁡(u)u\text{sinc}(u) = \frac{\sin(u)}{u}.

  2. Le terme en sinc2\text{sinc}^2 joue le rôle d’une enveloppe lente (liée à la diffraction par une fente), tandis que le terme en cos⁡2\cos^2 génère des franges d’interférence très rapprochées (liées à l’interférométrie à deux ondes). Sur l’écran, on observe des traits lumineux (franges) dont l’intensité maximale est modulée (diminue) au fur et à mesure qu’on s’éloigne du centre, s’annulant là où l’enveloppe s’annule.

    • Interfrange ii : i=λ0Db=546,1×10−9×1,50200×10−6≈4,10×10−3 m=4,10 mmi = \frac{\lambda_0 D}{b} = \frac{546,1 \times 10^{-9} \times 1,50}{200 \times 10^{-6}} \approx 4,10\times 10^{-3}\text{ m} = 4,10\text{ mm}.
    • Largeur de la tache centrale de diffraction : Les premiers zéros de l’enveloppe sont atteints pour πaxλ0D=±π\frac{\pi a x}{\lambda_0 D} = \pm \pi, soit xmin=±λ0Dax_{\text{min}} = \pm \frac{\lambda_0 D}{a}. La largeur angulaire vaut θdiff=2λ0a≈2,18×10−2 rad\theta_{\text{diff}} = \frac{2\lambda_0}{a} \approx 2,18\times 10^{-2}\text{ rad} et la largeur spatiale sur l’écran est Ldiff=2λ0Da≈3,28×10−2 m=32,8 mmL_{\text{diff}} = \frac{2\lambda_0 D}{a} \approx 3,28\times 10^{-2}\text{ m} = 32,8\text{ mm}.
    • Nombre de franges visibles : Le nombre de franges sous la tache centrale est le rapport de la largeur de la tache centrale sur l’interfrange : Nfranges=2Ldiff/2i=2λ0D/aλ0D/b=2ba=2×20050=8N_{\text{franges}} = \frac{2 L_{\text{diff}}/2}{i} = \frac{2 \lambda_0 D / a}{\lambda_0 D / b} = \frac{2b}{a} = \frac{2 \times 200}{50} = 8 On observe donc environ 88 franges brillantes sous le pic central de diffraction.
  3. Analyse critique :

    • Limites du modèle scalaire : Si aa devient du même ordre de grandeur que λ0\lambda_0, la théorie scalaire de la diffraction montre ses limites ; il faudrait utiliser la théorie vectorielle (équations de Maxwell).
    • Cohérence spatiale : Si la source n’est pas ponctuelle (taille non nulle), chaque point de la source décale la figure d’interférence, ce qui conduit à une baisse progressive du contraste des franges (théorème de Van Cittert-Zernike).

Partie II : Passage au réseau de diffraction et pouvoir séparateur

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  1. La condition d’interférence constructive pour un réseau de pas dd sous incidence normale est : dsin⁡θp=pλ0(p∈Z)d \sin\theta_p = p \lambda_0 \quad (p \in \mathbb{Z})

  2. Pour un réseau à NN traits, la largeur angulaire d’un pic d’interférence (entre deux zéros adjacents de la fonction d’intensité) est δθ≈λNdcos⁡θp\delta\theta \approx \frac{\lambda}{N d \cos\theta_p}. En utilisant le critère de Rayleigh, deux raies de longueurs d’onde λ\lambda et λ+Δλ\lambda + \Delta\lambda sont séparées si le maximum de l’une coïncide avec le premier minimum de l’autre. Le pouvoir séparateur s’écrit : R=λΔλ=p⋅NR = \frac{\lambda}{\Delta\lambda} = p \cdot N

    • Nombre de traits NN : N=Ld=2,5×10−22,0×10−6=12500 traitsN = \frac{L}{d} = \frac{2,5\times 10^{-2}}{2,0\times 10^{-6}} = 12500\text{ traits}.
    • Application pour le doublet du mercure (p=1p=1) : λmoy=577,0+579,12=578,05 nm\lambda_{\text{moy}} = \frac{577,0 + 579,1}{2} = 578,05\text{ nm} et Δλ=2,1 nm\Delta\lambda = 2,1\text{ nm}. Le pouvoir séparateur requis est : Rrequis=578,052,1≈275R_{\text{requis}} = \frac{578,05}{2,1} \approx 275 Le pouvoir séparateur offert par le réseau au premier ordre est Roffert=p⋅N=1×12500=12500R_{\text{offert}} = p \cdot N = 1 \times 12500 = 12500. Puisque Roffert≫RrequisR_{\text{offert}} \gg R_{\text{requis}}, le réseau sépare largement les deux raies du doublet.
  3. Analyse critique (Effets thermiques et métrologie) :

    • Une variation de température ΔT\Delta T modifie le pas du réseau par dilatation thermique : d(T)=d0(1+αΔT)d(T) = d_0 (1 + \alpha \Delta T).
    • D’après la formule du réseau, pour un angle θp\theta_p fixe (fixé par la position du détecteur), la longueur d’onde mesurée λ\lambda varie : Δλλ=Δdd=αΔT\frac{\Delta\lambda}{\lambda} = \frac{\Delta d}{d} = \alpha \Delta T
    • Pour ΔT=10 K\Delta T = 10\text{ K} et α=9×10−6 K−1\alpha = 9 \times 10^{-6}\text{ K}^{-1}, on a Δλλ=9×10−5\frac{\Delta\lambda}{\lambda} = 9 \times 10^{-5}, soit une erreur sur la longueur d’onde de Δλ≈578 nm×9×10−5≈0,05 nm\Delta\lambda \approx 578\text{ nm} \times 9 \times 10^{-5} \approx 0,05\text{ nm}. Cette dérive thermique est du même ordre de grandeur que la précision recherchée en métrologie fine.
    • Mitigation : Il est indispensable d’utiliser un substrat à très faible coefficient de dilatation (type Invar ou Zerodure, où α≈10−7 K−1\alpha \approx 10^{-7}\text{ K}^{-1}) ou de thermostater précisément le bloc optique du spectromètre.