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Exercice 1 : PFS et modélisation des actions mécaniques

Problème guidé : Étude statique d’un bras manipulateur industriel

Section titled “Problème guidé : Étude statique d’un bras manipulateur industriel”

Filière : MPSI
Matière : Sciences Industrielles de l’Ingénieur (SII)
Chapitre: ** Statique des solides
Thème : Principe Fundamental de la Statique (PFS) et modélisation des actions mécaniques


Dans le cadre de la palettisation automatisée de pièces lourdes sur une ligne de production, on s’intéresse au premier axe d’un bras manipulateur vertical. Le système complet est représenté schématiquement ci-dessous.

Le mécanisme est composé de :

  • 0 : Le bâti fixe, servant de repère galiléen R0(O,x⃗0,y⃗0,z⃗0)\mathcal{R}_0(O, \vec{x}_0, \vec{y}_0, \vec{z}_0).
  • 1 : Le bras élévateur, de masse M1M_1, dont le centre de gravité G1G_1 est situé à une distance L1L_1 de son axe de rotation horizontal (O,z⃗0)(O, \vec{z}_0).
  • 2 : Une charge utile manipulée, assimilée à un solide ponctuel ou de dimensions négligeables par rapport aux bras, de masse M2M_2, fixée à l’extrémité AA du bras 1 telle que OA→=Lx⃗1\overrightarrow{OA} = L \vec{x}_1.

Le mouvement de rotation du bras 1 par rapport au bâti 0 autour de l’axe (O,z⃗0)(O, \vec{z}_0) est commandé par un actionneur électromécanique associé à un réducteur. L’angle de position du bras par rapport à l’horizontale est noté θ=(x⃗0,x⃗1)\theta = (\vec{x}_0, \vec{x}_1).

Données numériques et ordres de grandeur :

Section titled “Données numériques et ordres de grandeur :”
  • M1=45 kgM_1 = 45\text{ kg} (masse du bras)
  • L1=0,4 mL_1 = 0,4\text{ m} (position du centre de gravité G1G_1)
  • L=0,9 mL = 0,9\text{ m} (longueur utile du bras OAOA)
  • M2=120 kgM_2 = 120\text{ kg} (charge maximale transportée)
  • g=9,81 m⋅s−2g = 9,81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} (accélération de la pesanteur)
  • Position d’étude critique : θ=0rad\theta = 0^\text{rad} (bras horizontal).

A. Modélisation cinématique et géométrique

Section titled “A. Modélisation cinématique et géométrique”
  1. Définir le repère lié au bras 1, noté R1(O,x⃗1,y⃗1,z⃗0)\mathcal{R}_1(O, \vec{x}_1, \vec{y}_1, \vec{z}_0), en fonction de l’angle θ\theta. Exprimer les vecteurs x⃗1\vec{x}_1 et y⃗1\vec{y}_1 dans la base de R0\mathcal{R}_0.
  2. Préciser la nature de la liaison entre le bâti 0 et le bras 1, ainsi que son torseur cinématique associé.

B. Modélisation des actions mécaniques extérieures

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  1. Déterminer le torseur des actions mécaniques de la pesanteur agissant sur le solide 1, exprimé au point OO.
  2. Déterminer le torseur des actions mécaniques exercées par la charge 2 sur le bras 1 au point AA, puis transporter ce torseur au point OO.
  3. Modéliser l’action de la liaison pivot en OO entre 0 et 1. Quel est le nombre d’inconnues statiques de cette liaison dans le cas spatial ? Dans le cas plan étudié ici ?
  1. Isoler l’ensemble Σ={1+2}\Sigma = \{1 + 2\}. Bilan des actions mécaniques extérieures agissant sur Σ\Sigma.
  2. Appliquer le Principe Fondamental de la Statique (PFS) à l’ensemble Σ\Sigma au point OO. En déduire l’expression littérale du moment moteur CmC_m fourni par l’actionneur pour maintenir l’équilibre à la position θ\theta.
  3. Calculer la valeur numérique de CmC_m pour θ=0\theta = 0 (position horizontale).
  1. Le modèle de liaison pivot parfaite en OO est-il réaliste pour des charges de l’ordre de 120 kg120\text{ kg} ? Citer au moins deux phénomènes physiques négligés qui nécessiteraient un raffinement du modèle pour le dimensionnement réel des paliers.

  • Piste 1 (Q3 & Q4) : Pour le poids, le torseur se réduit à une résultante en G1G_1 avec un moment nul en G1G_1, qu’il faut ensuite transporter en OO via le théorème de transport des moments.
  • Piste 2 (Q7) : Le problème se ramène à un problème plan d’axe z⃗0\vec{z}_0. Seule l’équation de moment projetée selon z⃗0\vec{z}_0 permettra de déterminer le couple moteur recherché.
  • Piste 3 (Q9) : Pensez aux efforts de contact localisés, aux frottements dans les roulements et aux déformations élastiques (flexion) de l’axe OO.

A. Modélisation cinématique et géométrique

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  1. La base R1\mathcal{R}_1 est définie par rapport à R0\mathcal{R}_0 par la rotation d’axe z⃗0\vec{z}_0 d’angle θ\theta : x⃗1=cos⁡(θ)x⃗0+sin⁡(θ)y⃗0\vec{x}_1 = \cos(\theta)\vec{x}_0 + \sin(\theta)\vec{y}_0 y⃗1=−sin⁡(θ)x⃗0+cos⁡(θ)y⃗0\vec{y}_1 = -\sin(\theta)\vec{x}_0 + \cos(\theta)\vec{y}_0 z⃗1=z⃗0\vec{z}_1 = \vec{z}_0

  2. La liaison entre le bâti 0 et le bras 1 est une liaison pivot d’axe (O,z⃗0)(O, \vec{z}_0). Son torseur cinématique au point OO s’écrit : {V1/0}={θ˙z⃗00⃗}0\{\mathcal{V}_{1/0}\} = \begin{Bmatrix} \dot{\theta} \vec{z}_0 \\ \vec{0} \end{Bmatrix}_0

B. Modélisation des actions mécaniques extérieures

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  1. Action de la pesanteur sur 1 : La résultante est R⃗pes→1=−M1gy⃗0\vec{R}_{\text{pes}\to 1} = -M_1 g \vec{y}_0. Le moment au centre de gravité G1G_1 est M⃗(G1,pes→1)=0⃗\vec{M}(G_1, \text{pes}\to 1) = \vec{0}. En transportant au point OO (sachant que OG1→=L1x⃗1\overrightarrow{OG_1} = L_1 \vec{x}_1) : {τpes→1}={R⃗pes→1=−M1gy⃗0M⃗(O,pes→1)=OG1→∧(−M1gy⃗0)}O\{\tau_{\text{pes}\to 1}\} = \begin{Bmatrix} \vec{R}_{\text{pes}\to 1} = -M_1 g \vec{y}_0 \\ \vec{M}(O, \text{pes}\to 1) = \overrightarrow{OG_1} \land (-M_1 g \vec{y}_0) \end{Bmatrix}_O Avec OG1→=L1(cos⁡θx⃗0+sin⁡θy⃗0)\overrightarrow{OG_1} = L_1 (\cos\theta \vec{x}_0 + \sin\theta \vec{y}_0), on obtient : M⃗(O,pes→1)=−M1gL1cos⁡θz⃗0\vec{M}(O, \text{pes}\to 1) = -M_1 g L_1 \cos\theta \vec{z}_0

  2. Action de la charge 2 sur le bras 1 en AA : R⃗2→1=−M2gy⃗0\vec{R}_{2\to 1} = -M_2 g \vec{y}_0 et M⃗(A,2→1)=0⃗\vec{M}(A, 2\to 1) = \vec{0} (charge ponctuelle). Par transport en OO (avec OA→=Lx⃗1\overrightarrow{OA} = L \vec{x}_1) : {τ2→1}={−M2gy⃗0−M2gLcos⁡θz⃗0}O\{\tau_{2\to 1}\} = \begin{Bmatrix} -M_2 g \vec{y}_0 \\ -M_2 g L \cos\theta \vec{z}_0 \end{Bmatrix}_O

  3. La liaison pivot réelle (dans l’espace) est modélisée par 5 inconnues statiques (2 forces et 3 moments, ou 3 forces et 2 moments selon la modélisation choisie). Dans le cadre d’une étude plane (problème dans le plan (x⃗0,y⃗0)(\vec{x}_0, \vec{y}_0)), la liaison pivot transmet deux forces de contact (X0,Y0)(X_0, Y_0) et un couple moteur/résistant Cmz⃗0C_m \vec{z}_0.

  1. On isole l’ensemble Σ={1+2}\Sigma = \{1 + 2\}. Les actions mécaniques extérieures à Σ\Sigma sont :

    • L’action de la pesanteur sur 1 : {τpes→1}\{\tau_{\text{pes}\to 1}\}
    • L’action de la pesanteur sur la charge 2 (assimilée à {τ2→1}\{\tau_{2\to 1}\} si on considère la charge liée en AA)
    • L’action du bâti 0 sur le bras 1 (liaison pivot + actionneur) : {τ0→1}\{\tau_{0\to 1}\}
  2. D’après le PFS appliqué à Σ\Sigma au point OO : {τ0→1}+{τpes→1}+{τ2→1}={0}\{\tau_{0\to 1}\} + \{\tau_{\text{pes}\to 1}\} + \{\tau_{2\to 1}\} = \{0\} En projetant l’équation vectorielle des moments au point OO sur l’axe z⃗0\vec{z}_0 : Cm−M1gL1cos⁡θ−M2gLcos⁡θ=0C_m - M_1 g L_1 \cos\theta - M_2 g L \cos\theta = 0 On en déduit le couple moteur d’équilibre : Cm=(M1L1+M2L)gcos⁡θC_m = (M_1 L_1 + M_2 L) g \cos\theta

  3. Aplication numérique pour θ=0rad\theta = 0^\text{rad} : Cm=(45×0,4+120×0,9)×9,81×cos⁡(0)C_m = (45 \times 0,4 + 120 \times 0,9) \times 9,81 \times \cos(0) Cm=(18+108)×9,81=126×9,81≈1236 N⋅mC_m = (18 + 108) \times 9,81 = 126 \times 9,81 \approx 1236\text{ N}\cdot\text{m}

  1. Analyse critique : Le modèle de la liaison pivot parfaite et rigide est une approximation acceptable pour une pré-étude dimensionnelle, mais présente des limites importantes pour un système réel supportant 120 kg120\text{ kg} :
    • Frottements dans les paliers : Le modèle parfait ne prend pas en compte le couple de friction sec et visqueux dans les roulements, ce qui sous-estime le couple réel que l’actionneur doit fournir.
    • Déformations élastiques (flexion) : Sous une charge de 120 kg120\text{ kg} déportée à 0,9 m0,9\text{ m}, le bras 1 et l’axe OO subissent des flèches élastiques non nulles. Cela modifie légèrement la position réelle du centre de gravité et peut induire du arc-boutement ou un mauvais alignement dans les paliers.